Migrations

De tous temps, les peuplades ont migré, se sont  rencontrées, se sont mélangées, métissées, et ainsi enrichies. Tout ceci pour dire que notre patrimoine commun est collectif. Or, une certaine caste, politique, administrative,
intellectuelle, médiatique… pleine d’arrogance, de suffisance,
ne cesse de nier cet héritage humain. Pour rappel, l’art, convergence des savoirs, des techniques et de l’imaginaire n’aurait su exister sans le pétrissage incessant entre les différentes communautés.

Nous avons échangé la technique du feu et de la pierre, nous avons su représenter des visions du monde et même imaginer des au-delà ; sans doute ce legs commun nous amène à une réflexion sur la constitution longuement élaborée de notre identité commune. Ben oui, on a tous des tronches d’humains, des réflexes, des émotions, des envies d’expression. Un mot d’ordre pourrait être « fusionnons enfin, refaisons les chemins si artistiquement tracés et reconnaissons nous ».

Conscience donc, et conscience vigilante ! Certains veulent  nous séparer, nous divorcer de notre histoire réelle, celle ou nous sommes des Océaniens en même temps que des allemands, des Roms Inuits et des Apaches de Mongolie ; nous autres, enrichis et conscients de l’être, par ces strates incessantes et successives qui nous constituent en tant qu’Être, GUEULONS contre la sottise négationniste et limitative qui nous bornerait à « black-blanc-beur » car  nous le sommes tous à la fois. Ma grand-mère africaine a bizarrement été baptisée Lucy par des junkies archéologues. Peu importe son nom c’est ma grand-maman ainsi que celle de mes potes ; pour les empreintes génétiques, repassez plus tard.

Nous, quand on croise nos regards, c’est bien des frangins/frangines qu’on reconnaît, on a hérité d’une même très longue histoire et nous forgerons un très long avenir. Loin des négations, extrêmement loin de la sottise, nous saurons nous passer de l’ignorance.

Doubs : 80 familles menacées d’expulsion

L’heure est à la mobilisation. Nous avons appris ce week-end la volonté de la préfecture d’expulser 80 familles dans le département du Doubs.

À propos du dernier article que j’ai fait, une personne a laissé un commentaire (sur ma page Facebook) disant que « le ton larmoyant » de l’article « dessert » le propos… Tout d’abord, la plupart des retours que j’en ai sont que ça donne la rage. Je veux bien entendre que se soit triste, mais c’est la réalité, je n’ai déformé aucun des propos de Genita.

D’autre part, quelques passant-e-s m’ont dit qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Je suis bien d’accord, même dans un pays aussi grand qu’un continent, elle ne tiendrait pas dedans la misère ! Ce n’est donc pas le cas. Par exemple, en 2015 l’OFPRA a enregistrée 80.075 demandes d’asiles, ce qui est ridicule comme chiffre. Et puis vous savez, si les gens viennent se réfugier ici, c’est souvent pour fuir les guerres que les pays comme le nôtre instillent partout sur la planète. La France participe à de nombreux conflits, ne serait-ce qu’en vendant des armes (2ème exportateur en 2015). Que les riches pays arrêtent d’accaparer les richesses du reste du monde !

Pour revenir à ces 80 familles menacées d’expulsion dans le Doubs, sachez qu’avant d’être des sans papiers, ce sont des Êtres humains, comme vous et moi. Ils ont des vies, des ami-e-s… Ce ne sont pas juste des « chiffres » ou des « dossiers » mai bien des Êtres humains !

Trois dates sont à retenir :

– Jeudi 08/09 17H30 – La classe des expulsés/expulsables
– Samedi 10/09 15h30 – Cercle de silence
– Mercredi 21/09 17h30 – Grande manifestation

CES RDV SE DÉROULERONT TOUS PLACE PASTEUR !

Besançon : Un ragoût préfectoral particulièrement écoeurant

Près de 200 personnes se sont mobilisées ce vendredi 2 septembre, pour dénoncer les actes ignobles commis par la préfecture à l’encontre de la famille Feraj.

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Début du rassemblement.

