Réaction suite à l’article de l’Est Républicain sur mon procès

Cela ne suffisait pas de me gronder en public au tribunal il fallait aussi me traîner dans la boue dans la presse locale. Un article de l’Est Rép’ daté du 12 juin intitulé  » jugé pour injures sur un représentant de l’État  » dresse un portrait de moi pour le moins cocasse.

 » Le jeune trentenaire se tient à la barre des témoins […] Il est calme […] son attitude posée tranche avec les propos publics injurieux et diffamatoires qu’il a utilisé […] « 

Comme c’est étonnant ! Le méchant vilain pas beau que je suis n’est pas l’excité auquel ils s’attendaient ! Ils s’attendaient peut être à ce que je fasse caca devant eux en me mettant un doigt dans le nez tout en faisant le canard, ou encore à ce que je vienne avec un entonnoir sur la tête ?!

 » Énervé et triste d’apprendre qu’une famille étrangère allait être expulsée […] Ce rédacteur s’en est vertement pris au représentant de l’État, jugé unique responsable d’une tragédie humaine […]

A qui fallait il que je m’en prenne, au pape ? Et oui j’étais en colère et triste, je n’étais pas le seul, j’ai alors pris la plume pour porter la parole de Genita, 15 ans, ce texte a beaucoup ému, j’ai même vu un ami à moi, un dur à cuire, pleurer en le lisant alors que depuis des années qu’on se connaît, je ne l’ai jamais vu verser une larme. Mon texte a été exposé au FRAC (fond régional d’art contemporain) et a été cité deux fois dans une pièce en Haute-Saône qui expose l’actualité sous forme de théâtre. Il n’a rien d’ordurier hormis quelques phrases qui m’ont échappées c’est vrai mais qui sont loin d’être représentatives du dit texte dans son ensemble. Ils me reprochent quelques lignes d’emportement, moi  je trouve qu’on me reproche un  » crime de lèse majesté  » (…)

 » Des qualificatifs tels que menteur professionnel ou petit être répugnant, entre autres, ont fortement blessé l’homme visé « 

 » petit être répugnant  » c’est stupide je le reconnais, attaquer quelqu’un sur son physique c’est bas et c’est contre quoi je me bat tous les jours, je n’aurais pas dû employer ce terme. Je le regrette et même si je combat ce genre de discrimination, je n’en suis pas moins imprégné car toutes/tous, nous baignons dans un gigantesque bain de merde (racisme, sexisme, discrimination en tous genre…)  et que dans la colère, en tout cas en ce qui me concerne, toute la fosse sceptique remonte et déborde parfois. C’est comme le terme  » fils de p*** « , je l’ai entièrement éliminé de mon vocabulaire, j’ai eu beaucoup de mal ayant grandi dans une ZUP, j’entendais ce terme des dizaines de fois par jour, malgré tout lorsque je suis très énervé il me revient à la bouche. Si je vous dit tout ça, c’est pour que vous compreniez bien que nous faisons chacun-e avec les armes qu’on a, qui ne sont parfois pas les meilleurs c’est sûr. Il faut retenir qu’on a le droit de faire des erreurs, sans cela comment avancerait on ?

Par ailleurs si le secrétaire du Préfet s’est senti fortement blessé, je ne pense pas que se soit le plus grave, selon moi c’est parce qu’il a menti aux relais associatifs de soutien aux demandeurs d’asile, il a affirmé que les enfants arrachés à leur mère le matin même lorsqu’elle a fait sa crise d’épilepsie, ainsi que leur père, qui ont été placés en centre de rétention, ne seraient pas expulsés tant que la mère était encore à l’hôpital J. Minjoz. Intox puisque le lendemain même les enfants et le père était expulsés sans la mère ! Pour moi ça relève du mensonge…

 » D’après le rapport d’enquête, le prévenu aurait même sommé la collectivité anarchiste de « l’empêcher de dormir », sachant apparemment où sa cible vivait et se promenait à pied. Bien que tremblant, le prévenu se tient droit face aux magistrats et confirme ces propos.  »

Alors là je rigole ! On nage dans le fantasme total. Les gens qui me connaissent savent très bien que ce n’est pas vrai et doivent bien rire aussi en lisant cela. Et c’est faux, je n’ai pas confirmé ces propos, si  le journaliste de l’Est avait écouté comme il faut, le rapport révèle que ces propos sont tirés d’un journal local  » Séditions  » dont je ne suis pas l’auteur. Lorsque l’Officier de la Police Judiciaire m’a demandé si je connaissais le ou les auteurs, je lui ai clairement dit que oui mais que je ne balancerai pas mes camarades, que nous ne fonctionnons pas comme ça. Lisez le dossier avant de dire des absurdités !

Autre chose, Mr Setbon je le croise régulièrement au centre-ville, il ne m’a jamais remarqué (du moins je pense) parce que je ne l’ai jamais apostrophé, je l’ai même vu avec ses enfants sur le chemin de l’école. Même si je déteste sa fonction, je respecte son droit de vivre sereinement, surtout ses enfants, j’aurais juste aimé que ceux des Feraj aient les mêmes chances… C’est comme des policiers que je croise en ville avec leur famille, je détourne les yeux, nous ne sommes pas en manif ! Par contre lorsque eux me croisent dans ma vie lambda, ils n’hésitent pas à m’apostropher  » t’es pas en manif ? AHAH « , ça reste enfantin en général, mais c’est malaisant.

« Avez-vous conscience qu’ils sont injurieux », lui demande le président. « Aujourd’hui, oui », avoue le trentenaire. « J’ai agi sous le coup de la colère. J’ai conscience de la violence de mes propos. » En revanche, il ne prononce pas une parole de regrets.

