La valls des charters continue

La France socialiste continue à expulser massivement par charters des roms en détournant des fonds publics de leur usage initial. Ces opérations permettent également de contourner des procédures judiciaires et de vider les campements de leurs occupants.

Jeudi 5 juillet à Lyon, ce sont 126 personnes qui ont été expulsées de France par charter sous couvert d’une aide au retour dit « volontaire ».

Un détournement de fonds publics

Les condi­tions pour béné­fi­cier de l’ARH (aide au retour huma­ni­taire) sont stric­te­ment défi­nies dans une cir­cu­laire de l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) du 10 mars 2010 : « L’aide au retour huma­ni­taire est attri­buée aux étrangers en situa­tion de dénue­ment et de grande pré­ca­rité séjour­nant en France depuis au moins trois mois ». Cette aide consiste à offrir géné­reu­se­ment avec l’argent du contri­bua­ble, un billet d’avion et un petit pécule (300 € par adulte et 100 € par enfant) à des per­son­nes en situa­tion de détresse pré­sen­tes depuis au moins 3 mois en France. C’est le « au moins 3 mois » qui pose pro­blème.

Alors que les rou­mains, d’après les chif­fres même de l’OFII repré­sen­tent 70% des béné­fi­ciai­res de l’ARH [1], aucune pro­cé­dure de contrôle n’a été mise en place pour s’assu­rer qu’ils sont en France depuis au moins 3 mois, si ce n’est une pro­cé­dure décla­ra­tive. Et pour cause. Les rou­mains, citoyens de l’Union Européenne béné­fi­cient de la libre-cir­cu­la­tion. Ils ren­trent et ils sor­tent de France sans aucun contrôle et ils n’ont par consé­quent aucune obli­ga­tion de pos­sé­der une preuve de leur date d’entrée sur le ter­ri­toire fran­çais. La dis­tri­bu­tion géné­reuse de l’argent public sans contrôle est donc par­ve­nue aux oreilles des rou­mains… Jusqu’en Roumanie… Où elle pro­vo­que un véri­ta­ble appel d’air. De nom­breu­ses per­son­nes vien­nent spé­cia­le­ment en France pour tou­cher l’argent et repar­tent chez eux, tous frais payés quel­ques jours ou quel­ques semai­nes plus tard. D’après cer­tains pré­fets, des filiè­res ont même été mises en place pour ache­mi­ner les heu­reux béné­fi­ciai­res.

L’inven­teur de ce sys­tème quasi mafieux serait un homme de petite taille, d’ori­gine hon­groise, qui se cache­rait actuel­le­ment au Canada. Le sys­tème a été amé­lioré par Claude Guéant qui a ampli­fié le détour­ne­ment de l’argent public pour attein­dre ses objec­tifs de 33 000 recondui­tes à la fron­tière, mélan­geant au pas­sage des rou­mains en situa­tion par­fai­te­ment régu­lière, en France depuis moins de 3 mois et des étrangers en situa­tion irré­gu­lière, expul­sés de force.

Valls, qui a enfilé les pan­tou­fles de Guéant et même tout le cos­tume ne semble pas du tout gêné par cette escro­que­rie et conti­nue de plus belle. Quand à Hollande, on a du mal à savoir s’il a une idée sur la ques­tion. On peut tout de même sup­po­ser que son minis­tre de l’inté­rieur appli­que la poli­ti­que qu’il a défi­nie, à défaut d’appli­quer celle pour laquelle il a été élu.

Un détournement des procédures judiciaires

Il faut être juste, lors du der­nier char­ter, les asso­cia­tions pré­sen­tes sur place n’ont pas vu que des per­son­nes qu’elles ne connais­saient pas du tout et qui étaient pré­sen­tes en France depuis moins de 3 mois. Il y avait aussi quel­ques per­son­nes en France depuis plus de 3 mois.

Le gou­ver­ne­ment ne se contente donc pas d’uti­li­ser les fonds publics en les dis­tri­buant sans contrôle à des étrangers qui ne rem­plis­sent pas les cri­tè­res d’attri­bu­tion. L’argent du contri­bua­ble est également uti­lisé pour vider en dou­ceur les camps de roms. La France est un des rares pays euro­péens à avoir adopté des mesu­res tran­si­toi­res jusqu’en 2014 pour les citoyens rou­mains et bul­ga­res, ce qui revient de fait à leur inter­dire le marché du tra­vail. La plu­part des roms d’ori­gine rou­maine pré­sents en France vivent donc sur des ter­rains qu’ils occu­pent de manière illi­cite. Lorsque le pro­prié­taire du ter­rain porte plainte, le juge pro­nonce sys­té­ma­ti­que­ment l’expul­sion. Néanmoins, il assor­tit très sou­vent sa déci­sion d’un délai en rap­pe­lant que si le droit de pro­priété doit être pré­servé, le droit au loge­ment existe aussi et que par consé­quent les occu­pants doi­vent béné­fi­cier d’un délai pour trou­ver une solu­tion d’héber­ge­ment. Entre l’occu­pa­tion illi­cite d’un ter­rain et l’expul­sion par les forces de l’ordre il se passe ainsi un délai moyen de 6 mois. Et oui, notre jus­tice est lente car sur­char­gée… Pour une fois, tant mieux pour les sans-abri. 6 mois… Comment faire quand on est préfet et que le gou­ver­ne­ment nous demande d’expul­ser les roms de leurs ter­rains alors qu’il faut atten­dre 6 mois l’auto­ri­sa­tion d’un juge ?

