Communiqué – Déclaration commune d’habitant.e.s de territoires en lutte face au sommet climat du 12 décembre à Paris

Le 12 décembre à Paris, à l’occasion du du second anniversaire de la COP 21, se tiendra un sommet international sur l’économie et la transition énergétique. Face à cette nouvelle opération de marketing vert, des habitant.e.s de territoires en lutte – de Bure à Roybon en passant par Notre Dame des Landes, des collines aveyronnaises, en passant par le plateau de Millevaches, à la ceinture maraîchère dijonnaise ou les côtes du Finistère – se sont regroupé.e.s pour une déclaration commune. Il s’agit de rendre visible – avant, pendant et après le sommet – la manière dont le gouvernement Macron poursuit en réalité un ensemble de projets d’aménagement destructeurs et nuisibles. Cette déclaration met en avant la vitalité des résistances en cours face à ces projets mortifères et porte un calendrier commun tout au long du mois de décembre pour continuer à densifier ces luttes. Vous trouvez ci-dessous la déclaration et le calendrier commun avec leurs premiers signataires.

Urgence dans les territoires comme dans la rue !

Habitant.es de zones menacées ou à défendre, nous nous sommes réuni.es à plusieurs reprises pour décréter ensemble un mois d’urgence des luttes de territoire. En effet, le mois de décembre qui approche risque fort de recouvrir un sens particulier pour nous, à au moins deux titres.

D’abord, ce sera l’occasion pour le gouvernement Macron – le 12 décembre – de célébrer les deux ans de la farce tragique que fut la COP21. Nul doute que notre Banquier national se fera une joie de se revendiquer héritier de l’accord sur le climat, et de se poser en champion incontesté de la « croissance verte », à peine un mois après avoir soutenu publiquement un projet destructeur de mine d’or en Guyane, et pris position, par la voix de son ministre, en faveur de l’enfouissement des déchets radioactifs.

De la COP 21, nous retenons pour notre part l’amertume d’avoir vu les principaux responsables du saccage climatique se rassembler impunément fin 2015 et prétendre avoir les solutions à leur propre folie, et la colère d’avoir vu nos manifestations interdites sous couvert d’état d’urgence. Mais nous nous rappelons aussi l’arrivée à Versailles et la joie débordante d’une tracto-vélo venue de Notre-Dame-des-Landes et rendant superflue commune après commune l’application stricte de ce nouveau régime d’exception…

Deux ans plus tard, le souvenir de ces convois venus de l’Ouest, mais aussi de l’Est et du sud-Est est encore bien vivace, d’autant plus que décembre 2017 pourrait bien être un mois charnière dans la lutte contre le projet d’aéroport. Il verra en effet se clore la « médiation » à l’issue de laquelle le gouvernement devrait statuer sur le sort de Notre-Dame-des-Landes. Qui sait, alors, si nous ne devrons pas retourner chercher les bâtons que nous avions plantés symboliquement près de la ferme de Bellevue en octobre 2016 pour, de nouveau, défendre la ZAD ? Qui sait si, en cas d’abandon, Notre-Dame-des-landes ne servira pas à faire mieux accepter une expulsion violente du Bois Lejuc, à Bure, ou de la forêt occupée de Roybon ? Quelque part dans ce champ de possibles, un moment historique se jouera dans tous les cas et nous nous tenons prêt.es à le saisir au vol.

L’heure de la convergence

C’est donc depuis ce double contexte que nous parlons, et que nous prétendons mettre le doigt sur ce qui, au-delà de la singularité de nos luttes, nous tient ensemble et nous anime. Quoi de commun en effet entre un éco-quartier à Dijon, un aéroport à Notre-Dame, une poubelle nucléaire à Bure, un transformateur électrique à Saint-Victor, une usine à pellets sur le plateau de Millevaches, une centrale à Biomasse à Gardanne, des forages miniers en pleine forêt amazonienne, une autoroute à Strasbourg, une autre entre Saint-Étienne et Lyon, une usine à gaz à Landivisiau, des mines en Centre Bretagne, de l’extraction de sable en baie de Lannion, etc. ?

