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Homosexualité : État des lieux dans le monde

J’ai souhaité me pencher sur l’actualité internationale autour du thème de l’homosexualité, pour me mettre au courant de la situation que vivent les homosexuel.le.s à travers le monde. Même si des changements sont en train d’être opéré, ils restent encore timide et fragile dans certains coins du globe. J’ai fait dans cet article une liste non exhaustive par ordre alphabétique de différents pays.

Algérie

C’est le même rituel depuis neuf ans. Allumer une bougie le 10 octobre à 20 h, à l’occasion du TenTen, pour mettre en lumière la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transexuels) algérienne. Mais cette année, l’initiative lancée par l’association Alouen prend une tout autre dimension. En Tunisie, la société civile a jeté un pavé dans la mare en demandant l’abrogation de l’article 230 du Code pénal selon lequel « la sodomie et le lesbianisme » sont passibles de trois ans de prison. Un sursaut qui pourrait donner des idées à l’Algérie, où l’homosexualité est aussi un crime.

Ce délit est en effet puni par les articles 333 et 338 du Code pénal : « Tout coupable d’un acte d’homosexualité est puni d’un emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une amende de 500 à 2 000 DA [dinars algériens, de 4 à 16 euros]. Si l’un des auteurs est mineur de 18 ans, la peine à l’égard du majeur peut être élevée jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 10 000 DA d’amende [84 euros]. »

Malgré cette chape de plomb, la parole se libère en Algérie. De plus en plus d’homosexuels osent ainsi affronter le regard des autres mais surtout de leur famille en faisant leur coming out. Une petite révolution dans un pays pétri de traditions musulmanes et patriarcales. Portraits croisés. (Les prénoms ont été changés.)

Smaïn, 34 ans : « Ma mère a toujours l’espoir que je me marie »

Son coming out, Smaïn l’a fait lorsqu’il avait 31 ans. « J’étais un peu acculé. Chaque année, depuis mes 20 ans, il y avait toujours un moment où quelque chose tombait entre les mains de la famille, même si je faisais attention. J’avais fait un travail sur moi-même, du coup, lors de l’énième incident, j’ai décidé d’arrêter d’essayer de me camoufler avec des bobards plus gros les uns que les autres », se souvient l’Algérois. Dans le quartier de ses parents, les voisins parlent.

À chaque fois, par une pirouette parfois des plus acrobatiques, Smaïn parvient à faire croire au malentendu. Et puis un jour, la mère de Smaïn tombe son journal intime. « J’étais en couple et j’échangeais beaucoup de lettres avec mon homme. Elle s’est mise à crier et à me dire que même si ça n’était que des histoires, ce n’était pas des choses à écrire. » Le jeune homme décide alors de ne plus se défausser et prononce l’imprononçable. Des cris, des pleurs mais aussi beaucoup de violence verbale.

« Je l’ai vécu très mal parce que pendant très longtemps, j’ai pensé que tout le monde le savait mais faisait semblant. Ce jour-là, les masques sont tombés. Ma mère a vraiment exprimé sa rage. J’ai eu droit à ‘Va t’enfermer dans un appartement avec un autre homme, vous mourrez du sida de toute façon' », raconte Smaïn. Contre toute attente, son père, lui, se montre bien plus modéré. « J’ai toujours eu le sentiment que mon père allait mal réagir et que ma mère me protègerait parce que l’amour d’une mère est inconditionnel. Finalement, c’était l’inverse. Il avait accepté la chose. Elle faisait tout pour se mentir à elle-même », regrette-t-il en insistant sur « les signes qui n’étaient pas trompeurs » dans son « comportement ».

Smaïn raconte alors une anecdote qui peut prêter à sourire : « Une fois, j’ai un voisin qui est tombé sur une photo de moi sur un site de rencontres avec une annonce on ne peut plus explicite. Ça a fait le tour du quartier. Quand ma mère m’a demandé des explications, je lui ai dit que je devais de l’argent à quelqu’un qui s’était vengé de moi en créant un faux profil. Une histoire a dormir debout. Elle y a cru parce qu’elle préférait que je mente. »

