Besançon : Un ragoût préfectoral particulièrement écoeurant

Près de 200 personnes se sont mobilisées ce vendredi 2 septembre, pour dénoncer les actes ignobles commis par la préfecture à l’encontre de la famille Feraj.

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Début du rassemblement.

 

Nous avons eu Genita au téléphone, son témoignage est bouleversant, je laisse à l’appréciation de chacun-e, mais je vous préviens, c’est particulièrement dur, choquant et inhumain !


Propos de Genita Feraj (15 ans) :

C’était le 29 août à sept heures du matin. J’ai entendu la police qui est arrivée dans nos chambre en toquant sur la porte. J’ai mis mon pyjama et je voulais sauter par la fenêtre. Mais j’entendais ma sœur et mon frère crier et j’ai pas pu sauter, j’avais peur de les laisser seuls, et peur de sauter car c’était haut et j’ai vu la police rentrer dans la chambre et ils m’ont pris et ne m’ont plus lâchée. Ils étaient je crois dix dans la chambre, je me sentais pas comme un être humain comme les autres, d’avoir dix policiers autour de nous c’était incroyable. Je me sentais très mal parce que je n’arrivais pas à m’imaginer où je vais partir ? Comment ça va se passer ? Mes frères ? Mon père ? Y aura quoi après tout ça ? Les policiers ont commencé à nous expliquer comment ça va se passer. J’ai déjà vécu un moment pareil en Autriche et je savais comment gérer les choses.

Je suis rentrée dans la chambre où mes parents et mon frère dormaient, je cherchais ma mère mais je ne la voyais pas. J’ai ouvert la porte des toilettes, elle était en train de trembler quant je suis rentrée, elle avait son portable dans les mains et a voulu appeler quelqu’un pour qu’ils nous aident. J’ai pris son portable et j’ai appelé Chantal[1]. Je lui ai dit : « Chantal y a la police qui est venue nous chercher. » Elle m’a dit : « Tiens moi au courant de tout ce qui se passe. »

[1] Chantal est une militante du CDDLE

J’ai commencer à faire les valises , et j’ai entendu mon père crier  » O zot i madh » qui veut dire en français  » oh mon Dieu ». Je suis partie voir ce qu’il se passait et j’ai vu ma mère par terre, j’ai commencé à crier et à pleurer et j’ai demandé aux policiers si quelqu’un pouvait appeler un médecin. Au début ils ont refusé d’appeler l’ambulance car, disaient ils,  nous pourrons le faire au commissariat. J’ai commencé à crier et à dire que non, je veux absolument quelqu’un pour ma mère. Ils ont discuté ensemble et au final ils les ont appelés. J’étais sur ma mère et je lui ai fait un bisous sur la joue et je lui ai dit « garde la confiance en Dieu ! ».

J’avais toujours un policier qui me suivait, ils ne me laissaient pas toute seule. J’ai préparée nos valises et toutes les chose qu’il y avait. […] J’avais un sac avec des parfums, des déodorants, du maquillage ( tout ce qui concerne les soins du corps) et y avait des rasoirs que mon père utilisait. Ils me les ont pris et mis sur le mur. D’après eux on avait beaucoup de valises, et ils nous ont dit que peut-être on ne va pas tout prendre. J’ai commencé à parler, j’ai dis : « je peux pas laisser tout ça ici y a pleins de vêtements qu’on aura besoin ». Ils ont discuté ensemble et ils ont dit : « on verra ».

J’ai vu l’ambulance arriver dans la chambre, mais ils ne nous ont pas laissés rester avec ma mère. Je ne sais pas à quelle heure elle est partie ? Avec qui ? Si elle avait des habits ? Rien du tout. Je m’inquiétais beaucoup, j’arrivais pas à me contrôler moi-même, j’avais pas la force, pas de courage rien du tout.
On s’est préparés et nous sommes partis vers 7h50 de Saint-Jaques direction le commissariat. Nous sommes arrivés là-bas, j’ai envoyé un message à Chantal, Gwenaëlle, Virginie, Mme breton , Mme Dardelin et Sandra. Vers 9h Laurent, Sylvain, Mme Breton, Mme Dardelin et Chantal sont venus nous voir au commissariat. La police nous a rien donner à manger à part un biscuit et une brique de jus. Mme Dardelin et Mme Breton après nous avoir vu, elles sont parties nous acheter des trucs à manger. On savait rien du tout de notre mère, à chaque fois que je demandais si quelqu’un avait des nouvelles d’elle mais tout le monde me disait non. Vers 12h la chef de la police est arrivée au commissariat et nous a dit que ma mère a fait des examens mais les résultats on ne les aura pas avant 16 heures. Entre 12h et 16h, j’ai reçu plein d’appels de tout le monde. Je n’avais pas dit à mes amis ce qui m’était arrivé, mais tout le monde l’a su après.

