Pourquoi je ne voterai pas en 2017

2007, 2012 et 2017, trois dates, trois abstentions, je m’explique…

En 2005, je venais d’avoir 18 ans et donc le droit de vote. Encore naïf à cette époque, j’ai glissé dans l’urne, au 1er tour de 2007, un bulletin en faveur d’Olivier Besancenot, je n’ai depuis, plus jamais voté. Car entre Royal et Sarkozy, autrement dit entre la peste et le choléra, j’ai préféré m’abstenir. Ensuite, il y a eu Sarkozy contre Hollande, même si je dois bien avouer que comme beaucoup d’autres français-e-s j’ai été soulagé de voir le nabot prétentieux, arriviste et omniprésent battu. Lors du traditionnel débat télévisuel, Hollande aura finalement été meilleur menteur que lui.

Maintenant se profile 2017, avec le FN qui monte et il faudrait voter massivement pour l’une ou l’autre des factions (PS/LR), pour lui faire barrage. Eh bien en tant que mulâtre « de papiers », je n’ai pas plus peur du FN que de la grippe. Parfois je me dis même qu’au moins la France porterait son vrai visage, comme les États-Unis avec Trump. Finie l’hypocrisie, surtout de gauche, qui n’a eu de cesse d’encenser la réalité, de promettre puis de décevoir… C’est cette gauche là qui est plus responsable encore, de par son masque pseudo social, elle mérite que l’on soit impitoyable avec elle. Avec la droite on savait clairement à quoi s’en tenir, mais la « gôche », même si moi à titre personnel me révulse, à incarner l’espoir dans notre classe sociale et l’à déçu. Elle est la seule responsable de la montée de l’extrême-droite dans notre pays. On répète les erreurs du passé, inlassablement…

Même dans ce cas de figure je ne mettrai pas une seule voix pour aucun de ces vautours, de ces rapaces ! Non seulement pour ce que je viens de dire, mais aussi car la seule voie possible contre l’horreur, c’est une révolution sociale profonde, qui sapera les bases économiques et sociales du totalitarisme/fascisme ; et non pas un bout de papier recyclable jeté dans une urne après un bourrage de crâne médiatique. Ce ne sont pas des slogans publicitaires qui changeront les choses mais bel et bien l’action directe de notre classe, les dominé-e-s, l’action collective ou individuelle contre les oppresseurs, l’organisation des exploité-e-s sur un plan international, le capitalisme est à combattre sur tous les continents, la misère qu’il engendre là bas est la misère qu’il engendre chez nous, en Occident.

Aussi, je n’irai, une fois de plus, pas voté, je ne ferai pas barrage au FN par les urnes… C’est comme le père noël, c’est impossible, d’autant que les idées du FN ont été portées au pouvoir, petit à petit, au cours des quarante dernières années par le PS et LR. La France black, blanc, beur : un mythe, un mirage. Jamais le communautarisme n’aura été aussi fort, le racisme autant exacerbé sur notre sol. En clair, chacun-e pour soi. Chacun-e son bifteck, rien à fiche de l’autre…

Pourtant, rien n’est possible sans l’autre !

 

#Besançon : Commémoration du massacre des algériens

Beaucoup de gens l’ignorent à Besançon mais il existe une plaque sur le Pont Battant, rive gauche, à la mémoire des algériens massacrés par la France en 1961. Tués, jetés à la Seine, battus, enfermés en masse… Simplement pour avoir manifesté pacifiquement contre les lois racistes qui interdisaient, entre autre, aux « maghrébins » de se réunir, de sortir (couvre feu)… (Voir article plus détaillé ici)

Nous vous invitons à vous joindre à nous, pour honorer la mémoire de celles et ceux que la République a hier assassiné.

RASSEMBLEMENT

Lundi 17 octobre à 17h30

Pont Battant – Besançon

Mais qui donc m’influence ??