 

Nous avons eu Genita au téléphone, son témoignage est bouleversant, je laisse à l’appréciation de chacun-e, mais je vous préviens, c’est particulièrement dur, choquant et inhumain !


Propos de Genita Feraj (15 ans) :

C’était le 29 août à sept heures du matin. J’ai entendu la police qui est arrivée dans nos chambre en toquant sur la porte. J’ai mis mon pyjama et je voulais sauter par la fenêtre. Mais j’entendais ma sœur et mon frère crier et j’ai pas pu sauter, j’avais peur de les laisser seuls, et peur de sauter car c’était haut et j’ai vu la police rentrer dans la chambre et ils m’ont pris et ne m’ont plus lâchée. Ils étaient je crois dix dans la chambre, je me sentais pas comme un être humain comme les autres, d’avoir dix policiers autour de nous c’était incroyable. Je me sentais très mal parce que je n’arrivais pas à m’imaginer où je vais partir ? Comment ça va se passer ? Mes frères ? Mon père ? Y aura quoi après tout ça ? Les policiers ont commencé à nous expliquer comment ça va se passer. J’ai déjà vécu un moment pareil en Autriche et je savais comment gérer les choses.

Je suis rentrée dans la chambre où mes parents et mon frère dormaient, je cherchais ma mère mais je ne la voyais pas. J’ai ouvert la porte des toilettes, elle était en train de trembler quant je suis rentrée, elle avait son portable dans les mains et a voulu appeler quelqu’un pour qu’ils nous aident. J’ai pris son portable et j’ai appelé Chantal[1]. Je lui ai dit : « Chantal y a la police qui est venue nous chercher. » Elle m’a dit : « Tiens moi au courant de tout ce qui se passe. »

[1] Chantal est une militante du CDDLE

J’ai commencer à faire les valises , et j’ai entendu mon père crier  » O zot i madh » qui veut dire en français  » oh mon Dieu ». Je suis partie voir ce qu’il se passait et j’ai vu ma mère par terre, j’ai commencé à crier et à pleurer et j’ai demandé aux policiers si quelqu’un pouvait appeler un médecin. Au début ils ont refusé d’appeler l’ambulance car, disaient ils,  nous pourrons le faire au commissariat. J’ai commencé à crier et à dire que non, je veux absolument quelqu’un pour ma mère. Ils ont discuté ensemble et au final ils les ont appelés. J’étais sur ma mère et je lui ai fait un bisous sur la joue et je lui ai dit « garde la confiance en Dieu ! ».

J’avais toujours un policier qui me suivait, ils ne me laissaient pas toute seule. J’ai préparée nos valises et toutes les chose qu’il y avait. […] J’avais un sac avec des parfums, des déodorants, du maquillage ( tout ce qui concerne les soins du corps) et y avait des rasoirs que mon père utilisait. Ils me les ont pris et mis sur le mur. D’après eux on avait beaucoup de valises, et ils nous ont dit que peut-être on ne va pas tout prendre. J’ai commencé à parler, j’ai dis : « je peux pas laisser tout ça ici y a pleins de vêtements qu’on aura besoin ». Ils ont discuté ensemble et ils ont dit : « on verra ».

J’ai vu l’ambulance arriver dans la chambre, mais ils ne nous ont pas laissés rester avec ma mère. Je ne sais pas à quelle heure elle est partie ? Avec qui ? Si elle avait des habits ? Rien du tout. Je m’inquiétais beaucoup, j’arrivais pas à me contrôler moi-même, j’avais pas la force, pas de courage rien du tout.
On s’est préparés et nous sommes partis vers 7h50 de Saint-Jaques direction le commissariat. Nous sommes arrivés là-bas, j’ai envoyé un message à Chantal, Gwenaëlle, Virginie, Mme breton , Mme Dardelin et Sandra. Vers 9h Laurent, Sylvain, Mme Breton, Mme Dardelin et Chantal sont venus nous voir au commissariat. La police nous a rien donner à manger à part un biscuit et une brique de jus. Mme Dardelin et Mme Breton après nous avoir vu, elles sont parties nous acheter des trucs à manger. On savait rien du tout de notre mère, à chaque fois que je demandais si quelqu’un avait des nouvelles d’elle mais tout le monde me disait non. Vers 12h la chef de la police est arrivée au commissariat et nous a dit que ma mère a fait des examens mais les résultats on ne les aura pas avant 16 heures. Entre 12h et 16h, j’ai reçu plein d’appels de tout le monde. Je n’avais pas dit à mes amis ce qui m’était arrivé, mais tout le monde l’a su après.

