Une révolution volée

« Mort à tous ceux qui s’opposent à la liberté des travailleurs » – Drapeau anarchiste ukrainien

Cet article fait écho au centenaire de la révolution russe d’octobre 1917. A coup sûr nous verrons commémorations vibrantes et drapeaux rouges brandis. Nous entendrons quelques fossiles post-staliniens s’accaparer une révolution qu’ils n’ont, en vérité, que prise en chemin, la création des soviets étant bien antérieure. Sous le masque d’un soi-disant « matérialisme historique », ils se targueront de conquêtes totalement usurpées. Lire la suite

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Le sabre et le goût Macron !

Macron en a décidé ainsi, les jeunes devront à nouveau passer par la case militaire. Ce que Chirac avait défait malgré les critiques de son propre camp, notre jupitérien président, 20 ans plus tard, le remet en place. J’en parlais ce soir même à mon cousin qui ne comprenait pas tout à fait ma colère… Il commençait à m’exaspérer et j’ai dû faire alors preuve d’un peu de pédagogie…

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A propos de la soirée de présentation de la revue féministe « casse-rôles » organisée par le G.A.S.

Dans le cadre de la Rentrée Libertaire, une  soirée de présentation de la revue féministe « Casse-rôles », organisée par le G.A.S. a eu lieu ce vendredi 29 septembre. Je tiens à réagir ici, de manière non-agressive ; nous sommes des anarchistes, nous acceptons d’avoir des divergences… Ce que j’aimerais, c’est que les membres du G.A.S. entendent mon opinion, y réfléchissent, je préfère crever l’abcès tout de suite plutôt que la polémique enfle en privé et nourrisse les conflits entre nous tou-te-s… Lire la suite

De Besançon à Grenoble en passant par Nantes et jusqu’à Fribourg : Solidarité !

Je reprends le clavier pour crier ma rage quant aux intimidations exercées à l’encontre des camarades d’Indymedia Grenoble, qui mettent à disposition de tou-te-s une plateforme de libre expression sur le web. Suite à l’incendie de la brigade de gendarmerie de Grenoble, jeudi 21 septembre, un communiqué de revendication a été publié sur la dite plateforme par un collectif d’anarchistes. Suite à cela, les services de l’État OCLCTIC (Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication) ont envoyé une injonction à l’équipe du site pour la sommer de retirer ce communiqué qualifié de « provocation à des actes de terrorisme ou apologie de tels actes ». Idem pour les camarades de Nantes. Lire la suite

Un temps de reflexion

Je voudrais poser une question assez simple à toutes celles et ceux qui ne veulent pas faire grève car « ça ne sert à rien de perdre une journée de salaire » ; avez-vous fait le calcul de l’énorme préjudice que nous subirons sur le long terme ? Car, il est bien plus important qu’une ou plusieurs journées de salaires… Quand est-ce que nous devrions nous mobiliser alors ? Lorsque nous n’aurons plus de retraites, plus de sécurité sociale, plus d’allocations pour les familles, individu-e-s les plus modestes ? Lorsque l’école sera privée et payante ?

Vous les retraité-e-s, vous allez accepter de nouvelles hausses de la CSG, jusqu’à quand ? Que votre faible pension soit réduite à néant ? Faudrait-il se mobiliser lorsqu’il n’y aura plus de militant-e-s syndicaux, plus de militant-e-s progressistes ? Faudrait-il se mobiliser finalement quand il n’y aura plus personne ? Plus personne pour protester !

Si l’on continue comme cela, nous arriverons à cet état de fait, très certainement !

Est-ce vraiment cette société cauchemardesque et mortifère que nous voulons léguer aux futures générations ? Si tel est le cas, quel déchéance et quelle misère !