Sans doute beaucoup plus qu’il n’y paraît, en réalité. En bloquant des logiques d’aménagement capitaliste du territoire, nous partageons au moins un certain amour des bocages, des montagnes, des plateaux, des plages, de la mer et des forêts. Nous partageons aussi une volonté de réappropriation de savoir-faire divers et, à travers eux, une intuition de ce que serait une vie plus indépendante des logiques de contrôle et de profit. Enfin, nous avons en commun d’être aux prises avec un certain type de discours écologique institutionnel, tel que celui porté par la COP21 : celui-là même qui maquille l’accumulation énergétique en « transition », qui promeut le nucléaire comme une énergie décarbonée donc « propre », qui verdit grossièrement aéroports et Center Parcs pour les rendre acceptables, qui vend sous les termes de smart et de green une dépossession totale de nos vies par des métropoles devenues intelligentes et connectées.

C’est assez pour nous convaincre de la possibilité d’une déclaration commune et de la nécessité d’un calendrier commun. Et c’est pourquoi nous, habitant.es de divers territoires en lutte, affirmons:

  • que nous ne sommes pas dupes des grand-messes environnementales et de leurs commémorations ;
  • que nous lutterons partout contre la destruction des terres agricoles et des forêts, que ce soit à la campagne (comme à Bure, à Roybon, à NDDL
    ou sur le plateau de Millevaches), autour des villes (comme à Strasbourg ou Gonesse) ou dans leur sein même (comme à Dijon) ;
  • que le gouvernement ne se débarrassera pas discrètement de la question de NDDL, et que c’est sous notre regard et à portée de nos voix qu’il devra se prononcer ;
  • qu’en cas de maintien de l’aéroport, nous sommes encore prêt.es à venir défendre la ZAD depuis nos territoires respectifs ;
  • qu’en cas d’abandon, celui-ci ne sera ni la pilule faisant accepter d’autres projets, ni une vitrine sympathique pour l’expulsion violente d’autres zones occupées. Nous appelons à la plus grande vigilance quant à la situation à Bure et à Roybon, tout au long de l’hiver !

Nous nous affirmons donc solidaires les un.es des autres, et prêt.es à nous soutenir mutuellement tout le long du mois de décembre et au-delà!

 

Calendrier commun des territoires en lutte :

2 décembre : Manifestation à Saint-Affrique contre le transformateur électrique RTE de Saint-Victor-et-Melvieu (plus d’infos : http://www.douze.noblogs.org)
6 – 12 décembre : pour la Saint-Nicolas, appel de Bure à une semaine d’actions décentralisées en réaction aux annonces d’Hulot. (plus d’infos: http://www.burestop.eu / vmc.camp)
9 décembre : Manifestation sur le plateau de Millevaches contre l’usine à pellets de Carbon Ingen’r Bugeat Viam (CIBV) (contact : biomassecritique@riseup.net)
16 décembre : Fête de la forêt de Roybon (plus d’infos : http://zadroybon.wordpress.com)

Pour des événements annoncés ultérieurement, il sera possible de consulter tout au long du mois de décembre l’agenda de http://zad.nadir.org, entre autre.

 

En parallèle de ce calendrier, d’autres événements organisés par ailleurs :

8 décembre : Journée européenne contre les Grands Projets Inutiles et Imposés (événements à Lyon, Nièvre, Toulouse, le Havre…)
10 décembre : Tribunal des peuples à Paris (plus d’infos : http://www.pasuneurodeplus.info)
12 décembre : Actions à l’occasion de l’anniversaire de l’accord de Paris : sommet climatique à l’île Seguin

 

Premiers Signataires :