J’avais fais le choix de ne pas m’excuser, j’y avais bien réfléchi pour le coup. Car c’est une erreur, certes, mais j’ai décidé de l’assumer. Surtout que ce contre quoi je me suis élevé est bien plus ignoble à mon sens et au sens de beaucoup de gens !

 » Mon client est d’origine modeste. Il s’est élevé grâce à la République. Plus tard, il a voulu la servir. Il ne fait qu’appliquer les lois, en toute impartialité. « 

J’avais envie de pleurer, j’attendais les violons à ce moment là… La République mon arrière grand-père l’a sauvée du barbarisme nazi et vichyste, il a fait passer des personnes en zone libre, 42 au total. Il faisait passer des armes, de la nourriture, des médicaments… à la Résistance. Il a participé à la reconstruction de la France, au CNR et je pense que ce n’est certainement pas pour qu’un serviteur de l’État qui ne fait que reluire un siège sous ses fesses viennent faire des leçons à son arrière petit-fils qui lui s’engage auprès des humain-e-s les plus précaires pour la Justice et le progrès social !

 » je trouve que le manque d’intelligence des arguments du prévenu dans son article en ligne est inquiétant.  »

Cette phrase, somme toute banale, peut se comprendre dans le contexte, c’est l’exposé de madame le Procureur. Étrangement le journaliste de l’Est s’en sert comme accroche en la reformulant de manière plus dure que le Procureur :

« Un manque d’intelligence inquiétant »

Déjà que lors de ma garde-à-vue on m’avait demandé d’où je sortais ces textes car je n’ai qu’un BEP, ils ont beaucoup de mal à comprendre que l’on puisse  être fils d’une femme de ménage et d’un agent de de sécurité, faiblement diplômé,  » mulâtre  » (c’est écrit tel quel dans la procédure : type métis, mulâtre) et avoir un certain talent d’écriture, une faculté à penser… wouahou ! Et surtout s’obstiner à combattre l’injustice sociale et la misère avec acharnement. Quel affreux monstre cette magnifique mais pudique ville de Besançon a-t-elle fait naître ? Un pauvre qui aide les pauvres, vous vous rendez compte ! C’est honteux ! Faudrait me jeter en prison !

Je tiens à ajouter que j’ai essayé de m’exprimer quand le juge m’a donné la parole, mais quand j’en suis arrivé à l’affaire il m’a coupé la parole en me disant que je dépassais les bornes. Voici donc la déclaration interdite que je comptais faire :

Monsieur le président Je voudrais tout d’abord vous assurer de ma sidération d’être convoqué ce jour devant le Tribunal. Évidemment, vous me condamnerez. Ce que j’ai écrit et assume relève si l’on veut bien s’y attarder brièvement de la diffamation. Il n’y a rien de plus simple à juger. Je m’étonne même d’être convoqué à cet effet. Pourtant les faits qui me sont reprochés ne sont, à mon sens, pas tant délictueux que ce contre quoi je me suis élevé.
Il est vrai que je suis le rédacteur du journal en ligne « Le Libertaire Bisontin » où s’expriment des idées affirmées, pour ne pas dire des opinions radicales. Elles sont cependant en phase avec une actualité qui paraît pour le moins étonnante. Mon plaidoyer va donc s’appuyer sur des faits, des témoignages et d’autres éléments de réflexion, ce que le tribunal n’aura pas à juger aujourd’hui mais qui me paraît essentiel à comprendre. Je vous demande donc de porter une attention aux arguments qui sont les miens, avant de faire votre œuvre.
Suite à l’expulsion que je trouve particulièrement honteuse de la famille Feraj l’automne dernier, je me suis senti le droit sinon le devoir de faire part au grand jour de ma consternation et de ma désapprobation. Alors que j’observais une grève de la faim depuis quatre jours en place publique, fatigué, stressé, sollicité en permanence, notamment par le milieu associatif local et international, j’ai laissé s’épancher une légitime colère. Dans un billet certes un peu virulent j’ai dénoncé les méthodes du secrétaire général du préfet du Doubs, M. Setbon, ce qui me vaut le désagrément d’être ici convoqué.
Je tiens à rappeler que les pratiques sociétales de l’Albanie d’où proviennent les Feraj sont bien différentes du cadre légal de la France. Là-bas il existe une loi tacite, dite du « Kanun », issue du droit coutumier médiéval, pas si éloignée de la vendetta corse, en bien pire. Ces rites permettent à un membre d’une famille qui se dit lésée d’ordonner la suppression physique des individus dotés d’un appareil reproducteur masculin de la famille adverse, enfants comme adultes ! Mettant ainsi en cause la survivance de toute une lignée. C’est cela que fuyaient les Feraj et ce vers quoi on les a renvoyés sans les entendre.
Oui, j’ai eu des mots durs, qui vous paraîtront blessants. La référence à « Iznogoud » est tirée d’une bande-dessinée bien connue, non censurée et accessible à toutes/tous, y compris le public mineur qui trouve là sujet à rire et non à avilir. Certes, des mots tels que : « pourriture » » portefaix » peuvent paraître méprisants, ainsi que « petit être répugnant », mais l’état de fatigue et d’exaspération lié à mon engagement physique (grève de la faim) et moral ont fait de moi un porte-parole quelque peu turbulent.
Pour d’autres termes incriminés tels que « menteur professionnel », il font référence au fait que les réseaux associatifs de soutien aux demandeurs d’asiles ont été avisés du retour du père et des enfants Feraj, tandis que la mère était à l’hôpital Jean Minjoz. M. Setbon leur avait assuré qu’ils ne seraient pas expulsés vers le Kosovo avant la fin de cette situation. Ce alors que les billets étaient prêts !
Imaginez donc la colère des militant-e-s et de moi-même lorsqu’ils ont pris conscience de s’être fait aussi perfidement abuser. Comment un représentant de L’État peut-il ainsi berner ses propres administrés ? C’est cela qui a déclenché ma colère et rempli ma plume de fiel. Quant au terme « pervers narcissique », il est tout droit issu du vocabulaire de la psychanalyse. Il ne me semble pas que le Dr Freud, enseigné dans les lycées et les facultés, ait été poursuivi en justice dans ce pays
Par ailleurs, les termes de la prévention qui me font paraître aujourd’hui devant vous font mention d’une citation totalement étrangère au journal en ligne « Le Libertaire Bisontin » dont je suis le rédacteur. En effet, les termes suivants qui me sont reprochés, je cite : « empêcher les pourris comme lui de dormir » n’a jamais paru sur ce site, ainsi qu’a pu le constater l’officier de Police Judiciaire, ces propos sont tirés du blog Infos Libertaire » qui les a repris du journal local « S éditions » dont je ne suis pas l’auteur. Était-il nécessaire de charger la barque pour me voir condamné. N’a-t-on pas suffisamment d’arguments pour que le pot de fer brise une nouvelle fois le pot de terre et qu’il faille en rajouter.
Conclusion
Ce que j’ai écrit, je l’assume, pas le reste que l’on veut me voir endosser et je le redis cela n’est rien d’autre à mes yeux que de l’auto-défense. On me convoque en effet pour avoir exprimé des pensées que je ne suis pas le seul à partager, loin de là ! Je rappellerai seulement ces mots d’un illustre Bisontin dont l’enseignement rayonne toujours dans le monde entier : « celui qui ouvre une porte d’école ferme une prison ». Or voici que ce sont à des enfants qu’on a entravé les chemins de la Liberté. Pour eux je suis engagé, avec eux je suis engagé.

