Tract contre la prison – solidarité avec nordin et farid

Prison de Ittre– Une gardienne, Romana Gariletti, profite d’un des seuls moments où Nordin peut quitter la cellule d’isolement pour fouiller ses affaires personnelles. En cachette, sans avertissement ni justification. Après avoir insisté pendant des années, Nordin avait récemment reçu un ordinateur en cellule pour suivre des cours. Aujourd’hui, cet ordinateur est de nouveau saisi par la police fédérale. Après trois ans d’enfermement dans un quartier de haute sécurité hollandais, un an d’enfermement dans celui de Bruges, il est enfermé depuis 9 mois dans un…cachot, “converti” en cellule permanente. La direction générale a annoncé vouloir reconvertir une aile de la prison où ils n’enfermeraient que les “potentiels évadeurs” (cad : ceux qui ne sont pas prêts à vendre leur peau pour une faveur, ceux qui ne baissent pas la tête), afin de leur pouvoir faire subir un régime spécial calqué sur celui du QHS de Bruges. Pour Nordin, le seul son de cloche c’est l’isolement. Et ce qui dévie un peu de ce schéma, on l’utilise contre lui. Une visite est un moyen de chantage, un ami c’est une menace pour l’ordre, un ordi est le cheval de Troie qui inaugure une nouvelle série de sanctions. Espérons qu’il ne s’y trouvait pas de film Jurassic Parc, sinon ils pourraient encore inventer que Nordin a engagé une alliance avec les dinosaures pour…s’évader évidemment. C’est cette parano de l’évasion qui anime l’administration, plus un esprit de vengeance pour lui faire payer sa digne attitude de ne pas subir le système comme un esclave. Une équipe de matons a misé le tout pour le tout pour se débarrasser de lui, en utilisant toutes les provocations possibles. Si l’on condamne quelqu’un à 60 ans (comme dans le cas de Nordin), ou à un jour même, ils n’arriveront pas à empêcher la passion pour la liberté. Pas pour ceux qui veulent vivre malgré tout, contrairement à la vie morte qu’entoure les gardiens.

Prison de Louvain – Deux mois après le transfert de Farid à la prison de Louvain, les gardiens entament une grève. C’est eux qui veulent imposer la date, et même l’endroit où Farid est censé croupir. Ils exigent qu’il soit transféré au quartier de haute sécurité à Bruges, cet infâme bloc d’isolement où Farid a déjà passé de nombreux mois. Ces matons, ils n’ont qu’à y aller eux-mêmes car, comme disait l’autre : “Vous passez un jour ici, vous vous pendez !”. Farid a été transféré déjà plus que 60 fois, cela revient à un transfert tous les 2, 3 mois. Il vient d’être transféré de nouveau. Il a depuis toujours un régime particulier d’isolement : “promenade” dans une cage à lion, pas d’activité commune. Sans honte ni gène, les gardiens utilisent Farid pour mener leurs guerres internes, et arracher du pouvoir. Il ne leur suffit pas d’avoir à tourner la clé tous les jours, d’avoir le terrain libre d’humilier, harceler, droguer des gens. Aidés par une poignée de psychiatres, ils imaginent les techniques les plus tordues pour le provoquer. La recherche de pouvoir et de fric, le mécanisme d’écraser les autres pour se donner l’apparence d’avancer, est présent partout dans cette société. Et la prison en constitue un laboratoire où les gardiens déchaînent leur volonté de puissance sur une partie de la population. Car en plus de boire du café et de regarder des écrans, le travail des gardiens est celui de détruire des vies humaines. Jour après jour.

L’Etat recrute à plein régime pour embaucher de nouveaux gardiens, policiers et militaires. On arrose de thunes pour toutes ces structures répressives : la construction d’une dizaine de nouvelles prisons, un nouveau siège principal pour l’OTAN, l’installation de nouvelles caméras de surveillance bien mouchardes, plus de fonctions policières donc plus de spécialisation pour la police. Ce n’est pas une coïncidence que tout ça arrive au moment où pleuvent les licenciements dans les autres secteurs. Ils offrent par là un « choix » clair : la pauvreté ou aller renforcer l’armée de l’Etat et de sa répression. Sur la fiche de paye ou ‘off the record’, comme balance ou infiltré.

Imaginons un moment qu’un autre choix s’offre à nous. Celui de construire nos vies autour de la liberté et non de l’enfermement. Celui d’arrêter d’écouter les patrons, ou de vouloir être le chef des autres. Arrêter de vendre sa dignité pour le profit des dominants. Chérir les amitiés et les complicités. Ne plus taper celui à côté de soi, mais diriger sa rage envers ceux qui le méritent. Dessiner en dehors des lignes, peut-être que ça fait un beau dessin.

Salutations rebelles aux prisonniers de Saint-Gilles qui, fin juin, ont refusé de subir une nouvelle grève. Ils ne sont pas retournés aux cellules et ont engagé la bataille avec la police Robocop qui venait écraser l’émeute. Et début juin à Bruges, quand une trentaine de prisonniers ont détruit des fenêtres et grillages au préau et ont allumé un petit feu. Les combats avec la police anti-émeute ont duré pendant des heures.

Force et courage pour ceux qui luttent, au sein des murs de prison et dehors dans la rue
Mettons le feu à la poudrière contre tout ce qui nous enferme, nous ne lâcherons pas !!!

Source: Indymedia Lille

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