Enquête sur la françafrique – La guerre du Cameroun

Emblématique secrétaire général de l’UPC (Union des populations du Cameroun)

J’avais fait part à certain.e.s d’entre vous via Facebook et Twitter de mon désir de faire un résumé à partager avec vous, sur l’enquête historique que je fais sur les pays « françafricains ». Pour remonter aux origines de la « françafrique », il faut étudier le Cameroun, je me suis donc documenté à l’aide d’un livre : « La guerre du Cameroun – L’invention de la françafrique », écrit par Thomas Deltombe, Manuel Domergue, Jacob Tatsitsa et préfacé par Achille Mbembe. Éditions « La Découverte », 2016. C’est un ouvrage très riche, il m’a fallu plusieurs semaines pour réaliser ce début d’enquête sur le système françafricain. J’ai également fait pas mal de recherches personnelles pour vous proposer finalement mieux qu’un résumé : une analyse, des biographies de figures importantes, un glossaire des sigles ; bonne lecture !

I. Analyse

 

En 1885 le traité de Berlin partage l’Afrique, les Allemands s’imposent sur la côte ouest, ils avaient auparavant, en 1884, signé un accord de protectorat avec le roi Douala. Les Allemands lui donnent pour nom « Kamerun », qui vient de Camarões, ce qui signifie crevette, car la région en était très riche au temps où les Portugais ont découvert ce territoire en 1471.

En 1911 survient le « coup d’Agadir », les Allemands étendent le territoire du Kamerun de 272.000 KM² en incorporant d’anciens territoires de l’AEF (Afrique Équatoriale Française). En 1916, Français et Britanniques prennent le contrôle du territoire et en 1919 le traité de Versailles avalise cet état de fait.

 

En 1945, avec l’émergence de l’Union Soviétique, les États-Unis et sa surpuissance, le monde est chamboulé. La France, face à ces changements est obligée pour maintenir sa domination en Afrique de faire des concessions aux pays colonisés. Angleterre et France en tête, parviennent toutefois à sauvegarder l’essentiel de leurs intérêts. La charte des Nations Unies, signée le 26 juin 1945 à San-Fransisco, valide la persistance de « territoires non-autonomes ».

 

Avec le chamboulement de 1945, les colons lâchent des concessions dont le droit de grève, on assiste à la naissance du syndicalisme. Dès septembre 1945 éclate une grève des cheminots de Bonaberi qui tourne à l’émeute suite à des coups de feu des colons. Le gouverneur Français arme les colons et donne des instructions à l’armée, notamment à l’aviation mais aussi à des mitrailleuses montées sur camion au sol, de faire feu sur les Camerounais.e.s aux heures du couvre-feu.

 

 Le 10 avril 1948, douze personnes se réunissent dans un café à Douala, elles vont créer sans le savoir, un mouvement politique qui structurera la vie politique pendant des décennies, l’UPC (Union des Populations du Cameroun). Il s’agit à la base d’un mouvement qui n’a rien de radical, il demande simplement que les colons fassent ce qu’ils leur ont promis.

 

De 1948 à 1950, l’UPC passe d’une centaine de membres à 7000 ! Le mouvement se structure, devient puissant et inquiète les autorités coloniales. Cinq ans après le mouvement compte 20.000 membres selon la police française elle-même.

 

 En 1952 l’UDEFEC (Union démocratique des femmes Camerounaises) est créée, il s’agit d’une structure féministe.

 

 En 1954, la JDC (Jeunesse démocratique du Cameroun) est créée, il s’agit d’une structure de jeunesse.

 

Ce qui en 1948 n’était qu’une épine dans le pied de la France devient une gangrène pour l’administration coloniale. Cette dernière redoute que l’UPC « emporte le Cameroun » et que le mouvement ne fasse des émules dans les autres colonies.

Dans le même temps, l’UPC est accusée de communisme pour tenter de la discréditer. Cela paraît surprenant aujourd’hui mais en plein contexte de la guerre froide, cela était très mal vu.