Besançon : l’appel du 7 juin… Procès d’un résistant, parmi d’autres

 Je suis convoqué devant le tribunal correctionnel le 7 juin à 13h30 (TGI de Besançon – rue Mégevand) pour avoir, par des écrits, exprimé mon ressenti quant à l’expulsion de la famille Feraj cet automne. Dans mon billet, j’avais employé des termes qui me sont reprochés. Voici la déclaration que je compte faire devant la Cour.

Introduction

 Je voudrais tout d’abord vous assurer de ma sidération d’être convoqué ce jour devant le Tribunal. En effet, les faits qui me sont reprochés ne sont à mon sens, non délictueux. Il est vrai que je suis le rédacteur du journal en ligne  » Le Libertaire Bisontin  » où s’exprime des idées affirmées. Toutefois, pour des raisons que j’expliciterai ci-après, ce média n’est pas porteur de diffamations ni d’invectives, il s’agit d’exprimer des opinions, certes radicales, mais en phase avec une actualité qui paraît pour le moins étonnante. Mon plaidoyer va donc s’appuyer sur des faits, des témoignages et d’autres éléments de réflexion. Je demande à la Cour de porter attention aux arguments qui sont les miens.

 Suite à l’expulsion particulièrement honteuse de la famille Feraj l’automne dernier, je me suis senti le droit sinon le devoir de faire part au grand jour de ma consternation et de ma désapprobation. Alors que j’observais une grève de la faim depuis quatre jours en place publique, fatigué, stressé, sollicité en permanence, notamment par le milieu associatif local et international. J’ai fait alors apparaître une légitime colère.  Dans un billet un peu virulent je dénonçais les méthodes du secrétaire du préfet, mr Setbon, ce qui me vaut le désagrément d’être ici convoqué.

 Je tiens à rappeler que les pratiques sociétales de l’Albanie sont bien différentes du cadre légal de la France. Là-bas il existe une loi tacite  » la loi  du Kanun  » issue du droit coutumier médiéval, pas si éloignée de la vendetta corse ; ces rites permettent à un membre d’une famille qui se dit lésée la suppression physique des individus dotés d’un appareil reproducteur masculin de la famille adverse, enfants comme adultes ! Mettant ainsi en cause la survivance de toute une lignée.

 Quant à la référence à  » Iznogoud « , elle est tirée d’une bande-dessinée bien connue, non censurée et accessible à toutes/tous, y compris le public mineur qui trouve là sujet à rire et non à avilir.

 Certes, des mots tels que :  » pourriture  »  » portefaix  » peuvent paraître méprisants, ainsi que  » petit être répugnant « , mais l’état de fatigue et d’exaspération lié à mon engagement physique (grève de la faim) et moral ont fait de moi un porte-parole quelque peu turbulent.

 Pour d’autres termes incriminés tels que  » menteur professionnel « , les réseaux associatifs de soutien aux demandeurs d’asiles ont été avisés du retour du père et des enfants Feraj tandis que la mère était à l’hôpital J. Minjoz et que mr Setbon avait assuré qu’ils ne seraient pas expulsés vers le Kosovo avant la fin de cette situation, alors que les billets étaient prêts ! Imaginez donc la colère des militant-e-s et de moi-même lorsqu’ils ont pris conscience de s’être fait aussi perfidement abusés.

 Comment un représentant de L’État de droit pourrait ainsi berner ses propres administrés ?

 Quant au terme  » pervers narcissique  » , il est tout droit issu du vocabulaire de la psychanalyse, il ne semble pas que le Dr Freud, enseigné dans les lycées et les facultés, ait été poursuivi en justice dans ce pays.

