Archives de Tag: afrique

Être afro-descendant et anarchiste

Pour celles/ceux qui me connaissent ce n’est pas un secret, je suis la seule personne noire, afro-descendante, dans le milieu anarchiste bisontin. Sur les 77 personnes que je connais dans le milieu militant bisontin, aucune autre personne n’est noir. Triste réalité. Il faut dire que les militant.e.s ont pris l’habitude de rester entre personnes blanches, pas forcément par fermeture d’esprit, mais parce qu’ils/elles sont incapables de rompre avec les schémas. Quand j’ai rejoins ce milieu, c’est parce que j’étais vraiment convaincu par les idées (je le suis toujours), les camarades ne m’ont pas fait de cadeaux, j’ai eu une place plus difficilement que les autres, on ne m’écoutait pas,  on me coupait la parole en changeant de sujet… Ce qui m’a beaucoup aidé à persévérer dans ce milieu, c’est d’avoir ouvert un blog (Offensive Libertaire à l’époque), étant doué en écriture j’ai réussi à trouver le respect que l’on me doit à travers ce biais. Lire la suite


Congo : Répression des chrétiens – Fin de la « françafrique », vraiment ?

AP Photo/Jerome Delay

 

C’est mercredi matin seulement que l’Union européenne a réagi à la sanglante répression, dimanche, de la marche des chrétiens, dans plusieurs villes du Congo. Les marcheurs réclamaient l’application de l’Accord de la St-Sylvestre 2016, qui balise le chemin vers des élections consensuelles, mais le régime du président hors mandat Joseph Kabila ne l’applique pas. Les observateurs notent, en outre, qu’il ne s’agit que d’une déclaration du porte-parole de la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, et non des 28 pays membres.

La déclaration des services de Mme Mogherini note la “grave atteinte à la liberté d’expression”, condamne “les arrestations arbitraires” et appelle à “la libération immédiate des détenus”, ajoutant que “les autorités congolaises ont le devoir de protéger leurs citoyens et non de les réprimer”.

Un texte qui semble en deçà des conclusions du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE du 11 décembre, qui rappelait notamment aux autorités politiques et policières congolaises “que leur responsabilité individuelle est engagée en cas de graves violations des droits de l’homme (…) d’action ou de déclaration qui constituent des entraves à la mise en oeuvre de l’Accord” de la St-Sylvestre 2016.

Selon nos informations (voir La Libre du 3 janvier), ce retard est imputable à deux pays membres ayant des intérêts industriels au Congo, qui se sont opposés à une déclaration commune des ambassadeurs de l’UE à Kinshasa ainsi qu’à un texte des 28, lui préférant une prise de position de Mme Mogherini parce qu’elle les engage moins.

Selon les journalistes français Sonia Rolley (RFI) et Christophe Rigaud (Afrikarabia), ces deux pays seraient la France et l’Espagne. En juin dernier, l’hebdomadaire Jeune Afrique avait déjà souligné que l’Espagne faisait profil bas au sein du Conseil européen des Affaires étrangères lorsqu’il était question de sanctionner le régime Kabila… LIRE LA SUITE


Enquête sur la françafrique – La guerre du Cameroun

Emblématique secrétaire général de l’UPC (Union des populations du Cameroun)

J’avais fait part à certain.e.s d’entre vous via Facebook et Twitter de mon désir de faire un résumé à partager avec vous, sur l’enquête historique que je fais sur les pays « françafricains ». Pour remonter aux origines de la « françafrique », il faut étudier le Cameroun, je me suis donc documenté à l’aide d’un livre : « La guerre du Cameroun – L’invention de la françafrique », écrit par Thomas Deltombe, Manuel Domergue, Jacob Tatsitsa et préfacé par Achille Mbembe. Éditions « La Découverte », 2016. C’est un ouvrage très riche, il m’a fallu plusieurs semaines pour réaliser ce début d’enquête sur le système françafricain. J’ai également fait pas mal de recherches personnelles pour vous proposer finalement mieux qu’un résumé : une analyse, des biographies de figures importantes, un glossaire des sigles ; bonne lecture ! Lire la suite


La France de 2014 fait encore payer un impôt colonial à 14 pays africains !

Foccart&Houphouet-Boigny-fondateurs-francafrique

Foccart et Houphouet-Boigny, les pères fondateurs de la françafrique.

Le saviez-vous? Aujourd’hui encore, beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial en France, et ce malgré l’indépendance !

Lorsque Sékou Touré de Guinée décida en 1958 de sortir de l’empire colonial français, et opta alors pour l’indépendance du pays, l’élite coloniale française à Paris était s’est indignée, et dans un acte de fureur historique, demanda à son administration alors en place en Guinée de détruire, dans tout le pays, ce qui représentait, à leur yeux, les avantages de la colonisation française.

