Au Chili aussi les étudiants donnent le ton

J’ai trouvé un excellent texte sur la situation des étudiant.e.s au Chili sur le blog du Chat noir émeutier.

 

Pourquoi ? (article du chat noir émeutier du 30/05/12)

Face aux protestations étudiantes qui secouent le pays depuis un an, une loi est en passe d’être votée. Depuis quelques jours, les étudiants chiliens sont en alerte. La Loi dite Hinzpeter, peut être approuvée dans moins de vingt jours et légitimer l’action répressive du gouvernement chilien. Dénoncée par Amnesty International, Reporters sans frontières et des fédérations étudiantes, y compris en Europe, cette loi risque de faire revivre la période noire de la dictature.

La Confédération des étudiants du Chili (CONFECH) tente d’attirer l’attention sur ce projet de loi qui existe depuis octobre 2011. La loi de la Sauvegarde de l’ordre public est dénommée par les étudiants, loi Hinzpeter en référence à son auteur, le Ministre de l’Intérieur chilien. Ce projet de loi vise à punir de peines de prison tout mouvement social. Une simple protestation avec le bruit des casseroles – signe d’opposition durant la dictature, peut être considérée comme “terrorisme d’Etat” par cette loi. La CONFECH a publié un folder expliquant les faits que la loi punirait.

L’article 269 du projet de loi prévoit de punir de 541 jours à 3 ans de prison, les personnes ayant:_ paralysé ou interrompu un service public comme les hôpitaux, les urgences, les services électriques, l’eau potable, les communications, les transports. Comme le précise le folder envoyé par les dirigeants étudiants, de punir l’occupation d’écoles en signe de protestation. Fait initié dans de nombreux lycées et universités durant l’année 2011.

Elle prévoit également de rendre punissable : _ l’envahissement, l’occupation ou le saccage des habitations, des bureaux, des établissements commerciaux, industriels, éducatifs, religieux entre autres. Nette référence à l’action pacifique menée par une poignée d’étudiants au sein des locaux de la chaîne chilevision, dont le capital est détenu par le Président Sebastian Pinera.

Troisième point punissable : _Empêcher ou altérer la libre circulation des individus et véhicules sur des ponts, rues, routes et autres biens d’usages publics similaires. La Confech précise que sont visées les marches interdites à la dernière minute. Comme ce fut le cas le 15 mars dernier dans une marche convoquée par les étudiants du secondaire, qui a vu le déploiement répressif des carabiniers du Chili.

L’organisation étudiante nationale relève trois autres points du projet de loi : _ Celui d’attenter contre l’autorité ou ses agents (ndlr : les carabiniers du Chili), celui d’employer des armes à feu ou un élément incendiaire. Mais surtout, l’organisation étudiante pointe la dangerosité du point autorisant l’arrestation de toute personne ayant incité à une marche dans la ville. Autrement dit, la légitimité d’arrêter un leader étudiant.

Depuis le mois de mars, ceux-ci reçoivent l’aide de l’Institut des Droits de l’Homme du Chili qui envoie des observateurs lors des marches étudiantes afin d’éviter des arrestations arbitraires d’étudiants. De son côté, Reporters sans frontières a supplié le gouvernement chilien de retirer le volet permettant la saisie de matériels journalistiques comme le stipule l’article 83 du Code Pénal.

Durant les vacances scolaires des mois de Janvier et Février, les étudiants se sont mobilisés contre ce projet de loi mettant en danger la liberté d’expression, de droit de manifester, et interdisant toute forme de protestation sociale. Depuis son entrée au congrès en octobre 2011, le projet de loi a été déposé trois fois en “urgence” par le gouvernement chilien. Vendredi dernier, il réitérait une quatrième tentative. En réaction, les dirigeants étudiants de la CONFECH réalisent une semaine “agitation contre la Loi Hinzpeter”.

Le 21 mai dernier, les fédérations étudiantes du monde entier – plus de 20 millions d’étudiants, exigeaient l’arrêt immédiat de ce projet criminalisant le mouvement étudiant chilien. Deux jours après, ils étaient rejoints dans leur déclaration par Amnesty International, qui en des termes durs, n’hésitait pas à dénoncer des cas de tortures sur des étudiants. Cas déjà dénoncés en janvier devant la Haute Commissaire de l’ONU en Suisse par la principale leader étudiante chilienne, Camila Vallejo.

 


La dernière manifestation a eu lieu à Santiago ce jeudi 12 juillet 2012 et s’est terminée en émeute :

 

Santiago: la marche contre la loi Hinzpeter se termine avec des incidents

La manifestation de jeudi soir qui a eu lieu au centre-ville de Santiago contre le projet de la “loi Hinzpeter” qui vise à établir de nouvelles peines pour ceux qui causent des dégâts en manifestation s’est terminée en émeute.

La marche a impliqué près d’une centaine de personnes ont commencé à la Plaza Italia, mais des troubles se sont produits à la Santa Rosa et à l’Alameda vers 19h30, avec des coupures de la circulation.

Après cela, la police a été dépêchée sur les lieux pour contrôler la situation, générant des affrontements avec les manifestants.

La police a utilisé des canons à eau pour disperser les manifestants.

 

D’ autres articles sur Le chat noir émeutier, à propos du Chili :

La semaine d’agitation contre la loi Hinzpeter  à Concepcion et Santiago (3 juin 2012)

[Chili] Les étudiant.e.s en lutte contre le terrorisme d’Etat et son projet de loi Hinzpeter (30 Mai 2012)

[Chili] La manifestation contre la loi Hinzpeter se termine en émeute à Santiago – (12 juillet 2012)

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