À propos de l’auteur du libertaire bisontin

Depuis maintenant plus de 5 ans ou je m’exprime sous le pseudo «Libertaire Bisontin», de nombreuses interrogations de votre part, lectrices/lecteurs, sur mon identité, sur le pourquoi d’un tel silence vis à vis de moi même… Eh bien, vous m’avez démasqué, je suis un agent de la CIA !

Blague à part, je tiens à lever une partie du voile me concernant, même si, sur Twitter, je déballe pas mal une partie de ma vie privée sous le pseudo «@libertairebesac».

Tout d’abord, certain-e-s ne comprennent pas, vu la notoriété que j’aurais (selon elles/eux, perso je vois pas) sur le web, que je n’affiche pas une photo de moi, ou mieux encore : mon nom !

Si je ne m’affiche pas, et ne fait guère de pub de mon blog IRL, ce n’est certainement pas dans le but de me protéger de l’état et de sa police ; je ne suis pas naïf au point de penser qu’ils ignorent qui se cache derrière le pseudo @libertairebesac.

Simplement, je n’ai pas besoin que l’on me connaisse, mais que l’on connaisse mes idées. Comme on dit en tant qu’anar : n’attends ni gloire, ni remerciements, ni décorations… pour tes actes ; ni couronne, ni même fleurs, le jour de ton enterrement ! Agis avec ton cœur et selon ta force, simplement.

Je n’ai peur de personne, ni de quoi que se soit en ce monde, sauf, peut être, de la vindicte populaire. Que l’avenir soit, peu importe sa nature ! Voila ma «vision» de la vie. Peu m’importe de mourir, même si, au fond, je suis un grand adorateur de la vie.

Hélas, ce que l’on vit aujourd’hui n’est pas la vie, c’est la non-vie. On croit exister parce que l’on possède du matériel, mais en réalité c’est ce dernier qui nous possède. À partir du moment ou nous achetons, nous anéantissons notre liberté ; au fur et à mesure ou nous devenons propriétaire de matériel, nous éloignons notre possibilité de nous affranchir du joug ne nos maux.

Mais la n’est pas le but de cet article, mes idées, j’en ai déjà développé une bonne partie, il s’agit ici de moi.

Qui je suis ? Un type, métis, de 27 ans, bisontin, travailleur pauvre comme tant d’autres, avec ses pérégrinations, ses casseroles et son difficile passé.

Dépressif + anxieux = Enragé , cocktail explosif  !

Je suis également depuis peu en train de reprendre mes études en passant dans un premier temps une équivalence du BAC.

Mon but serait de travailler dans le social par la suite, même si je ne crois pas en l’insertion dans un monde aussi pourri que celui-ci. Il faut vraiment en vouloir pour s’y faire une petite place, surtout quand on est issu d’un milieu défavorisé.

Et, pourquoi si faire une place si ce n’est pour devenir un pourri ??? Non, je n’y crois pas !

Par contre, je suis persuadé qu’on peut soulager des situations de grandes détresses sociales en ce monde, et je sais de quoi je cause…

La seule chose en laquelle je crois vraiment, c’est une révolution sociale et libertaire !

Sur mon parcours ? J’en aurais à dire ; je vais me concentrer sur l’essentiel.

Comme vous le savez sûrement, il existe en France des situations de détresses sociales insupportable pour les plus sensibles d’entre vous, mais savez vous vraiment ce qu’est la détresse sociale la plus absolue ?

Sans prétention, je pense que la plupart d’entre vous qui lirez ce billet n’en savent pas grand chose en réalité, et c’est tant mieux, même si ces situations peuvent donner la rage aux militant-e-s qui l’ont connu ou observé de leurs propres yeux.

Savez-vous qu’en France, des gens vivent dans des sous-bois, avec pour seul toit, deux palettes et des sacs plastiques pour les protéger des intempéries ? Je l’ai observé à Calais, ou ma rage de ce monde s’est exacerbé. Leur «délit» principal ? Avoir fui la misère de leurs pays d’origine, provoqué par une civilisation aussi sordide et aussi dégueulasse qu’est celle de l’Occident dont nous faisons parti.