Le néolibéralisme est une régression importante pour le/la prolétaire, celui qui ne possède que sa force de travail. Si vous connaissez « Germinal » ou « Les Misérables », les sacrifié-e-s de ces fictions vivaient sous ce joug. Il s’agit d’une idéologie du « chacun pour soi », or l’entraide comme facteur de l’évolution n’est plus à démontrer. Nous devons reprendre le chemin de la lutte, seule à même de guérir nos maux. LUTTONS OU MOURONS ! Transformons les rêves des possédants/dirigeants en cauchemar, faisons de leur réalité un enfer ! Il faut que nos voix continuent de s’élever afin que le moindre oreiller ne soit plus un rempart pour leurs rêves infâmes…

Un autre point, il y en a assez des manifs mollassonnes/limaçonnes d’un point A à un point B. Comme me l’a dit une manifestante retraitée : « ils doivent bien se foutre de notre gueule dans leurs bureaux ». Je n’ai pas de solutions miracles, simplement quelques pistes : s’emparer des lieux de pouvoir, réquisitionner des logements pour les personnes les plus démuni-e-s et décréter la grève des loyers pour les autres, prendre possession des produits de base dans les supermarchés pour les mettre à disposition de tou-te-s, bloquer l’économie : il faut taper au portefeuille ! Bloquer les flux de marchandises, saper les moyens de propagande de l’ennemi. Et surtout détruire ce qui nous détruit… RÉVOLUTION tel doit être notre devise ! Ensemble retraçons les chemins si artistiquement tracés par nos ancien-ne-s. Il n’est pas acceptable que dans un pays aussi riche que la France, où les magasins regorgent de produits à tel point que l’on gaspille, alors que tout le monde n’a pas de quoi manger ! Que des familles vivent à la rue alors que des dizaines de milliers de logements sont inoccupés, laissés libre à la spéculation pour enrichir une petite fraction de parasites.

Le pire dans tout ça c’est que l’on devrait fermer notre bouche, accepter sans sourciller. Nenni ma foi ! Nous entendons bien continuer de lutter férocement contre l’injustice de cette société, de cette démocrature vers laquelle s’enfonce la France et le monde. pour mettre fin au chaos que fait régner le capitalisme, il faut casser les institutions, les normes et tout ce qui nous oppresse !

 

 

Billet d’humeur en attendant le 12 septembre

Nous n’en sommes plus à nous poser la question de ce qui constitue nos maux, si nous le faisons encore c’est que nous sommes hypocrites tout simplement ! Que nous nous mentons à nous même, que nous refusons de voir la réalité en face, consciemment ou pas…

Étant une personne qui vise au maximum l’honnêteté intellectuelle, je ne peux que constater que la société que nos ancien-ne-s du CNR (Conseil National de la Résistance) ont tenté-e-s de bâtir après la guerre est en phase terminale. Bien sûr ce n’était pas ce à quoi nous aspirons toute/tous : la justice sociale, mais c’était un compromis audacieux, basé sur le modèle de l’économie keynésienne (voir John Maynard Keynes), ce qui permettait à la bourgeoisie française d’acheter la paix sociale : moins d’émeutes à cause de la misère. Voilà entre autre sur quoi était basé cet Ordre.

La gauche a trahi ce modèle dès 1983, lors de son tournant libéral historique ; depuis c’est la déliquescence : baisse des services publics, suppressions de fonctionnaires, allongement de la durée de cotisation pour accéder à la retraite, privatisations (La Poste, SNCF, autoroutes, EDF/GDF, France Télécom…), management…

Nous avons subi, ma génération, Chirac, Sarkozy et Hollande ; mais aujourd’hui nous sommes devant un problème bien plus grand et bien plus profond qu’on ne veut se l’accorder. En moins de 100 jours, Macron vient de démolir plus de 150 ans de luttes pour le droit des travailleu-ses-rs !

La retraite est en danger, il veut foutre en l’air le système par répartition au profit du système par capitalisation, ce qui veut dire chacun pour sa pomme, fin de la solidarité « nationale ». Les APL vont être réduite au delà des 5€ par mois annoncé cet été, Il va mettre en place le faux CDI appelé pour l’occasion « CDI de chantier », ce qui est un CDD déguisé. La CSG va augmenter, les retraité-e-s une fois encore vont payer les pots cassés, comme s’il n’avait pas eu assez d’une vie de dur labeur… La fin des contrats aidés, qui n’étaient vraiment pas top mais qui permettaient à nombre de personnes, de pouvoir accéder à un marché du travail qui leur est très difficilement accessible autrement ; sans parler des associations, crèches, collectivités, maison de retraite, structure pour personnes handicapées… Privées de cette main d’œuvre et qui ne peut plus faire face aux besoins tant la misère est grandissante dans la population française.