Cette question, on me l’a posée au commissariat : « Mais qui vous influence ? D’où sortez-vous ces textes ? Vous avez un niveau BEP… »

Ce qui m’influence, pour répondre sommairement, ce sont mes lectures de livres, de journaux, les centaines de rencontres que j’ai faites ces dix dernières années, les documentaires visionnés, les débats…

qrticleMais ce qui m’influence le plus, ce sont plusieurs années de profonde injustice dans mon enfance. Contrairement à Mr Setbon, je sais très bien ce qu’est le désespoir et le malheur. L’injustice que j’ai subie, à savoir des maltraitances dès ma naissance, le placement et retrait du jour au lendemain dans de multiples familles d’accueil entre mes 3 ans et mes 7 ans ; et notamment le placement dans une famille d’accueil dont le père était éducateur, qui m’a maltraité, obligé à vivre dans un réduit à l’âge de 5 ans avec interdiction de jouer avec ses gosses et de manger avec eux, sans compter d’autres supplices dont je ne ferai pas part ici, ce sont les services de l’État, la DDASSD (direction départementale des affaires sanitaires et sociales du Doubs) à l’époque, l’ASE (aide sociale à l’enfance) aujourd’hui. Ce sont les services de l’État qui m’ont fait subir cette injustice. Il n’y a jamais eu de procès, Mr Villers François est libre, sévit peut-être toujours, mais je fais le serment de me venger personnellement de cet homme dès que j’en aurai l’occasion. Je n’en ai jamais parlé pendant près de 20 ans, ayant honte de que j’avais vécu, mais une immense colère m’anime depuis 24 ans. Donc oui la Justice a pour moi une très grande importance, c’est pourquoi je m’évertue à me comporter en Être intègre, dévoué pour les autres, fidèle à ses principes, généreux, ouvert d’esprit.

Ce qui m’influence, c’est aussi de très bien connaître la précarité à laquelle me condamne cette société ; après tout je n’ai qu’un BEP comme ils disent. Ce qu’ils ne savent pas c’est que je suis en train de faire des démarches pour devenir auxiliaire de bibliothèque, que je m’investis beaucoup dans le milieu associatif bisontin, que j’ai un projet littéraire que je prépare en autodidacte à l’aide d’un ami depuis 4 ans déjà (même si je sais que l’Écriture ne permet que rarement de faire croûter les auteurEs).

Ce qui m’influence, ce n’est pas quelqu’un en particulier. C’est par exemple, de voir ce que vivent les réfugié-es ; j’ai vu à Calais la jungle en 2009, j’ai vu ces hommes, femmes, enfants, dormir sous des abris faits de palettes et de sacs plastiques ! Je l’ai vu de mes propres yeux, la misère la plus abjecte, indescriptible, à faire pâlir Victor Hugo lui-même et ça se passe en France ! Y compris à Besançon… Franchement, allez voir en vrai, ça n’ a rien à voir avec ce que vous en voyez à la télévision. Si vous y allez et que vous ne pleurez pas au moins une fois, on ne peut rien pour vous. Ça fiche une sacrée claque de voir ce qui se déroule sur le sol français !

Vous voulez vraiment savoir qui m’influence ? Ok, pour la première fois de ma vie je vais dénoncer des camarades. Le premier s’appelle Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine de son vrai nom. Un anarchiste. Le second Pierre Kropotkine, un anarchiste aussi, la troisième Louise Michel (particulièrement son activité de « pétroleuse »),  le quatrième Alfonso Bonnano pour sa « Joie armée » (bouquin qui lui a valu 5 ans de taule), le cinquième Jean Grave et La société mourante… Voilà quelques un-e-s des protagonistes. Oh et puis mince, je vous balance aussi : toutes/tous mes ami-es, mes relations, ainsi que le cinéma, la musique, le théâtre…

Bien longue est la liste des personnes, événements… qui m’influencent à être ce que je suis aujourd’hui, à écrire ce que vous lisez ici. En tant qu’anarchiste, je pars du principe que TOUT est perfectible, y compris nous-mêmes en tant qu’Êtres.

INFLUENÇONS-NOUS LES UN-E-S LES AUTRES ! BRASSONS-NOUS, ÉCHANGEONS NOS IDÉES, RENCONTRONS-NOUS !

Quand la solidarité devient… un danger !

