Hommage aux algériennes et aux algériens victimes de la répression policière le 17 octobre 1961

VERSION AUDIO DE L’ARTICLE :

 

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Photo de la manifestation organisée par le FLN.

Ce vendredi 17 octobre, je tiens à rendre hommage aux victimes du massacre du 17 octobre 1961 à Paris.

Alors que la guerre touche à sa fin en Algérie, une manifestation pacifique est organisée ce 17 octobre 1961 à l’appel du FLN à Paris, pour dénoncer le couvre-feu imposé à tous/toutes les maghrébin.e.s (sans distinction) et toutes les mesures racistes attenantes (interdiction de sortir de 20h30 à 5h30, fermeture obligatoire des cafés tenus par des maghrébins à 19h, interdiction de rassemblement…

Le préfet de police de l’époque, le triste sir Maurice Papon, s’est particulièrement illustré en organisant la sanglante répression de cette manifestation pacifiste.

Bilan, plusieurs dizaines d’algériens exécutés (voir entre 150 et 200 selon les sources), des corps d’algériens ayant été retrouvé dans la Seine à la suite de ces événements.

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Photo prise le 04 décembre 1990 devant le palais de justice à Paris de l'ancien ministre Maurice Papon. La cour d'appel de Paris a confirmé le 02 mars 2005 la condamnation à 2.500 euros d'amende prononcée par le tribunal correctionnel de Melun à l'encontre de Maurice Papon pour port illégal de décoration. Les insignes de commandeur de la Légion d'honneur - qui lui avaient été remis le 12 juillet 1961 par le général de Gaulle - lui avaient été retirés le 18 novembre 1999 par la grande chancellerie comme pour toute personne condamnée pour "crime". Maurice Papon, 95 ans, a été condamné en avril 1998 à dix ans d'emprisonnement pour "complicité de crimes contre l'humanité" par la cour d'assises de Bordeaux, pour des faits commis alors qu'il était secrétaire général de la préfecture de Gironde, sous l'Occupation. AFP PHOTO JOEL ROBINE

Maurice Papon

 

Au matin du mardi 17 octobre, des cars de police quadrillent la ville, des

policiers cernent les bouches de métro aux portes de Paris, prêts à arrêter les manifestants. Aux portes de Paris, à la sortie des métros Étoile, Opéra, dans les couloirs de la station Concorde, sur les Grands Boulevards, les manifestants seront systématiquement matraqués, à coups de crosse, de gourdin, de bâton, souvent jusqu’à ce qu’ils s’effondrent.

Les policiers frappent au visage, au ventre, des manifestants qui ne font montre à aucun moment d’aucune violence ni d’aucune résistance.

Sur le boulevard Bonne-Nouvelle, au pont de Neuilly, au Pont-Neuf d’Argenteuil et en d’autres lieux, les policiers tirent sur les manifestants. Sur les ponts aux portes de Paris et sur le pont Saint-Michel, des hommes sont précipités à la Seine.

En plein Paris et pendant plusieurs heures se déroule une véritable chasse au faciès, à laquelle la population parisienne assiste et collabore même parfois.

Le préfet de police M. Papon suit toutes les opérations et se rend lui-même à l’Etoile, pour constater leur  » bon déroulement « . Il a aussi connaissance de toutes les liaisons radio de la police. Il sait donc que de faux messages d’information circulent selon lesquels des policiers auraient été tués. Il ne les démentira pas.

Plus de dix mille Algériens sont interpellés. Ils sont internés au palais des Sports, au Parc des Expositions, au stade de Coubertin, au Centre d’Identification de Vincennes, pendant près de quatre jours.

Quatre jours pendant lesquels les violences continuent. A leur arrivée, les manifestants sont systématiquement battus. Dans l’enceinte des lieux d’internement, on assiste à des exécutions et nombreux sont ceux qui meurent de blessures non soignées.

Au lendemain de la manifestation, le bilan officiel est de deux morts algériens. Il fait état de  » tirs échangés  » entre la police et les manifestants. Malgré les efforts de quelques parlementaires, le gouvernement empêche la création d’une commission d’enquête. Aucune des plaintes déposées n’aboutira.

S’il n’est pas possible de déterminer exactement combien d’Algériens furent tués le 17 octobre 1961 et les jours qui suivirent, il reste que le chiffre de plusieurs centaines de morts, avancé par J-L. Einaudi dans son livre La Bataille de Paris à partir de l’étude de registres de cimetières, de témoignages et de documents internes du F.L.N., est le plus vraisemblable. De nombreuses archives administratives qui auraient été essentielles au dénombrement des victimes ont aujourd’hui disparu. Ceci explique pourquoi le rapport Mandelkern – commandité par le gouvernement et rendu public en 1998 – et le livre de J-P. Brunet, qui tous deux se fondent sur les archives existantes de la préfecture de Police, concluent à un nombre de morts bien inférieur – autour d’une quarantaine. Le rapport Mandelkern reprend du reste à son compte la version selon laquelle des tirs auraient été échangés entre les manifestants et la police.

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Hommage aux victimes du massacre policier !

Je tiens également à saluer, le courage de ces personnes, qui ont défiés les honteuses mesures racistes les visant, en venant manifester malgré le risque énorme. En faisant cela, vous nous avez donné une bonne leçon sur la solidarité dans les actes !

En ce-jour, honneur au peuple algérien !

 

 

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Une réflexion sur “Hommage aux algériennes et aux algériens victimes de la répression policière le 17 octobre 1961

  1. Pingback: #Besançon : Commémoration du massacre des algériens | Le Libertaire Bisontin

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