Genita 15 ans et sa sœur Lulzime 13 ans.

Genita et sa petite soeur.

Nous sommes restés pendant neufs heures au commissariat entre 8h du matin et 16h48. On n’en pouvait plus de rester dedans, on avait besoin de prendre l’air, mais personne ne nous a laissés sortir, sauf mon père quand il allait fumer. À ce moment, une fois, j’ai pu sortir prendre de l’air, car je suis partie traduire à mon père et je les ai suppliés de rester juste deux minutes. Ils m’ont laissée. Vers 16h45, la chef était dehors en train de parler avec quelqu’un et elle est rentrée dans le commissariat et nous a dit « allez, on y va ». Quand elle a dit ça, mon cœur n’arrêtait pas de battre, je suis devenue toute jaune du visage, ma sœur pareil. Elle m’a arrêtée sur le chemin en allant chercher la voiture et m’a dit : « à ton avis, on aura une chance au moins dans notre vie ? » [Leonita, 6 ans]. Quant elle m’a dit ça, ça m’a touchée et j’ai commencé à pleurer. Mon père nous a regardées et nous a dit : « allez mes cœurs vous êtes avec moi ».

Nous sommes montés dans la voiture, on a attachés nos ceinture, la chef a commencée à parler et nous a dit : « Tout le monde parle français ici ? ». Moi, ma sœur et mon frère on a dit oui, seul mon père a dit non. La chef m’a dit « toi la grande peux-tu faire la traduction pour ton père ? ». J’ai dit : « oui ». Elle a dit : le préfet nous a dit que votre mère est hospitalisée aujourd’hui elle vas bien mais vous, vous allez partir dans un centre de rétention à Oiselle et demain vous prenez l’avion. » Quand elle m’a dit ça, j’étais choquée je me suis dis comment ça ? Seuls ? Sans notre mère ? Au Kosovo ? J’avais plein de questions dans ma tête et j’étais incapable de trouver la réponse à une. On a mis six heures pour partir à Oiselle, pendant tout ce chemin encore tout le monde m’a appelée et m’a dit qu’y a eu une manifestation devant la préfecture et qu’il y avait plus d’une centaine de personnes avec nous. Ça nous a fait grave plaisir d’entendre que y a des gens qui nous soutiennent et que en même temps ça nous fais pleurer. Je me sentais pas toute seule, je me disais peut-être que tout le monde est contre nous mais au moins y a des gens qui sont avec nous.
Dans le bus on n’a pas eu de problèmes ou quoi que ce soit, juste qu’on était tristes et on pleurait. Pour mon petit frère [9 ans] c’était très dur sans ma mère, il a pleuré pendant toute la route, ça me faisait mal au cœur de voir mon frère pleurer car je le comprenais, c’est dur sans une mère.
Vers 00h30 nous sommes arrivés dans le centre de rétention, on est descendus de la voiture et entrés dans un bureau où y avait deux policiers , ils ont pris mon père et l’ont mis dans un autre endroit pour vérifier si il avait quelque chose. Une policière est venue nous chercher pour nous montrer les chambres où nous allions dormir quelques heures. Dedans j’avais pas le droit de rentrer avec un portable qui avait une caméra. [on se demande bien pourquoi… NDLR] Sur le portable que mon père avait ils ont cassé la caméra, moi j’ai refusé, j’ai dis non, je le laisse dans le couloir et il se recharge.

Vers 2h j’arrivais même pas à dormir, j’avais une boule dans mon ventre. Je me suis endormie après. J’ai dormi juste deux heures, vers 4h30 je me suis réveillée, et je ne savais pas quoi faire. Dans le centre de rétention, y avait une association qui s’appelle France Terre D’Asile, je voulais aller les voir mais personne ne travaillait à cette heure. Vers 6h j’ai appelée Chantal, j’ai parlé avec elle, je lui ai tout expliqué. À 7h les policiers sont venus nous chercher et nous ont demandé ça fait combien de temps qu’on était en France et si on sait parler français. On a répondu ça fais 3 ans et quelque mois, et oui on sait parler français. Y a un policier qui nous a dit « Waouh bravo pour 3 ans ! »