AVEYRON = L’Amassada (cabane et mouvement de lutte contre le transfo aux
mille éoliennes)
BRETAGNE = Grain de sable dans la machine (baie de Lannion) / Collectif
Monts d’Arré
BURE = Plein de chouettes hiboux de Bure / Bure Stop 55 / L’EODRA
(association d’élus opposés à Cigéo – Bure) / CEDRA (Collectif
haut-marnais contre l’enfouissement)
CENTER PARCS = Center Parcs Ni Ici Ni Ailleurs (coordination contre les Center Parcs de Roybon, de Poligny et du Rousset) / Des habitant.es de
la forêt de Roybon / comité de rédaction de De Tout Bois (revue de lutte contre le Center Parcs de Roybon) / Assemblée d’opposant.es à Center Parcs (Jura) / Collectif jurassien d’opposant.es à Center Parcs / Collectif Geai du Rousset 71 / Groupe libertaire 71 / SOS Forêt Franche-Comté
CÉVENNES = Bogues
DIJON = Quartier libre des Lentillères
LYON = Collectif ZAD Lyon
MONTAGNE LIMOUSINE / PLATEAU DE MILLEVACHES = Collectif Biomasse critique
NDDL = Des habitant.es de la zad et opposant.es à l’aéroport de nddl et son monde
SAINT-ÉTIENNE = Assemblée de lutte contre l’A45… et plus encore

 

Source : Interne

 

 

 

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Poligny : appel à une journée d’action contre Center Parcs – samedi 17 juin

Si la multinationale Pierre & Vacances ne s’est toujours pas prononcée définitivement sur l’implantation de son infrastructure, l’Etat, la Région, le Département coordonnent la mise en œuvre du projet de Center Parcs et lui déroulent le tapis rouge. Depuis des mois, tout se passe en coulisses et il est temps de réaffirmer notre opposition à ce projet destructeur.

Rappelons qu’il s’agit pour Pierre et Vacances de raser une partie des 100 hectares de forêt publique qu’il veut s’approprier pour y bétonner des parkings et y construire l’équivalent d’une ville de 2000 habitants composée de bungalows et bâtiments que le capitalisme industriel a pensé pour nous, que l’on soit salariés en vacances, travailleurs et travailleuses précaires à son service ou habitant-e-s des zones convoitées. Alors privatisée, cette forêt serait réduite à une bulle géante avec piscine chauffée à 29°C toute l’année et espèces végétales tropicales. Le tout financé avec l’argent public que les élus et les collectivités territoriales sont en l’occurrence prêts à accorder à cette multinationale dont les dividendes reposent sur l’exploitation des hommes, des femmes  et de la Nature : conditions de travail déplorables, temps partiel subi, horaires flexibles, salaires de misère, privatisation et destruction de la forêt … Bref, que ce soit d’un point de vue écologique, social ou démocratique, ce projet est une aberration complète, et il nous empêcherait tout simplement d’accéder et de déambuler dans la forêt jurassienne.

À Roybon en Isère où un projet de Center Parcs est actuellement stoppé par une ZAD et des recours en justice. Au Rousset en Saône-et-Loire, où la menace plane comme à Poligny dans le Jura, les rêves des bétonneurs sont nos cauchemars. Nous ne voulons, ni ici, ni ailleurs, la mise en concurrence des territoires et des êtres humains.

C’est pourquoi nous appelons toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à confier aux promoteurs de la misère, aux managers de territoires et à leurs bulldozers le soin d’aménager et « gérer » nos forêts, notre travail, nos vies,à manifester le samedi 17 juin prochain à 10 h place des Déportés à Poligny.

Envisagée dans un esprit festif et populaire, la manifestation doit permettre à chacun et chacune d’exprimer son opposition à la Bulle Center Parcs, et pourquoi pas de façon poétique et imagée.

Le repas de midi sera tiré du sac.

L’après-midi se poursuivra au cœur de la forêt de Tartaroz par des activités et animations pour petits et grands (balades à pied, en âne, jeux, photos …) et des stands…

-> Deux tables rondes se tiendront entre 16h et 18h : Center Parcs: « Travaille, consomme, tais-toi et nage ! » // « La nature époustouflante selon Pierre et Vacances »

-> La journée se terminera par un repas à prix libre puis en musique avec plusieurs groupes dont « René Binamé« 

N’hésitez pas à nous aider à diffuser cette information autour de vous ! Soyons nombreuses et nombreux pour faire face à la voracité de Pierre & Vacances !

