Archives de Catégorie: Brochures – Livres

Lecture : L’ordre du jour – Prix Goncourt 2017

L’ordre du jour – Eric Vuillard – Prix Goncourt 2017

Dans cet ouvrage de 150 pages, L’auteur, dans un style vraiment brillant, met en lumière une importante rencontre qui eut lieu en février 1933. Le 20 pour être exact. Ce jour là ne fût pas comme les autres, vingt-quatre industriels se réunirent dans le palais du président du Reichstag à Berlin, ceci, en pleine campagne électorale. Le parti nazi, qui n’avait plus un sou, pu compter ce jour là sur le soutien des « BASF » (Bayer, Afga, Opel, IG Farben, Siemens, Allianz, Telfunken). Ils donnèrent tous des sommes faramineuses qui aidèrent par la suite le parti à l’emporter. « il faut en finir avec un régime faible, éloigner la menace communiste, supprimer les syndicats et permettre à chaque patron d’être un führer dans son entreprise. »

« Cette réunion du 20 février 1933, dans laquelle on pourrait voir un moment unique de l’histoire patronale, une compromission inouïe avec les nazis, n’est rien d’autre pour les Krupp, les Opel, les Siemens qu’un épisode assez ordinaire de la vie des affaires, une banale levée de fonds. Tous survivront au régime et financeront à l’avenir biens des partis à proportion de leur performance. »

On découvre ou redécouvre avec effarement à quel point et depuis combien de temps les autrichiens attendaient ce moment, où Hitler annexerait leur pays. « Partout, on chantait, haletant, avec à chaque minute l’espoir de voir arriver le Führer. » Il n’y a certes rien de très surprenant dans le processus qui était déjà engagé, cela demeure tout de même terrifiant…

Une anecdote  apporte un peu de légèreté au récit ; l’arrivée d’Hitler en Autriche ne se passa pas comme prévu, une gigantesque panne de ravitaillement d’essence paralysa l’immense machine de guerre allemande. « Hitler est hors de lui, ce qui devait être un jour de gloire, une traversée vive et hypnotique, se transforme en encombrement. »

Ce que j’ai le plus aimé dans ce livre, ce sont ses chapitres courts, comme je les aime. En effet, j’ai toujours préféré les romans comme cela, qui permettent au lecteur de respirer mentalement, de réfléchir à ce qu’il vient de lire… J’ai aussi été surpris, je ne vous cache pas qu’au début je me suis dit « un livre de plus sur la période de la seconde guerre mondiale quoi », en le voyant. Mais j’ai découvert à l’intérieur une véritable richesse, des évènements ou personnes peu connues jusqu’ici, le tout écrit avec grâce. Ce récit, même s’il traite d’événements poignants, d’une époque sombre, tragique, n’est en aucun cas glauque ou périmé ; il est même plus que jamais actuel. Je le recommande vivement.

 

 


Besançon : 20 ème festival des littératures policières, noires et sociales

Le 20ème festival des littératures policières, noires et sociales de Besançon aura lieu du 15 au 16 avril à la salle Proudhon – Kursaal. Voici le programme :

13 et 14 avril :

Rencontre-atelier avec Tanxxx et Affiche Moilkan
Bar Les Passagers du Zinc – Rue de Vignier

Samedi 15 avril :

Salle Proudhon ouverture 14H00
Rencontres dédicaces
15H00 Rencontre avec Jérôme Leroy animée par Martial Cavatz
16H30 Rencontre avec Jean-Bernard Pouy animée par Guillaume Tissot
17H30 Rencontre avec Ian Manook animée par Corinne Naidet (Asso 813)

Dimanche 16 avril :

Place Granvelle à 9H30 Pétanque
Ouverture du festival à 13H30
15H00 Rencontre avec Marin Ledun animée par Corinne Naidet
16H00 Rencontre avec Romain Slocombe animée par Fabrice Riceputi


Mais les anarchistes ne votent pas ?

Se dire anarchiste veut dire beaucoup, mais cela peut aussi ne rien vouloir dire du tout. Dans un monde d’identités faibles, quand tout semble s’estomper dans le brouillard de l’incertitude, se considérer anarchiste peut être une manière comme une autre de suivre un drapeau, rien de plus.

Mais parfois l’anarchisme est une étiquette inconfortable. Il peut te mettre des questions dans la tête, auxquelles il n’est pas facile de répondre. Il peut te faire remarquer les étranges contradictions de ta vie : le travail, le rôle que la société t’a imposé, le statut auquel toi-même tu participes, la carrière à laquelle tu n’arrives pas à renoncer, la famille, les amis, les enfants, le salaire en fin de mois, la voiture et la maison dont tu es propriétaire. Pauvre de moi, fixer une distance entre ces attributs et ses idées fondamentales, entre ce que nous sommes et l’être anarchiste, cela ressemble beaucoup à cette lutte entre l’être et le devoir-être qui faisait sourire Hegel : le devoir-être perd toujours.