Genita 15 ans et sa sœur Lulzime 13 ans.

Genita et sa petite soeur.

Nous sommes restés pendant neufs heures au commissariat entre 8h du matin et 16h48. On n’en pouvait plus de rester dedans, on avait besoin de prendre l’air, mais personne ne nous a laissés sortir, sauf mon père quand il allait fumer. À ce moment, une fois, j’ai pu sortir prendre de l’air, car je suis partie traduire à mon père et je les ai suppliés de rester juste deux minutes. Ils m’ont laissée. Vers 16h45, la chef était dehors en train de parler avec quelqu’un et elle est rentrée dans le commissariat et nous a dit « allez, on y va ». Quand elle a dit ça, mon cœur n’arrêtait pas de battre, je suis devenue toute jaune du visage, ma sœur pareil. Elle m’a arrêtée sur le chemin en allant chercher la voiture et m’a dit : « à ton avis, on aura une chance au moins dans notre vie ? » [Leonita, 6 ans]. Quant elle m’a dit ça, ça m’a touchée et j’ai commencé à pleurer. Mon père nous a regardées et nous a dit : « allez mes cœurs vous êtes avec moi ».

Nous sommes montés dans la voiture, on a attachés nos ceinture, la chef a commencée à parler et nous a dit : « Tout le monde parle français ici ? ». Moi, ma sœur et mon frère on a dit oui, seul mon père a dit non. La chef m’a dit « toi la grande peux-tu faire la traduction pour ton père ? ». J’ai dit : « oui ». Elle a dit : le préfet nous a dit que votre mère est hospitalisée aujourd’hui elle vas bien mais vous, vous allez partir dans un centre de rétention à Oiselle et demain vous prenez l’avion. » Quand elle m’a dit ça, j’étais choquée je me suis dis comment ça ? Seuls ? Sans notre mère ? Au Kosovo ? J’avais plein de questions dans ma tête et j’étais incapable de trouver la réponse à une. On a mis six heures pour partir à Oiselle, pendant tout ce chemin encore tout le monde m’a appelée et m’a dit qu’y a eu une manifestation devant la préfecture et qu’il y avait plus d’une centaine de personnes avec nous. Ça nous a fait grave plaisir d’entendre que y a des gens qui nous soutiennent et que en même temps ça nous fais pleurer. Je me sentais pas toute seule, je me disais peut-être que tout le monde est contre nous mais au moins y a des gens qui sont avec nous.
Dans le bus on n’a pas eu de problèmes ou quoi que ce soit, juste qu’on était tristes et on pleurait. Pour mon petit frère [9 ans] c’était très dur sans ma mère, il a pleuré pendant toute la route, ça me faisait mal au cœur de voir mon frère pleurer car je le comprenais, c’est dur sans une mère.
Vers 00h30 nous sommes arrivés dans le centre de rétention, on est descendus de la voiture et entrés dans un bureau où y avait deux policiers , ils ont pris mon père et l’ont mis dans un autre endroit pour vérifier si il avait quelque chose. Une policière est venue nous chercher pour nous montrer les chambres où nous allions dormir quelques heures. Dedans j’avais pas le droit de rentrer avec un portable qui avait une caméra. [on se demande bien pourquoi… NDLR] Sur le portable que mon père avait ils ont cassé la caméra, moi j’ai refusé, j’ai dis non, je le laisse dans le couloir et il se recharge.