Chassé du domicile familial, il s’installe chez un ami puis trouve rapidement une location. Un « mal pour un bien » insiste le jeune homme. L’occasion pour lui de prendre du recul et de revoir ses relations avec la famille. « L’étape suivante, à savoir reconstruire ce qui avait été brisé, a été plus compliqué. Il y a eu un accord tacite : on le sait mais on n’en parle plus. » Si dans la fratrie, l’homosexualité de Smaïn a été acceptée de manière inégale, le regard de la société reste parfois le grain de sable qui vient enrayer la machine. Devant les « potes du quartier », son jeune frère, pourtant « bienveillant à son égard », n’affiche pas sa tolérance. « Il ira dans leur sens en disant : ‘Il faut les brûler, c’est des pédés !' » Les relations sont plus compliquées avec sa jeune sœur. Une sorte de guerre froide. « Quand ma mère a commencé à montrer des signes d’acceptation, elle était toujours là pour relancer la chose. Je ne venais plus à la maison à cause d’elle. Je n’avais plus mon mot à dire. Elle estimait que je ne partageais pas leurs valeurs. »

Aujourd’hui, Smaïn vit seul. Une distance avec ses parents qui permet une « relation sereine ». Parfois, le naturel revient cependant au galop. « Si je viens passer mes congés chez eux, très vite, ma mère remet des sujets sur le tapis comme le mariage. Elle a toujours de l’espoir. Elle tente toujours », s’amuse-t-il. Sa vie amoureuse, elle, semble avoir été mise entre parenthèses. « J’étais en couple lorsque j’ai fait mon coming out. Nous avions des visions totalement différentes sur cette question, notre couple s’est fissuré. Pour lui, il était inadmissible de dire à ma mère que j’étais gay. Il voulait que je revienne dessus, que je lui dise que j’étais sous influence. Ça a pourri notre relation. Elle a fini par exploser quand il a commencé à me dire qu’il allait se marier, qu’il ne pouvait pas faire ça à ses parents. Je ne voyais pas l’intérêt de continuer », regrette le trentenaire.

Trois ans se sont écoulés depuis. Seul. « J’ai un peu perdu la foi. J’ai des petites histoires mais je ne suis pas disposé à revivre une relation à moins que l’autre partage mes positions en assumant son homosexualité. J’aimerais rencontrer quelqu’un qui me dise que se marier avec une femme est inenvisageable. » Entier. Pour Smaïn, impossible de faire semblant d’être hétéro pour se fondre dans le paysage. L’accepter tel qu’il est est « une chose inconditionnelle ». Et ce, même si la société algérienne n’est pas encore prête à accepter la différence.

Il évoque un monde tiraillé entre deux visions différentes : la jeunesse branchée sur Internet, ouverte sur la culture occidentale ; et les adultes pétris de valeurs de patriarcales, de traditionalisme mais aussi d’un islam hypocrite. « Ils parlent des valeurs à défendre alors qu’ils font les 400 coups. Je ne dis pas que je n’ai pas d’espoir mais je ne dirais pas non plus qu’on va vers une amélioration de la situation. Si je compare avec la Tunisie, on est en décalage total. Il y a des homos qui se sont sentis assez en sécurité pour créer une association. En Algérie, c’est inenvisageable. Si demain je poste une vidéo sur YouTube pour dire que je suis homo, je me ferai tabasser en sortant de chez moi. »

D’autres témoignages et article complet ici.

Egypte

L’homosexualité n’est théoriquement pas illégale en Egypte et pourtant…

Le 15 février, veille de la vente des 24 avions Rafale (entre autres) de la France à l’Egypte, un jeune Egyptien tentait de se suicider en s’immolant par le feu. L’individu faisait partie des 26 personnes arrêtées par la police (et acquittées depuis, le 12 janvier) lors de la rafle, fin 2014, dans un hammam du Caire soupçonné d’être un lieu de rencontre homosexuelles.

L’opération policière avait été orchestrée par Mona Iraqi, une «journaliste» de la chaîne de télévision privée Al Kahera Wal Nas, et entendait démontrer l’action du régime ultra-conservateur à la tête du pays. Si l’homosexualité n’est théoriquement pas illégale en Egypte – la plupart des prévenus de cette affaire étaient ainsi accusés de «débauche et d’attentat à la pudeur» – plusieurs condamnations visant des gays ont été prononcées ces dernières années.

