Attentats de Paris : Travaillons ensemble à construire une société plus juste

Pour mener la guerre l’État a toujours de l’argent

Le pacte de « stabilité » scellé avec l’Allemagne, vole en éclat suite aux attentats. François Hollande l’a annoncé et nous pourrions nous en réjouir, sauf que c’est pour mener la guerre qu’il a décidé cela.

Encore une fois, nous sommes aux regrets de constater que l’État :

  • n’agit que pour protéger les puissants
  • mener ses guerres néo-coloniales pou protéger ses intérêts financiers, en notre nom
  • ne se soucie pas des vrais problèmes du peuple (logement, santé, éducation…)

Accepter du jour au lendemain de s’endetter afin de mener des guerres aux quatre coins du monde, en instrumentalisant les graves événements qui ont conduit à la mort 129 personnes, alors même que nos services publics, nos droits sociaux… sont démantelés, détruits, depuis plus d’une décennie ; je trouve ça vraiment dégueulasse !

Bien sûr, je suis conscient que Daesh doit être combattu par la force, même si j’observe que pour l’instant l’armée ne fait que leur lancer des bombes dessus, et ne pense pas que ce soit une solution réellement efficace. Sur le terrain, je constate que se sont les forces révolutionnaires kurdes qui font tout le boulot, avec un courage qui force l’admiration. Pourtant, la communauté internationale les désignent toujours comme des terroristes.

On est tous/toutes le terroriste de quelqu’un…

Pour combattre Daesh il faut combattre l’intégrisme religieux

Comment empêcher le fait que des personnes se fondamentalisent et deviennent des terroristes ?

En combattant la misère sociale, le racisme, l’exclusion ; en donnant à toutes/tous les moyens de vivre dignement, de s’instruire, de s’émanciper. Sans cela, Daesh ne cessera de semer la mort en France.

Pourquoi ? Mettons nous en situation :

[Exemple] Imaginons X qui grandit dans un ghetto, à l’école X est rejeté, cette dernière n’étant à même de lui donner sa chance faute de moyens, X est donc en échec scolaire ; ne se voyant pas d’avenir dans cette société, X plonge dans la délinquance (trafics, vols…), très vite X est vu comme une petite frappe, car la délinquance entraîne un ensemble de nuisances dans la population. X est donc rejeté, ne trouve pas de boulot à cause du racisme ambiant en France, il se retrouve incarcéré, le trafic ayant ses limites. Nourri par le désespoir, la rage, et ayant peu d’instruction, peu d’esprit critique, X découvre sur youtube des charlatans comme Soral et d’autres qui leur explique que si des gars comme lui sont dans la merde, c’est à cause des juifs, du complot illuminati ou de je ne sais quelle autre connerie. X découvre par la suite des vidéos, rencontre des gens qui lui expliquent que la France est un pays de croisés, que nous sommes des mécréants qui doivent être châtiés… etc …etc  X n’ayant rien qui l’attache dans la société française, étant rejeté par elle depuis toujours, se met à tout mélanger dans sa tête ; ses propres échecs et erreurs le décide à partir en Syrie, ou il subit un lavage de cerveau, une formation militaire pour ensuite revenir en France et commettre l’irréparable.

Ce n’est qu’un exemple, car il y a beaucoup de façons et de raisons de devenir un terroriste.

Et l’État en profite

La dictature de l’intolérance de DAECH, est parfaitement relayée par la dictature du contrôle social. Sous la pression de la barbarie, la démocratie est devenue l’ennemi numéro un. Du premier ministre supprimant le droit de manifester, à la châtelaine de Montretout qui veut faire des camps de concentration préventifs pour intégristes, en passant par le roi des Républicains rêvant de mettre des bracelets électroniques sur le simple soupçon d’un classement administratif (fiches S : signifiant à Surveiller), l’unité nationale va se faire sur la mort de la démocratie.

Comment peuvent-ils croire que c’est en interdisant toutes critiques, en réprimant tous mécontentements, toutes différences de penser, qu’ils nous protégeront de l’exaspération de ceux qui seront réprimés, niés d’exister, et dont la seule expression possible restera par l’action terroriste. Alors que le premier ministère norvègien, après le massacre d’Utoya répliquait dignement « Vous ne détruirez pas la démocratie et notre travail pour rendre le monde meilleur » »nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et plus de tolérance », notre gouvernement, qui se dit aussi « socialiste » va nous faire une société de contrôle généralisé.