Source : interne

#COP21 : Décryptage d’un mensonge merdiatique

lesmediasmententDepuis la marche contre la COP21 dimanche 29 novembre, on voit sur les réseaux sociaux des commentaires condamnant la « violence » des manifestant.e.s. Évidemment, ces moutons ne réalisent pas qu’ils ont été l’objet d’une grosse manipulation étatico-médiatique.

Comme je l’avais dénoncé dans un ancien article, pendant l’état d’urgence, il est prévu le contrôle des médias par l’État. Évidemment il n’allait pas relayer la version des manifestant.e.s.

Parmi les nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, beaucoup de chose que je vais démonter ici point par point avec un document vidéo de trente minutes à l’appui.

  1. Des anarchistes ont détruit le mémorial aux victimes : Faux ! Ce sont les forces de l’ordre qui l’ont saccagé, on le voit dans la vidéo à 19min20. Les manifestant.e.s eux/elles, ont tenté de le protéger : manifestantsprotegeantlememorialflicdetruisantlememorial

2. Ce sont les manifestant.e.s qui ont provoqué les CRS : Faux ! Dans la vidéo on voit clairement que les flics ont harcelé avec des lacrymos et des grenades assourdissantes et ont violenté les manifestant.e.s sans que ceux-ci ne le les provoquent. On le voit très bien dans cette vidéo :

 

3. Il y avait des casseurs parmi les manifestant.e.s : Vrai ! Les voici après la manif, ils portent tous le brassard «POLICE» :

filcs-en-civilflics-en-civil-2

Si vous n’avez toujours pas compris et croyez toujours que ce sont les manifestant.e.s qui ont provoqué tous ces heurts, regardez donc cette vidéo tournée tout au long de l’événement. Toutes les preuves sont là :

Donc avant de relayer de la propagande complètement fausse, renseignez vous !

LES MÉDIAS MENTENT !

COP 21 : Bravons l’état d’urgence, manifestons le 29 novembre

cop-21-bravons-letat-durgence

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour comprendre que l’état d’urgence décrété pour trois mois n’allait pas se limiter à protéger la population française contre de nouveaux attentats.

Ce week-end, une grande partie de la ville de Sens (Yonne) a été soumise à un couvre-feu, sans rapport clair avec les attentats. C’est la perquisition d’un appartement – dont les locataires n’auraient finalement pas été inquiétés – qui a justifié cette punition collective. Parmi les 1072 perquisitions nocturnes diligentées hors de tout cadre judiciaire par les préfets, moins d’une sur dix a abouti à une garde-à-vue. À Nice, c’est une fillette de six ans qui a été blessée lors d’une opération de police : les policiers intervenus en pleine nuit avaient enfoncé la mauvaise porte. Dimanche en Loire-Atlantique, c’est une caravane de 200 vélos accompagnée de 5 tracteurs qui a été bloquée par les forces de l’ordre : il s’agissait de dissuader les cyclistes de rejoindre Paris pour la COP21.

Pendant ce temps, le gouvernement reprend sans scrupules des mesures promues hier encore par l’extrême droite. Les journaux nous l’assurent : les sondages confirment l’adhésion massive des Français à cet état d’exception sans précèdent depuis cinquante ans.

C’est une victoire pour daesh que d’être parvenu, avec moins d’une dizaine d’hommes, à faire sombrer l’État dans ses pires réflexes réactionnaires. C’est une victoire pour daesh que d’avoir provoqué la mise sous tutelle sécuritaire de la population tout entière.

Le dimanche 29 novembre, une gigantesque manifestation était prévue dans les rues de Paris pour faire pression sur les gouvernants mondiaux, à qui personne ne faisait confiance pour trouver une solution au réchauffement climatique. Des centaines de milliers de personnes étaient attendues de toute l’Europe. Manuel Valls, certainement lucide sur le caractère dérisoire des accords qui sortiront de la COP21, craignait beaucoup cette manifestation; il a donc décidé de l’interdire. Le prétexte : la foule risquerait d’être la cible d’un attentat – M. Valls jouerait-il avec le feu en laissant les Français risquer leur vie en faisant leurs courses de Noël ?