Ce dramatique rebondissement est intervenu quelques heures avant la publication d’une enquête de Buzzfeed sur les étranges méthodes de «détection» de l’homosexualité des médecins égyptiens chargés d’examiner les hommes arrêtés. Pour «distinguer» un homosexuel, le docteur Maged Louis indique par exemple, et le plus sérieusement du monde, que «la forme de l’anus va changer, devenant anormale et similaire à celle d’un vagin». Ce directeur adjoint de l’autorité médico-légale liée au ministère de la Justice livre d’autres observations physiologiques saugrenues, et se justifie en déclarant : «Tout ce que je dis relève de la science et est écrit dans des livres, les médecins du monde entier le savent bien.»

L’un des ouvrages en question, cité par le prédécesseur de Maged Louis dans une interview de 2003 à Human Rights Watch, vient d’ailleurs de France. Publiée pour la première fois en 1857, cette Étude médico-légale sur les attentats aux mœurs est signée Auguste Ambroise Tardieu, homophobe notoire capable d’écrire «scientifiquement» les insanités ci-dessous présentées comme signes tangibles d’homosexualité :

infamie-1Juste après cet hallucinant passage, il poursuit : «Un trait non moins caractéristique, et que j’ai observé cent fois, c’est le contraste de cette fausse élégance et de ce culte extérieur de la personne avec une malpropreté sordide qui suffirait à elle seule pour éloigner de ces misérables.» La troisième édition de son étude parue en 1859 (et dont la Bibliothèque nationale de France propose une archive en ligne) se penche longuement sur les supposées caractéristiques anales des homosexuels, non sans avoir livré au préalable cette puissante remarque :

infamie-2Tardieu n’est bien sûr pas la seule «source» des médecins égyptiens, mais les propos relevés par Buzzfeed au Caire attestent bien d’une vision aussi rétrograde que médicalement incorrecte sur la question, allégrement contredite dans l’article par des experts occidentaux interrogés et assez stupéfaits.

Depuis l’arrivée à la présidence de Abdel Fattah al-Sissi en mai 2014, le climat anti-gay en Egypte s’est accru, et au moins 150 personnes soupçonnées d’être homosexuelles ont été arrêtées dans le pays en 2014. Si le récent acquittement dans l’affaire du hammam a été perçu par beaucoup comme une avancée, personne n’est dupe. Interrogée par l’AFP en janvier dernier, Bouthaina Halim, lesbienne de 34 ans, déclarait que la décision de la justice n’était pas «une victoire pour la liberté de choix de l’orientation sexuelle, que l’Etat et les médias continueront de criminaliser et de persécuter».

Source : http://www.liberation.fr/planete/2015/02/18/egypte-les-archaiques-methodes-de-detection-des-homosexuels_1204931

 

États-Unis

LOUISIANE: LA LOI ANTI-SODOMIE TOUJOURS EN VIGUEUR
Malgré des progrès en matière d’égalité sur l’ensemble des États-Unis, certains États conservateurs continuent de s’accrocher à des lois obsolètes. C’est le cas de la Louisiane qui a raté une occasion d’abroger une loi criminalisant la sodomie vieille de 200 ans. Pour une partie des Représentant.e., elle permet de protéger les enfants contre les prédateurs sexuels. Pourtant cette loi a davantage servi les forces de l’ordre à commettre des abus, en piégeant des hommes sur des lieux de drague jusque récemment en 2013. Une loi devait donc permettre son abrogation, et si un comité l’a approuvée à 9 voix contre 6 la semaine dernière, les membres de la Chambre des Représentant.e.s l’ont finalement rejetée le 15 avril à 67 voix contre 27, avec 11 abstentions.

Même si elle est considérée comme anti-constitutionnelle depuis 2003 avec l’affaire menée devant la Cour suprême Lawrence v. Texas, la loi anti-sodomie de Louisiane continue d’être défendue par des groupes conservateurs comme le Louisiana Family Forum : «Elle est en accord avec les valeurs de la Louisiane qui considèrent ce comportement comme dangereux, malsain et immoral.» Pour les militant.e.s LGBT, le rejet de cette loi est difficile à encaisser :

«Durant l’été, les membres de la Chambre étaient prompts à annoncer leur soutien à l’abrogation, quand toute la nation avait les yeux braqués sur eux et qu’il y avait une pression, a déploré Tim S. West, président d’Equality Louisiana. Une fois qu’ils ont été remercié pour avoir dit ce qu’il fallait dans les médias, la Louisiane a échoué à mettre des actions derrières ses belles paroles.»

