#Besançon : Un étudiant en grève de la faim pour dénoncer les conditions d’études

MP, étudiant en sociologie est en grève de la faim depuis ce mercredi 8 février pour dénoncer les conditions d’études à la fac des lettres et des sciences humaines de Besançon. « on ne se plaint pas… On crie au scandale » peut on lire sur la page facebook crée pour l’événement.

16649529_257767587993010_8334527639011824440_nMP et le collectif autour de lui pointe du doigt la détérioration de l’université publique au fil des ans  » les facs de sciences humaines, jugées peu rentables et en désaccord avec les besoins du marché du travail sont encore plus touchées par cette détérioration du service public « , souligne le communiqué. Il dénonce également la grande vétusté des locaux :  » A la Fac de lettres de Besançon, les amphis sont délabrés, il n’y a pas de chauffage, les toilettes sont inutilisables, il manque des ordinateurs et des lieux de travail pour que tous les étudiant-es soient satisfait-es (…).

La suppression de filière et d’heures de cours, le gel des postes, le manque de moyen pour les études  » et la liste est encore bien longue « .

Les étudiant-e-s ont l’impression que personne ne les écoutent, que personne ne réagit, d’où l’exaspération qui a conduit MP à se mettre en grève de la faim. Il s’est rendu ce midi à la Maison de l’université avec des pancartes sur lesquels on pouvait lire  » Nous n’étudions plus, nous survivons, l’université est morte  » ; le personnel s’est montré très condescendant sur l’action de MP, beaucoup étaient indifférents. Il a également essayé de rencontrer Mr Mariage, doyen de la fac des lettres , en vain. Il a donc envoyé un mail à celui-ci ainsi qu’à Mr Bahi, président de l’université, pour les informer de sa grève de la faim ainsi que pour leur présenter ses revendications.

MP et son collectif exigent :

  • Un entretien avec le doyen, Mr Mariage, ainsi que les autres représentants de l’UFC et du rectorat de l’académie
  • Des moyens financiers à la hauteur des besoins des étudiant-e-s pour la qualité et la diversité de leurs formations = des moyens pour les locaux, un accroissement du nombre de poste d’ordinateurs et de salles de travail, une remise en fonctionnement de tous les sanitaires et du système de chauffage, une remise aux normes des locaux, notamment pour l’accueil des personnes à mobilités réduites et le recrutement de personnels de maintenance en CDI
  • Le financement à hauteur des besoins de toutes les heures de cours (62.000 heures en 2017)

Je tiens à affirmer mon plus grand soutien à l’action de MP, je regrette cependant que des étudiants soient réduits à ce genre d’action pour pouvoir interpeller le public. Bon courage à toi amigo.

La lutte continue !

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Besançon : Un ragoût préfectoral particulièrement écoeurant

Près de 200 personnes se sont mobilisées ce vendredi 2 septembre, pour dénoncer les actes ignobles commis par la préfecture à l’encontre de la famille Feraj.

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Début du rassemblement.

 

Nous avons eu Genita au téléphone, son témoignage est bouleversant, je laisse à l’appréciation de chacun-e, mais je vous préviens, c’est particulièrement dur, choquant et inhumain !


Propos de Genita Feraj (15 ans) :

C’était le 29 août à sept heures du matin. J’ai entendu la police qui est arrivée dans nos chambre en toquant sur la porte. J’ai mis mon pyjama et je voulais sauter par la fenêtre. Mais j’entendais ma sœur et mon frère crier et j’ai pas pu sauter, j’avais peur de les laisser seuls, et peur de sauter car c’était haut et j’ai vu la police rentrer dans la chambre et ils m’ont pris et ne m’ont plus lâchée. Ils étaient je crois dix dans la chambre, je me sentais pas comme un être humain comme les autres, d’avoir dix policiers autour de nous c’était incroyable. Je me sentais très mal parce que je n’arrivais pas à m’imaginer où je vais partir ? Comment ça va se passer ? Mes frères ? Mon père ? Y aura quoi après tout ça ? Les policiers ont commencé à nous expliquer comment ça va se passer. J’ai déjà vécu un moment pareil en Autriche et je savais comment gérer les choses.