Texte que j’ai écris pour le rassemblement de ce soir :

Étrange tout de même qu’une chose aussi fondamentale que l’entraide déclenche la mobilisation de troupes policières ; plus étrange encore que les dîtes troupes perquisitionnent et mettent en garde à vue des personnes qui, comme nous, militent et s’engagent auprès de nos frères et sœurs humain-es.

Qu’avons nous donc fait sinon d’avoir une conscience et une exigence de respecter des femmes, des hommes, des familles ?

Et ceux-ci qu’ont-ils donc fait que de fuir la misère et un quotidien sans perspective. Ils ont cru, peut être naïvement, que sur ce sol il y avait un possible ; et la réponse des autorités fût l’abandon ou bien l’expulsion.

Eh bien oui, nous avons réagi par des mots et par des actions. Visiblement, ce n’était pas du goût d’un certain représentant de l’autorité. C’est sur plainte de celui-ci, que la machine répressive s’est mise en route : questionnements, examens de plusieurs disques durs et de diverses brochures.

Nous fûmes aussi entendus sur nos lectures, nos sympathies, nos liens avec d’autres organisations. Ils m’ont même demandé si j’étais sous influence, car n’ayant qu’un BEP, ils ne comprennent pas que je m’exprime si bien.

Du mépris de classe, c’est tout ce qu’ils ont !

De la solidarité et de l’intelligence venant d’en bas, ça ils ne le comprennent pas ! Ce n’est pas un interrogatoire qui va les éclairer. Ce qui m’a ouvert les yeux, c’est de côtoyer la tristesse, la détresse et de les combattre avec ceux qui préfèrent le mot Justice à judiciaire.

NI ÉTATS ! NI FRONTIÈRES ! NON AUX RAVAGES DES GUERRES QUI CHAQUE JOUR, POUSSENT SUR LES ROUTES DES MILLIERS DE MISÉREUX !!

#Besançon : Et pourtant…

La forme n’y était peut être pas, mais sur le fond… Tout était vrai !

Pour celles/ceux qui ne voient pas à quoi je fais allusion, voir mon billet « Besançon : un ragoût préfectoral particulièrement écoeurant« . Simplement pour quelques mots plus hauts que les autres dans ce billet, à savoir : « pourriture »,  « petit être répugnant », « menteur professionnel », son surnom : « Iznogoud »,  « triste sir » et « portefaix ». Pour vous citer ce qu’il m’était reproché.

Comme je l’ai dit à certain-es de mes camarades, les noms d’oiseaux ne sont peut être pas ce qu’il y a de plus constructifs, mais sur le moment, je n’ai pas trouvé d’autres mots. Même si je regrette, je ne m’excuserai pas pour autant. À l’avenir je serai vigilant, c’est en faisant des erreurs que l’on apprend, ceux/celles qui n’osent jamais rien n’auront, c’est sûr, jamais de critique de personne !

 Jeudi 6 octobre, la police judiciaire est venue à mon domicile m’annoncer une perquisition de l’appartement et mon placement en garde à vue pour « injures et diffamation par voie de presse ». Ils embarquent mon portable et mes ordinateurs, fouillent mes livres et brochures… Je me retrouve en cellule, on viendra m’interroger plusieurs fois, relever mes empreintes… Vers 12h je vois un’ camarade passer devant ma cellule, le même avec qui j’avais entamé une grève de la faim pour exiger le retour de la famille Feraj et attirer l’attention sur la condition des réfugiés, au début du mouvement.

Concrètement ils n’avaient pas grand chose, encore moins contre le camarade. Il s’agit clairement d’une tentative d’intimidation de la préfecture, qui n’a pas hésité à mobiliser une équipe de la police judiciaire, une journée entière pour une embrouille de cours de récré avec Mr Setbon ! Le contribuable paye donc ils s’en fichent…

Ils ne supportent probablement pas le fait qu’ils ne puissent plus faire la basse besogne, à savoir enfermer / assigner à résidence / expulser les demandeurs d’asile du département du Doubs, de manière discrète et parfois illégale. Ils ne supportent probablement pas que nous mettions en lumière leurs agissements, que plusieurs centaines de personnes se mobilisent lors des différents rassemblements que nous organisons, que la solidarité se mette en place autour des réfugié-es, ils ne supportent sûrement pas, que pour une fois, des individus d’horizons tellement différents arrivent à travailler ensemble pour une même cause. Tout ça leur reste en travers de la gorge, alors il fallait qu’ils jouent la seule carte qu’ils connaissent : l’intimidation, la répression.