Du coup, nous sommes anarchistes parce que nous lisons les journaux anarchistes, parce que nous considérons la pensée et l’histoire anarchiste comme notre pensée et notre histoire. Nous sommes anarchistes parce que nous nous abritons dans le mouvement, à l’abri des intempéries de la vie, parce que nous le considérons comme notre maison rassurante, parce que nous aimons voir les visages des compagnons, écouter leurs petites histoires domestiques et leur raconter nos petites histoires domestiques, le tout à répéter à l’infini – et ainsi soit-il.

Si quelqu’un pose des problèmes, pas tellement avec sa langue plus ou moins acérée, mais avec les choses qu’il fait, en mettant en danger cette position rassurante, cette sensation de protection, de se sentir comme chez soi, alors nous le rappelons à l’ordre, en lui listant au grand complet les principes de l’anarchisme, auxquels nous restons fidèles. Et, parmi ceux-ci, il y a celui de ne pas aller voter. Les anarchistes ne votent pas, sinon quels anarchistes seraient-ils ?

Tout est bien clair et lisse. Et pourtant, notamment ces derniers temps, ont été avancées des objections, des perplexités.

Quelle signification y-a-t-il dans le fait de ne pas aller voter ? Il existe une signification, ils ont répondu en chœur, spécialement parmi les plus âgés. Parce que voter c’est déléguer et les anarchistes sont pour la lutte directe. Joli, dirais-je, très joli.

Mais quand cette lutte consiste seulement dans le fait de témoigner de ses principes (donc également son abstentionnisme), et rien de plus, quand cela consiste dans le fait de se retirer en étant mal à l’aise quand quelques compagnons décident d’attaquer les hommes et les réalisations du pouvoir, ou bien consiste dans le fait de rester silencieux face aux actions des autres, quand c’est cela la lutte, eh bien, alors autant aller voter.

Pour ceux qui considèrent l’anarchisme comme le tranquille gymnase de leurs opinions (et de celles d’autrui) sur un monde qui n’existe pas – et n’existera jamais – tandis que pour eux les jours se suivent l’un après l’autre dans la grisaille monotone des matins tous identiques, des gestes tous identiques, des travaux, affects, hobbies et vacances tous identiques, pour ces derniers, quel sens y-a-t-il à s’abstenir, si ce n’est de réaffirmer, à peu de frais et avec assez de clarté, leur identité anarchiste ? Cependant, à bien y regarder, si leur anarchisme est seulement cette enseigne poussiéreuse et ridicule, dans un terrain de certitudes monotones et escomptées, il vaut mieux se décider à aller voter. Leur abstention ne signifie rien.

Ils pourront sans problèmes voter aux présidentielles, et aussi aux élections locales. A bien y réfléchir, ils pourront ainsi choisir de défendre un morceau de démocratie qui, à bien y regarder, est toujours mieux qu’une dictature qui remplirait les stades et les camps de concentration, dans l’attente de dresser des listes de proscription. Les tanks dans les rues (signal mythique du pouvoir qui se propage de façon indiscriminée, quand tu finis à l’échafaud pour un simple mot, pour un symbole mal compris de la part d’obtus exécuteurs d’ordre en uniforme) sont un truc dangereux, il vaut mieux les bavardages inutiles, et au fond discutables, de n’importe quel clown en veste démocratique. On ne rigole pas avec certaines choses, mieux vaut courir voter, spécialement dans une période dans laquelle des millions de personnes ne semblent pas comprendre la valeur des élections. L’abstention à des millions n’a plus de sens anarchiste, on risque d’être confondu avec la masse inculte qui n’est même pas capable de tracer une croix sur du papier ou qui s’amuse à peu de frais en gribouillant des phrases obscènes sur le bulletin.

Après, il y a les compagnons qui maintiennent des positions proches du municipalisme libertaire et du syndicalisme révolutionnaire de base. Ceux-ci, toujours d’après moi, ne devraient pas courir derrière les fantasmes de l’abstentionnisme. Leur objectif devrait être, au moins, la participation massive et significative aux élections locales, de manière à donner à leurs représentants les instruments adaptés pour gouverner la chose publique en périphérie. Peut-être que les anarchosyndicalistes (mais est-ce qu’il y en a encore ?) pourraient même aller voter aux présidentielles, mais cela devrait être une décision prise après mûre réflexion, même si, personnellement, je la considère comme un choix tout à fait cohérent avec leurs idées de lutte syndicale.

Il reste de nombreux autres anarchistes. Il reste ceux pour lesquels leur anarchisme est un choix de vie, pas une conception à opposer, dans un tragique et insoluble oxymore, aux mille problèmes d’apparence que la société codifie et impose.

Pour ces compagnons, l’abstention est seulement une des nombreuses occasions de dire « non ». Leur action anarchiste se réalise dans bien d’autres faits et ce sont justement ces faits qui donnent une lumière et une signification différente à cette façon de dire « non ».

Alfredo M. Bonanno

P.S.

Texte publié la première fois en italien dans le n°29 de Canenero (2 juin 1995). Traduit et publié en français par le site Attaque en mars 2017.

Source : https://infokiosques.net/spip.php?article1414


#Besancon : Sortie de «Séditions» – Journal aperiodique

[Reçu par mail – Envoyez vous aussi vos infos à libertairebisontin@riseup.net]

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Voici le premier numéro du journal apériodique anarchiste « seditons#1 ».