Je suis rentrée dans la chambre où mes parents et mon frère dormaient, je cherchais ma mère mais je ne la voyais pas. J’ai ouvert la porte des toilettes, elle était en train de trembler quant je suis rentrée, elle avait son portable dans les mains et a voulu appeler quelqu’un pour qu’ils nous aident. J’ai pris son portable et j’ai appelé Chantal[1]. Je lui ai dit : « Chantal y a la police qui est venue nous chercher. » Elle m’a dit : « Tiens moi au courant de tout ce qui se passe. »

[1] Chantal est une militante du CDDLE

J’ai commencer à faire les valises , et j’ai entendu mon père crier  » O zot i madh » qui veut dire en français  » oh mon Dieu ». Je suis partie voir ce qu’il se passait et j’ai vu ma mère par terre, j’ai commencé à crier et à pleurer et j’ai demandé aux policiers si quelqu’un pouvait appeler un médecin. Au début ils ont refusé d’appeler l’ambulance car, disaient ils,  nous pourrons le faire au commissariat. J’ai commencé à crier et à dire que non, je veux absolument quelqu’un pour ma mère. Ils ont discuté ensemble et au final ils les ont appelés. J’étais sur ma mère et je lui ai fait un bisous sur la joue et je lui ai dit « garde la confiance en Dieu ! ».

J’avais toujours un policier qui me suivait, ils ne me laissaient pas toute seule. J’ai préparée nos valises et toutes les chose qu’il y avait. […] J’avais un sac avec des parfums, des déodorants, du maquillage ( tout ce qui concerne les soins du corps) et y avait des rasoirs que mon père utilisait. Ils me les ont pris et mis sur le mur. D’après eux on avait beaucoup de valises, et ils nous ont dit que peut-être on ne va pas tout prendre. J’ai commencé à parler, j’ai dis : « je peux pas laisser tout ça ici y a pleins de vêtements qu’on aura besoin ». Ils ont discuté ensemble et ils ont dit : « on verra ».

J’ai vu l’ambulance arriver dans la chambre, mais ils ne nous ont pas laissés rester avec ma mère. Je ne sais pas à quelle heure elle est partie ? Avec qui ? Si elle avait des habits ? Rien du tout. Je m’inquiétais beaucoup, j’arrivais pas à me contrôler moi-même, j’avais pas la force, pas de courage rien du tout.
On s’est préparés et nous sommes partis vers 7h50 de Saint-Jaques direction le commissariat. Nous sommes arrivés là-bas, j’ai envoyé un message à Chantal, Gwenaëlle, Virginie, Mme breton , Mme Dardelin et Sandra. Vers 9h Laurent, Sylvain, Mme Breton, Mme Dardelin et Chantal sont venus nous voir au commissariat. La police nous a rien donner à manger à part un biscuit et une brique de jus. Mme Dardelin et Mme Breton après nous avoir vu, elles sont parties nous acheter des trucs à manger. On savait rien du tout de notre mère, à chaque fois que je demandais si quelqu’un avait des nouvelles d’elle mais tout le monde me disait non. Vers 12h la chef de la police est arrivée au commissariat et nous a dit que ma mère a fait des examens mais les résultats on ne les aura pas avant 16 heures. Entre 12h et 16h, j’ai reçu plein d’appels de tout le monde. Je n’avais pas dit à mes amis ce qui m’était arrivé, mais tout le monde l’a su après.

Genita 15 ans et sa sœur Lulzime 13 ans.

Genita et sa petite soeur.

Nous sommes restés pendant neufs heures au commissariat entre 8h du matin et 16h48. On n’en pouvait plus de rester dedans, on avait besoin de prendre l’air, mais personne ne nous a laissés sortir, sauf mon père quand il allait fumer. À ce moment, une fois, j’ai pu sortir prendre de l’air, car je suis partie traduire à mon père et je les ai suppliés de rester juste deux minutes. Ils m’ont laissée. Vers 16h45, la chef était dehors en train de parler avec quelqu’un et elle est rentrée dans le commissariat et nous a dit « allez, on y va ». Quand elle a dit ça, mon cœur n’arrêtait pas de battre, je suis devenue toute jaune du visage, ma sœur pareil. Elle m’a arrêtée sur le chemin en allant chercher la voiture et m’a dit : « à ton avis, on aura une chance au moins dans notre vie ? » [Leonita, 6 ans]. Quant elle m’a dit ça, ça m’a touchée et j’ai commencé à pleurer. Mon père nous a regardées et nous a dit : « allez mes cœurs vous êtes avec moi ».