Qu’ils sachent ces expulseurs : nous continuons et nous continuerons à lutter contre ces actes, jusqu’à ce que Justice soit faîte pour toutes/tous les damné-es de cette terre ! Peu importe le temps que cela prendra.

Je tiens à rappeler également que la CIMADE, qui ne sont pas des extrémistes, se faisant même les co-gestionnaires dans les CRA (centre de rétention administrative), ont décerné la palme « championne des expulsions » à notre sinistre préfecture.

Comme je l’ai déclaré au policier qui m’a interrogé, même si après coup je me dis que j’aurais pu faire cela plus finement et saurai pour la prochaine fois, je persiste dans les propos de mon ancien billet. C’est  (peut être) mal dit, mais tout était vrai. Que Mr Setbon fasse le nécessaire au niveau judiciaire s’il n’est pas de cet avis, sincèrement je ne vois pas ce qu’il peut me reprocher. Personnellement je peux me regarder fièrement dans une glace moi contrairement à lui.

En ce qui concerne le traitement de la police vis à vis de nous, on sentait bien qu’ils n’avaient pas l’habitude de ce genre de cas. Le policier qui a libéré notre camarade, ne savait même pas par où était la porte de sortie des gardés à vue, n’ayant, selon ses dires, pas l’habitude que ses « clients » sortent libre de son bureau d’habitude…

En tout cas, nous allons bien et sommes plus que jamais déterminés à nuire à leurs projets inhumains !

DES PAPIERS POUR TOUTES/TOUS OU PLUS DE PAPIERS DU TOUT !!

LIBERTÉ DE CIRCULATION ET D’INSTALLATION !

STOP AUX GUERRES ET AUX RAVAGES DU CAPITALISME QUI POUSSENT SUR LES ROUTES DES MILLIERS D’EXILÉS !

MANIFESTATION

MERCREDI 12 OCTOBRE

17H30 – PLACE PASTEUR

 

Migrations

De tous temps, les peuplades ont migré, se sont  rencontrées, se sont mélangées, métissées, et ainsi enrichies. Tout ceci pour dire que notre patrimoine commun est collectif. Or, une certaine caste, politique, administrative,
intellectuelle, médiatique… pleine d’arrogance, de suffisance,
ne cesse de nier cet héritage humain. Pour rappel, l’art, convergence des savoirs, des techniques et de l’imaginaire n’aurait su exister sans le pétrissage incessant entre les différentes communautés.

Nous avons échangé la technique du feu et de la pierre, nous avons su représenter des visions du monde et même imaginer des au-delà ; sans doute ce legs commun nous amène à une réflexion sur la constitution longuement élaborée de notre identité commune. Ben oui, on a tous des tronches d’humains, des réflexes, des émotions, des envies d’expression. Un mot d’ordre pourrait être « fusionnons enfin, refaisons les chemins si artistiquement tracés et reconnaissons nous ».

Conscience donc, et conscience vigilante ! Certains veulent  nous séparer, nous divorcer de notre histoire réelle, celle ou nous sommes des Océaniens en même temps que des allemands, des Roms Inuits et des Apaches de Mongolie ; nous autres, enrichis et conscients de l’être, par ces strates incessantes et successives qui nous constituent en tant qu’Être, GUEULONS contre la sottise négationniste et limitative qui nous bornerait à « black-blanc-beur » car  nous le sommes tous à la fois. Ma grand-mère africaine a bizarrement été baptisée Lucy par des junkies archéologues. Peu importe son nom c’est ma grand-maman ainsi que celle de mes potes ; pour les empreintes génétiques, repassez plus tard.

Nous, quand on croise nos regards, c’est bien des frangins/frangines qu’on reconnaît, on a hérité d’une même très longue histoire et nous forgerons un très long avenir. Loin des négations, extrêmement loin de la sottise, nous saurons nous passer de l’ignorance.