Et bien sûr, cette liste de mesures, loin d’être exhaustive tant les attaques du patronat sont nombreuses, ne profite qu’aux très très riche. La classe moyenne, véritable variable d’ajustement utilisée par les nantis en payent aussi le prix fort, Simplement, comme ils ont souvent un patrimoine (même petit), de l’argent de côté… Ils/Elles ont du mal à se reconnaître dans notre discours révolutionnaire. Pourtant, le mieux qu’il puisse nous arriver c’est de nous unir ! Pour eux (la petite bourgeoisie) comme pour nous (le prolétariat), nous avons beaucoup plus en commun qu’ils n’en ont eux avec la grande bourgeoisie. J’en suis convaincu ! Mais vu leur position sociale, je pense surtout aux profs, c’est à elles/eux de faire le 1er pas, de se solidariser avec les ouvrier-e-s. Pourquoi ? Car vu le confort dans lequel ils vivent, vu le privilège qu’ils détiennent, vu l’éducation qu’ils ont reçu, ils ont tous les moyens entre leurs mains pour agir réellement afin de transformer ce système profondément inégalitaire étant donné qu’ils/elles en sont au cœur !

L’État n’a jamais été là pour nous protéger mais simplement pour maintenir l’Ordre bourgeois en place. Ceci est d’autant plus vrai depuis que l’URSS s’est effondrée, le « monde libre » n’avait plus rien à prouver aux peuples, plus besoin de démontrer à quel point le capitalisme est tellement mieux, tellement supérieur ; ils n’ont plus eu à nous jeter des miettes pour nous acheter. Maintenant, ils reprennent tout, ils s’en foutent, ils ne s’en cachent même plus et assument de servir les privilégiés. Leur arrogance n’a plus de limite, elle s’étale sur les plateaux télés, dans les colonnes des journaux…

Alors bien sûr, l’URSS a échouée, sauvegarder l’appareil étatique, donc le pouvoir, et imposer une « dictature du prolétariat », qui en réalité était une dictature du parti communiste SUR le prolétariat, ne pouvait conduire qu’à la dictature tout court. Et quid des anarchistes exécuté-e-s par Lénine, Trotski, Staline ? Oui c’est vrai, les anarchistes se sont toujours fait massacrer, ils/elles ont combattu tous les pouvoirs, depuis plus de 150 ans maintenant, ce qui fait que nous avons beaucoup d’ennemis, le pouvoir étant tellement objet de convoitise, le fait que nous voulions le détruire ne plaît pas aux puissants. D’ailleurs, entendez vous parler des anarchistes à la TV ? Sauf pour montrer les images ou nous cassons les vitres de MC Do, banques… lors de certaines manifestations ? Il n’y a que Arte qui, récemment, a diffuser un documentaire sur l’histoire de notre mouvement, des origines jusqu’au début de la seconde guerre mondiale. Les anarchistes ont été et continuent à être à l’aune de toutes les plus grandes révolutions sociales, mais silence radio, nos idées, notre histoire, pourraient plaire aux masses et alors ça serait le début de la fin pour eux. Ils ont tout intérêt à nous stigmatiser et à dénigrer nos idées.

Constatant que nos tentatives pacifistes depuis près de 50 ans pour changer la société ont échouées, le mouvement s’est fourvoyé dans la « non violence ». Le Pouvoir en place, lui n’a jamais cessé d’utiliser la violence : le massacre des Communards (1871), les guerres néo-coloniales en Afrique, la répression contre les travailleu-rs-ses, les pauvres, les enfants d’immigré-e-s en France, pour ne citer que quelques exemples. Pourtant, lorsque la violence est pratiquée par des gens de notre camp, tout de suite la polémique gonfle, relayée à fond la caisse par les organes de propagande (TV, radio, journaux…) habituels. Tout de suite, les représentants des diverses organisations syndicales et politiques, même d’extrême gauche, qui prônent pourtant la révolution, condamnent immédiatement et quasi unanimement les violences commise par les manifestant-e-s. De quelle violence parlent ils ? Car on ne voit pas la même chose apparemment. Casser une vitre, brûler des poubelles, casser des distributeurs de banque… Ce n’est pas de la violence à personne, c’est de la destruction, du sabotage si l’on veut, mais en aucun cas ce n’est de la violence. Taper sur un flic, là c’est de la violence, mais c’est de la violence légitime lorsqu’il s’agit de se défendre. Je ne veux pas ici dire ce qui est bon ou pas de faire, simplement je pense qu’il faut que la violence légitime reste proportionnée à celles d’en face ainsi qu’aux objectifs visés. C’est sûr que si c’est un mouvement pour obtenir plus de frites dans les restos d’entreprise, il n’est nul besoin d’user de violence, quoi que… Par contre, si l’objectif est de renverser véritablement l’ordre bourgeois basé sur la propriété privée des moyens de production, entre autre, de détruire TOUT l’appareil étatique et tenter de construire une société basée sur l’entraide, le partage, la coopération ; il faudra plus que des mots, plus que des manifs bien ordonnées…