Les militant.e.s les plus influent.e.s sont intimidé.e.s. Le pouvoir colonial est désemparé face à ce mouvement légaliste, qui s’appuie sur le Droit international. Corruptions et intimidations permettent à l’administration coloniale française de retourner des « Upécistes » et surtout de faire émerger une myriade de partis politiques favorables aux intérêts français. Ex : ESOCAM, RPC, INDECAM…

 

Dès 1950, F. Mitterand alors ministre de la France d’Outre-Mer, reçoit dans son bureau Félix Houphouët-Boigny et lui explique qu’il va doubler les troupes en Afrique et qu’il le tiendrait pour personnellement responsable si des troubles avaient lieu. Il lui explique également qu’il n’acceptera pas que les revendications humaines, sociales et économiques prennent un caractère politique.

 

C’est en 1955 que le chef de subdivision d’Eseka demande à ce qu’on interdise l’UPC, que le pouvoir colonial frappe. « Les moyens démocratiques de lutte contre l’UPC sont voués à l’échec ». C’est d’ailleurs dans cette optique qu’avait été envoyé par Paris, Roland Pré (voir fiche), dès décembre 1954, car c’était « un homme de poigne ». Dès son arrivée il annonce clairement son intention « d’écraser les activités communistes pour défendre la civilisation ».

 

Le 22 avril 1955, l’UPC, l’UDEFEC et les JDC publient une Proclamation réclamant l’indépendance immédiate du Cameroun. Ils font cela car ils ont peur que les réformes institutionnelles ne les prennent de court, en diluant et en dupant les Camerounais.e.s. Roland Pré interprète cela comme une preuve que l’UPC est une organisation subversive.

A la mi-mai 1955, de violentes émeutes éclatent. Elles sont la conséquence de l’insatisfaction des colonisé.e.s, des provocations continuelles de l’administration coloniale et du harcèlement dont sont la cible les milieux contestataires. Le bilan est de 50 mort.e.s, 150 blessé.e.s et plus de 800 militant.e.s raflé.e.s et systématiquement bastonné.e.s.

 

Le 13 juillet 1955 l’UPC est officiellement illégale.

 

Pierre Mesmer prend le relais de R. Pré en avril 1956, son objectif est de donner au nationalisme camerounais une forme acceptable pour Paris. En décembre de cette même année, réduit.e.s à la clandestinité, les membres de l’UPC se résolvent à passer à la lutte armée. Ils provoquent d’importants dégâts matériels et l’élection piège est annulée. Paris répond à cela par une répression très forte, appuyée par des mercenaires locaux et des troupes subsahariennes. Des villages sont pillés, brûlés, les habitant.e.s sont assassiné.e.s par des troupes qui, quand elles débarquent dans un village, ouvre le feu sur les premier.e.s venu.e.s, enfants compris !

 

 En 1957 il y a deux Cameroun, l’un officiel et l’autre, le Kamerun, clandestin. Malgré le faible armement à leur disposition, ils arrivent à mener des actions contre l’ennemi et ses collaborateurs. Les décisions de mission sont prises par des tribunaux populaires clandestins.

 

 En région Bamiléké, la résistance s’organise autour de chefs traditionnels, comme Pierre Kamdem (voir fiche), qui se rapprochent de l’UPC.

 

 Le 13 septembre 1958, année de son assassinat, Um Nyobè (voir fiche), secrétaire général emblématique de l’UPC depuis 1948, est tué, son cadavre traîné au sol devant la population.

La torture est appliquée systématiquement dès qu’un rebelle est attrapé. En avril 1958, un camp non-officiel ouvre près de Bangou, les personnes jugées proches des rebelles y sont internées. Dès 1955 des tensions éclatent entre Français et Britanniques, les premiers accusent les seconds d’être trop laxistes envers l’UPC. Gaston Deferre va jusqu’à Londres pour menacer les Anglais. Ils veulent qu’ils leurs livrent les réfugié.e.s de l’UPC et qu’ils s’engagent plus activement dans la lutte contre eux. Ceux-ci ne cèdent pas et les Français organisent alors en avril 1957 une opération secrète en zone britannique, ils font assassiner le chef de l’UPC local et sa femme pendant leur sommeil. Ils brûlent également le siège de l’UPC, tout cela pour semer le trouble dans la zone anglaise et obliger ces derniers à agir contre cette organisation. Cela fût un succès total, les Anglais étant tombés dans le panneau.