Nous sommes montés dans la voiture, on a attachés nos ceinture, la chef a commencée à parler et nous a dit : « Tout le monde parle français ici ? ». Moi, ma sœur et mon frère on a dit oui, seul mon père a dit non. La chef m’a dit « toi la grande peux-tu faire la traduction pour ton père ? ». J’ai dit : « oui ». Elle a dit : le préfet nous a dit que votre mère est hospitalisée aujourd’hui elle vas bien mais vous, vous allez partir dans un centre de rétention à Oiselle et demain vous prenez l’avion. » Quand elle m’a dit ça, j’étais choquée je me suis dis comment ça ? Seuls ? Sans notre mère ? Au Kosovo ? J’avais plein de questions dans ma tête et j’étais incapable de trouver la réponse à une. On a mis six heures pour partir à Oiselle, pendant tout ce chemin encore tout le monde m’a appelée et m’a dit qu’y a eu une manifestation devant la préfecture et qu’il y avait plus d’une centaine de personnes avec nous. Ça nous a fait grave plaisir d’entendre que y a des gens qui nous soutiennent et que en même temps ça nous fais pleurer. Je me sentais pas toute seule, je me disais peut-être que tout le monde est contre nous mais au moins y a des gens qui sont avec nous.
Dans le bus on n’a pas eu de problèmes ou quoi que ce soit, juste qu’on était tristes et on pleurait. Pour mon petit frère [9 ans] c’était très dur sans ma mère, il a pleuré pendant toute la route, ça me faisait mal au cœur de voir mon frère pleurer car je le comprenais, c’est dur sans une mère.
Vers 00h30 nous sommes arrivés dans le centre de rétention, on est descendus de la voiture et entrés dans un bureau où y avait deux policiers , ils ont pris mon père et l’ont mis dans un autre endroit pour vérifier si il avait quelque chose. Une policière est venue nous chercher pour nous montrer les chambres où nous allions dormir quelques heures. Dedans j’avais pas le droit de rentrer avec un portable qui avait une caméra. [on se demande bien pourquoi… NDLR] Sur le portable que mon père avait ils ont cassé la caméra, moi j’ai refusé, j’ai dis non, je le laisse dans le couloir et il se recharge.

Vers 2h j’arrivais même pas à dormir, j’avais une boule dans mon ventre. Je me suis endormie après. J’ai dormi juste deux heures, vers 4h30 je me suis réveillée, et je ne savais pas quoi faire. Dans le centre de rétention, y avait une association qui s’appelle France Terre D’Asile, je voulais aller les voir mais personne ne travaillait à cette heure. Vers 6h j’ai appelée Chantal, j’ai parlé avec elle, je lui ai tout expliqué. À 7h les policiers sont venus nous chercher et nous ont demandé ça fait combien de temps qu’on était en France et si on sait parler français. On a répondu ça fais 3 ans et quelque mois, et oui on sait parler français. Y a un policier qui nous a dit « Waouh bravo pour 3 ans ! »

On a pris nos draps et les couvertures et on les a mis dans une salle. A 7h14 on a pris un petit bus pour partir à Rouen où y avait l’avion. Tout de suite quand nous sommes montés dans la voiture, tout le monde a commencé à pleurer, moi, mon père, ma sœur et mon petit frère. Le petit comprenait pas ce qui se passait. Mon père a pété un câble dans la voiture, il n’en pouvait plus, il avait très mal à la tête, mais la police s’en fichait. On a beaucoup pleuré et crié et tout fait, mais il s’en fichait. L’avion était arrivé, j’arrêtais pas de crier et de pleurer, la police m’a fait sortir de la voiture et m’a demandé comment je m’appelle et quel âge j’ai ? J’ai répondu [..] J’ai commencé à parler avec eux et ils m’ont dit : si tu arrêtes pas de pleurer on va t’attacher les mains. Et c’est là que ma tête a explosé ! J’ai dit « Mais comment ça ? Vous êtes sérieux là ? je veux pas monter vous pouvez pas me forcer, personne ne montera dans cet avion » et j’ai vu mon père il était en face de moi, ils lui ont accroché les mains sous les genoux avec les pieds. Je ne pouvais plus rien faire, j’avais pas de pouvoir pour protéger ma famille, ce que je pouvais faire c’était juste crier et pleurer… Mais personne comprenait…Ils s’en fichaient. C’est la première fois que la police m’attache comme si j’avais tué quelqu’un ou fait je ne sais pas quoi, j’ai fais tout ça juste pour protéger ma famille et avoir droit de rêver à mon avenir, à celui de mes frères et sœur mais malheureusement je peux rien faire.