 Par ailleurs, la  » convocation en Justice  » (cf: art. 390-1 du code de procédure pénale) qui fait que je me trouve devant vous aujourd’hui fait mention d’une citation totalement étrangère au journal en ligne  » Le Libertaire Bisontin  » ; en effet,  » empêcher les pourris comme lui de dormir  » n’a jamais paru sur ce site, ainsi qu’a pu le constater l’officier de Police Judiciaire, ces propos sont tirés du blog  » Infos Libertaire  » qui les a repris du journal local «  Séditions  » dont je ne suis pas l’auteur.

 Conclusion

 Ce que j’ai prononcé n’est autre que de l’auto-défense. On me convoque en effet pour avoir exprimé des pensées que je ne suis pas le seul à partager, loin de là ! Je rappellerai seulement un illustre Bisontin en son temps :  » celui qui ouvre une porte d’école ferme une prison « . Or voici que ce sont à des enfants qu’on a entravé les chemins de la Liberté. Pour eux je suis engagé, avec eux je suis engagé.

 Voilà, c’est ce que je dirai lors de mon procès, mercredi 7 juin à 13h30. Je vous invite à venir assister à l’audience pour me soutenir. N’hésitez pas à reproduire ce texte, à le diffuser autour de vous.

Solidarités avec les solidaires !

LA LUTTE CONTINUE !

Poésie sombre….Sombre poésie

J’ai envie de partager avec vous ce texte que j’ai écrit dans un moment de mélancolie. En espérant que ça vous plaise, n’hésitez pas à laisser un petit commentaire. Il n’a pas de titre, je n’en ai pas trouvé, il s’agit de poésie noire.

 

 

Tout s’écroule, y compris nous mêmes,

l’échec commun et l’échec individuel est notre règle

plus d’espoir ;

sois maudite funeste époque !

Chaque jour qui s’écoule, l’humanité cesse peu à peu d’être humaine

préférant s’enfoncer dans une nuit sans lune et sans étoiles

certain-e-s essaient de résister en ramant ardemment à contre-courant

quelques un-e-s s’épuisent,

d’autres se noient,

peu importe ! On rame !

Mais cette énergie développée ne suffit à nous éloigner de l’abysse

dans lequel

peu à peu

nous nous engloutissons…

Hélas !

Nous avons tout essayé ou presque

rien n’y fait,

nous essaierons encore, certainement en vain

avons-nous le choix ?

Déposer les armes ? Jamais !

Il faut juste être lucide : nous sommes en train de perdre,

les forces, hier vives

qui nous ont tant apportées

sont aujourd’hui en train de nous abandonner ;

la flamme de la liberté

est presque consumée,

y avons-nous seulement goûté ?

Est-ce la liberté d’aller dans d’immenses centres commerciaux le samedi ?

Est-ce la liberté de se promener le nez planté dans son smartphone ?

A chacun-e ses écrans de fumée…

L’élite nous a tout volé, nous n’avons plus rien

elle a même conquis nos cerveaux

modifié notre conscience

nous privant de tout esprit critique

en remplissant notre crâne

à travers divers médias

d’émissions toutes plus débiles les unes que les autres…

Nous ne sommes plus vraiment,

Nous sommes notre voiture

nous sommes notre petit pavillon en banlieue

nous sommes notre CB…

Tsss !

Époque sinistre ! Déjà la peste repointe son nez de tout côté.

Ca brunit à l’Ouest, ça brunit à l’Est, ça brunit chez nous

et

bientôt

nous entendrons à nouveau le bruit des bottes…

Rien à faire,

si ce n’est une révolution

dans laquelle nombre d’entre nous périront.

Et comme d’habitude, certain-e-s jetteront des larmes de pitié

sur nos corps sans vie,

d’autres se réclameront de nos idées

quelques rapaces récupéreront nos luttes pour mieux s’attribuer les honneurs d’une part

mais aussi pour mieux assassiner nos idées et ainsi que tout soit sauvegardé

que rien ne change dans le fond…

Besançon : les familles à la rue ont été logés… à l’hôtel !

C’est sûr c’est mieux que rien, la trentaine de personnes qui étaient à la rue avec leurs enfants ont été logés provisoirement (1 semaine), dans différents hôtels et dans trois autres villes de la région. Certain-e-s parmi nous sont réjouis, ce que je peux comprendre, mais personnellement je suis sceptique. D’une part ils ont été éparpillés, ce qui complique notre tâche pour leur venir en aide et d’autre part, je trouve qu’on se fiche vraiment de nous en logeant ces familles à l’hôtel quand tant de logements sont vacants à Besançon ! Plutôt que de fournir quelques appartements pour loger dignement ces familles demandeuses d’asile, en utilisant leur droit de réquisition si nécessaire, ils ne se gênent pas pour dépenser nos impôts dans des nuitées d’hôtel ! Et puis, ce n’est pas une solution pérenne un hôtel.

Ces personnes, qui ont fui des conditions de vie misérables, parfois au péril de leur vie, avec leurs enfants, mériteraient du réconfort, de l’attention de leurs semblables. Je vais me répéter mais le capitalisme, notre mode de vie, engendre misère et guerre dans le monde entier. Aussi, il n’y a pas à trier entre celles/ceux qui fuient la guerre et celles/ceux qui fuient la misère. Guerre et misère sont des fléaux qui ont leurs racines dans le système, c’est donc à la cause qu’il faut s’attaquer et pas à la personne qui migre pour ces raisons.

Quant aux « excité-e-s » qui viennent sur ma page FB mettre des kilomètres de messages, pleins de préjugés et/ou d’ignorance, sachez que nous aidons également les personnes françaises, que VOUS vous n’aidez bien souvent pas d’ailleurs ! Notre soupe est sans cochon, elle est même sans viande pour que tout le monde puisse manger à sa faim.

Plus d’information dès que possible.

LA LUTTE CONTINUE !