Vers 2h j’arrivais même pas à dormir, j’avais une boule dans mon ventre. Je me suis endormie après. J’ai dormi juste deux heures, vers 4h30 je me suis réveillée, et je ne savais pas quoi faire. Dans le centre de rétention, y avait une association qui s’appelle France Terre D’Asile, je voulais aller les voir mais personne ne travaillait à cette heure. Vers 6h j’ai appelée Chantal, j’ai parlé avec elle, je lui ai tout expliqué. À 7h les policiers sont venus nous chercher et nous ont demandé ça fait combien de temps qu’on était en France et si on sait parler français. On a répondu ça fais 3 ans et quelque mois, et oui on sait parler français. Y a un policier qui nous a dit « Waouh bravo pour 3 ans ! »

On a pris nos draps et les couvertures et on les a mis dans une salle. A 7h14 on a pris un petit bus pour partir à Rouen où y avait l’avion. Tout de suite quand nous sommes montés dans la voiture, tout le monde a commencé à pleurer, moi, mon père, ma sœur et mon petit frère. Le petit comprenait pas ce qui se passait. Mon père a pété un câble dans la voiture, il n’en pouvait plus, il avait très mal à la tête, mais la police s’en fichait. On a beaucoup pleuré et crié et tout fait, mais il s’en fichait. L’avion était arrivé, j’arrêtais pas de crier et de pleurer, la police m’a fait sortir de la voiture et m’a demandé comment je m’appelle et quel âge j’ai ? J’ai répondu [..] J’ai commencé à parler avec eux et ils m’ont dit : si tu arrêtes pas de pleurer on va t’attacher les mains. Et c’est là que ma tête a explosé ! J’ai dit « Mais comment ça ? Vous êtes sérieux là ? je veux pas monter vous pouvez pas me forcer, personne ne montera dans cet avion » et j’ai vu mon père il était en face de moi, ils lui ont accroché les mains sous les genoux avec les pieds. Je ne pouvais plus rien faire, j’avais pas de pouvoir pour protéger ma famille, ce que je pouvais faire c’était juste crier et pleurer… Mais personne comprenait…Ils s’en fichaient. C’est la première fois que la police m’attache comme si j’avais tué quelqu’un ou fait je ne sais pas quoi, j’ai fais tout ça juste pour protéger ma famille et avoir droit de rêver à mon avenir, à celui de mes frères et sœur mais malheureusement je peux rien faire.

 

On est montés dans l’avion à 8h et à 12h on est descendus en Corse, pour pouvoir partir au toilettes et parler au téléphone. On est restés environ 20 min. et on est remontés dans l’avion. Dans l’avion on était très mal, j’avais mal à la tête et j’ai demandé à la police un Doliprane mais elle m’en a pas donné ! On est arrivé à Prishtina à 15h. J’avais l’impression que la police se moque de nous, ils disait « ouais y a 450€ et des valises ici. Je ne sais pas pourquoi il disait ça ? On était dans un grand bus avec la police et ils nous ont laissés avec la police du Kosovo, ont pris nos valises et on est sortis dehors. Dehors, y avait mes deux oncles et ma grand-mère (le frère qu’a ma mère et le cousin de ma mère) et 14202714_10206990676020619_4099069897573262068_nun ami de mon père qui vit au Kosovo. Moi, ma sœur et mon petit frère, on est partis chez les parents à ma mère, mon père et mon petit frère sont restés à Prishtina chez l’ami à mon père…

Genita Feraj


Le courage de cette adolescente force le respect ! Ce n’est pas normal qu’une si jeune personne ait à porter un tel fardeau. À son âge, elle devrait penser à ses sorties avec ses copines/copains, se prendre la tête sur ses leçons en révisant le soir, rêver… Son petit frère de 9 ans et sa petite sœur de 6 ans devraient être en train de faire plein de bêtises avec leurs potes comme des fous… Eh bien non ! Le triste sir Setbon alias Iznogoud, le menteur professionnel, portefaix du préfet, a décidé d’une manière particulièrement fourbe d’anéantir l’espoir de cette famille d’avoir une vie meilleure.

En effet, il a même été jusqu’à nourrir de faux espoirs chez le père en lui disant que s’il trouvait une promesse d’embauche, il le régulariserait. Tout ça pour ensuite pouvoir mieux le casser ! C’est un « Être » profondément méchant et tordu d’esprit. Il n’y a pas de mots suffisamment forts pour qualifier la traîtrise et la fourberie de ce petit être répugnant qu’est Iznogoud ! Il a tout du pervers narcissique pour moi. Iznogoud a besoin de nuire, il est connu par des camarades à nous de Poitiers où il a exercé avant. Ils nous ont confirmé que c’était une belle pourriture là-bas aussi et qu’il n’y est pas plus apprécié qu’ici.