 

 En juin 1957, l’UPC est interdite en territoire anglais.

 

Mai 1959, les dirigeant.e.s de l’UPC refusent de se résoudre à « l’indépendance » factice du Cameroun. Ils n’ont d’autre choix, étant réduit.e.s au silence, que de mettre sur pied une nouvelle organisation armée : l’ALNK (Armée de libération nationale du Cameroun). Le but étant de créer un incident majeur afin de ré-ouvrir le dossier camerounais sur la scène internationale. L’objectif clairement affiché est maintenant de s’en prendre directement aux intérêts coloniaux et aux ressortissant.e.s français.e.s.

Ils/Elles mènent des raids composés de jeunes gens armé.e.s de gourdins et de machettes. Plantations, caserne de gendarmerie, lieux fréquentés par les colons… sont attaqués un peu partout en région Bamiléké, les 17.000 colons français.e.s sont pris de panique.

 

 Vers l’été 1959, Paris dote le futur Cameroun « indépendant » de moyens juridiques et de répression pour lutter contre l’ALNK. La France dirige les opérations mais en se cachant, ils font recruter des mercenaires et font venir des pelotons de gendarmerie de pays voisins, dix au total, ainsi que sept compagnies d’infanterie et ce, entre juillet et octobre 1959.

 

 Le 13 octobre 1960, Félix Moumié (voir fiche), chef de l’UPC, est assassiné par les services secrets français à Genève. Empoisonné, il décéda le 2 novembre 1960.

La signature du pacte néocolonial, appelé « accords bilatéraux » a lieu le 13 novembre 1960. Il régit les relations franco-camerounaises, il fût signé dans le silence le plus total, les membres de l’UPC étant trop meurtri.e.s par la mort d’un des leurs.

 

 Ainsi se met en place la françafrique, système singulier néocolonial qui permet à quelques responsables Français avec l’aide de quelques dirigeants africains de contrôler à distance et à moindre frais, des États dits « têtards », une grosse tête de dirigeants repus et un corps étriqué, prisonnier d’un système qui le maintient sous domination de son ancienne métropole.

 

 Suite à la mort de F. Moumié, l’UPC est en mal, des luttes intestines éclatent, les un.e.s accusant les autres d’être à la solde de l’ennemi, c’est la déroute totale. C’est Ernest Ouandié, vice-président de l’UPC, retourné clandestinement au Cameroun, qui redonnera en quelques mois une structure cohérente à l’ALNK et rassemblera presque tous les maquis dispersés. Mais après dix ans d’offensives permanentes des troupes franco-camerounaises, l’ALNK voit ses effectifs fondre.

 

 Pour asseoir sa domination, la France n’hésite pas à employer des milices, pelotons… et à perpétrer des massacres, notamment contre les Bamilékés qui sont vu comme « la peste » ou encore « les juifs du Cameroun ». A Nlohé (fin 1961), Nkougsamba (1963), Tombel (1966). Ce dernier est le plus significatif décompte confidentiel de l’autorité administrative : 236 mort.e.s, 1000 blessé.e.s qui sont par ailleurs, systématiquement bastonné.e.s.

 

 Il ne s’agit plus seulement de lutter contre les rebelles, mais de rééduquer les Bamilékés. En 1967 est organisé pour les officiers et sous-officiers un stage d’information sur le renseignement et l’action psychologique. Les termes utilisés dans le manuel de formation de 325 pages ne fait aucun doute sur l’intention des conférenciers. Il est question à presque toutes les pages de « psychologie des foules », « pénétration psychologique », « modification de l’opinion publique », « lavage de cerveau » ou encore de « bourrage de crâne ». Ce stage ayant été un succès, le ministre des forces armées décide de l’étendre aux autres régions du Cameroun.