 

On est montés dans l’avion à 8h et à 12h on est descendus en Corse, pour pouvoir partir au toilettes et parler au téléphone. On est restés environ 20 min. et on est remontés dans l’avion. Dans l’avion on était très mal, j’avais mal à la tête et j’ai demandé à la police un Doliprane mais elle m’en a pas donné ! On est arrivé à Prishtina à 15h. J’avais l’impression que la police se moque de nous, ils disait « ouais y a 450€ et des valises ici. Je ne sais pas pourquoi il disait ça ? On était dans un grand bus avec la police et ils nous ont laissés avec la police du Kosovo, ont pris nos valises et on est sortis dehors. Dehors, y avait mes deux oncles et ma grand-mère (le frère qu’a ma mère et le cousin de ma mère) et 14202714_10206990676020619_4099069897573262068_nun ami de mon père qui vit au Kosovo. Moi, ma sœur et mon petit frère, on est partis chez les parents à ma mère, mon père et mon petit frère sont restés à Prishtina chez l’ami à mon père…

Genita Feraj


Le courage de cette adolescente force le respect ! Ce n’est pas normal qu’une si jeune personne ait à porter un tel fardeau. À son âge, elle devrait penser à ses sorties avec ses copines/copains, se prendre la tête sur ses leçons en révisant le soir, rêver… Son petit frère de 9 ans et sa petite sœur de 6 ans devraient être en train de faire plein de bêtises avec leurs potes comme des fous… Eh bien non ! Le triste sir Setbon alias Iznogoud, le menteur professionnel, portefaix du préfet, a décidé d’une manière particulièrement fourbe d’anéantir l’espoir de cette famille d’avoir une vie meilleure.

En effet, il a même été jusqu’à nourrir de faux espoirs chez le père en lui disant que s’il trouvait une promesse d’embauche, il le régulariserait. Tout ça pour ensuite pouvoir mieux le casser ! C’est un « Être » profondément méchant et tordu d’esprit. Il n’y a pas de mots suffisamment forts pour qualifier la traîtrise et la fourberie de ce petit être répugnant qu’est Iznogoud ! Il a tout du pervers narcissique pour moi. Iznogoud a besoin de nuire, il est connu par des camarades à nous de Poitiers où il a exercé avant. Ils nous ont confirmé que c’était une belle pourriture là-bas aussi et qu’il n’y est pas plus apprécié qu’ici.

Certain-e-s trouveront mes mots durs, mais je m’en moque, je prends le risque ! Ça ne peut pas être plus dur ou plus violent que de déporter une famille entière vers un destin funeste ! Il ne les aura pas sur la conscience, il n’en a même  pas de conscience ce vil personnage !

On ne parlera même pas de l’attitude des policiers durant leur « transfert », j’ai envie de dire, ça va de soi. Beaucoup savent ce qu’ils valent, inutile d’ouvrir (à nouveau) ici le procès de la Police Nationale… De plus en plus de monde déteste la police, qu’elle ne s’étonne pas !

C’est hallucinant comme ils (la préf.) n’assument pas leur position, allant même jusqu’à trouver des arguments très faibles comme quoi il y aurait eu des insultes envers le préfet et un tag près de la préfecture et que du coup, ils n’acceptent pas de négocier avec nous. Ah la belle excuses. Quelle bande de faux-culs là-dedans ! On leur parle de vies entières qui sont brisées, de familles déchirées, d’enfants meurtris ! Et eux ils nous emmerdent pour quelque mots plus hauts que les autres et de la peinture sur un mur ??!!! Ça aurait été de parfaits vichystes !

Personnellement je l’assume, même si ce n’est pas forcément la position des organisations qui défendent les personnes sans papiers à Besançon, pour moi : Le préfet et son acolyte sont de fieffés coquins !

