Archives de Tag: international

Congo : Répression des chrétiens – Fin de la « françafrique », vraiment ?

AP Photo/Jerome Delay

 

C’est mercredi matin seulement que l’Union européenne a réagi à la sanglante répression, dimanche, de la marche des chrétiens, dans plusieurs villes du Congo. Les marcheurs réclamaient l’application de l’Accord de la St-Sylvestre 2016, qui balise le chemin vers des élections consensuelles, mais le régime du président hors mandat Joseph Kabila ne l’applique pas. Les observateurs notent, en outre, qu’il ne s’agit que d’une déclaration du porte-parole de la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, et non des 28 pays membres.

La déclaration des services de Mme Mogherini note la “grave atteinte à la liberté d’expression”, condamne “les arrestations arbitraires” et appelle à “la libération immédiate des détenus”, ajoutant que “les autorités congolaises ont le devoir de protéger leurs citoyens et non de les réprimer”.

Un texte qui semble en deçà des conclusions du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE du 11 décembre, qui rappelait notamment aux autorités politiques et policières congolaises “que leur responsabilité individuelle est engagée en cas de graves violations des droits de l’homme (…) d’action ou de déclaration qui constituent des entraves à la mise en oeuvre de l’Accord” de la St-Sylvestre 2016.

Selon nos informations (voir La Libre du 3 janvier), ce retard est imputable à deux pays membres ayant des intérêts industriels au Congo, qui se sont opposés à une déclaration commune des ambassadeurs de l’UE à Kinshasa ainsi qu’à un texte des 28, lui préférant une prise de position de Mme Mogherini parce qu’elle les engage moins.

Selon les journalistes français Sonia Rolley (RFI) et Christophe Rigaud (Afrikarabia), ces deux pays seraient la France et l’Espagne. En juin dernier, l’hebdomadaire Jeune Afrique avait déjà souligné que l’Espagne faisait profil bas au sein du Conseil européen des Affaires étrangères lorsqu’il était question de sanctionner le régime Kabila… LIRE LA SUITE

Publicités

Prison : Briser les barreaux – Pour en finir avec ce modèle archaïque

C’est désormais une tradition locale, pour la 9ème année consécutive, et de manière complètement autonome, avec quelques camarades nous organisons un feu d’artifice pour les détenus de la maison d’arrêt de la Butte et plus généralement en solidarité avec tou.te.s les embastillé.e.s !

Parce que la prison n’a jamais été, et ne sera JAMAIS une solution ! Nul besoin d’être un.e spécialiste, il n’y a qu’à observer les chiffres : 59% de récidives ! [1] (contre 20% dans les pays scandinaves qui ont choisi la voie de la réhabilitation à celle de la prison) La prison en France ne consiste pas seulement en la « privation de liberté », il y a une véritable volonté de brimer les détenu.e.s, de saper leur moral, de leur infliger une double peine quelque part. Les symboles judéo-chrétiens ne sont pas bien loin, le/la détenu.e doit faire « amende », payer par le « châtiment », pour ses « péchés », Amen. Les matons sont les nouveaux garde-chiourmes, payés pour brimer les détenu.e.s, briser la confiance qu’ils/elles ont en eux/elles… ce qui leur ôte presque tout espoir, presque toute dignité, donc presque toute possibilité de reconstruction dans cette (mortifère) société.

Alors certain.e.s de vous vont se demander si je débloque quand je dis, en tant qu’anarchiste, que je suis contre la prison ; certains vont se demander que ferons-nous des pédophiles, des violeurs et des meurtriers, c’est légitime. Sachez que je n’ai pas de solution miracle, que je souhaite tout réinventer avec vous tou.te.s, aucun.e anarchiste sincère ne peut vous proposer un « mode d’emploi » dans aucun domaine ! Néanmoins, rien ne nous empêche individuellement ou collectivement dans des organisations d’avoir des réflexions à ce sujet.

D’abord, il faut savoir que dans les chiffres clés de la Justice 2017, sur 1.029.712 condamnations pénales prononcées, seulement 2432 concernaient des crimes, 608.803 des délits et 418.477 concernaient des contraventions. (source : justice.gouv.fr)

Comme vous pouvez le voir, les meurtriers, violeurs, pédophiles ne représentent qu’une infime minorité des procédures. De plus, plus le crime est grave, moins le taux de récidive est important ; ainsi 4% des violeurs récidivent et 3,6% des meurtriers contre 17% chez les voleurs/receleurs.