 

C’est dans ce contexte que sévit le SEDOC, sur-puissant service de renseignement, bien souvent décrit comme la « gestapo » du régime, y compris par les historien.ne.s les plus modéré.e.s. Ils propagent la terreur à travers le pays en tirant les gens de leur sommeil pour les embarquer, sans motif, dans les commissariats, prisons, lieux d’interrogatoires improvisés… Ils leurs infligeaient les sévices les plus variés pendant parfois des mois entiers. Au programme de ces interrogatoires : baignoire, balançoire, gégène, strangulation, étouffement, simulation de noyade/exécution, mutilations génitales, privation de sommeil, de nourriture…

Celles/Ceux qui survivaient étaient fait prisonniers dans des centre secrets conçus dès 1961 et baptisés « centres de rééducation civique », ou « centres d’internements administratifs), présents aux quatre coins du Cameroun. Les principaux étaient à Yoko, Tcholliré, Mantoum, et Mokolo. Les individu.e.s suspect.e.s, déviant.e.s, y étaient traîtés comme des animaux, ils/elles subissaient jour et nuit un traitement de choc censé les faire revenir dans le « droit chemin ».

 

Une ordonnance du 12 mars 1962, « portant répression de la subversion » interdit en pratique l’expression de tout désaccord avec le régime. De fait les premières cibles sont les quatres principaux responsables de ce qu’il reste encore d’opposition légale. Estimant cependant que l’ordonnance ne va pas assez loin, la Présidence camerounaise décide de la durcir. Elle transfère les cas de « subversion », des tribunaux correctionnels aux tribunaux militaires. L’opposition politique disparaît, le journalisme n’est plus qu’une mascarade, le peuple pétrifié se réfugie dans le silence…

 

 En 1975, 97% des entreprises industrielles installées au Cameroun sont toujours possédées par des Européen.ne.s, dont les Français sont de très loin les plus présent.e.s. Par exemple, 90% du capital du secteur minier est détenu par des intérêts français.

 En 1980, les 9.000 Français.e.s présent.e.s au Cameroun continuent à dominer presque tous les secteurs clefs de l’économie camerounaise, comme ils/elles le faisaient avant « l’indépendance ». Ils contrôlent 55% du secteur moderne de l’économie du Cameroun. Le contrôle du secteur bancaire est complet et total.

 Un exemple parlant est l’exploitation du pétrole dès 1977. Découvert en 1950 au Cameroun, il n’était pas rentable de l’exploiter à l’époque ; avec le choc pétrolier de 1973, la situation change. Toutefois, cette exploitation ne profite en rien à la population camerounaise. Pire, elle est gérée « hors budget » et l’argent placé sur d’obscurs comptes bancaires étrangers (France, Suisse et États-Unis). Les recettes gonflent les profits de la firme française Elf et remplissent les coffres-forts des dirigeants franco-camerounais. Selon une étude de 2009, 10,7 milliards de dollars se seraient évaporés entre 1977 et 2006. [Mené par B. Gauthier et A. Zeufack « Governance and oil revenues in Cameroon »]

 

C’est en 1982 que succède subitement Paul Biya à Ahidjo. On disait de ce dernier qu’il était malade, cependant son écartement soudain a suscité pas mal d’interrogations auxquels les historiens répondront sans doute un jour. Parmi les suppositions avancées :

 

  • L’élection de F. Mitterand, car Ahidjo était plus proche de la droite française.

  • Le fait que Elf, véritable bras armé de la françafrique, voulait quelqu’un de plus malléable à la tête du Cameroun pour exploiter les gisements du nord.

 

D’autres encore avancent que ces deux hypothèses ne sont pas incompatibles…

 

 Trente-cinq ans plus tard, c’est toujours le même homme qui règne, sans projet ni vision, sur un pays accablé par la corruption, la désorganisation et les inégalités. Certes, le régime s’est apparemment assoupli, une partie de la législation contre-subversive a été supprimée, le système du parti unique aboli… Mais le pouvoir effectif reste aux mains d’une petite caste de nantis affiliés au parti présidentiel RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais), qui est l’héritier direct du parti de l’ex-président : l’UNC (Union nationale camerounaise).