Constatant aussi que la propagande par le fait (j’entends avec des armes) a échouée elle aussi, conduisant nombre des nôtres au bagne, en prison, à la guillotine… Quelle a conduite aux lois scélérates que les anarchistes ont subi officiellement de 1893 jusqu’au 23 septembre 1992. Personnellement je ne nie pas ce pan de notre histoire, je pense que ce qu’il lui manquait c’était un puissant mouvement social en complément, une grève générale illimitée. Ainsi, la grève aurait sapée les bases économiques du système, le mettant à genou et nos camarades les plus revenchard-e-s, n’auraient plus eu qu’à lui trancher la tête ! Comme on l’a déjà fait avec les rois.

Erratum : Je fais ici référence à une autre période de notre mouvement à expérimenter : l’illégalisme. Malheureusement il n’y eut pas de retour solidaire des masses populaires. Allions nous donc abandonner canines, rages pour devenir des mollassons, des limaçons ?? Notre mouvement n’est pas amorphe. S’il faut être féroce…

C’est le seul moyen d’arrêter ces êtres déraisonnables, qui n’hésitent pas à sacrifier la vie d’autrui pour leur pognon. Pognon qu’ils nous ont par ailleurs volé ! Les Dassault, Mulliez, Lagardère, Bolloré, Bettencourt… Tou-te-s des voleurs ! Les vrais paresseux, privilégiés, assistés, c’est eux ! Ils nous coûtent les yeux de la tête, nous n’avons plus les moyens de nous payer ce fantasme de l’accession à leur classe ! Nous ne voulons plus, leur vie ne nous fait plus tant rêver, elle nous attriste, il nous arrive même parfois d’éprouver de la pitié pour les possédants/dirigeants. Surtout pour les dirigeants, qui perdent leur dignité, leur honneur, selon moi, en se mettant aux services exclusifs des nantis, les fameux 1% (lien : 62 personnes possèdent plus que 3,5 milliards d’individus). Ils ne lâcheront pas le morceau comme ça, parce qu’on leur demande gentiment, non, il faudra les destituer, si possible sans utiliser la force, mais en l’utilisant s’il le faut vraiment, efficacement.

Avec nombres de mes camarades, je prend acte de tout ça, et je « prendrai mes responsabilités » comme on dit chez les gens bien comme il faut. J’invite chacun-e à en faire de même.

En attendant, on se donne rendez-vous le 12 septembre dans la rue pour un tour d’échauffement, car un seul jour de manifestation ne suffira pas !

Bonne rentrée à tou-te-s !

Réaction suite à l’article de l’Est Républicain sur mon procès

Cela ne suffisait pas de me gronder en public au tribunal il fallait aussi me traîner dans la boue dans la presse locale. Un article de l’Est Rép’ daté du 12 juin intitulé  » jugé pour injures sur un représentant de l’État  » dresse un portrait de moi pour le moins cocasse.

 » Le jeune trentenaire se tient à la barre des témoins […] Il est calme […] son attitude posée tranche avec les propos publics injurieux et diffamatoires qu’il a utilisé […] « 

Comme c’est étonnant ! Le méchant vilain pas beau que je suis n’est pas l’excité auquel ils s’attendaient ! Ils s’attendaient peut être à ce que je fasse caca devant eux en me mettant un doigt dans le nez tout en faisant le canard, ou encore à ce que je vienne avec un entonnoir sur la tête ?!