On a pris nos draps et les couvertures et on les a mis dans une salle. A 7h14 on a pris un petit bus pour partir à Rouen où y avait l’avion. Tout de suite quand nous sommes montés dans la voiture, tout le monde a commencé à pleurer, moi, mon père, ma sœur et mon petit frère. Le petit comprenait pas ce qui se passait. Mon père a pété un câble dans la voiture, il n’en pouvait plus, il avait très mal à la tête, mais la police s’en fichait. On a beaucoup pleuré et crié et tout fait, mais il s’en fichait. L’avion était arrivé, j’arrêtais pas de crier et de pleurer, la police m’a fait sortir de la voiture et m’a demandé comment je m’appelle et quel âge j’ai ? J’ai répondu [..] J’ai commencé à parler avec eux et ils m’ont dit : si tu arrêtes pas de pleurer on va t’attacher les mains. Et c’est là que ma tête a explosé ! J’ai dit « Mais comment ça ? Vous êtes sérieux là ? je veux pas monter vous pouvez pas me forcer, personne ne montera dans cet avion » et j’ai vu mon père il était en face de moi, ils lui ont accroché les mains sous les genoux avec les pieds. Je ne pouvais plus rien faire, j’avais pas de pouvoir pour protéger ma famille, ce que je pouvais faire c’était juste crier et pleurer… Mais personne comprenait…Ils s’en fichaient. C’est la première fois que la police m’attache comme si j’avais tué quelqu’un ou fait je ne sais pas quoi, j’ai fais tout ça juste pour protéger ma famille et avoir droit de rêver à mon avenir, à celui de mes frères et sœur mais malheureusement je peux rien faire.

 

On est montés dans l’avion à 8h et à 12h on est descendus en Corse, pour pouvoir partir au toilettes et parler au téléphone. On est restés environ 20 min. et on est remontés dans l’avion. Dans l’avion on était très mal, j’avais mal à la tête et j’ai demandé à la police un Doliprane mais elle m’en a pas donné ! On est arrivé à Prishtina à 15h. J’avais l’impression que la police se moque de nous, ils disait « ouais y a 450€ et des valises ici. Je ne sais pas pourquoi il disait ça ? On était dans un grand bus avec la police et ils nous ont laissés avec la police du Kosovo, ont pris nos valises et on est sortis dehors. Dehors, y avait mes deux oncles et ma grand-mère (le frère qu’a ma mère et le cousin de ma mère) et 14202714_10206990676020619_4099069897573262068_nun ami de mon père qui vit au Kosovo. Moi, ma sœur et mon petit frère, on est partis chez les parents à ma mère, mon père et mon petit frère sont restés à Prishtina chez l’ami à mon père…

Genita Feraj


Le courage de cette adolescente force le respect ! Ce n’est pas normal qu’une si jeune personne ait à porter un tel fardeau. À son âge, elle devrait penser à ses sorties avec ses copines/copains, se prendre la tête sur ses leçons en révisant le soir, rêver… Son petit frère de 9 ans et sa petite sœur de 6 ans devraient être en train de faire plein de bêtises avec leurs potes comme des fous… Eh bien non ! Le triste sir Setbon alias Iznogoud, le menteur professionnel, portefaix du préfet, a décidé d’une manière particulièrement fourbe d’anéantir l’espoir de cette famille d’avoir une vie meilleure.

En effet, il a même été jusqu’à nourrir de faux espoirs chez le père en lui disant que s’il trouvait une promesse d’embauche, il le régulariserait. Tout ça pour ensuite pouvoir mieux le casser ! C’est un « Être » profondément méchant et tordu d’esprit. Il n’y a pas de mots suffisamment forts pour qualifier la traîtrise et la fourberie de ce petit être répugnant qu’est Iznogoud ! Il a tout du pervers narcissique pour moi. Iznogoud a besoin de nuire, il est connu par des camarades à nous de Poitiers où il a exercé avant. Ils nous ont confirmé que c’était une belle pourriture là-bas aussi et qu’il n’y est pas plus apprécié qu’ici.

Certain-e-s trouveront mes mots durs, mais je m’en moque, je prends le risque ! Ça ne peut pas être plus dur ou plus violent que de déporter une famille entière vers un destin funeste ! Il ne les aura pas sur la conscience, il n’en a même  pas de conscience ce vil personnage !

On ne parlera même pas de l’attitude des policiers durant leur « transfert », j’ai envie de dire, ça va de soi. Beaucoup savent ce qu’ils valent, inutile d’ouvrir (à nouveau) ici le procès de la Police Nationale… De plus en plus de monde déteste la police, qu’elle ne s’étonne pas !

C’est hallucinant comme ils (la préf.) n’assument pas leur position, allant même jusqu’à trouver des arguments très faibles comme quoi il y aurait eu des insultes envers le préfet et un tag près de la préfecture et que du coup, ils n’acceptent pas de négocier avec nous. Ah la belle excuses. Quelle bande de faux-culs là-dedans ! On leur parle de vies entières qui sont brisées, de familles déchirées, d’enfants meurtris ! Et eux ils nous emmerdent pour quelque mots plus hauts que les autres et de la peinture sur un mur ??!!! Ça aurait été de parfaits vichystes !

Personnellement je l’assume, même si ce n’est pas forcément la position des organisations qui défendent les personnes sans papiers à Besançon, pour moi : Le préfet et son acolyte sont de fieffés coquins !