Pourtant ne serait-ce pas plus efficace, pour la paix sociale, de se demander les causes, du rejet, de la haine, de notre société, que montre l’assassinat aveugle de jeunes par d’autres jeunes transformés en kamikazes. Pourquoi ces jeunes n’ont-ils trouvé que cette monstruosité pour exister, pour se réaliser ?
Notre société de consommation leur enjoint d’exister par leur capacité à accumuler des biens matériels. Mais s’ils ne peuvent pas se conformer aux diktats de la publicité, si la société ne leur laisse que le chômage et la frustration matérielle et sociale de ne pas être intégrés, ils risquent de finir comme Mohamed Mėrah et Omar Ismaïl Mostefaï. Ils cherchent d’abord à y prendre leur place par la délinquance matérielle, puis ils trouvent sur leur route des intégristes religieux qui leur promettent considération et admiration s’ils se sacrifient et sacrifient les autres.

La religion n’est là-dedans que le prétexte à exister, à avoir un pouvoir dans la société, et même sur la société, par qui ils se considèrent humiliés. Ça pourrait être n’importe qu’elle autre religion ou cause, comme étiquette valorisante. Pour une revanche sur la société qui les exclus, quoi de plus jouissif que d’avoir le pouvoir de vie et de mort sur les autres humains, même si c’est au prix de leur propre mort. Pour convaincre les plus crédules ou les plus idéalistes, les prêcheurs de la barbarie, leur promettent le paradis (entre autre, de cent vierges à leur service dans l’au-delà). Mais le profil ex-délinquants de droit commun de la plupart des Kamikazes montrent bien que ce n’est pas pour la générosité d’une religion qu’il agissent. C’est bien par pur égoïsme, pour satisfaire leur égo, qu’ils se vengent sur des innocents.

Si nous ne voulons pas que de tels monstres se multiplient, ce n’est pas de la répression qu’il faut, mais de la prévention, prévention à la racine de la société. Seule une société plus égalitaire, plus juste, où chacun à sa place et peut se réaliser, tout en laissant aussi les autres se réaliser.

Au lieu de celle-là, nous vivons dans une société de la concurrence exacerbée de tous contre tous, de pays contre pays, d’économie contre économie, d’entreprise contre entreprises, de travailleur contre travailleurs, de chômeur contre chômeurs, et même de SDF contre réfugiés. Dans notre société, la concurrence nous est inculquée dès le plus jeune âge, le sport est là pour ça, et le dopage n’est que la conséquence de cet état d’esprit de domination du plus fort. De plus les jeux vidéos, où il faut additionner les morts pour gagner, préparent très bien les esprits malléables des jeunes à passer du virtuel au réel.

Si nous ne changeons pas cette société, loin de diminuer, cette concurrence va être poussée jusqu’à la concurrence pour la survie. Avec le changement climatique mondial, les conditions de production, environnementales et alimentaires, vont dramatiquement changer. Soit nous limitons les changements et nous adaptons la société mondialisée à ces contraintes matérielles nouvelles, soit nous sommes condamnés à nous exterminer les uns les autres pour survivre.

Mais les autres ne ce laisseront pas exterminer comme cela (nous sommes tous l’autre de quelqu’un : riches ou pauvres, d’un pays ou d’un autre, d’une religion ou d’une autre…) et les prétextes ne manquent pas pour nous entre-tuer. Il ne restera aux moins équipés pour la bataille, aux moins libres, que l’arme des faibles, sacrifier sa vie pour sa cause, devenir terroriste ou même devenir kamikaze.

Si nous ne changeons pas la société, Les massacres comme celui de Paris ne peuvent que se multiplier, Or nous sommes à un moment décisif pour préparer, pour choisir, notre avenir. Les plus grands décideurs du monde, les chefs d’état de la plupart des nations, vont se réunir pour soit-disant limiter le réchauffement climatique à 2 degrés. Les scientifiques dénoncent, qu’en fait, ils ne vont rien limiter du tout, qu’aucunes mesures contraignantes ne seront prises, et que le réchauffement, déjà commencé, pourrait atteindre les 3 et même 4 degrés. Ces degrés multiplieront les catastrophes climatiques et donc les catastrophes humaines et sociales (inondations, sécheresses, ouragans, exodes massifs de population, guerres civiles ou/et nationales, et peut être jusqu’aux explosions nucléaires finales).