#Besançon : Et pourtant…

La forme n’y était peut être pas, mais sur le fond… Tout était vrai !

Pour celles/ceux qui ne voient pas à quoi je fais allusion, voir mon billet « Besançon : un ragoût préfectoral particulièrement écoeurant« . Simplement pour quelques mots plus hauts que les autres dans ce billet, à savoir : « pourriture »,  « petit être répugnant », « menteur professionnel », son surnom : « Iznogoud »,  « triste sir » et « portefaix ». Pour vous citer ce qu’il m’était reproché.

Comme je l’ai dit à certain-es de mes camarades, les noms d’oiseaux ne sont peut être pas ce qu’il y a de plus constructifs, mais sur le moment, je n’ai pas trouvé d’autres mots. Même si je regrette, je ne m’excuserai pas pour autant. À l’avenir je serai vigilant, c’est en faisant des erreurs que l’on apprend, ceux/celles qui n’osent jamais rien n’auront, c’est sûr, jamais de critique de personne !

 Jeudi 6 octobre, la police judiciaire est venue à mon domicile m’annoncer une perquisition de l’appartement et mon placement en garde à vue pour « injures et diffamation par voie de presse ». Ils embarquent mon portable et mes ordinateurs, fouillent mes livres et brochures… Je me retrouve en cellule, on viendra m’interroger plusieurs fois, relever mes empreintes… Vers 12h je vois un’ camarade passer devant ma cellule, le même avec qui j’avais entamé une grève de la faim pour exiger le retour de la famille Feraj et attirer l’attention sur la condition des réfugiés, au début du mouvement.

Concrètement ils n’avaient pas grand chose, encore moins contre le camarade. Il s’agit clairement d’une tentative d’intimidation de la préfecture, qui n’a pas hésité à mobiliser une équipe de la police judiciaire, une journée entière pour une embrouille de cours de récré avec Mr Setbon ! Le contribuable paye donc ils s’en fichent…

Ils ne supportent probablement pas le fait qu’ils ne puissent plus faire la basse besogne, à savoir enfermer / assigner à résidence / expulser les demandeurs d’asile du département du Doubs, de manière discrète et parfois illégale. Ils ne supportent probablement pas que nous mettions en lumière leurs agissements, que plusieurs centaines de personnes se mobilisent lors des différents rassemblements que nous organisons, que la solidarité se mette en place autour des réfugié-es, ils ne supportent sûrement pas, que pour une fois, des individus d’horizons tellement différents arrivent à travailler ensemble pour une même cause. Tout ça leur reste en travers de la gorge, alors il fallait qu’ils jouent la seule carte qu’ils connaissent : l’intimidation, la répression.

Qu’ils sachent ces expulseurs : nous continuons et nous continuerons à lutter contre ces actes, jusqu’à ce que Justice soit faîte pour toutes/tous les damné-es de cette terre ! Peu importe le temps que cela prendra.

Je tiens à rappeler également que la CIMADE, qui ne sont pas des extrémistes, se faisant même les co-gestionnaires dans les CRA (centre de rétention administrative), ont décerné la palme « championne des expulsions » à notre sinistre préfecture.

Comme je l’ai déclaré au policier qui m’a interrogé, même si après coup je me dis que j’aurais pu faire cela plus finement et saurai pour la prochaine fois, je persiste dans les propos de mon ancien billet. C’est  (peut être) mal dit, mais tout était vrai. Que Mr Setbon fasse le nécessaire au niveau judiciaire s’il n’est pas de cet avis, sincèrement je ne vois pas ce qu’il peut me reprocher. Personnellement je peux me regarder fièrement dans une glace moi contrairement à lui.

En ce qui concerne le traitement de la police vis à vis de nous, on sentait bien qu’ils n’avaient pas l’habitude de ce genre de cas. Le policier qui a libéré notre camarade, ne savait même pas par où était la porte de sortie des gardés à vue, n’ayant, selon ses dires, pas l’habitude que ses « clients » sortent libre de son bureau d’habitude…

En tout cas, nous allons bien et sommes plus que jamais déterminés à nuire à leurs projets inhumains !

DES PAPIERS POUR TOUTES/TOUS OU PLUS DE PAPIERS DU TOUT !!

LIBERTÉ DE CIRCULATION ET D’INSTALLATION !

STOP AUX GUERRES ET AUX RAVAGES DU CAPITALISME QUI POUSSENT SUR LES ROUTES DES MILLIERS D’EXILÉS !

MANIFESTATION

MERCREDI 12 OCTOBRE

17H30 – PLACE PASTEUR

 

Migrations

De tous temps, les peuplades ont migré, se sont  rencontrées, se sont mélangées, métissées, et ainsi enrichies. Tout ceci pour dire que notre patrimoine commun est collectif. Or, une certaine caste, politique, administrative,
intellectuelle, médiatique… pleine d’arrogance, de suffisance,
ne cesse de nier cet héritage humain. Pour rappel, l’art, convergence des savoirs, des techniques et de l’imaginaire n’aurait su exister sans le pétrissage incessant entre les différentes communautés.

Nous avons échangé la technique du feu et de la pierre, nous avons su représenter des visions du monde et même imaginer des au-delà ; sans doute ce legs commun nous amène à une réflexion sur la constitution longuement élaborée de notre identité commune. Ben oui, on a tous des tronches d’humains, des réflexes, des émotions, des envies d’expression. Un mot d’ordre pourrait être « fusionnons enfin, refaisons les chemins si artistiquement tracés et reconnaissons nous ».