 » Énervé et triste d’apprendre qu’une famille étrangère allait être expulsée […] Ce rédacteur s’en est vertement pris au représentant de l’État, jugé unique responsable d’une tragédie humaine […]

A qui fallait il que je m’en prenne, au pape ? Et oui j’étais en colère et triste, je n’étais pas le seul, j’ai alors pris la plume pour porter la parole de Genita, 15 ans, ce texte a beaucoup ému, j’ai même vu un ami à moi, un dur à cuire, pleurer en le lisant alors que depuis des années qu’on se connaît, je ne l’ai jamais vu verser une larme. Mon texte a été exposé au FRAC (fond régional d’art contemporain) et a été cité deux fois dans une pièce en Haute-Saône qui expose l’actualité sous forme de théâtre. Il n’a rien d’ordurier hormis quelques phrases qui m’ont échappées c’est vrai mais qui sont loin d’être représentatives du dit texte dans son ensemble. Ils me reprochent quelques lignes d’emportement, moi  je trouve qu’on me reproche un  » crime de lèse majesté  » (…)

 » Des qualificatifs tels que menteur professionnel ou petit être répugnant, entre autres, ont fortement blessé l’homme visé « 

 » petit être répugnant  » c’est stupide je le reconnais, attaquer quelqu’un sur son physique c’est bas et c’est contre quoi je me bat tous les jours, je n’aurais pas dû employer ce terme. Je le regrette et même si je combat ce genre de discrimination, je n’en suis pas moins imprégné car toutes/tous, nous baignons dans un gigantesque bain de merde (racisme, sexisme, discrimination en tous genre…)  et que dans la colère, en tout cas en ce qui me concerne, toute la fosse sceptique remonte et déborde parfois. C’est comme le terme  » fils de p*** « , je l’ai entièrement éliminé de mon vocabulaire, j’ai eu beaucoup de mal ayant grandi dans une ZUP, j’entendais ce terme des dizaines de fois par jour, malgré tout lorsque je suis très énervé il me revient à la bouche. Si je vous dit tout ça, c’est pour que vous compreniez bien que nous faisons chacun-e avec les armes qu’on a, qui ne sont parfois pas les meilleurs c’est sûr. Il faut retenir qu’on a le droit de faire des erreurs, sans cela comment avancerait on ?

Par ailleurs si le secrétaire du Préfet s’est senti fortement blessé, je ne pense pas que se soit le plus grave, selon moi c’est parce qu’il a menti aux relais associatifs de soutien aux demandeurs d’asile, il a affirmé que les enfants arrachés à leur mère le matin même lorsqu’elle a fait sa crise d’épilepsie, ainsi que leur père, qui ont été placés en centre de rétention, ne seraient pas expulsés tant que la mère était encore à l’hôpital J. Minjoz. Intox puisque le lendemain même les enfants et le père était expulsés sans la mère ! Pour moi ça relève du mensonge…

 » D’après le rapport d’enquête, le prévenu aurait même sommé la collectivité anarchiste de « l’empêcher de dormir », sachant apparemment où sa cible vivait et se promenait à pied. Bien que tremblant, le prévenu se tient droit face aux magistrats et confirme ces propos.  »

Alors là je rigole ! On nage dans le fantasme total. Les gens qui me connaissent savent très bien que ce n’est pas vrai et doivent bien rire aussi en lisant cela. Et c’est faux, je n’ai pas confirmé ces propos, si  le journaliste de l’Est avait écouté comme il faut, le rapport révèle que ces propos sont tirés d’un journal local  » Séditions  » dont je ne suis pas l’auteur. Lorsque l’Officier de la Police Judiciaire m’a demandé si je connaissais le ou les auteurs, je lui ai clairement dit que oui mais que je ne balancerai pas mes camarades, que nous ne fonctionnons pas comme ça. Lisez le dossier avant de dire des absurdités !