Personnellement même si je suis persuadé qu’à long terme il faudra détruire la prison, engager une vraie réflexion sur la réparation des fautes, je suis contre le fait de relâcher dans la nature violeurs, pédocriminels et assassins. Bien sûr dans mon idée nous pourrons assouplir leur peine, le but n’est pas de faire souffrir le/la détenu.e comme c’est le cas actuellement, c’est inefficace, cela empêche le/la détenu.e de se réhabiliter et donc augmente le risque de récidive. L’idée ici est de protéger la société, pas de brimer ; je pense notamment aux pédocriminels qui subissent la triple peine, les autres détenus ainsi que les matons sont souvent plus durs que le procureur envers eux, certains se faisant même un devoir de les violer. Vous percevez la spirale ?

Vous l’aurez compris je n’ai pas de solution extraordinaire pour ce type de détenu.e, nous devrons réfléchir tou.te.s ensemble à quelque chose d’efficace. Je reste persuadé qu’une société qui maltraite, tourmente ces personnes, s’abaisse quelque part à leur niveau et leur renvoie une image extrêmement négative. Pourquoi chercheraient-ils/elles par la suite à s’intégrer, devenir quelqu’un de meilleur, dans une société qui est intrinsèquement mauvaise, où rien n’élève l’esprit ? Où tout n’est que brimade, violence, culture du viol… ??? La prison sert juste à ne surtout pas remettre en question le modèle qui produit la/le détenu.e, à diviser le monde entre « gentils » et « méchants », comme si il n’y avait pas de nuances, comme si il n’y avait pas de causes à ces effets. C’est comme la médecine marchande, qui propose des remèdes aux effets du capitalisme sur nous. Un bon exemple est la dépression : hop ! On te met sous antidépresseurs. Cela ne change absolument rien au fond de ton problème, cela te permet juste d’atténuer tes maux, de les rendre plus supportables, pour pouvoir continuer à être exploitable par le système.

Parlons maintenant de la majorité des détenu.e.s, celles/ceux qui ont commis des délits (vol/recel, trafic de stupéfiants…), je suis pour leur libération immédiate. Ils ne représenteront plus une menace dans une société qui aura aboli l’argent, le salariat, qui aura instauré le partage équitable des richesses entre tou.te.s. Pourquoi voler ce que je pourrai avoir en échange d’autre chose ou d’un service ? Tou.te.s au service de tou.te.s !

Idem pour le trafic de stupéfiants, il disparaîtra puisque la misère qui l’engendre ne sera plus également, il n’y aura plus lieu de s’enrichir pour se sortir partiellement de sa condition. Quand aux consommateurs, ils/elles pourront trouver des produits de qualité, qui ne sont pas coupés pour être rentabilisés, faire leur propre culture, échanger entre elles/eux dans des groupes, échanger avec des professionnels de santé… La prévention aidera bien plus que la répression, la parole plus que le silence et la prohibition, qui eux engendrent le trafic, le repli sur soi à cause du stigmate « drogué.e » et donc augmente les attitudes à risque avec les drogues.

Il m’est difficile de parler du trafic de stupéfiants sans parler de ce ceux à qui profite le crime. Bien souvent, on entend parler du dealer qui se ferait plusieurs milliers d’euros par jour. Je ne dis pas que c’est impossible, simplement que ce n’est qu’un petit maillon de la chaîne. Ceux à qui cela profite vraiment ne vivent pas en cité HLM, ils ont de magnifiques propriétés, ceux-là sont rarement inquiétés. Pourtant sans eux le trafic serait fortement limité. En effet, comment la drogue passerait-elle si facilement les frontières ? Il faut bien corrompre à tous les niveaux pour écouler des tonnes de produits stupéfiants sur un territoire. Encore une fois je ne tiens pas à viser le petit maillon de l’immense chaîne, le douanier, mais plutôt le haut du panier, comme par exemple l’ex chef de la brigade des stups, François Thierry, soupçonné d’implication dans un vaste trafic, ayant notamment protégé Sofiane Hambli, l’un des plus gros trafiquants d’Europe, qui vivait luxueusement à Paris dans un appartement de 300 mètres carrés, boulevard Exelmans.

En conclusion j’insiste sur le fait que la prison ne résout absolument rien, elle n’est que la mise en scène d’une pièce de théâtre, dans laquelle se jouent des drames humains bien réels, eux. Elle permet la perpétuation sans fin de ces drames, sans jamais s’attaquer aux racines des maux. Sur environ 1.000.000 de condamnations pénales, l’ensemble des crimes ne représente que 0,24% du total. La surpopulation carcérale est fabriquée de toutes pièces par les dirigeants pour engraisser les investisseurs privés, qui font encore une fois fortune sur la misère.