La COP 21 fixe les priorités de la société future. Or le choix des puissants à été d’écouter les sponsors qu’ils se sont choisis, le choix de se soumettre aux lobbies pétroliers et des énergies carbonées. Les émissions de CO2 vont donc continuer à augmenter. Non seulement il n’y aura pas de traité contraignant sur le climat, mais des traités climaticides vont être signés et être, eux, contraignants pour déréguler l’économie. Les traités de libre-échange, CETA, TAFTA, TTP… vont imposer les intérêts privés des multinationales sur l’intérêt général des générations futures. Non contents de ne pas légiférer pour stopper les émissions de CO2, les présidents vont bientôt signer pour l’abandon des droits de l’Humanité.

Stopper le TAFTA et les autres traités anti-souveraineté des peuples, doit être notre revendication comme résultat minimum et concret de la COP 21. Nous devons pouvoir manifester dans les rues de Paris et d’ailleurs, les 28 et 29 novembre et le 12 décembre 2015 pour exiger de choisir notre société et donc de choisir notre avenir. La sécurité qui compte le plus pour nous, c’est notre sécurité climatique, qui est cent fois plus importante que la sécurité contre quelques terroristes assassins qui nous terrorisent moins que l’avenir sanglant du réchauffement climatique.

La société civile doit pouvoir s’exprimer et exiger que ses choix soient respectés. Si le premier ministre interdit notre libre droit de manifester, va-t-il falloir, que des résistants du climat deviennent des terroristes du climat (les résistants de la dernière guerre étaient aussi appelés terroristes par le gouvernement de Vichy). En violant les libertés, les droits Humains (tant matériels que de libre pensée), notre gouvernement sème, non seulement le terrorisme aveugle des barbares de DAECH, mais obligera à un futur terrorisme ciblé des désespérés des conséquences du changement de climat.

Lu sur médiapart : http://blogs.mediapart.fr/edition/pole-emploi-mon-amour/article/161115/les-terroristes-ont-gagne-nos-libertes-vont-trinquer

Nous devons travailler à vivre ensemble

Pour combattre l’intégrisme religieux, il faut combattre le racisme. Nous devons apprendre à nous parler, ne pas faire de communautarisme. Nous devons apprendre à nous respecter les un.e.s les autres. Pourquoi ne pas faire des séances de vérité et de réconciliation ? Les valeurs de la France sont belles : Liberté – Égalité – Fraternité ; sauf que les slogans, vous avez beau les marteler, si dans les faits les gens ne les constatent pas, ils ne servent à rien ; il faut les faire vivre ces valeurs pour qu’elles aient un sens.

Personnellement, je pense qu’il faut démanteler ce qu’on appelle joliment les «quartiers populaires» et qui sont en réalité les bidonvilles du XXI ème siècle, dans lesquels s’entassent une bonne partie des déshérités de la population française, dont je suis moi même issu. Je pense qu’il est urgent de mélanger les origines de la population au lieu de les séparer, les diviser. Que les écoles ne soient pas comme à Besançon : le lycée Pasteur pour les fils de riches au centre-ville et le lycée Victor-Hugo à Planoise pour les fils de pauvres.

Le seul exemple positif que j’aurais à citer pour Besançon, mieux, que j’aimerais qui soit repris comme modèle au niveau national, c’est le quartier Battant. À mes yeux, meilleur exemple de mixité sociale et culturelle en France. Même si la mairie travaille à l’embourgeoiser depuis très longtemps. Le quartier Battant c’est des pauvres, des riches, des maghrébins, des français, des noirs, des juifs, des athées, des musulmans, des chrétiens, des artistes, des musiciens… C’est un quartier à taille humaine. Je ne vous dis pas que tout est rose dans ce quartier, mais dans l’ensemble il y a une très bonne ambiance, c’est une sorte de village en ville. Tout le monde se parle, se connaît au moins de vue et il y a peu de communautarisme. Il y a bien quelques intégristes (chrétiens et musulmans) et un facho aussi qui tient une boutique, mais ils se tiennent à l’écart et ne font pas de vague.

Travaillons donc, toutes et tous, à vivre ensemble, à rompre nos clivages, à construire une société juste pour toutes/tous, ou chacun.e a une place, ou personne n’est exclu. Ensemble, engageons nous pour construire un monde pacifique, c’est notre seul chance si nous ne voulons pas basculer dans l’horreur absolue.

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