Avorter sans se laisser culpabiliser

Voici le billet d’un.e féministe reçu par mail concernant le droit à l’avortement.

Chaque mois, notre corps prépare une possible grossesse, et chaque mois, notre corps jette lui-même les préparatifs. Devrions-nous faire de chaque ovule un bébé ? C’est matériellement impossible (sans parler des spermatozoïdes !). Un embryon expulsé lors d’un avortement n’est pas plus un bébé, que nos règles ne sont un placenta.

Nous avons le droit d’avoir une sexualité non procréative. Que ce soit en empêchant des gamètes de se rencontrer, ou un œuf de s’installer dans notre utérus, ou d’y rester et de s’y développer, cela revient au même : tant que nous n’avons pas de projet d’enfant, il n’y a pas de bébé, seulement un petit tas de cellules qui n’a d’importance que si on lui en accorde.

Quelqu’un qui n’en veut pas, n’a pas à avoir en tête l’image d’un bébé au moment d’avorter. C’est pourtant ce que les extrémistes anti-avortement essayent de nous faire subir. Si ça les dérange qu’on choisisse d’avorter, iels ont le droit de le dire, mais certainement pas de nous culpabiliser.

Se montrer malhonnêtes ne leur fait pas peur, si juste leur semble la cause. Pas tous, sans doute, mais mieux vaut se méfier et connaître leurs procédés. Voici les plus courants :

– dissimuler leurs idées derrière la façade d’une association « d’aide et d’écoute » présentée comme neutre.

– insister pour parler de « la maman », du « papa », d’une « famille », et surtout d’un « bébé », d’une « vie », d’un « petit être », voire suggérer qu’il serait magiquement possible de communiquer avec lui. (Pour lui « demander son avis » ! Quand vous vous coupez les ongles, est-ce que vous leur demandez leur avis ?)

– exagérer lourdement les risques, la gravité, la pénibilité d’une IVG, nous effrayer avec des histoires horribles.

– utiliser des images de fausses couches tardives, donc de corps massifs et formés, alors qu’un embryon de quelques semaines ressemble plutôt à une petite bille ou à un têtard.

 

 – des cas de tromperie sur les délais ont même été rapportés : affirmer à une femme qui hésite qu’elle a tout le temps pour se décider avant d’entamer des démarches, ou au contraire prétendre qu’il est déjà trop tard, c’est lui voler son droit de choisir, c’est prendre par la ruse le contrôle de son propre corps !

Ne laissons pas des extrémistes nous mentir et décider à notre place. Avoir un bébé est une décision importante et très lourde, qui n’a rien à voir avec le hasard d’une capote qui craque, une décision qui engage notre corps mais aussi toute notre vie.

Avorter ne signifie pas « ne pas avoir ce bébé » (car il n’y a PAS de « bébé ») mais « ne pas avoir de bébé maintenant ». Cela ne nous empêchera nullement d’en avoir un à un autre moment, si nous le choisissons et quand nous le voudrons.

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Une réflexion sur “Avorter sans se laisser culpabiliser

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