Il est présenté sous forme de dépliant 4 pages et est disponible, à plusieurs endroits à Besançon: à la librairie L’Autodidacte (place Marulaz), au bar Ze Music All (rue Rivotte), à la SPAM (place. Marulaz).

Ci-dessous l’éditorial publié à l’occasion de la sortie du premier numéro: Le journal Séditions part avec l’idée de renouer avec l’agitation urbaine dans une perspective anarchiste. Il n’a pas vocation à promouvoir une quelconque organisation, qu’elle soit formelle ou informelle, fusse-t-elle anarchiste. Il ne rentre pas non plus dans la démarche qui consiste à créer des alternatives au sein d’un monde qui nous écrase sous son autorité.

Nous luttons pour la liberté totale de tous les individus et donc en dehors du champ de la politique; nous ne cherchons pas à rendre ce système de fric et d’autorité plus juste. La ville change. Promoteurs immobiliers, entreprises du BTP, architectes et mairie investissent les quartiers dans l’intérêt des riches et de l’Etat.

Le besoin se faisait ressentir de mettre au centre des discussions les restructurations de l’Etat et du capitalisme qui, jour après jour, modifient notre environnement, nos lieux de vie et d’errance, nos trajets quotidiens en déployant sans cesse plus de moyens de contrôle et de surveillance sur chacun d’entre nous, tout en cherchant à diviser les exploités et dominés en catégories et à les monter les uns contre les autres (communautarismes religieux, ethniques et patriotisme,..)

Cette publication propose d’apporter des textes et des critiques pour passer à l’action contre cette ville qui est en phase de devenir une gigantesque prison à ciel ouvert.

Pour contribuer au journal, envoyer un article, une brève… : seditions@riseup.net


Besancon: Rencontre avec Gaetano Manfredonia – vendredi 12 Décembre 2014

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Histoire mondiale de l’anarchie – Gaetano Manfredonia

[Reçu par mail. Vous pouvez vous aussi envoyer vos communiqués et informations à l’adresse suivante: offensivelibertaire@riseup.net]

Gaetano Manfredonia fait une tournée de conférences-débats pour parler de son livre Histoire mondiale de l’anarchie, superbement illustrée. Lire la suite


Lyon: SALON DES ÉDITIONS LIBERTAIRES – 4ème édition (22/23 nov.)

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Le mot des organisateurs :

L’effervescence éditoriale, en particulier libertaire, de ces dix dernières années exprime et nourrit les luttes et les analyses de celles et ceux qui combattent au quotidien l’ordre capitaliste et patriarcal.
Face à la violence du contexte social et politique actuel, il est urgent de rappeler combien sont importants le développement et la diffusion d’une pensée et de pratiques critiques, réfractaires et libertaires. Lire la suite


Solidarité internationale : Buenos Aires (Argentine) – Non à l’expulsion de la bibliothèque «Los Libros de la Esquina»

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La bibliothèque anarchiste “Los Libros de la Esquina”, squattée depuis plus de dix ans à Buenos Aires, est menacée d’expulsion imminente. La bibliothèque, ainsi que le squat La Grieta qui se trouve au second étage du même bâtiment, appellent à la solidarité.

En dessous de l’image, la traduction de l’espagnol d’une affiche diffusée là-bas…

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L’EXPULSION, C’EST LA RÉPRESSION
L’INSÉCURITÉ, C’EST LA POLICE

En avril 2012, nous a été présenté un avis d’expulsion prononcé par le tribunal de première instance civile.

Après des mois de bureaucratie juridique, d’allées et venues de documents et d’audiences, nous attendons le jugement; ce qui ne nous immobilise en aucune façon.

Plus de 10 ans d’occupation ne s’effacent pas par la décision de quelques bourreaux invoquant la justice (la même qui jette à la rue des familles entières des immeubles de La Boca, pour ne citer qu’un exemple parmi tant d’autres), fidèle protectrice de la propriété privée sacrée et incontestable, essayant d’annuler les initiatives qui se sont forgées au cours des années.

À une époque où l’argent semble être la seule forme de communication, où le fantôme de l’insécurité entretenu par les médias à pénétré profondément dans l’inconscient collectif, où des caméras et la police se trouvent à chaque coin de rue, des ateliers, des activités diverses, des journées de solidarité, des projections de films, se sont développés dans cet espace, en plus de la bibliothèque ouverte quotidiennement et disponible pour celles et ceux qui le souhaitent.

Un lieu qui (avec toutes ses erreurs) se propose de partager ses préoccupations et ses expériences, afin de construire de façon autonome (et sans autorité) d’autres relations au-delà du pouvoir économique, se réaffirmant à l’individu vers le collectif et au collectif vers l’individu, renforçant la solidarité et la liberté.

LA LUTTE NOUS DONNE CE QUE LA LOI NOUS ENLÈVE
DÉFENDONS LES ESPACES SOCIAUX ET AUTONOMES !

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Sources: Bibliothèque Los Libros de la Esquina et http://fr.squat.net