Et bien on appelle l’agence tous ris­ques : l’OFII, agence de voyage offi­cielle du gou­ver­ne­ment.

Les hôtes­ses de l’OFII se pro­mè­nent donc régu­liè­re­ment dans les cam­pe­ments de roms pour pro­po­ser l’argent du contri­bua­ble. Pour peu que la pré­fec­ture soit passée quel­ques jours avant et ait déli­vré des OQTF (Obligations de Quitter le Territoire Français) avec des délais de départ de 30 jours, le tra­vail est lar­ge­ment faci­lité. En gros, vous avez le choix entre repar­tir au pays avec les menot­tes avant la des­truc­tion de votre cabane qu’on vous promet immi­nente ou repar­tir avec 300 € par adulte et 100 € par enfant, tous frais payés. Vous feriez quoi vous ? … Moi, pareil.

Et après ça, on nous parle de retour volon­taire. Je t’en fou­trais, moi, du retour volon­taire…

C’est ainsi qu’on peut lire dans le rap­port 2011 de l’OFII, à propos de l’ARH, que « Les Roumains (7 284 per­son­nes) et les Bulgares (1 429 per­son­nes) sont les prin­ci­paux béné­fi­ciai­res de cette aide. Il s’agit prin­ci­pa­le­ment de per­son­nes qui séjour­nent sur des sites ou cam­pe­ments illi­ci­tes. » Et voilà, le tour est joué. Au lieu de jeter les roms à la rue, on les jette dans un char­ter. C’est autant de per­son­nes en moins à virer lors de l’expul­sion du camp.

Ces expul­sions ont pour­tant été lar­ge­ment condam­nées. Par le Conseil de l’Europe qui qua­li­fie les expul­sions col­lec­ti­ves de roms comme étant « dis­cri­mi­na­toi­res » et « contrai­res à la dignité humaine » car fon­dées sur l’ori­gine eth­ni­que des per­son­nes concer­nées [2]. Par Romeurope, qui, dans une lettre du 29 juin, demande au pre­mier minis­tre de « rompre avec le passé » en sug­gé­rant notam­ment l’arrêt des évacuations sans pro­po­si­tion de relo­ge­ment ainsi qu’un mora­toire sur les expul­sions des res­sor­tis­sants euro­péens [3]. Et par le can­di­dat Hollande lui même… Qui dénon­çait à l’époque « les expul­sions bru­ta­les à répé­ti­tion » et les « recondui­tes à la fron­tiè­res sans résul­tat » [4]. Apparemment, les socia­lis­tes fran­çais, comme les umpis­tes en leur temps s’en fou­tent roya­le­ment. Du moment qu’on fout de l’étranger dehors pour gon­fler les sta­tis­ti­ques…

Des coûts exorbitants

Le gou­ver­ne­ment ne veut pas enten­dre parler de rigueur. C’est sur qu’en ce qui concerne les expul­sions, il n’est pas ques­tion de rigueur et ils sont géné­reux nos socia­lis­tes. Un rap­port du sénat évalue le coût d’une expul­sion à 20 970 € par per­sonne. [5]

En annon­çant qu’il régu­la­ri­sait autant d’étrangers que Guéant, envi­ron 30 000, Valls nous laisse enten­dre qu’ils en expul­sera autant. Ben oui, c’est logi­que, non ? Rappelons que le der­nier objec­tif chif­fré annoncé par Guéant s’élevait à 40 000 expul­sions [6]. Ce chif­fre nous semble un peu élevé pour Valls qui débute dans le métier, même si ses pre­miers pas de Guéant sont très pro­met­teurs. Accordons lui le béné­fice du débu­tant qui va s’appli­quer cons­cien­cieu­se­ment et… Aller, 35 000 expul­sions par an. Avec 35 000 expul­sions, le gou­ver­ne­ment socia­liste devrait donc dépen­ser envi­ron 734 Millions d’euros !!!

Vous avez dit rigueur ? Drôle de rigueur. 734 mil­lions d’euros c’est une fois et demi le mon­tant de l’aug­men­ta­tion du smic. C’est clair, le gou­ver­ne­ment socia­liste com­mence à affi­cher ses prio­ri­tés.

Cette nuit, j’ai rêvé du débat Hollande – Sarkozy de l’entre-deux tours. A un moment François Hollande, pre­nant une véri­ta­ble sta­ture pré­si­den­tielle se levait et disait :

« Moi, Président de la République, je ces­se­rai la course aux chif­fres et la stig­ma­ti­sa­tion de com­mu­nau­tés en raison de leur appar­te­nance eth­ni­que. Moi, Président le la répu­bli­que, j’inter­di­rai aux pré­fets de jeter à la rue des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards dému­nis sans leur pro­po­ser de solu­tions de relo­ge­ment. Moi, Président de la République, j’uti­li­se­rai les fonds euro­péens mis à dis­po­si­tion pour l’inté­gra­tion des roms et je ferai cesser le détour­ne­ment de l’argent public à des fins pure­ment électoralistes. »

Ce matin, pen­dant un ins­tant, je ne savais plus si j’étais dans le rêve ou la réa­lité. Perdu, j’avais rêvé. Le pré­si­dent a changé mais la poli­ti­que à l’égard des plus dému­nis, elle, n’a pas chan­gée. Je me suis mal­heu­reu­se­ment bel et bien réveillé au pays de Flamby.

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