Certain-e-s trouveront mes mots durs, mais je m’en moque, je prends le risque ! Ça ne peut pas être plus dur ou plus violent que de déporter une famille entière vers un destin funeste ! Il ne les aura pas sur la conscience, il n’en a même  pas de conscience ce vil personnage !

On ne parlera même pas de l’attitude des policiers durant leur « transfert », j’ai envie de dire, ça va de soi. Beaucoup savent ce qu’ils valent, inutile d’ouvrir (à nouveau) ici le procès de la Police Nationale… De plus en plus de monde déteste la police, qu’elle ne s’étonne pas !

C’est hallucinant comme ils (la préf.) n’assument pas leur position, allant même jusqu’à trouver des arguments très faibles comme quoi il y aurait eu des insultes envers le préfet et un tag près de la préfecture et que du coup, ils n’acceptent pas de négocier avec nous. Ah la belle excuses. Quelle bande de faux-culs là-dedans ! On leur parle de vies entières qui sont brisées, de familles déchirées, d’enfants meurtris ! Et eux ils nous emmerdent pour quelque mots plus hauts que les autres et de la peinture sur un mur ??!!! Ça aurait été de parfaits vichystes !

Personnellement je l’assume, même si ce n’est pas forcément la position des organisations qui défendent les personnes sans papiers à Besançon, pour moi : Le préfet et son acolyte sont de fieffés coquins !

Cette famille doit pouvoir vivre ICI, dans SON pays, la France. Dans la dignité ! Nous exigeons son retour et sa régularisation, ils ont bien assez souffert ! Aujourd’hui, nous entamons notre 4ème jour de grève de la faim. Je tiens à rassurer les gens qui se faisaient du souci pour moi, je n’avais pas mesuré la portée de mes mots sur Twitter et certain-e-s ont cru que je voulais mourir. Rassurez vous, je n’en suis pas là, je me suis mal exprimé, j’étais vraiment révolté. Même si je trouve qu’on est dans un monde de merde, qui me rend malade, vous toutes et tous, camarades, ami-e-s… vous êtes mon réconfort ! Donc ne vous inquiétez pas et je ne suis pas tout seul la dedans.

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Nous ne serons pas devant la mairie ni devant la préfecture ce weekend mon ami-e et moi. Nous avons besoin de repos psychique. Vous pourrez nous rencontrer du lundi au vendredi de 14h à 17h sur l’Esplanade des droits de l’homme (devant la mairie) et de 17h à 19h devant la préfecture (rue Nodier).

Vous voulez nous aider mais vous n’avez pas le temps de venir en rassemblement ? Vous pouvez le faire en partageant au maximum cette affaire autour de vous, en parler à vos ami-e-s, collègues, voisin-e-s… Tout le monde peut agir !

Merci à Maxime Lamboley, pour les superbes photos du rassemblement.

 

PS : J’allais oublier, nous avons laissé des peluches devant la porte de la préfecture pour qu’Iznogoud puisse les offrir aux petits kosovars, vu qu’il a bien pris les Feraj pour des cons du début à la fin. Par ce geste nous lui renvoyons la balle.

Pour toi Iznogoud.

Un pot commun a été crée sur Leetchi par Sandra afin de venir en aide financière à la famille Feraj. Si vous voulez donner quelque chose, c’est ici. Merci d’avance !

Iran : 27ème anniversaire du massacre des opposant-e-s au régime

Le mois d’août marque le 27e anniversaire du massacre de 30.000 prisonniers politiques en Iran (1 août 1988).

En été 1988, un mois après que Rouhollah Khomeini fut contraint d’accepter un cessez-le-feu dans sa guerre de huit ans contre l’Irak, le dirigeant fondamentaliste du régime des mollahs a ordonné l’exécution de tous les prisonniers politiques affiliés au principal groupe d’opposition, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI).