Les moyens : ceux qui voudraient manifester encourent 6 mois de prison.

M. Valls va-t-il nous mettre en prison pour nous protéger des attentats ?

La proposition que nous faisons, nous savons que dans les circonstances actuelles nous aurons du mal à la faire entendre. Depuis dix jours, les écrans ressassent la gloire des “valeurs” françaises. Nous prenons cela au pied de la lettre.

S’il existe quelque chose comme une valeur française, c’est d’avoir refusé depuis au moins deux siècles de laisser la rue à l’armée ou à la police. La mobilisation à l’occasion de la COP21 est un enjeu primordial et nous n’acceptons pas que le gouvernement manipule la peur pour nous interdire de manifester.

Dimanche 29 novembre, nous appelons à braver l’état d’urgence et à nous retrouver à 14h sur la place de la République.

Source : https://www.change.org/p/la-rue-bravons-l-etat-d-urgence-retrouvons-nous-le-29-novembre-place-de-la-republique

Une manifestation aura lieu à Besançon le dimanche 29 novembre à l’issue du Resto-Trottoir

RDV place Marulaz à 12h30 pour le repas

COP 21 : Un appel à casser ce monde

J’ai hésité à relayer cet appel, mais ayant bien pesé le pour et le contre, je me dis que nous n’avons plus d’autre choix que de casser ce monde qui nous brise jour après jour. Nous ne pouvons plus supporter de vivre dans un monde pareil, ou la violence, le chaos et le désespoir sont partout, dans les pays pauvres comme dans les pays riches. Partout ce n’est que haine, meurtre, pillage, guerre ! Ils nous affament, nous plongent dans la misère, saccagent notre planète… Pourquoi ? Pour se faire du fric ! Du fric ! Et encore du fric ! qu’ils enferment ensuite dans des coffres forts, avec leurs bijoux, leur or, leurs titres de propriétés ; qu’ils accumulent tel un trésor !!! Ca ne peut plus durer, nous devons vraiment casser ce monde !

danger-cop21

Le texte :

« Dirigeants du monde »,

vous avez bien joué votre partie. Vous avez gagné la guerre de classes, liquidé ce qui restait du monde ouvrier, mis au travail l’ensemble de la population, à peu de choses près, encaissé la crise et ses innombrables répliques, exterminé ce qui n’était pas soluble dans le matin blême de l’Occident … Vous avez tout réussi, sauf à garantir les conditions fondamentales de la vie humaine sur terre. Vous avez tout réussi, et loupé l’essentiel. Et maintenant, vous vous agitez, légèrement transpirants, essayant de vendre sans y croire vraiment, l’idée que la technologie nous sortira de la situation où elle nous a mis ; mais au fond, vous le savez bien : ce monde, votre trophée inerte, s’effondre, et vous-mêmes serez engloutis, comme tout le monde, dans l’égalité des derniers jours. Vous vous en rendez peut-être compte : vous n’êtes pas capables de résoudre ce problème. En matière d’ « environnement », le point de non retour, cela fait quarante ans qu’on l’a franchi. Vous avez déjà échoué. Il n’y a pas de solution qui vienne de vous, et vos simagrées nous lassent. Nous sentons bien qu’elles vous fatiguent aussi, mais ne vous inquiétez pas. Elles ne dureront plus.

Deux questions se posent alors à nous, en ces temps qui s’essoufflent :

1) Qu’est-ce qu’un sommet ?