Trois mille Français quittèrent le pays, en prenant tous leurs biens et détruisant tout ce qui ne pouvait être déplacé: les écoles, les crèches, les bâtiments de l’administration publique furent détruits, les voitures, les livres, les médicaments, les instruments de l’institut de recherche, les tracteurs ont été écrasés et sabotés; les chevaux, les vaches dans les fermes ont été tués, et les nourritures entreposées furent brûlées ou empoisonnée.

Le but de cet acte scandaleux était bien évidemment, d’envoyer un message clair à tous les autres colonies sur les conséquences du rejet de la France… Lire la suite


Le retour des pratiques coloniales en Afrique

 

Le bon temps des colonies

Il y a un an, l’OTAN achevait l’opération « Unified Protector » en éliminant par la main de ses barbouzes Mouammar Kadhafi, et laissait derrière elle les ruines de l’État libyen, démoli par plus de 10.000 frappes. Et les séquelles sont nombreuses. Les fractures qui ont été mises en avant par l’attaquant pour saper les fondements de la Jamahiriya, se sont aujourd’hui étendues.

À Bani Walid, encerclée et bombardée par les milices de Misrata, il y a maintenant toute une population qui résiste. Tripoli ne contrôle qu’une petite partie de la « nouvelle Libye » en proie à des affrontements armés entre les milices, à des assassinats et disparitions. Selon le président Mohamed Magarief, cela est dû à des « retards et négligences » dans la formation d’une armée nationale. Rien d’inquiétant car le problème est en passe d’être résolu. Pas à Tripoli mais à Washington.

Les États-Unis, après avoir ordonné l’opération « Unified Protector », s’enquièrent aujourd’hui de protéger la « nouvelle Libye » en la dotant d’une armée. Le Pentagone et le Département d’État travaillent d’arrache-pied pour former une « unité d’élite » de 500 hommes qui devraient constituer en quelque sorte le noyau autour duquel se formerait la future armée. Le financement initial de cette opération est de huit millions de dollars, somme résultant en partie de la réduction de l’aide apportée au Pakistan dans le cadre des « opérations anti-terroristes ». La mission officielle de cette « unité d’élite » dont la formation a déjà été approuvée par le Congrès sera de « combattre et vaincre les organisations terroristes et les violences qui en découlent ».

Les hommes qui intégreront cette unité d’élite font l’objet d’une sélection draconienne des responsables du Pentagone, du Département d’État et de la CIA, sélection visant à évaluer leur capacité physique et leur manière de raisonner (en clair, l’attitude adoptée vis-à-vis des Etats-Unis). Ne pas parler la langue anglaise s’avèrera rédhibitoire puisque les ordres seront donnés en anglais. Ces recrues seront en fait formées et entraînées par les forces spéciales américaines récemment envoyées en Libye après un séjour au Pakistan ou au Yémen.

Nous assistons là à une manœuvre stratégique de haut vol. Ces troupes recrutées, formées et contrôlées par le Pentagone appartiendront officiellement à la nouvelle armée libyenne, mais elles joueront concrètement le rôle que jouaient les troupes coloniales indigènes en leur temps.

D’autre part, la formation de cette armée va prendre des années. Le déploiement des forces spéciales américaines en Libye sera par conséquent tout sauf transitoire. Les États-Unis disposeront donc en Libye de leurs propres bases militaires, couplées à celles qui existent déjà en Sicile. Aujourd’hui, Benghazi et d’autres villes sont déjà survolées par des drones décollant de Sigonella et guidés par les États-Unis. Les bases serviront non seulement à des opérations en Libye, mais aussi dans d’autres parties du continent africain et au Moyen-Orient (des milices libyennes ne sont-elles pas déjà infiltrées en Syrie ?).

Enfin, les États-Unis disposeront d’un instrument de pouvoir (militaire, politique et économique) qui leur fournira un accès préférentiel au pétrole libyen. Mais quid des alliés européens ? Ils seront probablement appelés à renforcer le dispositif mis en place… mais toujours sous commandement américain. La France, forte d’une expérience coloniale séculaire, pourrait apporter une contribution importante, notamment dans l’approche qu’a l’armée française des populations autochtones. Ce qui n’a jamais été à vrai dire le point fort des Américains…

À tout bien comparer, le « bon temps » des colonies n’est finalement pas si loin…


Source: http://www.resistance-politique.fr/…


Le Sahel en état de crise alimentaire

Les gouvernements et les Organisations humanitaires s’y attendaient et cela est arrivé. La mauvaise production agricole de l’an dernier causée par des pluies insuffisantes ou irrégulières et le conflit dans le nord Mali ont provoqué une nouvelle crise alimentaire qui atteint en ce moment un pic. Plus de 18 millions de personnes dans le Sahel en sont victimes, dont 8.5 millions en insécurité alimentaire sévère.