Cette famille doit pouvoir vivre ICI, dans SON pays, la France. Dans la dignité ! Nous exigeons son retour et sa régularisation, ils ont bien assez souffert ! Aujourd’hui, nous entamons notre 4ème jour de grève de la faim. Je tiens à rassurer les gens qui se faisaient du souci pour moi, je n’avais pas mesuré la portée de mes mots sur Twitter et certain-e-s ont cru que je voulais mourir. Rassurez vous, je n’en suis pas là, je me suis mal exprimé, j’étais vraiment révolté. Même si je trouve qu’on est dans un monde de merde, qui me rend malade, vous toutes et tous, camarades, ami-e-s… vous êtes mon réconfort ! Donc ne vous inquiétez pas et je ne suis pas tout seul la dedans.

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Nous ne serons pas devant la mairie ni devant la préfecture ce weekend mon ami-e et moi. Nous avons besoin de repos psychique. Vous pourrez nous rencontrer du lundi au vendredi de 14h à 17h sur l’Esplanade des droits de l’homme (devant la mairie) et de 17h à 19h devant la préfecture (rue Nodier).

Vous voulez nous aider mais vous n’avez pas le temps de venir en rassemblement ? Vous pouvez le faire en partageant au maximum cette affaire autour de vous, en parler à vos ami-e-s, collègues, voisin-e-s… Tout le monde peut agir !

Merci à Maxime Lamboley, pour les superbes photos du rassemblement.

 

PS : J’allais oublier, nous avons laissé des peluches devant la porte de la préfecture pour qu’Iznogoud puisse les offrir aux petits kosovars, vu qu’il a bien pris les Feraj pour des cons du début à la fin. Par ce geste nous lui renvoyons la balle.

Pour toi Iznogoud.

Un pot commun a été crée sur Leetchi par Sandra afin de venir en aide financière à la famille Feraj. Si vous voulez donner quelque chose, c’est ici. Merci d’avance !

#Besançon : Ils sont arrivés près de chez vous…

Au sujet de l’implantation des catholiques intégristes de la « Fraternité Saint-Pie X » au cœur de la boucle

CqItQe0WAAEz2p_Lorsqu’on parle de fanatisme religieux aujourd’hui, beaucoup se figurent DAESH et les islamistes radicaux : ces assassins qui frappent aux quatre coins du monde, de l’Irak au Mali pour « venger Dieu des mécréants ». Ces soldats du Sacré voient aussi l’Occident « impur et décadent » comme une cible de choix pour semer la terreur parmi la population. Mais toutes les religions ont leurs extrémistes qui usent de la violence pour faire régner la terreur au nom du Ciel.

D’autres fanatiques religieux, beaucoup moins médiatisés mais pourtant ancrés sur le territoire national depuis bien longtemps, existent. Leur présence n’y est pas moins néfaste. Parmi les divers courants présents chez les catholiques, on retrouve la société de prêtres catholiques traditionalistes appelée « Fraternité Sacerdotale St-Pie X », fondée en 1970 à Mezingen (Suisse) qui se réclame de Monseigneur Lefebvre et regroupe en son sein les intégristes qui rejettent le Concile Vatican 2 de 1965, jugé trop progressiste : ce texte de l’Église, qui marque l’abandon entre autres du prosélytisme religieux et adopte l’œcuménisme (unité et dialogue entre chrétiens : catholiques, orthodoxes et protestants), est avant tout une réflexion interne propre aux catholiques qui pour nous n’a aucune importance, mais qui nous permet de comprendre de manière un peu plus approfondie l’organisation intégriste St-Pie X.

Aujourd’hui, cette organisation milite contre la contraception, l’avortement, le mariage gay et plus généralement l’homosexualité… Régulièrement, elle s’accapare la rue pour prier, la plupart du temps contre l’accès à l’IVG, sous la bienveillance des autorités (que ce soit lors des rosaires « SOS tous-petits » ou lors de l’évacuation de l’église Sainte-Rita à Paris en août 2016, bâtiment occupé par des militant-e-s d’extrême-droite, lors de laquelle un néonazi qui faisait le service d’ordre a violemment agressé un passant).  De plus, ces cul-bénis exercent une pression sur le personnel médical qui pratique les avortements, tout comme sur les femmes qui cherchent à y avoir accès. Leurs intimidations vont jusqu’à des opérations commandos dans les centres hospitaliers et des menaces physiques envers les personnels soignants. Au nom de leur divinité, ils imposent leur logique de reproduction aux femmes, y compris celles qui sont victimes de viol (pour ces criminels, si la femme est violée, c’est qu’elle l’a provoquée par sa façon de s’habiller, de se maquiller…)
Ils se sont illustrés aussi en menant des campagnes de sabotage de distributeurs de préservatifs, ou encore d’expositions artistiques qu’ils jugent « blasphématoires ».
Pour résumer, ces intégristes à la logique destructrice s’opposent à nos libertés (sexuelles, de mœurs…) acquises grâce aux luttes passées (que le mouvement de Mai 68 a clairement participé à amorcer).