Cette famille doit pouvoir vivre ICI, dans SON pays, la France. Dans la dignité ! Nous exigeons son retour et sa régularisation, ils ont bien assez souffert ! Aujourd’hui, nous entamons notre 4ème jour de grève de la faim. Je tiens à rassurer les gens qui se faisaient du souci pour moi, je n’avais pas mesuré la portée de mes mots sur Twitter et certain-e-s ont cru que je voulais mourir. Rassurez vous, je n’en suis pas là, je me suis mal exprimé, j’étais vraiment révolté. Même si je trouve qu’on est dans un monde de merde, qui me rend malade, vous toutes et tous, camarades, ami-e-s… vous êtes mon réconfort ! Donc ne vous inquiétez pas et je ne suis pas tout seul la dedans.

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Nous ne serons pas devant la mairie ni devant la préfecture ce weekend mon ami-e et moi. Nous avons besoin de repos psychique. Vous pourrez nous rencontrer du lundi au vendredi de 14h à 17h sur l’Esplanade des droits de l’homme (devant la mairie) et de 17h à 19h devant la préfecture (rue Nodier).

Vous voulez nous aider mais vous n’avez pas le temps de venir en rassemblement ? Vous pouvez le faire en partageant au maximum cette affaire autour de vous, en parler à vos ami-e-s, collègues, voisin-e-s… Tout le monde peut agir !

Merci à Maxime Lamboley, pour les superbes photos du rassemblement.

 

PS : J’allais oublier, nous avons laissé des peluches devant la porte de la préfecture pour qu’Iznogoud puisse les offrir aux petits kosovars, vu qu’il a bien pris les Feraj pour des cons du début à la fin. Par ce geste nous lui renvoyons la balle.

Pour toi Iznogoud.

Un pot commun a été crée sur Leetchi par Sandra afin de venir en aide financière à la famille Feraj. Si vous voulez donner quelque chose, c’est ici. Merci d’avance !

Appel des réfugiés socialistes révolutionnaires et libertaires de Turquie en grève de la faim à Besançon

Grève de la faim en solidarité avec les prisonniers politiques en Turquie

Depuis le 12 septembre, les prisonniers politiques en Turquie ont commencé un mouvement avec des grèves de la faim pour le droit à l’éducation et à la défense en langue kurde et libération d’Ocalan, dirigeant du PKK. Depuis le mouvement s’est généralisé à 70 prisons en Turquie et 10.000 prisonniers politiques sont en grève de la faim depuis le 5 novembre 2012. La vie de 400 prisonniers politiques est actuellement en danger. Parmi ces grévistes de la faim on compte des syndicalistes, des député(e)s, des maires, des étudiant(e)s, des journalistes, des militants kurdes, des défenseurs des droits humains, etc.

À Besançon, depuis le 14 novembre, des réfugiés socialistes révolutionnaires et libertaires de Turquie, sont en grève de la faim pour dix jours pour marquer leur solidarité avec les prisonniers politiques et pour la libération de tous les prisonniers politiques, l’arrêt immédiat des opérations militaires et de la répression étatique en Turquie et pour une solution pacifique à la question kurde.

Pour venir soutenir les grévistes de la faim à Besançon, vous pouvez passer de 8 heures à 24 heures à la Librairie l’Autodidacte, 5 rue Marulaz, Besançon.

Les grévistes de la faim de Besançon

Solidarité ouvrière, 15 novembre 2012

Besançon: Grève de la faim en solidarité avec les prisonniers politiques en Turquie!

Depuis 2 mois, un large mouvement de contestation agite les prisons turques. Des centaines de prisonniers politiques, dont des députés, élus, avocats, journalistes, activistes anti-militaristes et anti-guerres, étudiants, etc… Sont en grève de la faim, d’une part pour le droit à l’éducation en langue kurde et le droit d’utiliser celle-ci dans les tribunaux afin de se défendre et, d’autre part, pour la libération de leur leader Apdullah Ocalan qui est emprisonné sur l’île d’Imrali depuis 1999 et qui n’a pas le droit de rencontrer ses avocats. En effet la grande majorité de ces détenus incarcérés depuis 2009 le sont dans le cadre de l’affaire du KCK (l’union des communautés du Kurdistan).