Conscience donc, et conscience vigilante ! Certains veulent  nous séparer, nous divorcer de notre histoire réelle, celle ou nous sommes des Océaniens en même temps que des allemands, des Roms Inuits et des Apaches de Mongolie ; nous autres, enrichis et conscients de l’être, par ces strates incessantes et successives qui nous constituent en tant qu’Être, GUEULONS contre la sottise négationniste et limitative qui nous bornerait à « black-blanc-beur » car  nous le sommes tous à la fois. Ma grand-mère africaine a bizarrement été baptisée Lucy par des junkies archéologues. Peu importe son nom c’est ma grand-maman ainsi que celle de mes potes ; pour les empreintes génétiques, repassez plus tard.

Nous, quand on croise nos regards, c’est bien des frangins/frangines qu’on reconnaît, on a hérité d’une même très longue histoire et nous forgerons un très long avenir. Loin des négations, extrêmement loin de la sottise, nous saurons nous passer de l’ignorance.

Besançon : Un ragoût préfectoral particulièrement écoeurant

Près de 200 personnes se sont mobilisées ce vendredi 2 septembre, pour dénoncer les actes ignobles commis par la préfecture à l’encontre de la famille Feraj.

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Début du rassemblement.

 

Nous avons eu Genita au téléphone, son témoignage est bouleversant, je laisse à l’appréciation de chacun-e, mais je vous préviens, c’est particulièrement dur, choquant et inhumain !


Propos de Genita Feraj (15 ans) :

C’était le 29 août à sept heures du matin. J’ai entendu la police qui est arrivée dans nos chambre en toquant sur la porte. J’ai mis mon pyjama et je voulais sauter par la fenêtre. Mais j’entendais ma sœur et mon frère crier et j’ai pas pu sauter, j’avais peur de les laisser seuls, et peur de sauter car c’était haut et j’ai vu la police rentrer dans la chambre et ils m’ont pris et ne m’ont plus lâchée. Ils étaient je crois dix dans la chambre, je me sentais pas comme un être humain comme les autres, d’avoir dix policiers autour de nous c’était incroyable. Je me sentais très mal parce que je n’arrivais pas à m’imaginer où je vais partir ? Comment ça va se passer ? Mes frères ? Mon père ? Y aura quoi après tout ça ? Les policiers ont commencé à nous expliquer comment ça va se passer. J’ai déjà vécu un moment pareil en Autriche et je savais comment gérer les choses.

Je suis rentrée dans la chambre où mes parents et mon frère dormaient, je cherchais ma mère mais je ne la voyais pas. J’ai ouvert la porte des toilettes, elle était en train de trembler quant je suis rentrée, elle avait son portable dans les mains et a voulu appeler quelqu’un pour qu’ils nous aident. J’ai pris son portable et j’ai appelé Chantal[1]. Je lui ai dit : « Chantal y a la police qui est venue nous chercher. » Elle m’a dit : « Tiens moi au courant de tout ce qui se passe. »

[1] Chantal est une militante du CDDLE

J’ai commencer à faire les valises , et j’ai entendu mon père crier  » O zot i madh » qui veut dire en français  » oh mon Dieu ». Je suis partie voir ce qu’il se passait et j’ai vu ma mère par terre, j’ai commencé à crier et à pleurer et j’ai demandé aux policiers si quelqu’un pouvait appeler un médecin. Au début ils ont refusé d’appeler l’ambulance car, disaient ils,  nous pourrons le faire au commissariat. J’ai commencé à crier et à dire que non, je veux absolument quelqu’un pour ma mère. Ils ont discuté ensemble et au final ils les ont appelés. J’étais sur ma mère et je lui ai fait un bisous sur la joue et je lui ai dit « garde la confiance en Dieu ! ».

J’avais toujours un policier qui me suivait, ils ne me laissaient pas toute seule. J’ai préparée nos valises et toutes les chose qu’il y avait. […] J’avais un sac avec des parfums, des déodorants, du maquillage ( tout ce qui concerne les soins du corps) et y avait des rasoirs que mon père utilisait. Ils me les ont pris et mis sur le mur. D’après eux on avait beaucoup de valises, et ils nous ont dit que peut-être on ne va pas tout prendre. J’ai commencé à parler, j’ai dis : « je peux pas laisser tout ça ici y a pleins de vêtements qu’on aura besoin ». Ils ont discuté ensemble et ils ont dit : « on verra ».

J’ai vu l’ambulance arriver dans la chambre, mais ils ne nous ont pas laissés rester avec ma mère. Je ne sais pas à quelle heure elle est partie ? Avec qui ? Si elle avait des habits ? Rien du tout. Je m’inquiétais beaucoup, j’arrivais pas à me contrôler moi-même, j’avais pas la force, pas de courage rien du tout.
On s’est préparés et nous sommes partis vers 7h50 de Saint-Jaques direction le commissariat. Nous sommes arrivés là-bas, j’ai envoyé un message à Chantal, Gwenaëlle, Virginie, Mme breton , Mme Dardelin et Sandra. Vers 9h Laurent, Sylvain, Mme Breton, Mme Dardelin et Chantal sont venus nous voir au commissariat. La police nous a rien donner à manger à part un biscuit et une brique de jus. Mme Dardelin et Mme Breton après nous avoir vu, elles sont parties nous acheter des trucs à manger. On savait rien du tout de notre mère, à chaque fois que je demandais si quelqu’un avait des nouvelles d’elle mais tout le monde me disait non. Vers 12h la chef de la police est arrivée au commissariat et nous a dit que ma mère a fait des examens mais les résultats on ne les aura pas avant 16 heures. Entre 12h et 16h, j’ai reçu plein d’appels de tout le monde. Je n’avais pas dit à mes amis ce qui m’était arrivé, mais tout le monde l’a su après.

Genita 15 ans et sa sœur Lulzime 13 ans.