Une poignée de dirigeants foncièrement incapables, des lobbyistes en tout genre, quelques experts, des chefs de cabinets et des attachés de presse se réunissent dans un aéroport d’affaires pour discuter des mesures à prendre pour éviter une probable fin du monde. Ils n’ont absolument rien à se dire que leurs technocrates ne savent déjà. Ils n’ont absolument rien à décider que leurs armadas de conseillers n’aient déjà négocié. Ils n’ont aucune solution à apporter, puisqu’ils sont eux-mêmes le visage du problème. Tout cela, au moins depuis Copenhague, fait consensus. Jusqu’à l’écologie la plus institutionnelle, personne n’attend de cette COP 21 autre chose qu’un pénible théâtre d’ombres. Pourtant, tout le monde s’affaire, du gouvernement Valls à la Coalition Climat, des ONG aux entreprises, des collectifs citoyens aux cabinets de conseils. Tout le monde s’affaire pour qu’ait lieu cet événement. Cette rédemption. Ce « sommet ». Sans doute qu’on y aura mis les moyens : parait-il que le climat serait cette année « cause nationale ».

Que se passe-t-il donc pendant un sommet, si personne n’a rien à dire ? Que peuvent faire tous ces sinistres hommes publics lorsqu’ils se trouvent réunis ? Prendre de la coke, ou des selfies ? On en serait presque à leur souhaiter, eux qui peuvent encore se payer le luxe de tromper leur impuissance. Frivolités dans les hautes sphères : de quelle couleur sera la cravate de Manuel Valls ? On vous l’accorde : mesurer le ridicule de l’opération n’est pas si facile. On serait désemparé pour moins que ça. Evidemment, le tableau n’est pas encore complet. Il manque l’élément principal.

Inutile en effet de dire qu’entre nous et cette douteuse clique retranchée au Bourget, il y aura 10 000 flics français, une fraction conséquente de l’armée de l’air, des contingents de toutes les polices d’Europe et une solide cohorte de casques bleus. Entre nous et les acteurs de cette scandaleuse farce, l’élite du maintien de l’ordre à la française, le résultat de 1500 ans de construction d’un monopole de la violence légitime. Le fleuron de l’Etat, l’aboutissement armé de notre rationalité politique. Voilà ce qui entend se déployer pendant ces deux semaines d’hiver. Faut-il rire, faut-il trembler ? On ne sait plus très bien.

2) Qu’est-ce qu’un contre-sommet ?

Une fois n’est pas coutume, la réponse sera d’une extrême simplicité. Etant donné l’inanité du débat public et l’arrogance absolue d’un gouvernement qui téléguide sa propre contestation citoyenne, il n’y a rien d’autre à attendre de telles circonstances qu’une honnête flambée de violence. Qu’on ne se méprenne pas : il ne s’agit pas de se défouler in-puissamment, ou de compenser un manque d’idées par des actions bien attestées. Il s’agit de se venger. Ainsi, ce n’est pas seulement le bon sens qui se trouvera, cette fois, du côté des casseurs, des Black Blocks, des radicaux, qu’importe le nom qu’on veuille « leur » donner. C’est aussi le sens de l’honneur, et un certain amour-propre.

Car à l’heure où l’on vous parle sans cesse de ce à quoi ressemblera le monde en 2030, ou en 2050, il n’est pas inutile de s’attarder sur ce à quoi il ressemble déjà. De ce à quoi il ressemble depuis 200 ans, 200 ans d’industrialisation et de développement, de civilisation inquestionnable, de colonisation intérieure, d’impérialisme béat. Deux siècles durant lesquels nous avons tant bouleversé les grands équilibres écologiques qu’aujourd’hui, l’environnement change plus vite que la société. Nous vivons à un âge où la vie disparaît déjà mille fois plus vite qu’elle ne se renouvelle. Alors, si nous ne savons pas précisément dans quel état sera le monde en 2050, nous savons en revanche que l’état dans lequel on l’a déjà placé mérite amplement qu’on le venge.

La jeunesse, notamment a un droit illimité à une telle vengeance : amenée de force dans un monde qui s’écroule, elle n’a rien demandé, commis aucune faute, participé à aucun mensonge collectif. On attend d’elle qu’elle paye bien gentiment les fautes de ses aînés, qu’elle prenne sur ses épaules tant d’années d’arrogance et d’incurie ; on comprendra donc qu’elle souhaite faire payer aux représentants de l’ordre ancien cette situation proprement désespérée.