Si l’on revient sur l’histoire des intégristes de la Fraternité Saint-Pie X, on peut constater que leurs prédécesseurs ont protégé d’anciens collaborateurs du régime nazi : Paul Touvier, milicien recherché après 1945 pour « crimes contre l’humanité », a été caché par l’Ordre des chevaliers de Notre-Dame jusqu’en mai 1989, date de son arrestation dans le prieuré St-Joseph de Nice. Jean-Pierre Lefebvre, secrétaire général de la Fraternité Notre-Dame-de-la-Merci et ancien de la Division « Charlemagne » (Waffen-SS), finançait la cavale du collabo Touvier. Tout naturellement, ce sont aussi des nostalgiques du régime de Pétain, puisqu’ils se rendent chaque année sur l’île d’Yeu pour se recueillir sur sa tombe. Le 22 septembre 2007, l’abbé de Cacqueray « compare le combat du maréchal Pétain pour la France à celui de Mgr Lefebvre pour l’Église. ». On peut aussi se remémorer les propos antisémites et négationnistes à la télévision suédoise le 1er novembre 2008 d’un des quatre évêques de la FSSPX, Richard Williamson : « Je ne crois pas qu’il y ait eu des chambres à gaz. Je crois que 200 000 à 300 000 juifs sont morts dans les camps de concentration, mais aucun dans des chambres à gaz ». La liste est bien trop longue pour répertorier tous les propos nauséabonds de ces culs-bénis. Il s’agit juste de donner un petit aperçu général de cette organisation fasciste.

Si on prend le temps de revenir sur cette organisation catholique, c’est bien parce qu’elle vient de racheter pour une modeste somme (270.000 euros) une ancienne chapelle (appelée « chapelle des Visitandines ») qui servait encore il y a peu d’amphis pour la faculté de lettres de Besançon. Ce bâtiment, situé dans le centre-ville (au 5 rue Sarrail), a vocation pour ses partisans du « droit naturel » et d’une « France catholique » à redevenir un lieu de culte et de prosélytisme. Ceci marque une nouvelle étape quant à leur volonté de gagner en visibilité et en influence (ou plutôt en nuisance) à Besançon, puisqu’ils sont également domicile au 14, rue Lyautey dans le quartier Saint-Claude.

En Franche-Comté, la société de prêtres intégristes est présente un peu partout : à Cressia et aux Rousses dans le Jura ; à Cravanche dans le Territoire-de-Belfort ; elle a aussi pignon sur rue dans la capitale bourguignonne au 4, rue Pierre Thévenot (Dijon).

Leur implantation ne peut laisser personne indifférent, car leur ordre moral est néfaste à tout individu qui s’accomplit pleinement en s’émancipant des traditions.

Alors voisin-e-s, habitant-es du quartier ou non, tenez-vous informé-e-s et rejoignez-nous pour marquer votre refus face à ces fascistes en soutanes !

Source : interne

Tract en PDF à imprimer, diffuser…

Besançon : Des nouvelles de la famille Feraj en cours d’expulsion

Nous étions environ 150 personnes en fin d’après-midi devant la préfecture, pour manifester notre mécontentement quant à l’expulsion de la famille Feraj, pour leur affirmer notre soutien.

Une délégation, composée d’enseignants des enfants, s’est rendue à la préfecture pour s’entretenir avec le secrétaire général du préfet, Jean Philippe SETBON, alias  » Iznogoud « . La réponse qui a été apportée au collectif est absolument hallucinante. Grosso modo, la préfecture est complètement d’accord avec le collectif, que c’est une famille « bien intégrée », mais que « hélas », ce sont des directives gouvernementales, car vous comprenez mâm’ Chabot, il faut bien faire de la place pour les réfugiés syriens et irakiens qui sont « prioritaires »…

Quel cynisme, quel foutage de gueule ! Cette pourriture d’Iznogoud ment et il le sait pertinemment ! Des syriens et des irakiens, la France en expulse tous les jours ! Ce n’est qu’un prétexte pour ne pas assumer sa responsabilité de meurtrier. Oui, de MEURTRIER !! Car en renvoyant la famille Feraj au Kosovo, il les met en danger de mort ! (voir article à ce sujet ici) C’est donc un assassin doublé d’une pourriture cet Iznogoud (Setbon). Mais ne vous inquiétez pas, il dort bien la nuit lui ! Pas comme les enfants Feraj, qui eux doivent être terrorisés à l’heure qu’il est dans leur CRA à côté de Rouen ! Séparés de leur mère, car la pauvre femme aurait à priori fait une crise d’épilepsie suite à toutes ces émotions ! Ce qu’ils ont fait est une véritable HONTE ! À quelques jours de faire leur rentrée scolaire, Setbon rentrant (probablement) lui de vacances, décide de les faire expulser !