 

 Dès lors, la moindre contestation est réprimée très brutalement. Un exemple en février 2008 où les forces de l’ordre écrasèrent dans le sang un mouvement de protestation contre la vie chère et l’accrochement au pouvoir de P. Biya depuis plusieurs décennies. Résultat : une centaine de mort.e.s et des milliers d’arrestations.

 

 Le régime du Cameroun est critiqué publiquement par toutes les puissances occidentales, sauf par la France qui lui apporte son indéfectible soutien. Depuis De Gaulle et Pompidou jusqu’à Sarkozy et Hollande, en passant par Giscard, Mitterrand et Chirac.

 

 [ Et maintenant Macron ? Juste après le sommet du G20 à Hambourg, répondant à une question d’un journaliste écrivain, celui-ci déclara : « Dans des pays qui font encore sept enfants par femme, vous pouvez dépenser des milliards d’euros, vous ne stabilisez rien ». Avec de tels raisonnements, on peut très bien imaginer sa vision de l’Afrique…]

 

Autre chose, depuis que Boko Haram mène des attaques au nord du Cameroun, c’est une aubaine pour P. Biya qui n’hésite pas à faire comme en 2014, des parallèles indécents entre le mouvement anticolonialiste des années 1960, qui militait pour la libération du Cameroun et la secte djihadiste « Boko Haram » des années 2010, qui rêve à l’inverse de le soumettre à une dictature théocratique.

 

 En tout cas, Paul Biya peut dormir sur ses deux oreilles, Paris veille sur lui…

 

Glossaire des sigles

JEUCAFRA : Jeunesse camerounaise française

UPC : Union des populations du Cameroun

USCC : Union des syndicats confédérés du Cameroun

UDEFEC : Union démocratique des femmes camerounaises

JDC : Jeunesse démocratique du Cameroun

RPC : Rassemblement du peuple camerounais (traîtres)

ESOCAM : Evolution sociale camerounaise (traîtres)

INDECAM : Coordination des indépendants du Cameroun (traîtres)

ALNK : Armée de libération nationale du Kamerun

RDPC : Rassemblement démocratique du peuple camerounais (parti au pouvoir, traîtres & ennemis des camerounai.se.s, issu directement de l’UNC)

UNC : Union nationale camerounaise

DGR : Doctrine de la guerre révolutionnaire – Il s’agit en fait d’une doctrine contre-révolutionnaire mise en place par l’ennemi colon. Son but est d’anéantir l’esprit de révolte par la règle des 3 P : prévention, popularité, psychologie. De faire adhérer mentalement les Camerounais aux projets politique et idéologique des autorités politico-militaires. Afin d’obtenir une organisation populo-politico-policière.

 

Biographies des acteurs/actrices clefs

Ruben Um Nyobè: Emblématique secrétaire général de l’UPC de 1948 à 1958, date de son assassinat à Genève par les services secrets français. Il est né en 1913, fonctionnaire indigène éduqué dans une école chrétienne. Greffier de Justice. A adhéré à la JEUCAFRA en 1939. Participation aux cercles d’études marxistes de Gaston Donnat. Fin 1947 il devint secrétaire général de l’USCC.

 Félix Houphouët-Boigny: Député de Côte d’Ivoire, il a été le promoteur d’une importante loi interdisant le travail forcé. C’est néanmoins un partisan de la françafrique.

 Pierre Kamdem Ninyina : Jeune chef de Baham parti faire ses études à Paris où il est devenu anti-colonialiste au contact des étudiant.e.s progressistes de la FEANF et de l’AEC. En 1954 il est rappelé pour succéder à son père à Baham. Au départ couvé par l’administration coloniale, il accueille les militant.e.s nationalistes dans sa chefferie ; cela lui vaut en novembre 1956 d’être inculpé pour reconstitution de ligue dissoute (UPC) puis destitué le 23 février 1957 et enfin condamné à deux ans de prison ferme le 12 mars 1957 et remplacé autoritairement à la tête de sa chefferie par un homme à la légitimité très contestée.