En coulisse, certains s’agitent, et parlent de « justice climatique ». Il s’agirait de partager équitablement les conséquences de la catastrophe. Mais si nous faisons l’effort, un instant, de donner un sens à ces mots tant galvaudés, la « justice climatique » n’est que la réparation impossible d’une injustice, injustice incalculable faite non seulement à notre espèce, mais à des milliers, des millions d’autres, faite à la Terre elle-même, aux innombrables formes de vie qui la parsèment. Attendue l’énormité de la faute, la peine sera capitale : la destitution immédiate de cette mafia du climat et le renvoi de ses porte-paroles aux oubliettes – aux côtés de l’armada de flics qui s’interpose entre eux et la réalité. Sentence qu’il s’agira de rendre, le 29 novembre, dans les rues de Paris.

La vengeance ne constitue pas une politique, diront certains. Et encore moins une « solution » aux grands déséquilibres écologiques. Mais cela vaut mille fois le cocon gestionnaire dans lequel la COP 21 entend nous emmailloter. Gardez vos illusions de maîtrise et vos « petits gestes qui sauvent ». Quitte à être les derniers hommes, nous garderons les yeux ouverts.

Source : https://lundi.am/Vengeance-ou-nihilsime-Contre-la-COP21

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Le convoi parti de Notre-Dame-des-Landes pour la COP21 reprend sa route après un blocage

Après avoir été stoppés par les flics ce dimanche matin, les opposants au projet d’aéroport, à vélo et en tracteurs, ont repris la route.

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Arrivés à Anetz près d’Ancenis en Loire Atlantique, «on a été arrêtés sur la route par des cordons de CRS, à l’avant et à l’arrière du convoi», raconte Yves Rousseau. «Ils nous ont demandé nos papiers d’identité, ce que nous avons refusé. Mais la situation vient de se débloquer. Ils nous ont rouvert la route après nous avoir notifié collectivement que les manifestations sont interdites en région parisienne. Ils nous ont aussi notifié que la finalité de notre projet, qui est d’aller jusqu’au plateau de Saclay puis de rejoindre d’autres convois à Paris samedi, nous est donc interdite et que nous encourons des poursuites pénales si nous bravons cette interdiction. Mais tant qu’on ne nous arrêtera pas physiquement, on avancera», poursuit-il. Le convoi doit faire étape ce soir à Angers.

«Le blocage actuel nous apparaît comme un signe de plus de la volonté du gouvernement de museler toute contestation sociale et environnementale lors de la COP 21», ont dénoncé les organisateurs dans le communiqué publié peu avant la réouverture de la route. Ce convoi, baptisé «Cap sur la COP», entend «dénoncer l’hypocrisie criante entre la volonté du gouvernement de lutter contre le réchauffement climatique, et la destruction de terres agricoles et de zones humides, de dizaines d’habitats pour y construire… un nouvel aéroport».

Source : Libération

Chine: Les autorités reculent après une émeute contre la construction du plus grand incinérateur d’Asie

District de Yuhang, Hangzhou (Chine)

AFP, 11.05.2014 16:52

Les autorités chinoises ont promis dimanche d’interrompre un projet de vaste incinérateur à ordures dans l’est du pays, au lendemain d’une manifestation violente.

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« Les habitants locaux seront invités à donner leur opinion avant que le projet débute officiellement », a assuré le gouvernement de Yuhang, un district de la grande ville orientale de Hangzhou. « Le chantier de l’incinérateur sera interrompu (…) si nous n’obtenons pas le soutien de la population », ont ajouté les autorités, ce recul pouvant être interprété comme une victoire temporaire pour les riverains.

Ce projet d’usine d’incinération à Hangzhou suscite en effet une vive résistance chez les habitants, qui affirment qu’elle serait nocive pour leur santé. Leur dernière manifestation samedi a provoqué le déploiement de centaines de policiers. Des heurts ont éclaté qui ont fait des dizaines de blessés, ont rapporté les médias officiels. Selon l’agence de presse Chine nouvelle, plus de 30 voitures ont été renversées, les protestataires ont incendié deux véhicules de la police et en ont détruit quatre autres.

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