Je ne connais aucun mot approprié pour qualifier cette INJUSTICE flagrante ! Je suis écoeuré d’être français ! Dégoûté de ce pays de merde et tout ce qu’il représente ! « LIBERTÉ-ÉGALITÉ-FRATERNITÉ » ; il ne suffit pas de marteler des valeurs, il faut les faire vivre si vous voulez que les gens vous prennent un minimum au sérieux. Mais non, vous êtes trop con pour ça !

Mais ne nous voilons pas la face, si ce salopard arrive encore à dormir la nuit, ou à se regarder dans une glace c’est à cause du silence complice de la majorité de « l’opinion ». Réveillez vous ! Hurlez ! Empêchez les pourris comme lui de dormir ! N’oubliez pas que notre bonheur dépend du bonheur des autres : Si autrui est malheureux, je serai (fatalement) malheureux.

Aux dernières nouvelles, la maman de la famille Feraj est toujours à l’hôpital, à Besançon, le reste de la famille est en train d’être transféré au CRA (centre de rétention administrative) de Oissel, près de Rouen.

Nous n’abandonnerons pas la famille Feraj ! Plus d’information prochainement. En attendant, un pot a été crée, car la famille compte six membres et n’a aucune ressource. Cet argent lui sera donné où au CRA d’Oillon, ou, dans le pire des cas, au Kosovo. Nous sommes en contact avec eux. Si vous voulez leur filer un coup de main, c’est ici : https://www.leetchi.com/c/solidarite-de-famille-feraj

plus d’infos prochainement

Mise à jour 30/08 10h30 :

La police est venue chercher à 7h Gezim, le père et les 4 enfants Genita, Lulzime, Lulzim, Leonit : elle les emmène à l’aéroport de Rouen pour les mettre dans un avion pour le Kosovo : un avion spécial pour eux 5. La maman est toujours à l’hôpital à Besançon.

Besançon : NON à l’expulsion de la famille Feraj

Je vous livre ici un petit résumé sur leur vie, réalisé par Sandra, une amie à eux :

Non à l’expulsion de leur famille au Kosovo où elle est menacée
La famille a été obligée de quitter son pays en juin 2013, pour fuir les menaces qui pèsent sur elle. En 2002, suite à un litige foncier concernant une parcelle de terrain disputée entre la famille paternelle et une famille voisine, un conflit naît entre ces deux familles et oblige les parents, à partir en Autriche demander l’asile.
Leur fille aînée, est alors âgée de 2 ans. Les trois autres enfants sont nés en Autriche. Ils quittent ce pays en juin 2010, ils sont renvoyés au Kosovo, déboutés du droit d’asile.
Peu de temps après le retour de la famille dans le village paternel, un frère du père est assassiné par l’un des fils de la famille voisine. Les lois du Kanun (équivalent de la vendetta en corse) s’appliquent et la famille Feraj doit pardonner ou venger. Ce dernier est pour le pardon et la réconciliation mais pas son père ni ses frères. Un des frère de Mr Feraj tue alors deux fils de la famille adverse en mars 2011 et disparaît.
Les hommes de la famille du père sont obligés de s’enfermer. Seules les femmes peuvent sortir et assurer la subsistance de la famille avec les travaux des champs.
 À l’école du village, les enfants subissent les représailles des enfants de la famille adverse sans comprendre, ne connaissant pas la mentalité dictée par les traditions de cette région. l’un des fils a même été menacé d’enlèvement par cette famille.
Ils sont obligés de quitter l’école fin 2012 pour ne plus subir ces attaques.
Fin mai 2013, Mr Feraj est agressé par la famille adverse, ce qui le décide, avec son épouse, à quitter le Kosovo.
Ils arrivent en France le 21 juin 2013.
Ces quatre enfants n’ont vécu que trois ans au Kosovo entre juin 2010 et mai 2013. Durant cette période, leur scolarité a été perturbée par les menaces qui pesaient sur leur père et sur eux-mêmes. Ils connaissent mieux le français que l’albanais qu’ils ne parlaient qu’à l’école. Depuis son arrivée en 2013, la famille s’est bien intégrée. Les parents ont été très assidus aux cours de français proposés par le CADA, lui s’est investi dans une association bénévolement plusieurs jours par semaine. La mère, toujours souriante est prête à aider dès que possible et éduque ses enfants dans le respect de l’autre.
Les enfants ont été scolarisés à Besançon dès septembre 2013. Ils sont très impliqués dans leurs études, reconnus et estimés par leurs enseignants et leurs camarades. Chaque rendez-vous avec les enseignants a été honoré, chaque conseil pour améliorer les résultats scolaires suivi : orthophoniste, aide aux devoirs… La famille est bien implantée dans le quartier, appréciée de tous.
Nous demandons à ce que la famille puisse rester ici, à Besançon que les enfants puissent grandir en sécurité, poursuivre une scolarité sereine, loin de la violence des traditions du Kosovo, et qu’ils aient droit, comme tout enfant de leur âge, à une vie digne. […]