  • le 12 septembre 2012 (date de l’anniversaire du coup d’Etat en 1980), 64 prisonniers politiques ont entamé la grève de la faim.
  • le 22 septembre, 88 autres prisonniers les ont rejoint.
  • le 5 octobre, ce sont 232 prisonniers qui se sont joints à ce mouvement.

Le BDP (Parti pour la paix et la démocratie) et la LDH (Ligue des droits de l’homme) essayent de faire l’intermédiaire entre les prisonniers en grève de la faim et le gouvernement, mais celui-ci refuse tout dialogue avec ces derniers. Suite à ce refus d’autres prisonniers politiques ont rejoint la grève de la faim.

  • Ainsi depuis le 5 novembre, ce sont 10.000 prisonniers politiques qui sont associés au mouvement de grève de la faim dans 70 prisons turques,

 

  • Ensuite 7 députés du BDP les ont rejoint et ils bénéficient d’un soutien massif de la part de nombreuses organisations associatives, politiques et syndicales telles que LDH, les partis de gauche, les groupes libertaires, les syndicats, les figures intellectuelles…

D’après la LDH, aujourd’hui la vie de plus de 400 prisonniers est en danger !

Dès lors, s’en suit une forte solidarité en Turquie et dans les villes européennes afin de faire pression sur le gouvernement turc, pour qu’il reconnaisse les revendications des prisonniers politiques pour leurs droits fondamentaux.

C’est pourquoi, nous, la Fédération Anarchiste de Besançon apportons notre soutien à cette lutte par une grève de la faim symbolique de 10 jours afin d’attirer l’attention des citoyens quelque soit leur origine avant qu’il ne soit trop tard.

  • Nous soutenons donc les revendications des prisonniers politiques en grève de la faim et exigeons non pas seulement la reconnaissance de leurs revendications, mais aussi la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, à savoir les députés, maires, journalistes, intellectuels, étudiants, avocats et syndicalistes…
  • Nous exigeons également l’arrêt immédiat de la guerre et la répression étatique, et de trouver une solution pacifique à la question kurde.

Vous pouvez apporter vos idées, votre soutien physique ou moral, vous informer, débattre et poursuivre, ensemble, cette lutte qui se construit à l’échelle internationale.

Passez à L’autodidacte où se déroule la grève de la faim à l’adresse suivante :

5 place Marulaz 25000 Besançon

Source: FA Besançon

 

Des militants kurdes en grève de la faim à Toulouse

© Anne Domy / France 3 Midi-Pyrénées
Selon eux, ces prisonniers seraient au nombre de 8000 dans les geôles turques.

Plus de trente ans après le coup d’État militaire, les luttes contre l’oppression du peuple kurde continuent en Turquie malgré la répression. La vague de répression qu’essuient aujourd’hui les différents mouvements de résistance au gouvernement AKP (islamo-conservateur, au pouvoir depuis 2002 en Turquie) a débuté au printemps 2009, suite à une victoire historique du parti légal pro-kurde BDP (Parti pour la paix et la démocratie) aux élections locales. Depuis, c’est plus de huit mille militants qui ont été arrêtés et qui sont pour la plupart en attente d’un procès. Dans bien des cas, les personnes emprisonnées le sont sans même avoir été mises en examen ce qui n’empêche pas le Premier ministre Erdogan d’affirmer avec satisfaction que la Turquie est « une démocratie avancée ».

Source: http://midi-pyrenees.france3.fr/2012/10/29/des-militants-kurdes-en-greve-de-la-faim-toulouse-132017.html

La grève de la faim des prisonniers kurdes en phase critique

Le prisonnier Abdullah Öcalan, fondateur et symbole du PKK, est maintenu à l’isolement depuis 15mois.

La grève de la faim illimitée observée par des centaines de prisonniers politiques kurdes dans près de 60 prisons est entrée dans une phase critique.

Lancée le 12 septembre par 69 prisonniers du PKK, la grève de la faim s’est étendue à 58 prisons. L’état de santé des prisonniers se détériore rapidement, ce qui gronde la colère chez les kurdes. Une forte préoccupation sur leur état de santé mobilise les organisations de la société civile.