Genita et sa petite soeur.

Nous sommes restés pendant neufs heures au commissariat entre 8h du matin et 16h48. On n’en pouvait plus de rester dedans, on avait besoin de prendre l’air, mais personne ne nous a laissés sortir, sauf mon père quand il allait fumer. À ce moment, une fois, j’ai pu sortir prendre de l’air, car je suis partie traduire à mon père et je les ai suppliés de rester juste deux minutes. Ils m’ont laissée. Vers 16h45, la chef était dehors en train de parler avec quelqu’un et elle est rentrée dans le commissariat et nous a dit « allez, on y va ». Quand elle a dit ça, mon cœur n’arrêtait pas de battre, je suis devenue toute jaune du visage, ma sœur pareil. Elle m’a arrêtée sur le chemin en allant chercher la voiture et m’a dit : « à ton avis, on aura une chance au moins dans notre vie ? » [Leonita, 6 ans]. Quant elle m’a dit ça, ça m’a touchée et j’ai commencé à pleurer. Mon père nous a regardées et nous a dit : « allez mes cœurs vous êtes avec moi ».

Nous sommes montés dans la voiture, on a attachés nos ceinture, la chef a commencée à parler et nous a dit : « Tout le monde parle français ici ? ». Moi, ma sœur et mon frère on a dit oui, seul mon père a dit non. La chef m’a dit « toi la grande peux-tu faire la traduction pour ton père ? ». J’ai dit : « oui ». Elle a dit : le préfet nous a dit que votre mère est hospitalisée aujourd’hui elle vas bien mais vous, vous allez partir dans un centre de rétention à Oiselle et demain vous prenez l’avion. » Quand elle m’a dit ça, j’étais choquée je me suis dis comment ça ? Seuls ? Sans notre mère ? Au Kosovo ? J’avais plein de questions dans ma tête et j’étais incapable de trouver la réponse à une. On a mis six heures pour partir à Oiselle, pendant tout ce chemin encore tout le monde m’a appelée et m’a dit qu’y a eu une manifestation devant la préfecture et qu’il y avait plus d’une centaine de personnes avec nous. Ça nous a fait grave plaisir d’entendre que y a des gens qui nous soutiennent et que en même temps ça nous fais pleurer. Je me sentais pas toute seule, je me disais peut-être que tout le monde est contre nous mais au moins y a des gens qui sont avec nous.
Dans le bus on n’a pas eu de problèmes ou quoi que ce soit, juste qu’on était tristes et on pleurait. Pour mon petit frère [9 ans] c’était très dur sans ma mère, il a pleuré pendant toute la route, ça me faisait mal au cœur de voir mon frère pleurer car je le comprenais, c’est dur sans une mère.
Vers 00h30 nous sommes arrivés dans le centre de rétention, on est descendus de la voiture et entrés dans un bureau où y avait deux policiers , ils ont pris mon père et l’ont mis dans un autre endroit pour vérifier si il avait quelque chose. Une policière est venue nous chercher pour nous montrer les chambres où nous allions dormir quelques heures. Dedans j’avais pas le droit de rentrer avec un portable qui avait une caméra. [on se demande bien pourquoi… NDLR] Sur le portable que mon père avait ils ont cassé la caméra, moi j’ai refusé, j’ai dis non, je le laisse dans le couloir et il se recharge.

Vers 2h j’arrivais même pas à dormir, j’avais une boule dans mon ventre. Je me suis endormie après. J’ai dormi juste deux heures, vers 4h30 je me suis réveillée, et je ne savais pas quoi faire. Dans le centre de rétention, y avait une association qui s’appelle France Terre D’Asile, je voulais aller les voir mais personne ne travaillait à cette heure. Vers 6h j’ai appelée Chantal, j’ai parlé avec elle, je lui ai tout expliqué. À 7h les policiers sont venus nous chercher et nous ont demandé ça fait combien de temps qu’on était en France et si on sait parler français. On a répondu ça fais 3 ans et quelque mois, et oui on sait parler français. Y a un policier qui nous a dit « Waouh bravo pour 3 ans ! »

On a pris nos draps et les couvertures et on les a mis dans une salle. A 7h14 on a pris un petit bus pour partir à Rouen où y avait l’avion. Tout de suite quand nous sommes montés dans la voiture, tout le monde a commencé à pleurer, moi, mon père, ma sœur et mon petit frère. Le petit comprenait pas ce qui se passait. Mon père a pété un câble dans la voiture, il n’en pouvait plus, il avait très mal à la tête, mais la police s’en fichait. On a beaucoup pleuré et crié et tout fait, mais il s’en fichait. L’avion était arrivé, j’arrêtais pas de crier et de pleurer, la police m’a fait sortir de la voiture et m’a demandé comment je m’appelle et quel âge j’ai ? J’ai répondu [..] J’ai commencé à parler avec eux et ils m’ont dit : si tu arrêtes pas de pleurer on va t’attacher les mains. Et c’est là que ma tête a explosé ! J’ai dit « Mais comment ça ? Vous êtes sérieux là ? je veux pas monter vous pouvez pas me forcer, personne ne montera dans cet avion » et j’ai vu mon père il était en face de moi, ils lui ont accroché les mains sous les genoux avec les pieds. Je ne pouvais plus rien faire, j’avais pas de pouvoir pour protéger ma famille, ce que je pouvais faire c’était juste crier et pleurer… Mais personne comprenait…Ils s’en fichaient. C’est la première fois que la police m’attache comme si j’avais tué quelqu’un ou fait je ne sais pas quoi, j’ai fais tout ça juste pour protéger ma famille et avoir droit de rêver à mon avenir, à celui de mes frères et sœur mais malheureusement je peux rien faire.