Lors de cette tuerie brutale, 30.000 prisonniers sans défense ont été sommairement exécutés. Des avocats internationaux et des défenseurs des droits de l’Homme ont décrit ce massacre comme le plus grand crime contre l’humanité resté impunis commis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Vers la fin de la guerre Iran-Irak, quand Khomeini a constaté que sa défaite militaire dans cette guerre était imminente, il a décidé de se venger contre les prisonniers politiques. Il a émis une fatwa (un décret religieux) ordonnant le massacre de tous ceux qui ne s’étaient pas repenti et n’étaient pas disposés à collaborer pleinement avec le régime.

Khomeini décréta : « Tous ceux qui sont liés aux ‘Monafeghine’ [‘hypocrites’, terme péjoratif utilisé par le régime des mollahs pour designer les Modjahédine du peuple] doivent être exécutés. Les ennemis de l’islam doivent être anéantis immédiatement. ». Il a ajouté : « Tous ceux qui sont dans des prisons à travers le pays et qui persévèrent dans leur soutien envers l’OMPI sont en guerre contre le Dieu et sont condamnés à mort. C’est naïf d’être miséricordieux à l’égard de ceux qui sont en guerre contre le Dieu. »

Le régime iranien n’a jamais reconnu officiellement ces exécutions et n’a jamais fourni la moindre information sur le nombre des prisonniers qui ont été sommairement exécutés. Des jeunes filles, des étudiants, des personnes de tout âge et beaucoup de prisonniers qui avaient déjà purgé leur peine avant 1988 ont été parmi les personnes qui ont ainsi disparues en l’espace de quelques semaines. Leurs corps ont été jetés dans des fosses communes, notamment au cimetière Khavaran situé près de Téhéran.

Khomeini avait ordonné la mise en place d’une « Commission d’amnistie » pour les prisonniers. En réalité, celle-ci était une Commission de la mort, composée de trois personnes : un représentant du ministère des Renseignements, un juge religieux et un procureur. La plupart des procès ne duraient que quelques minutes et ressemblaient davantage à une séance d’interrogatoire. Les questions examinées par la commission étaient les suivantes : Est-ce que le prisonnier a encore une quelconque sympathie à l’égard de l’OMPI ? Es-ce que le prisonnier est prêt à collaborer pleinement avec le régime contre l’OMPI ? Si les membres de cette commission tripartite constataient dans les propos ou le ton employé par le prisonnier le moindre signe montrant sa sympathie à l’égard de l’OMPI, ils ordonnaient l’exécution immédiate du prisonnier. La mission de cette Commission de la mort était de déterminer si le prisonnier était « un ennemi du Dieu ou pas ». En évoquant l’OMPI, si le prisonnier employait le terme « Moudjahidine » au
lieu du terme péjoratif « Monafeghine » utilisé par le régime, il était immédiatement envoyé vers la potence.

A ce jour, aucun des auteurs du massacre des prisonniers politiques en été 1988 en Iran et aucun des hauts responsables du régime des mollahs, dont le guide suprême de ce régime, Ali Khamenei, n’ont été traduits devant la justice.iran-massacre

Source : http://www.ncr-iran.org/fr/communiques-cnri/droits-humains/16271-27e-anniversaire-du-massacre-de-30-000-prisonniers-politiques-en-iran.html

Belfort : Demande de fournitures scolaires – RESF 90

Je relaie une demande du RESF 90 (réseau éducation sans frontières) :

Bonjour à tous,
 
En cette fin de vacances, après un été fait de permanences où nous avons fait de notre mieux pour aider les familles suivies à vivre dans des conditions les moins difficiles possibles. Il est temps de préparer la rentrée des classes pour les enfants RESF.
 
Cette année, situation inédite, ce n’est pas moins de 17 enfants que nous devons aider pour trouver un cartable, pour satisfaire la demande ( parfois exigeante ) de fournitures scolaires.
 
Nous faisons donc appel à votre solidarité pour nous aider à faire que chacun et chacune des élèves suivis puisse avoir la fierté de se rendre à l’école avec un sac contenant au moins le minimum. Nous avons rédigé des demandes d’aide pour les grandes enseignes locales et vous tiendrons informés du résultat de nos demandes.