RASSEMBLEMENT CE LUNDI 29 AOÛT

À 17H30 DEVANT LA PRÉFECTURE

Fascisme : Novembre noir en Pologne

effigie-d'un-juif-bruléL’effigie d’un Juif tenant le drapeau européen brûle au milieu de la ville. Autour du bûcher, un   groupe de manifestants scandent des slogans anti-réfugiés et anti-européens.Ils brandissent des banderoles racistes. Les policiers présents sur les lieux ne bronchent pas et se contentent de regarder. C’est une scène nocturne surréaliste. On se croirait en Allemagne dans les années 30 du 20ème siècle. Mais cette scène se passe en Pologne, à Wroclaw, au milieu du mois de novembre de cette année. Et toute la Pologne a pu la voir sur les différentes chaînes de télévision et sur les réseaux sociaux. Depuis l’arrivée au pouvoir du parti dit conservateur PIS (Droit et Justice) après les élections du 25 octobre 2015, les frustrés de la démocratie polonaise, les aigris, les racistes, les antisémites sortent au grand jour en étalant leur haine. Ils sentent qu’ils ont le feu vert: tout ce que le nouveau gouvernement  a dit ou fait en une semaine à peine au pouvoir va dans leur direction.

DRÔLE DE GRÂCE

Sous le nouveau régime, la première décision du président de la République, M. Andrzej Duda, a été de gracier un ancien ministre condamné en première instance et dont la cause est actuellement en appel. M. Mariusz Kaminski, ex chef du Bureau Central Anti-corruption a  été condamné au mois de mars de cette année à trois ans de prison et dix ans de non-éligibilité pour abus de pouvoir dans l’exercice de ses fonctions. Lui accorder la grâce présidentielle alors que sa peine n’est pas encore exécutoire revient à violer la Constitution et constitue une ingérence évidente dans le domaine de la justice. Cela n’a pas l’air de déranger le président nouveau-regiùepolonais: « C’est une mesure qui décharge le tribunal». Cet acte est ressenti comme un véritable camouflet non seulement par le juge qui s’est occupé de ce dossier mais également par ses collègues. Il augure mal de l’avenir de la séparation des pouvoirs en Pologne.

Dans la même veine, le parlement s’occupe actuellement du Tribunal constitutionnel. Dans la nuit du 25 novembre, il a annulé les nominations des juges choisis par le parlement précédent. Par ailleurs début novembre, le président du PIS, Jaroslaw Kaczynski a annoncé la refonte du système scolaire. Il entend supprimer les gymnases, c’est-à-dire les écoles intermédiaires entre le primaire et le secondaire, un système réintroduit dans l’éducation polonaise en 1999.Après la réforme, estime-t-il dans une interview au quotidien «Rzeczpospolita», « tous les élèves ne seront pas des génies mais ils seront disciplinés. » Entendez par là, obéissants au pouvoir en place. Car, selon la premier-ministre Beata Szydlo, le PIS entend former une nouvelle génération des Polonais dotée «  d’une identité nationale et patriotique forte. »

Premier pas dans cette direction: Mme Szydlo a décidé de supprimer les drapeaux européens lors de toutes les apparitions officielles du gouvernement. Pour elle, rien de plus beau que le blanc et rouge (pour rappel, sous le gouvernement précédent, ces drapeaux alternaient avec les drapeaux polonais).

TENTATIVE DE CENSURE

police-polognePar ailleurs, le nouveau ministre de la culture, M.Piotr Glinski (également vice-premier ministre du nouveau gouvernement) a réclamé l’interdiction du nouveau spectacle au Théâtre Polonais de Wroclaw car, sans l’avoir vu, il le juge pornographique. Il s’agit de la mise en scène d’une pièce de l’Autrichienne Elfriede Jelinek, prix Nobel de littérature 2004. La première de ce spectacle vient d’avoir lieu car le maire de Wroclaw ne s’est pas laisse intimider. Mais à l’entrée du théâtre, les spectateurs ont dû affronter un groupe de manifestants (parmi lesquels on reconnaissait les «brûleurs» de Juifs) entonnant des chants religieux et bloquant le passage. Cette fois, la police est intervenue pour rendre le lieu accessible.