Autre chose, Mr Setbon je le croise régulièrement au centre-ville, il ne m’a jamais remarqué (du moins je pense) parce que je ne l’ai jamais apostrophé, je l’ai même vu avec ses enfants sur le chemin de l’école. Même si je déteste sa fonction, je respecte son droit de vivre sereinement, surtout ses enfants, j’aurais juste aimé que ceux des Feraj aient les mêmes chances… C’est comme des policiers que je croise en ville avec leur famille, je détourne les yeux, nous ne sommes pas en manif ! Par contre lorsque eux me croisent dans ma vie lambda, ils n’hésitent pas à m’apostropher  » t’es pas en manif ? AHAH « , ça reste enfantin en général, mais c’est malaisant.

« Avez-vous conscience qu’ils sont injurieux », lui demande le président. « Aujourd’hui, oui », avoue le trentenaire. « J’ai agi sous le coup de la colère. J’ai conscience de la violence de mes propos. » En revanche, il ne prononce pas une parole de regrets.

J’avais fais le choix de ne pas m’excuser, j’y avais bien réfléchi pour le coup. Car c’est une erreur, certes, mais j’ai décidé de l’assumer. Surtout que ce contre quoi je me suis élevé est bien plus ignoble à mon sens et au sens de beaucoup de gens !

 » Mon client est d’origine modeste. Il s’est élevé grâce à la République. Plus tard, il a voulu la servir. Il ne fait qu’appliquer les lois, en toute impartialité. « 

J’avais envie de pleurer, j’attendais les violons à ce moment là… La République mon arrière grand-père l’a sauvée du barbarisme nazi et vichyste, il a fait passer des personnes en zone libre, 42 au total. Il faisait passer des armes, de la nourriture, des médicaments… à la Résistance. Il a participé à la reconstruction de la France, au CNR et je pense que ce n’est certainement pas pour qu’un serviteur de l’État qui ne fait que reluire un siège sous ses fesses viennent faire des leçons à son arrière petit-fils qui lui s’engage auprès des humain-e-s les plus précaires pour la Justice et le progrès social !

 » je trouve que le manque d’intelligence des arguments du prévenu dans son article en ligne est inquiétant.  »

Cette phrase, somme toute banale, peut se comprendre dans le contexte, c’est l’exposé de madame le Procureur. Étrangement le journaliste de l’Est s’en sert comme accroche en la reformulant de manière plus dure que le Procureur :

« Un manque d’intelligence inquiétant »

Déjà que lors de ma garde-à-vue on m’avait demandé d’où je sortais ces textes car je n’ai qu’un BEP, ils ont beaucoup de mal à comprendre que l’on puisse  être fils d’une femme de ménage et d’un agent de de sécurité, faiblement diplômé,  » mulâtre  » (c’est écrit tel quel dans la procédure : type métis, mulâtre) et avoir un certain talent d’écriture, une faculté à penser… wouahou ! Et surtout s’obstiner à combattre l’injustice sociale et la misère avec acharnement. Quel affreux monstre cette magnifique mais pudique ville de Besançon a-t-elle fait naître ? Un pauvre qui aide les pauvres, vous vous rendez compte ! C’est honteux ! Faudrait me jeter en prison !

Je tiens à ajouter que j’ai essayé de m’exprimer quand le juge m’a donné la parole, mais quand j’en suis arrivé à l’affaire il m’a coupé la parole en me disant que je dépassais les bornes. Voici donc la déclaration interdite que je comptais faire :