Nous avons donc besoin de :

  • 5 cartables pour enfants en élémentaire, 3 pour le collège
  • 10 trousses
  • 10 agendas
  • 25 crayons de papier HB, 8H3 et 6 B2
  • 8 équerres, 6 compas
  • 12 taille crayons avec réservoir
  • 17 gommes blanches
  • 8 paires de ciseaux
  • 35 tubes de colle
  • 10 pochettes de 3 surligneurs fluo
  • 8 règle plate 20 cm et 5 de 30 cm
  • 8 ardoises blanches et feutres effaçables
  •  2 ardoises noires à craie
  • 2 stylos plume, 8 effaceurs, 10 pochettes de 12 feutres, 5 boites de 12 crayons de couleur,
  • 3 calculatrices ( au CM2!!) , 2 clés USB, 2 boites de peinture gouache
  • 8 cahiers de brouillon, 2 cahier de musique –
  • 7 cahiers 17×22 – 96 p – petits carreaux – 12 grands carreaux
  • 3 cahiers 17×22 -144p
  • 30 cahiers 24×32- gds carreaux – 96 p
  • 6 cahiers 21×29,7 — 192 p Grands carreaux
  • 4 cahiers 21×29,7 alternant petits carreaux et feuilles dessin – 96 p
  • 20 paquets de feuille simple 21 x29,7
    20 paquets de feuilles doubles 21 x29.7
  • 4 paquets de feuille simple gros carreaux -couleur
  • 3 porte documents 60 vues , 40 vues, 100 vues
  • pochette cartonnée élastique – grand format 3 rabats – 3 pochettes
  • 14 classeurs anneaux grand format
  • 7 Petits classeurs à anneaux
  • intercalaires (12) – 7 pochettes en gd, 5 en petit
  • intercalaires (6) – 5 pochettes en gd, en ptt
  • 5 pochettes papier canson 21×29, 7
  • 7 pochettes plastiques transparentes!!
Un bac a été déposé à l’accueil de la Maison du Peuple pour déposer vos dons. N’hésitez pas à laisser votre nom pour que nous puissions vous remercier.
 
 
Merci à toutes et tous de votre soutien et de votre participation!
 
Toute l’équipe RESF90!!

#Besançon : Ils sont arrivés près de chez vous…

Au sujet de l’implantation des catholiques intégristes de la « Fraternité Saint-Pie X » au cœur de la boucle

CqItQe0WAAEz2p_Lorsqu’on parle de fanatisme religieux aujourd’hui, beaucoup se figurent DAESH et les islamistes radicaux : ces assassins qui frappent aux quatre coins du monde, de l’Irak au Mali pour « venger Dieu des mécréants ». Ces soldats du Sacré voient aussi l’Occident « impur et décadent » comme une cible de choix pour semer la terreur parmi la population. Mais toutes les religions ont leurs extrémistes qui usent de la violence pour faire régner la terreur au nom du Ciel.

D’autres fanatiques religieux, beaucoup moins médiatisés mais pourtant ancrés sur le territoire national depuis bien longtemps, existent. Leur présence n’y est pas moins néfaste. Parmi les divers courants présents chez les catholiques, on retrouve la société de prêtres catholiques traditionalistes appelée « Fraternité Sacerdotale St-Pie X », fondée en 1970 à Mezingen (Suisse) qui se réclame de Monseigneur Lefebvre et regroupe en son sein les intégristes qui rejettent le Concile Vatican 2 de 1965, jugé trop progressiste : ce texte de l’Église, qui marque l’abandon entre autres du prosélytisme religieux et adopte l’œcuménisme (unité et dialogue entre chrétiens : catholiques, orthodoxes et protestants), est avant tout une réflexion interne propre aux catholiques qui pour nous n’a aucune importance, mais qui nous permet de comprendre de manière un peu plus approfondie l’organisation intégriste St-Pie X.