 Roland Pré : (1907–1980) Il est nommé Haut commissaire en décembre 1954. Il exerce jusqu’en avril 1956. Ancien ingénieur des Mines. Ancien gouverneur du Gabon, de la Guinée puis en Haute Volta (Burkina-Faso). Il s’est particulièrement intéressé aux questions géostratégiques et économiques. C’était également un anti-communiste passionné, il avait d’ailleurs été choisi par Paris pour sa poigne.

 Pierre Mesmer : Formé dans les années 1930 à l’Ecole nationale de la France d’Outre-Mer. Engagé dans les FFL pendant la seconde guerre mondiale. Engagé en Indochine courant des années 1940, il y sera brièvement fait prisonnier. Bon soldat du colonialisme français, il est nommé gouverneur en Mauritanie (1952–1954) et en Côte d’Ivoire (1954–1956) où il travaille avec Houphouët-Boigny et dont il partage la philosophie « françafricaine ».

 Ahmadou Ahidjo : (1924–1989) Premier président du Cameroun « indépendant ». Membre de l’UNC.

 Jean Fochivé : (1931–1991) C’est un homme d’État, haut fonctionnaire camerounais. Il est connu pour son implication méticuleuse dans la police politique du régime de Yaoundé, il en était d’ailleurs le chef. En période de crise les deux présidents Ahidjo et Biya ont toujours fait appel à ses services pour ramener l’ordre avec un certains succès.

 Paul Biya : né le 13 septembre 1933. Il est depuis 1982 le président de la République du Cameroun. Son régime est autoritaire, réputé pour sa désorganisation. Son régime est également dévoré par la corruption, Il n’a aucune vision ni aucun projet pour le Cameroun, il se contente d’être un despote oisif et inutile.

 

Quelques références

 

Bibliographie

 

Mongo Beti « Main basse sur le Cameroun. Autopsie d’une décolonisation », François Maspero, Paris, 1972 (réédition La Découverte 2010)

 Eugène-Jean Duval « Le sillage militaire de la France au Cameroun », 1914–1964, L’Harmattan, Paris, 2004.

Abel Eyinga « L’UPC, une révolution manquée ? », Chaka, collection « Afrique contemporaine », vol. 13, Paris, 1991.

 Richard Joseph «  Gaullist Africa. Cameroon under Ahmadu Ahidjo », Fourth Dimension Publisher, Enugu, 1978 (réédition en 2002).

Richard Joseph « Le mouvement nationaliste au Cameroun. Les origines sociales de l’UPC », Karthala, Paris, 1986.

Achille Mbembe « La naissance du maquis dans le Sud-Cameroun, 1920-1960. Histoire des usages de la raison en colonie », Karthala, Paris, 1996.

Fanny Pigeaud « Au Cameroun de Paul Biya », Karthala, Paris, 2011.

Meredith Terreta « Nation of outlaws, State of Violence. Nationalism, Grassfields Tradition, and State Building in Cameroon, Ohio University Press, Athens, 2014.

 Ruben Um Nyobè « Le problème national kamerunais », présentation d’Achille Mbembe, L’harmattan, Paris, 1984

 Ruben Um Nyobè « Écrits sous maquis », présentation d’Achille Mbembe, L’Harmattan, Paris, 1989.

 

Filmographie

 

Alain d’Aix et Jean-Claude Burger, « Contre-censure. Main basse sur le Cameroun », InformAction, 1976, 27′.

 Franck Garbély, « L’assassinat de Félix-Roland. Moumié. L’Afrique sous contrôle », Triluna/TSR/Arte, 2005, 52′.

Gaëlle Le Roy et Valérie Ozouf, « Cameroun, autopsie d’une indépendance », program 33, 2007, 52′.

 Félix Mbog Len Mapout « Le mythe de Mapout », Malo Pictures/Vrai Vrai films, 2014, 57′.

 


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