Source: http://yagg.com/2014/04/18/etats-unis-une-legislation-homophobe-maintenue-en-louisiane/

  1. Un collégien américain entend en moyenne des commentaires homophobes (« pédé », « tapette », « gouine », etc.) 26 fois par jour.
  2. Dans 97% des cas, les enseignants n’interviennent pas.
  3. 80% des jeunes gays et lesbiennes souffrent gravement d’isolation sociale.
  4. 53% des élèves entendent des commentaires homophobes de la bouche des enseignants et administrateurs de l’école.
  5. 28% des élèves gays quittent l’école avant d’obtenir leur diplôme, contre seulement 11% des élèves hétérosexuels.
  6. 26% des jeunes gays sont mis à la porte du foyer familial par leur parents.
  7. 19% des jeunes gays et lesbiennes sont victimes d’agressions physiques à cause de leur orientation sexuelle.
  8. Le taux de suicide est 4 fois plus élevé chez les adolescents gays que chez les hétérosexuels.
  9. Dans 40 Etats américains sur 50, un enseignant peut être licencié parce qu’il est gay.
Source: Commission sur la jeunesse gay et lesbienne du Massachusetts

France

Une exposition de photos sur « l’universalité du sentiment amoureux », représentant notamment des couples homosexuels, a été taguée d’inscriptions homophobes, vendredi soir, à Toulouse. Une dégradation que dénonce l’artiste, Olivier Ciappa.

Une exposition de photographies représentant des célébrités dans la peau de couples homosexuels a été vandalisée, dans la soirée du vendredi 4 décembre, à Toulouse. « L’exposition vient d’être détruite par six jeunes violents qui refusent qu’on fasse ‘la promotion de ce mode de vie’ », a déploré l’artiste à l’origine de ce projet, Olivier Ciappa, sur Facebook.

« Ils ont déchiré en plusieurs morceaux les panneaux extérieurs montrant avec douceur des couples gays, des familles homoparentales mais aussi celles avec les hétérosexuels, celles avec des familles monoparentales et même les personnes en fauteuil roulant », ajoute le photographe, qui présentait son travail sur les grilles du Jardin du Grand Rond.

destruction-homophobe-1 destruction-homophobe-2Source : http://www.france24.com/fr/20151205-france-exposition-homosexualite-vandalisee-toulouse-photos-olivier-ciappa

Même si la France a adopté le mariage pour les couples homosexuels, ainsi que la possibilité pour ceux-ci d’adopter des enfants ou de se faire aider par la médecine avec la PMA (procréation médicalement assistée), la société française nous a prouvée lors des marches organisées par «la manif pour tous» qu’elle était en partie bien homophobe, bien réac et profondément arriérée.

Récemment, les homosexuel.le.s ont été autorisé à donner leur sang… s’ils/elles n’ont pas eu de rapport sexuel depuis 1 an !

 

Maroc

Une campagne a été lancée sur Internet fin de semaine dernière sur la plateforme Avaaz demandant au ministre de la justice Mustapha Ramid la dépénalisation de l’homosexualité au Maroc.

La pétition a été initiée par un groupe d’activistes homosexuels marocains affiliés au groupe Akaliyat de lutte contre la criminalisation et la discrimination des minorités sexuelles et religieuses.

Ils dénoncent, écrivent-ils, « la persécution et la répression dont souffrent des dizaines d’homosexuels au Maroc » et demandent au ministre de la Justice, Mustapha Ramid, d’annuler les dispositifs qui criminalisent l’homosexualité car ils vont à « l’encontre de la liberté individuelle ».

La semaine dernière, la jeune Rajaa, jeune lesbienne marocaine avait demandé à visage découvert plus de tolérance au Maroc envers les minorités sexuelles :

“L’amour n’est pas un péché, l’amour n’est pas un crime. Aimez qui vous voulez, où vous voulez et répandez l’amour où que vous soyez”

Au Maroc, l’homosexualité est punie par l’article 489 du code pénal d’une peine de six mois à trois ans de prison et une amende de 1000 dirhams.

Source : http://www.bladi.net/depenalisation-homosexualite-maroc,43904.html

 

Russie

Pour dénoncer l’homophobie, deux jeunes Russes se filment en caméra cachée.