Selon l’ONU, huit pays concentrent les victimes de cette crise alimentaire. Il s’agit de la Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie, du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Cameroun et du Tchad. Les réserves alimentaires insuffisantes des pays de la région suite aux aléas climatiques de l’an dernier n’ont pas su résister aux déplacements des populations depuis l’occupation du Nord du Mali par des groupes armés en mars dernier. Le HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés) estime à 160 000 le nombre de personnes a s’être déplacées dans les frontières du Mali et à plus de 250 000 ceux qui auraient trouvé refuge hors du pays. Ils seraient 89 000 en Mauritanie, 77 000 au Burkina Faso, 52 000 au Niger et 30 000 en Algérie. Les populations désertent les campagnes pour les villes. Les prix des denrées alimentaires s’envolent, particulièrement au Niger qui est le pays le pays le plus atteint par cette crise avec 6 millions de personnes manquant de nourriture.

Les ONG comme Oxfam tirent la sonnette d’alarme. Le PAM (Programme Alimentaire Mondial) de l’ONU a l’intention de venir en aide à 10 millions de personnes. L’ONU déclare avoir réussi à mobiliser 1 milliard de dollars sur les 1.6 milliard qu’elle estime nécessaires pour faire face aux besoins. Pour mettre un terme à ce cycle de crises alimentaires, les deux dernières ayant eu lieu respectivement en 2005 et en 2010, le président nigérien en a appelé à un changement d’approche. Il recommande de remplacer les aides d’urgence par des soutiens continus à l’amélioration de la productivité agricole, à la promotion de l’irrigation et à la modernisation de l’élevage.

Source: http://www.sahel-intelligence.com/2659-sahel-en-etat-2-crise-alimentaire.html


L’INFAMIE Y’EN A ASSEZ !!!!!!!

RAS LE BOL DE CE MONDE DE MERDE !!!!!

 


Angola: Une ville fantôme construite par la Chine


Nova Cidade de Kilamba est une ville flambant neuve, faites de bâtiments aux couleurs vives et impeccables, construite en moins de trois ans à une trentaine de kilomètres de Luanda, capitale de l’Angola. Nova Cidade de Kilamba est également à peu près vide, une ville fantôme bâtie par une compagnie d’État chinoise – China International Trust and Investment Corporation (Citic) – pour la modique somme de 3,5 milliards de dollars. Où sont passés les 500’000 personnes que peut accueillir ce complexe urbain qui détonne tant aux alentours de la capitale angolaise ?

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Une journaliste de la BCC a visité Nova Cidade de Kilamba

, décrivant un endroit “étonnamment silencieux, les voix rebondissant sur les murs de béton tout frais et les routes vides. Il n’y a guère de voitures et encore moins de personnes, juste des dizaines de rangées d’appartements colorés se répétant à l’infini, les volets fermés et les balcons vides. Après avoir conduit pendant quinze minutes, nous n’avons rien vu à part des ouvriers chinois, dont beaucoup vivaient dans des préfabriqués autour du site.”

La ville nouvelle déserte est l’œuvre de l’État chinois qui, en contrepartie, a été payé, comme c’est souvent le cas en Afrique, par un accès prioritaire aux ressources naturelles du pays, le pétrole dans le cas de l’Angola.

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Techniquement, le projet pharaonique a donc été amorti par le gouvernement angolais. Le problème, c’est que personne ne vient. Sur les 2800 appartements disponibles dans un premier temps dans les 750 bâtiments de huit étages, seuls 220 ont été vendus. Sur la dizaine d’écoles du complexe, seule une poignée fonctionne.

Le projet est défendu bec et ongles par le gouvernement du président José Eduardo dos Santos, qui avant le début de son mandat avait promis de construire un million de maisons en quatre ans. Le problème actuel étant que les résidences de Nova Cidade de Kilamba – dont le prix oscille entre 120’000 et 200’000 dollars – sont inaccessibles pour la grande majorité de la population, dont les deux tiers vivent avec moins de 2 dollars par jours, selon les estimations des organisations internationales.

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“Il n’y a tout simplement pas de classe moyenne en Angola, uniquement les très pauvres et les très riches. Et donc, il n’y a personne pour acheter ce type de logement”, résume Elias Isaac, membre de l’Open Society Initiative of Southern Africa (OSISA), cité par la BBC. Le gouvernement angolais promet de faciliter les emprunts-logements et de prévoir une part de logements sociaux dans le parc immobilier. Ses détracteurs estiment qu’il a surtout voulu se précipiter en vue de l’élection présidentielle, qui a lieu le 31 août.

Leur presse (Big Browser, 4 juillet 2012)

Source: Le juralib