Au final, 20 personnes ont été arrêtées, 12 passeront devant le tribunal.

LA TV PUBLIQUE EN LIGNE DE MIRE

Invité, deux jours après, à la TV polonaise, le ministre Glinski a refusé de répondre aux questions de la journaliste (portant notamment sur les raisons de sa volonté de censure). L’interview s’est mal passée. Manifestement, M.Glinski souhaitait profiter de son passage à l’antenne pour faire ex cathedra une déclaration «orbi et urbi». Mais la journaliste, Karolina Lewicka ne s’est pas laissée faire:  « Lorsqu’un politicien désire faire des déclarations, il convoque une conférence de presse. Ici, c’est une émission de débats, les politiciens connaissent ses règles et ils répondent aux question. » Hors de lui – et toujours Karolina Lewicka.en direct – le ministre de la culture a promis de faire de l’ordre à la télévision polonaise. « Cela ne se passera pas comme ça ! » A la sortie du studio, une équipe a suivi le ministre au vestiaire. Une journaliste (une autre) l’a bombardé de questions concernant ses compétences dans le domaine de la culture (c’est un technicien). Devant son mutisme, elle a lâché une dernière question : « Vous allez vous taire comme ça pendant les quatre prochaines années ? »

 

Cette non  in-interview a fait le tour des réseaux sociaux.

 C’est également d’abord par les réseaux sociaux que l’on a appris dès la fin de l’émission, que Karolina Lewicka a été suspendue dans ses fonctions de présentatrice par le directeur de la TV polonaise. Selon lui, elle avait rompu avec « les standards journalistiques » . Cette suspension sera cependant examinée le lendemain par la commission éthique.

Source : http://polognexpress.eklablog.fr/novembre-noir-en-pologne-a119397474

Besançon : rassemblement des intégristes catholiques samedi 28 novembre

Capture d'écran 2015-11-25 14:31:18

La prière de rue des cathos intégristes de l’association SOS tout petit, aura lieu à Besançon ce samedi 28 novembre.

Capture du site de sos tout petit.

Capture du site de sos tout petit.

 

J’avais déjà fait un billet pour présenter les membres de cette obscure association, voir ici. Il y a également un autre billet ou j’avais laissé la parole à une militante féministe : avorter sans se laisser culpabiliser. C’est pourquoi je ne vais pas revenir dessus encore une fois et vous invite à aller lire ces articles.

Rendez-vous donc à partir de 14 H devant la porte noire (église St-Jean) – samedi 28 novembre

pour défendre le droit à l’avortement, à la contraception, l’auto-détermination des femmes. Pour rappeler les violences qui leur sont faîtes, les inégalités dont elles sont victimes, le harcèlement de rue… Bien longue est la liste.

Mais aussi contre l’obscurantisme, le fanatisme religieux, dont on sait aujourd’hui jusqu’où cela peut conduire.

Capture d'écran 2015-11-25 14:31:48

Les attentats galvanisent les « identitaires »

Le réveil des identitaires. Plusieurs rassemblements en hommage aux victimes des attentats à Paris ont été perturbés ce samedi par des manifestants d’extrême droite. A Lille, une quinzaine de militants a perturbé le défilé de 500 personnes, aux alentours de 15 heures, dans le centre de la ville. Les identitaires, portant des drapeaux tricolores et identifiés par la LDH comme appartenant au FN, ont scandé : « Expulsons les islamistes », allumant des fumigènes et faisant éclater des pétards.

Des militants identitaires à Lyon et à Metz

De la même manière, à Metz, une dizaine de militants identitaires ont perturbé le recueillement d’un demi-millier de personnes devant le monument aux morts. « On a pas peur », lisait-on sur une pancarte et « Vous allez vous aimer les uns les autres bordel de merde », sur une feuille déposée sur les lieux, imprimée en blanc sur fond noir.

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A Lyon, le préfet a interdit le rassemblement du Bloc identitaire. Une vingtaine d’individus, malgré tout présents, ont été dispersés par la police.

Amalgames et accusations sur internet

Sur les réseaux sociaux, des personnes se revendiquant de groupes « identitaires » ont accusé avec violence les membres du gouvernement, en tronquant des citations de Manuel Valls et Bernard Cazeneuve notamment.

Capture d'écran 2015-11-16 10:18:40

Propos détournés par les identitaires. (ce sont les rois en la matière le mensonge)

Ces « patriotes » autoproclamés multiplient depuis plusieurs mois sur la toile les amalgames associant musulmans, réfugiés, et terroristes. Cette résurgence identitaire n’est pas sans rappeler le mouvement allemand anti-musulman Pegida, qui rassemblait plus de 15 000 manifestants dans les rues de Dresde, en octobre dernier.

Lu sur 20 minutes.