Monsieur le président Je voudrais tout d’abord vous assurer de ma sidération d’être convoqué ce jour devant le Tribunal. Évidemment, vous me condamnerez. Ce que j’ai écrit et assume relève si l’on veut bien s’y attarder brièvement de la diffamation. Il n’y a rien de plus simple à juger. Je m’étonne même d’être convoqué à cet effet. Pourtant les faits qui me sont reprochés ne sont, à mon sens, pas tant délictueux que ce contre quoi je me suis élevé.
Il est vrai que je suis le rédacteur du journal en ligne « Le Libertaire Bisontin » où s’expriment des idées affirmées, pour ne pas dire des opinions radicales. Elles sont cependant en phase avec une actualité qui paraît pour le moins étonnante. Mon plaidoyer va donc s’appuyer sur des faits, des témoignages et d’autres éléments de réflexion, ce que le tribunal n’aura pas à juger aujourd’hui mais qui me paraît essentiel à comprendre. Je vous demande donc de porter une attention aux arguments qui sont les miens, avant de faire votre œuvre.
Suite à l’expulsion que je trouve particulièrement honteuse de la famille Feraj l’automne dernier, je me suis senti le droit sinon le devoir de faire part au grand jour de ma consternation et de ma désapprobation. Alors que j’observais une grève de la faim depuis quatre jours en place publique, fatigué, stressé, sollicité en permanence, notamment par le milieu associatif local et international, j’ai laissé s’épancher une légitime colère. Dans un billet certes un peu virulent j’ai dénoncé les méthodes du secrétaire général du préfet du Doubs, M. Setbon, ce qui me vaut le désagrément d’être ici convoqué.
Je tiens à rappeler que les pratiques sociétales de l’Albanie d’où proviennent les Feraj sont bien différentes du cadre légal de la France. Là-bas il existe une loi tacite, dite du « Kanun », issue du droit coutumier médiéval, pas si éloignée de la vendetta corse, en bien pire. Ces rites permettent à un membre d’une famille qui se dit lésée d’ordonner la suppression physique des individus dotés d’un appareil reproducteur masculin de la famille adverse, enfants comme adultes ! Mettant ainsi en cause la survivance de toute une lignée. C’est cela que fuyaient les Feraj et ce vers quoi on les a renvoyés sans les entendre.
Oui, j’ai eu des mots durs, qui vous paraîtront blessants. La référence à « Iznogoud » est tirée d’une bande-dessinée bien connue, non censurée et accessible à toutes/tous, y compris le public mineur qui trouve là sujet à rire et non à avilir. Certes, des mots tels que : « pourriture » » portefaix » peuvent paraître méprisants, ainsi que « petit être répugnant », mais l’état de fatigue et d’exaspération lié à mon engagement physique (grève de la faim) et moral ont fait de moi un porte-parole quelque peu turbulent.
Pour d’autres termes incriminés tels que « menteur professionnel », il font référence au fait que les réseaux associatifs de soutien aux demandeurs d’asiles ont été avisés du retour du père et des enfants Feraj, tandis que la mère était à l’hôpital Jean Minjoz. M. Setbon leur avait assuré qu’ils ne seraient pas expulsés vers le Kosovo avant la fin de cette situation. Ce alors que les billets étaient prêts !
Imaginez donc la colère des militant-e-s et de moi-même lorsqu’ils ont pris conscience de s’être fait aussi perfidement abuser. Comment un représentant de L’État peut-il ainsi berner ses propres administrés ? C’est cela qui a déclenché ma colère et rempli ma plume de fiel. Quant au terme « pervers narcissique », il est tout droit issu du vocabulaire de la psychanalyse. Il ne me semble pas que le Dr Freud, enseigné dans les lycées et les facultés, ait été poursuivi en justice dans ce pays
Par ailleurs, les termes de la prévention qui me font paraître aujourd’hui devant vous font mention d’une citation totalement étrangère au journal en ligne « Le Libertaire Bisontin » dont je suis le rédacteur. En effet, les termes suivants qui me sont reprochés, je cite : « empêcher les pourris comme lui de dormir » n’a jamais paru sur ce site, ainsi qu’a pu le constater l’officier de Police Judiciaire, ces propos sont tirés du blog Infos Libertaire » qui les a repris du journal local « S éditions » dont je ne suis pas l’auteur. Était-il nécessaire de charger la barque pour me voir condamné. N’a-t-on pas suffisamment d’arguments pour que le pot de fer brise une nouvelle fois le pot de terre et qu’il faille en rajouter.
Conclusion
Ce que j’ai écrit, je l’assume, pas le reste que l’on veut me voir endosser et je le redis cela n’est rien d’autre à mes yeux que de l’auto-défense. On me convoque en effet pour avoir exprimé des pensées que je ne suis pas le seul à partager, loin de là ! Je rappellerai seulement ces mots d’un illustre Bisontin dont l’enseignement rayonne toujours dans le monde entier : « celui qui ouvre une porte d’école ferme une prison ». Or voici que ce sont à des enfants qu’on a entravé les chemins de la Liberté. Pour eux je suis engagé, avec eux je suis engagé.