Par ce feu d’artifice, nous affirmons notre solidarité avec tou.te.s les personnes incarcéré.e.s, sans distinction, dans le monde entier. Nous affirmons notre refus ce ce monde fait de barrières, de clôtures, de frontières et de prisons, qui ne résolvent absolument rien pour nous. Tournons enfin la page avec ce modèle inefficace et contre-productif au possible !

[1] Étude de 2011 d’Annie Kensey, chercheuse et démographe de l’Administration pénitentiaire


Burkina Faso : Forte mobilisation des étudiant.e.s à l’occasion de la venue de Macron

Des pneus ont été enflammés par des étudiants à l’approche du convoi de la délégation française.

Un autre son de cloche quand à la visite d’Emmanuel Macron à l’université de Ouagadougou. Beaucoup d’étudiant.e.s se sont vu.e.s refuser l’accès au campus par un très important dispositif policier, ce qui a entraîné des heurts, certain.e.s d’entre elles/eux voulaient poser des questions légitimes au Président français et dénonçaient la mobilisation de tout le système éducatif pour sa visite. Lire la suite


Une révolution volée

« Mort à tous ceux qui s’opposent à la liberté des travailleurs » – Drapeau anarchiste ukrainien

Cet article fait écho au centenaire de la révolution russe d’octobre 1917. A coup sûr nous verrons commémorations vibrantes et drapeaux rouges brandis. Nous entendrons quelques fossiles post-staliniens s’accaparer une révolution qu’ils n’ont, en vérité, que prise en chemin, la création des soviets étant bien antérieure. Sous le masque d’un soi-disant « matérialisme historique », ils se targueront de conquêtes totalement usurpées. Lire la suite


1er mai libertaire

Retrouvons nous lundi 1er mai pour la traditionnelle manifestation et le repas (place Marulaz). Pour rappel, nous ne fêtons pas le travail au contraire nous voulons l’abolir ; cette manifestation est avant tout à la mémoire de nos camarades anarchistes : Albert Parsons, August Spies, Michael Schwab, George Engel, Adolph Fischer, Samuel Fielden et Louis Lingg, emprisonnés à vie ou exécutés sans aucune preuve tangible par la police de Chicago à la suite de la manifestation du 1er mai 1886. (voir article plus détaillé sur les origines du 1er mai libertaire)

EN 2017 LA LUTTE CONTINUE ENCORE ET TOUJOURS !


Besançon : 1er mai libertaire

Comme chaque année, le milieu anarchiste bisontin organise le 1er mai libertaire. Rendez-vous à 10 H place de la Révolution pour une manifestation. Rejoignez nous sous les drapeaux noirs. Puis à 12 H, repas (prix libre) + buvette et après-midi festif place Marulaz.

affiche-1ermai

À LIRE ÉGALEMENT : Les origines du 1er mai libertaire


Grèce : destruction des locaux de Tiresias par les anarchistes

Mercredi 16 décembre, vers 9h du matin, au nord d’Athènes, 14 membres du groupe anarchiste Rubicon sont arrivés casqués sur des motos et ont rapidement dévasté les bureaux de « Tiresias ». Cette administration très spéciale recensaient, dans une immense base de données, la liste des emprunteurs insolvables de façon à les expulser de leur logement et à saisir leurs biens, notamment depuis la récente réforme du code civil accordée par Tsipras à la Troïka. Une réforme qui a encore aggravé la situation précaire des classes populaires en Grèce. Même « parmi les classes moyennes, beaucoup de personnes sont également susceptibles de perdre leur logement » selon une étude récemment rendue publique par un groupe de chercheurs en sciences sociales. Une situation qui rappelle celle des expulsions massives en Espagne, notamment en Andalousie*, causant de nombreux suicides.

Aucun ordinateur ou imprimante n’aurait échappé aux coups de marteau du groupe Rubicon :

Mercredi soir, la police a arrêté 7 suspects. Mais jeudi et vendredi, de nombreuses personnes ont salué cette action et ont demandé la libération des emprisonné-e-s menant ce genre d’actions qualifiées « d’interêt général » contre « la barbarie capitaliste en Grèce ».

Source : http://blogyy.net/2015/12/19/parmi-les-actions-de-resistance-qui-se-multiplient-en-grece/