 

On est montés dans l’avion à 8h et à 12h on est descendus en Corse, pour pouvoir partir au toilettes et parler au téléphone. On est restés environ 20 min. et on est remontés dans l’avion. Dans l’avion on était très mal, j’avais mal à la tête et j’ai demandé à la police un Doliprane mais elle m’en a pas donné ! On est arrivé à Prishtina à 15h. J’avais l’impression que la police se moque de nous, ils disait « ouais y a 450€ et des valises ici. Je ne sais pas pourquoi il disait ça ? On était dans un grand bus avec la police et ils nous ont laissés avec la police du Kosovo, ont pris nos valises et on est sortis dehors. Dehors, y avait mes deux oncles et ma grand-mère (le frère qu’a ma mère et le cousin de ma mère) et 14202714_10206990676020619_4099069897573262068_nun ami de mon père qui vit au Kosovo. Moi, ma sœur et mon petit frère, on est partis chez les parents à ma mère, mon père et mon petit frère sont restés à Prishtina chez l’ami à mon père…

Genita Feraj


Le courage de cette adolescente force le respect ! Ce n’est pas normal qu’une si jeune personne ait à porter un tel fardeau. À son âge, elle devrait penser à ses sorties avec ses copines/copains, se prendre la tête sur ses leçons en révisant le soir, rêver… Son petit frère de 9 ans et sa petite sœur de 6 ans devraient être en train de faire plein de bêtises avec leurs potes comme des fous… Eh bien non ! Le triste sir Setbon alias Iznogoud, le menteur professionnel, portefaix du préfet, a décidé d’une manière particulièrement fourbe d’anéantir l’espoir de cette famille d’avoir une vie meilleure.

En effet, il a même été jusqu’à nourrir de faux espoirs chez le père en lui disant que s’il trouvait une promesse d’embauche, il le régulariserait. Tout ça pour ensuite pouvoir mieux le casser ! C’est un « Être » profondément méchant et tordu d’esprit. Il n’y a pas de mots suffisamment forts pour qualifier la traîtrise et la fourberie de ce petit être répugnant qu’est Iznogoud ! Il a tout du pervers narcissique pour moi. Iznogoud a besoin de nuire, il est connu par des camarades à nous de Poitiers où il a exercé avant. Ils nous ont confirmé que c’était une belle pourriture là-bas aussi et qu’il n’y est pas plus apprécié qu’ici.

Certain-e-s trouveront mes mots durs, mais je m’en moque, je prends le risque ! Ça ne peut pas être plus dur ou plus violent que de déporter une famille entière vers un destin funeste ! Il ne les aura pas sur la conscience, il n’en a même  pas de conscience ce vil personnage !

On ne parlera même pas de l’attitude des policiers durant leur « transfert », j’ai envie de dire, ça va de soi. Beaucoup savent ce qu’ils valent, inutile d’ouvrir (à nouveau) ici le procès de la Police Nationale… De plus en plus de monde déteste la police, qu’elle ne s’étonne pas !

C’est hallucinant comme ils (la préf.) n’assument pas leur position, allant même jusqu’à trouver des arguments très faibles comme quoi il y aurait eu des insultes envers le préfet et un tag près de la préfecture et que du coup, ils n’acceptent pas de négocier avec nous. Ah la belle excuses. Quelle bande de faux-culs là-dedans ! On leur parle de vies entières qui sont brisées, de familles déchirées, d’enfants meurtris ! Et eux ils nous emmerdent pour quelque mots plus hauts que les autres et de la peinture sur un mur ??!!! Ça aurait été de parfaits vichystes !

Personnellement je l’assume, même si ce n’est pas forcément la position des organisations qui défendent les personnes sans papiers à Besançon, pour moi : Le préfet et son acolyte sont de fieffés coquins !

Cette famille doit pouvoir vivre ICI, dans SON pays, la France. Dans la dignité ! Nous exigeons son retour et sa régularisation, ils ont bien assez souffert ! Aujourd’hui, nous entamons notre 4ème jour de grève de la faim. Je tiens à rassurer les gens qui se faisaient du souci pour moi, je n’avais pas mesuré la portée de mes mots sur Twitter et certain-e-s ont cru que je voulais mourir. Rassurez vous, je n’en suis pas là, je me suis mal exprimé, j’étais vraiment révolté. Même si je trouve qu’on est dans un monde de merde, qui me rend malade, vous toutes et tous, camarades, ami-e-s… vous êtes mon réconfort ! Donc ne vous inquiétez pas et je ne suis pas tout seul la dedans.

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Nous ne serons pas devant la mairie ni devant la préfecture ce weekend mon ami-e et moi. Nous avons besoin de repos psychique. Vous pourrez nous rencontrer du lundi au vendredi de 14h à 17h sur l’Esplanade des droits de l’homme (devant la mairie) et de 17h à 19h devant la préfecture (rue Nodier).

Vous voulez nous aider mais vous n’avez pas le temps de venir en rassemblement ? Vous pouvez le faire en partageant au maximum cette affaire autour de vous, en parler à vos ami-e-s, collègues, voisin-e-s… Tout le monde peut agir !

Merci à Maxime Lamboley, pour les superbes photos du rassemblement.

 

PS : J’allais oublier, nous avons laissé des peluches devant la porte de la préfecture pour qu’Iznogoud puisse les offrir aux petits kosovars, vu qu’il a bien pris les Feraj pour des cons du début à la fin. Par ce geste nous lui renvoyons la balle.

Pour toi Iznogoud.

Un pot commun a été crée sur Leetchi par Sandra afin de venir en aide financière à la famille Feraj. Si vous voulez donner quelque chose, c’est ici. Merci d’avance !