À Calais, simplement pour aller apporter des soins à des migrants afghans de la fameuse «jungle», j’ai été contrôlé 5 fois sur mon parcours pédestre. J’ai eu à passer sous un train (à l’arrêt) et escalader des barbelés, pour finir en sang, pour échapper à la PAF, n’ayant pas mes papiers sur moi, les ayant donner à un migrant pour qu’il passe en Angleterre avec [1] et ayant beaucoup de matériel médical sur moi (la chasse aux personnes venant en aide aux sans-papiers initiée par Sarkozy a pris tout sons sens pour moi).

[1] : J’en parle aujourd’hui ouvertement, car cette personne a non seulement pu passer en Angleterre, mais aussi à changer d’identité depuis. Une chose qui me réconforte un peu dans toute la misère que j’ai pu observer lors du No border camps à Calais en 2009.

Cette même année 2009, nous nous étions opposé avec nombres de camarades au sommet de l’OTAN à Strasbourg, et le retour de la France en son sein. J’ai été dans la «médical team» des contestataires lors de ce sommet.

J’y ai vécu, sans exagération, une situation de guerre ! L’état d’urgence ayant été décrété, les accords de Schengen sur la libre circulation, suspendus ! Dans une zone quadrillée par 45.000 policiers français et allemands, 3 hélicoptères 24h/24h au dessus de nos têtes pendant une semaine ! Des militaires partout.

J’ai eu l’occasion de suivre une manifestation (le jeudi de cette semaine de contestation) et d’y vivre à son issu, une véritable chasse à l’homme dans un bois ! Après nous avoir harcelé tout l’après-midi, voulant nous refuser de manifester, les forces de l’ordre et à la fin des militaires, nous ont repoussé dans un bois. Ils étaient tellement nombreux, que nous n’avons eu d’autre choix que de nous y replier. Moi, en tant que médical team, j’avais pour mission de suivre le mouvement et d’apporter de l’aide médical si nécessaire.

En entrant dans le bois, je me suis cru, comme nombre d’entre nous, tiré d’affaire. Soudain, que vois-je ? Des boucliers et des casques au loin, au milieu des arbres ! Je me souviens m’être frotté les yeux, car je ne croyais pas ce que je voyais ! Puis des tirs ont éclatés et la panique a repris la foule, tout le monde s’est mis à courir, moi aussi. Je m’efforçais de suivre le plus grand nombre et me souviens dans ma course, avoir de loin vu un arbre couché en travers de ma route, mais à la distance où je me trouvais et avec le stress, je n’arrivais pas à évaluer sa hauteur et je me répétais : «je passe au dessus ou au dessous ? Au dessus ou au dessous ? Au dessus ou au dessous…» Je ne sais combien de fois je me le suis demandé, sans jamais avoir pris de décision, avant de me jeter au dernier moment, par dessus et en atterrissant dans des ronces (pas agréable du tout), mais la peur m’a fait me relever aussitôt et poursuivre ma folle course.

J’ai fini avec le plus grand groupe et certains de mes camarades dans une vaste zone déserte. Les flics nous ont encerclés et croyez moi ou non, pendant 1H des cars de CRS et gendarmes mobiles arrivait en permanence, débarquait des policiers qui nous encerclait de plus en plus (nous étions environ 300). Après nous avoir soigneusement menotté 2 par 2, nous avons attendu 5H30 avant qu’un bus de la police (1ere fois que je voyais ça) arrive et nous embarque en plusieurs voyages. Étant dans les derniers embarqués, ils m’ont menotté individuellement après que je fasse un scandale en expliquant que j’étais protégé par la convention de Genève, ayant une croix rouge dans le dos et étant en situation de guerre (état d’urgence). J’ai été menotté non pas deux par deux, mais individuellement et je dois bien l’avouer, ai été bien traité contrairement à nombres de mes camarades qui eux l’ont été comme de la merde.

