L’enfermement des jeunes: une école du crime !

ENFERMER, UNE MAUVAISE IDEE PAS TRES JEUNE

Le progressif triomphe de la bourgeoisie à partir des XVIIe et XVIIIe siècles s’est accompagné de nouvelles normes et de nouvelles formes de répression. Il s’agissait de cadrer les classes populaires, de les «adapter» de force à la nouvelle organisation sociale. Pour cela l’Etat a eu recours, tant à l’égard des adultes que des jeunes, à l’enfermement. Du simple emprisonnement avec les adultes à la création de taules réservées aux jeunes, de la maison de correction aux «prisons-écoles» en passant par les fameuses colonies pénitentiaires ou correctionnelles, l’idée générale et séculaire est de mater la révolte juvénile. La traque à l’apache, au blouson noir ou aux bandes de quartier traduit une peur constante de la jeunesse en plus de la traditionnelle peur de classe. Publiques ou privées, le but de ces structures était d’écarter les déviant-e-s et façonner des êtres compatibles avec les nouvelles normes de production dans une société inégalitaire, et non pas «protéger la société».

 

MEME SYSTEME, MEME IMPASSE

Mais aujourd’hui encore l’Etat enferme une partie de la jeunesse. L’emprisonnement et le placement en CEF en sont les deux principales modalités.

Pour emprisonner, il existe toujours des quartiers pour mineur-e-s dans les maisons d’arrêt. En 2002, la création des EPM (établissements pénitentiaires pour mineur-e-s) marque la reprise d’une frénésie sécuritaire. On en recense 7, dont un à Meyzieu près de Lyon, qui n’accueillent donc que des jeunes. Pourtant ces EPM sont aussi confrontés aux problèmes de la violence et du suicide. Pour ce qui est du placement, l’injustice étatique et bourgeoise a recours aux CEF (centres éducatifs fermés). D’autres modes de placement existent mais le CEF est le plus répressif. Ils ont commencé à pulluler dès 2002. On en compte à ce jour 45. Ces structures fermées juridiquement se sont aussi fermées physiquement (murs, barbelés, vidéosurveillance). Le CEF est l’antichambre de la taule car un acte dit «répréhensible» commis au sein de cet établissement, ou une fugue, peut entraîner l’incarcération. Au final c’est une sorte de prison puisque malgré un soi-disant contenu éducatif l’objectif est bien d’enfermer.

François Hollande propose de porter le  nombre de CEF à 80. Droite, gauche, c’est la même chose ?

 Afin de préserver ses privilèges, la bourgeoisie envisage l’éducation par l’enfermement. Mais enfermer est une solution de facilité, précaire et inefficace consistant à mettre à l’écart une personne désignée comme «dangereuse», selon les critères de la société patriarcale et capitaliste. Or la prison et les CEF ne sont pas un rempart contre un nouveau passage à l’acte, mais tendent au contraire à favoriser la récidive.

 Nous savons depuis longtemps que la prison est une école du crime. C’est en effet un lieu où s’acquièrent des ressources pour de futurs actes. Un lieu où les rapports de force et de domination s’expriment à l’état brut. Un lieu où jeunes et moins jeunes cultivent leur rancoeur contre les aspects les plus violents et inégalitaires de la société capitaliste et étatique. La détention, avec ses conditions insupportables, attise logiquement la haine. La haine de se voir refuser le droit de vivre ou posséder comme les autres, car dans la plupart des cas, les femmes et les hommes enfermé-e-s le sont pour une question d’argent. Et la haine de subir l’humiliation protéiforme est inhérente à toute prison. Par conséquent l’enfermement engendre le «crime».

 

QUELLE(S) ALTERNATIVE(S) ?

La société patriarcale, étatique et bourgeoise, inégalitaire par nature, est criminelle et produit le crime, dont nous ne partageons pas la définition issue des lois. Ainsi, hors de question de vouloir la réformer. Nous savons qu’une société libertaire ne fera pas disparaître par magie tous les actes dits «délinquants», mais en rendra de fait inutiles ou impossibles de fait une bonne partie. Le reste est affaire d’autodéfense sociale. Résolument opposé-e-s à l’enfermement, nous sommes favorables à l’abolition de toutes les taules pour jeunes et moins jeunes. Organisons collectivement notre défense, opposons nos principes libertaires à la vision capitaliste de l’éducation et Construisons l’entraide pour substituer à la logique du «chacun-e pour soi» celle du touTEs pour touTEs.

 

CGA-Groupe Lyon

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