POUR CONTRER L’ATTAQUE DE PSA, IL FAUT BLOQUER D’ABORD LA PRODUCTION DES USINES QUI NE SONT PAS TOUCHÉES PAR LE PLAN

Ouvriers, cama­ra­des,

Attendue depuis 2010, la frappe de PSA a été portée comme prévu avant les congés d’été et après la mas­ca­rade élec­to­rale. Aulnay va être fermé, Rennes réduit d’un quart, Madrid est sur la touche et Sevelnord devrait suivre. Le plan de la direc­tion dévoilé il y a deux ans, avec la dis­pa­ri­tion de l’équipe de nuit à Aulnay, est appli­qué à la lettre.

Ni les cris d’orfraie d’Arnaud Montebourg ni les mena­ces de Michel Sapin n’arrê­teront ce plan. Leur chef de gou­ver­ne­ment, Jean-Marc Ayrault, demande déjà des négoc­iations. De « vraies » négoc­iations, ajou­tent les syn­di­cats. Philippe Varin leur tend la main, pro­met­tant que per­sonne ne sera laissé de côté. Pourtant, le plan de sup­pres­sion de 8 000 à 10 000 postes directs et d’envi­ron 30 000 indi­rects (sous-trai­tance et ser­vi­ces) n’a pas été atténué ou même aménagé… Ce sont des pro­mes­ses qui ne valent rien.

Les larmes de cro­co­dile de Laurent Vergely, le direc­teur de l’usine d’Aulnay, ou les mots ven­geurs du maire de la ville, le socia­liste Gérard Ségura, qui lance sa « bataille juri­di­que », n’auront aucun effet sur PSA. Les ouvriers et les employés tou­chés ne peu­vent comp­ter que sur eux-mêmes et leurs actions.

Ça ne sert à rien d’appe­ler François Hollande au secours, comme ça n’a servi à rien de tra­quer les can­di­dats à l’élection pré­sid­enti­elle pour obte­nir d’eux des enga­ge­ments. Ouvriers, cama­ra­des, seule la lutte peut payer !

La mise à l’arrêt d’Aulnay par la grève est posi­tive, mais cela ne suffit pas. Le patron est prêt à sup­por­ter des agi­ta­tions sur les sites qu’il veut réd­uire ou fermer. S’essouf­fler dans un combat même rude, can­tonné aux usines tou­chées, ne va pas arran­ger le rap­port de forces. Le plan de PSA com­porte avant tout le ren­for­ce­ment du site de Poissy. C’est ce site qui doit donc cesser de fonc­tion­ner nor­ma­le­ment.

Comment ? Par des incur­sions mas­si­ves et répétées des tra­vailleurs des usines frappées par le plan. Et pas ques­tion de déléguer la lutte aux « pro­fes­sion­nels » du syn­di­cat. Le sort des sala­riés jetés sur le pavé dépend de chacun d’entre eux. Pas ques­tion de « res­pec­ter » l’emploi et la pro­duc­tion de ceux qui sauvent leur emploi. Il est préservé aujourd’hui, mais leurs condi­tions de tra­vail vont empi­rer. La dis­ci­pline et les caden­ces vont aug­men­ter. Puis, demain, si PSA passe ce « moment dif­fi­cile », rien ne le retien­dra s’il faut procéder à d’autres « ratio­na­li­sa­tions » de ses usines.

Il faut éga­lement se rap­pe­ler sans arrêt aux bons sou­ve­nirs des gou­ver­nants. Leurs mani­fes­ta­tions offi­ciel­les doi­vent être per­turbées systé­ma­tiq­uement. Les plans dits « sociaux » s’accu­mu­lent (56 000 dis­pa­ri­tions d’emplois tous sec­teurs confon­dus dans les mois à venir).

Les tra­vailleurs d’Aulnay et de Rennes peu­vent et doi­vent deve­nir les cata­ly­seurs d’un front large des sites qui licen­cient, en pro­po­sant la tenue d’une grande mani­fes­ta­tion offen­sive pour uni­fier ces réalités trop dis­persées et leur coor­di­na­tion per­ma­nente. Dans ce cadre, il faut tenter de join­dre les forces avec les tra­vailleurs d’autres pays dans la même situa­tion.

Quant aux objec­tifs, ce qui est cen­tral c’est de prés­erver les salai­res. Le gou­ver­ne­ment est prêt à finan­cer direc­te­ment l’indus­trie auto­mo­bile franç­aise, mais pas les tra­vailleurs expulsés de la pro­duc­tion. Ce que nous pro­po­sons, c’est le contraire : les salai­res doi­vent être garan­tis par les patrons et par l’État quoi qu’il advienne de leurs usines. Et ceci pour l’ensem­ble des sala­riés tou­chés direc­te­ment ou indi­rec­te­ment par les plans de restruc­tu­ra­tion. L’objec­tif est ambi­tieux et poli­ti­que, mais c’est le seul à la hau­teur des enjeux.

Mardi 3 juillet 2012, une grève spon­tanée en cabine de pein­ture où tri­ment 30 ouvriers, dont 20 inté­rim­aires, a entraîné un arrêt de 5 jours de la pro­duc­tion. Les pein­tres de Poissy, sol­li­cités par la direc­tion, ont refusé de faire les jaunes. Résultats, une ving­taine de mil­lions de manque à gagner pour la boîte et les contrats d’intérim qui devaient s’arrêter en octo­bre 2012 ont été pro­longés jusqu’à fin jan­vier 2013. Il a suffi d’une lutte, certes limitée, mais dét­erminée, d’un petit groupe d’ouvriers capa­ble d’inter­rom­pre la pro­duc­tion pour arra­cher un gain impor­tant.

Ouvriers, cama­ra­des, la crise doit être payée par les patrons et par leur État !

Source: Mouvement Communiste/Kolektivně proti kapitálu, Le 17 juillet 2012

Illustré par mes soins

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