Le policier qui m’a menotté avec des menottes américaines (en plastique, dans le style double serflex) me les a mise à l’envers, ce qui fait que j’ai pu me libérer facilement. Et les policiers, bien qu’ayant fouiller ma trousse de secours, me l’ont laissé ; j’ai pris (dans le «bus») mes ciseaux à pansements et ai réussi à délivrer presque toutes les personnes embarqués. Les connards de flics qui conduisaient le bus, faisaient exprès d’aller vite et de braquer fort dans les virages, ce qui faisait se cogner les personnes menottés d’un côté à l’autre du bus ; cela faisait rire les porcs (séparés par une vitre). Lorsque tout le monde était délivré et que des gens se sont mis à cogner dans la fameuse vitre très fort, ils faisaient moins les malins, je vous assure…

Une fois arrivé devant le poste, le bus faisait la queue avec d’autres (l’état a arrêté plus de 1000 personnes ce jour), après 1H30 d’attente dans le bus, celui-ci est reparti et nous a déposé devant notre camps, à ma grande surprise.

Jusqu’ici, je n’avais rien de spécial contre la police, et même si j’avais des raisons de leur en vouloir quand même, cette campagne à Strasbourg, m’a changé à tout jamais et a changé à tout jamais ma vision politique et le sens de mon engagement.

Je connais néanmoins d’autres personnes, qui, à l’issue de Strasbourg, ont complètement pété les plombs, ayant été vraiment traumatisés par la violence étatico-policière exercée à notre encontre.

Je viens de me rendre compte que mes propos ne suivent pas un ordre évident, temps pis !

Mon engagement politique a commencé vers l’âge de 16 ans. Même si, d’après les diverses personnes m’ayant éduqués (j’ai eu un parcours d’enfance très mouvementé), j’ai toujours été contre l’injustice depuis très jeune.

Sympathisant des Verts vers l’âge de 15-16 ans à Besançon (2002-03), puis sympathisant du PS (2006), sympathisant de la fraction de l’étincelle de LO (après la lutte contre le CPE), militant antifasciste, co-fondateur d’un des groupe SCALP, puis militant anarchiste depuis environ 2009. Je n’ai depuis pas trouvé idées plus justes pour l’humanité!

J’ai aussi été engagé dans divers collectifs de solidarité avec les sans papiers, j’ai tenu des permanences à la librairie l’Autodidacte à Besançon, je manifeste depuis plusieurs années pour la défense du droit à l’IVG et suis un militant actif dans ce domaine.

Sur l’avenir dans ma lutte, mon engagement, mes idées ?

Elles ne changent pas mes idées, elles évoluent, bien évidemment, mais le fond reste le même. L’injustice est-elle résolue ? Non ! Eh bien mon combat continue !

Je n’aurai de repos tant que le souffle de la vie m’animera, je suis convaincu, tout comme Le Clezio sur le rôle de l’écrivain, que l’anarchiste doit lui aussi créer des choses, pour les rompre ensuite, pour en créer d’autres et les rompre à nouveau… etc…

Je sais très bien que je n’ai aucun avenir dans cette société, et c’est temps mieux !

Malgré le fait que je sois quelqu’un de dépressif, comme pleins d’autres dans ce pays, je suis aussi quelqu’un d’anxieux et très empathique.

Heureusement que je suis anxieux, c’est mon moteur l’anxiété. Çà transforme ma mélancolie, ma tristesse, mon dégoût de ce monde en énergie créatrice contre les forces négatives qui agissent en ce monde et le rendent froid, triste, amer et sans saveur.

Voilà, je pense avoir apporté un maximum de précisions sur moi pour les personnes à qui ça tenait à cœur. Pour moi, même si j’ai fais un break dans mon militantisme pour pouvoir me développer personnellement, la lutte n’est pas finie.

LA LUTTE CONTINUE !

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