Aujourd’hui, cette organisation milite contre la contraception, l’avortement, le mariage gay et plus généralement l’homosexualité… Régulièrement, elle s’accapare la rue pour prier, la plupart du temps contre l’accès à l’IVG, sous la bienveillance des autorités (que ce soit lors des rosaires « SOS tous-petits » ou lors de l’évacuation de l’église Sainte-Rita à Paris en août 2016, bâtiment occupé par des militant-e-s d’extrême-droite, lors de laquelle un néonazi qui faisait le service d’ordre a violemment agressé un passant).  De plus, ces cul-bénis exercent une pression sur le personnel médical qui pratique les avortements, tout comme sur les femmes qui cherchent à y avoir accès. Leurs intimidations vont jusqu’à des opérations commandos dans les centres hospitaliers et des menaces physiques envers les personnels soignants. Au nom de leur divinité, ils imposent leur logique de reproduction aux femmes, y compris celles qui sont victimes de viol (pour ces criminels, si la femme est violée, c’est qu’elle l’a provoquée par sa façon de s’habiller, de se maquiller…)
Ils se sont illustrés aussi en menant des campagnes de sabotage de distributeurs de préservatifs, ou encore d’expositions artistiques qu’ils jugent « blasphématoires ».
Pour résumer, ces intégristes à la logique destructrice s’opposent à nos libertés (sexuelles, de mœurs…) acquises grâce aux luttes passées (que le mouvement de Mai 68 a clairement participé à amorcer).

Si l’on revient sur l’histoire des intégristes de la Fraternité Saint-Pie X, on peut constater que leurs prédécesseurs ont protégé d’anciens collaborateurs du régime nazi : Paul Touvier, milicien recherché après 1945 pour « crimes contre l’humanité », a été caché par l’Ordre des chevaliers de Notre-Dame jusqu’en mai 1989, date de son arrestation dans le prieuré St-Joseph de Nice. Jean-Pierre Lefebvre, secrétaire général de la Fraternité Notre-Dame-de-la-Merci et ancien de la Division « Charlemagne » (Waffen-SS), finançait la cavale du collabo Touvier. Tout naturellement, ce sont aussi des nostalgiques du régime de Pétain, puisqu’ils se rendent chaque année sur l’île d’Yeu pour se recueillir sur sa tombe. Le 22 septembre 2007, l’abbé de Cacqueray « compare le combat du maréchal Pétain pour la France à celui de Mgr Lefebvre pour l’Église. ». On peut aussi se remémorer les propos antisémites et négationnistes à la télévision suédoise le 1er novembre 2008 d’un des quatre évêques de la FSSPX, Richard Williamson : « Je ne crois pas qu’il y ait eu des chambres à gaz. Je crois que 200 000 à 300 000 juifs sont morts dans les camps de concentration, mais aucun dans des chambres à gaz ». La liste est bien trop longue pour répertorier tous les propos nauséabonds de ces culs-bénis. Il s’agit juste de donner un petit aperçu général de cette organisation fasciste.

Si on prend le temps de revenir sur cette organisation catholique, c’est bien parce qu’elle vient de racheter pour une modeste somme (270.000 euros) une ancienne chapelle (appelée « chapelle des Visitandines ») qui servait encore il y a peu d’amphis pour la faculté de lettres de Besançon. Ce bâtiment, situé dans le centre-ville (au 5 rue Sarrail), a vocation pour ses partisans du « droit naturel » et d’une « France catholique » à redevenir un lieu de culte et de prosélytisme. Ceci marque une nouvelle étape quant à leur volonté de gagner en visibilité et en influence (ou plutôt en nuisance) à Besançon, puisqu’ils sont également domicile au 14, rue Lyautey dans le quartier Saint-Claude.

En Franche-Comté, la société de prêtres intégristes est présente un peu partout : à Cressia et aux Rousses dans le Jura ; à Cravanche dans le Territoire-de-Belfort ; elle a aussi pignon sur rue dans la capitale bourguignonne au 4, rue Pierre Thévenot (Dijon).

Leur implantation ne peut laisser personne indifférent, car leur ordre moral est néfaste à tout individu qui s’accomplit pleinement en s’émancipant des traditions.

Alors voisin-e-s, habitant-es du quartier ou non, tenez-vous informé-e-s et rejoignez-nous pour marquer votre refus face à ces fascistes en soutanes !

Source : interne

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