Plus de 700 prisonniers en grève

Devant une prison de Diyarbakir, plus de 225 organisations de la société civile ont appelé, au 39 e jour de la grève, les autorités à répondre positivement aux revendications des prisonniers et à lancer des pourparlers avec le PKK afin de trouver une solution pacifique à la question kurde. Selon les ONG, le nombre des prisonniers en grève de la faim illimitée était de 715 au 20 octobre.  Près d’un milliers de prisonniers sont entrés en grève, selon d’autres sources.

Ils réclament la libération du chef du PKK Abdullah Ocalan, emprisonné sur l’Ile d’Imrali, qui n’est pas autorisé à rencontrer ses avocats depuis 27 juillet 2011 et la suppression complète des restrictions de l’usage de la langue kurde.

Parmi les grévistes figurent plusieurs journalistes et femmes âgées, ainsi que Faysal Sariyildiz, député BDP, principal parti kurde, en grève depuis 15 octobre et Bekir Kaya, maire de Van, depuis 18 octobre. Ces deux derniers font parties de nombreux élus kurdes emprisonnés par le régime AKP. Plus de 30 maires, six députés et 56 membres du conseil du BDP sont actuellement en prisons, sans parler de milliers d’autres arrestations politiques.

Une seule personne peut arrêter les morts

« Une seule personne peut arrêter les morts, c’est Mr. Ocalan » a affirmé Selahattin Demirtas, co-président du BDP, lors d’une conférence de presse, le 19 octobre à Diyarbakir. « Aucune armée ne peut arrêter le PKK (…) Une seul homme avec une seule phrase peut le faire : il est sur une Ile (Imrali).  Les revendications des prisonniers sont légitimes et justes » a-t-il souligné.

« La grève de la faim est entré dans une phase critique » a dit Hasip Kaplan, député BDP, appelant le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à agir pour mettre fin à la grève. « Les portes de la prison d’Imrali doivent être ouvertes et l’isolation doit prendre fin » a-t-il ajouté.

144 morts en grève de la faim

Depuis 1980, au moins 144 prisonniers sont morts dans les grèves de la faim, a rappelé de son côté l’association des droits de l’Homme (IHD) dans un communiqué.  L’intervention musclée et placement des détenus dans des cellules aggraveront la situation, a averti l’association. « Le problème doit être résolu par la voie du dialogue et des pourparlers. »

Source: http://blogs.mediapart.fr

Prison : Philippe El Shennawy a retrouvé espoir

En prison depuis 37 ans, Philippe El Shennawy avait cessé de s’alimenter le 23 mai après le refus de la cour d’appel de Versailles de lui accorder une libération avant 2032. Il pourrait bénéficier d’une liberté conditionnelle.

Cela s’appelle une « peine d’élimination »

Qu’on s’explique : condamné à perpétuité en 1977 pour un braquage et une prise d’otages commis deux ans plus tôt, Philippe El Shennawy a vu la cour d’appel de Versailles fixer le 18 mai dernier sa libération en août 2032. Pas moins. Tel est le tarif pour ce condamné qui a déjà purgé 37 ans de prison, sans avoir tué personne, mais retors à l’administration pénitentiaire et à la justice, cumulant menus délits et brèves évasions. 37 ans : une bagatelle sans doute pour un flic comme le commissaire Broussard qui pensait flingue, geôle et pénitencier avant toute justice, orchestrant alors le procès El Shennawy.

Incarcéré à Poissy sous l’étiquette de « grand banditisme » et sous les verrous au titre de « détenu particulièrement signalé » (DPS), El Shennawy avait entamé, ce 23 mai, quelques jours après la décision de Versailles, une grève de la faim, comme un ultime recours face à l’acharnement des magistrats (qui a valu la condamnation de la Commission européenne des droits de l’homme).

Ce vendredi 20 juillet, il a recommencé à s’alimenter, après avoir obtenu de sortir du classement de DPS, et en attendant un « relèvement de peine de sûreté », dont le jugement sera rendu à l’automne. Plusieurs personnalités, telles Anouk Grinberg, Paul Pavlowitch, Olivier Wieviorka et Tzsetan Todorov ont manifesté leur soutien à cette condamnation à mort qui ne dit pas son nom, auprès de l’Elysée et du ministère de la Justice. Pour Christiane Taubira, c’est le moment de se manifester.

Source: http://www.politis.fr/Prison-Philippe-El-Shennawy-a,19107.html