La vidéo, mise en ligne dimanche 12 juillet, sur la chaîne YouTube ChebuRussiaTV spécialisée dans les caméras cachées, a déjà été visionnée plus de trois millions de fois. L’homosexualité a été dépénalisée en 1993 en Russie mais reste encore très largement réprouvée. Une loi votée en 2013 par Vladimir Poutine punit tout acte de « propagande » homosexuelle.

 « On s’est dit que c’était étrange que, d’un côté de la planète, deux garçons qui se donnent la main soit vu comme quelque chose de normal. Alors on voulait voir comment les Russes allaient réagir », explique l’un des deux protagonistes au début de la vidéo, confiant avoir eu l’idée de cette expérience après l’annonce de la légalisation du mariage homosexuel aux Etats-Unis.

 

TUNISIE

Marwen, le jeune homme condamné en première instance à un an de prison ferme pour « pratiques homosexuelles », a été condamné à deux mois de prison ferme et 300 dinars d’amende en appel, selon avocate Fadoua Braham, contactée par HuffPost Tunisie.

Ayant déjà purgé cette peine en passant les deux mois en prison à attendre le procès en appel, il est désormais libre.

« Certes cette peine est plus clémente, mais ça reste une condamnation, c’est pour cela qu’ on compte pourvoir en cassation », a ajouté Fadoua Braham.

« Je suis content pour sa libération , mais on est encore loin. Le mal est déjà fait! », a déclaré au HuffPost Tunisie Hedi Salhy, vice président de l’association « Shams » pour la dépénalisation de l’homosexualité, contraint à quitter le pays après avoir reçu des menaces de mort.

« Aujourd’hui, les médias relatent l’affaire d’un jeune homme de 24 ans assassiné par son frère à la ville de Fahes ( Gouvernorat de Zaghouan) parce qu’il est homosexuel, ceci dénote du degré de la violence à l’égard des homosexuels et ce, dans l’indifférence totale des pouvoirs publics. Pire encore, des politiciens et des médias nourrissent cette haine », a renchéri Hedi Salhi.

Lors de la deuxième audience de son procès en appel, le jeune homme a demandé un non-lieu au tribunal de Sousse , selon son avocate Fadoua Braham.

« Il a dit au juge qu’il allait être diplômé cette année, qu’il allait chercher du travail et que ce serait très difficile avec un casier judiciaire », a-t-elle ajouté.

Interpellé en septembre pour être interrogé dans le cadre d’une affaire d’homicide, le jeune homme avait nié toute implication dans le meurtre mais a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec la victime. La police avait alors, selon son avocate, rédigé un autre procès-verbal et l’avait obligé à se soumettre à un examen anal.

L’étudiant avait ensuite été condamné à un an de prison pour homosexualité lors du procès en première instance par le tribunal de Sousse sur la base de l’article 230 du code pénal qui criminalise l’homosexualité. Il a fait appel et a été remis en liberté provisoire début novembre en échange du paiement d’une caution de 500 dinars.

Cette affaire a entraîné une levée de boucliers. Plusieurs associations de défense des droits humains ont condamné le test anal, une pratique « cruelle », « inhumaine » et « dégradante », contraire aux lois internationales et pouvant être assimilée à un acte de « torture ».

Comme Marwen, six autres étudiants ont été condamnés le 10 décembre par un tribunal à Kairouan à trois ans de prison ferme et cinq ans d’interdiction de séjour dans cette ville.

Ils ont été également sommés de subir un test anal, censé prouver leur culpabilité, selon leur avocate Boutheina Karkani dans une déclaration accordée au HuffPost Tunisie.

L’association « Shams »pour la dépénalisation de l’homosexualité a notamment réclamé la libération « immédiate » de toutes les personnes « détenues pour leur homosexualité » et lancé une campagne sur internet contre les « tests de la honte », jugeant « scandaleux » le recours à un examen anal.

L’association Mawjoudin a lancé une campagne de sensibilisation sur la nécessité d’abroger l’article 230 du code pénal à travers une série de photos où des artistes, des intellectuels, des blogueurs tels que Selma Baccar, Anissa Daoud, Khamaies Khayatia, Raouf Ben Amor, etc. brandissent un pancarte où il est écrit: « L’article 230, jusqu’à quand? ».

Adoptée en janvier 2014, la Constitution consacre la protection de la « dignité de la personne et son intégrité physique », interdisant toute forme de torture physique ou morale (article 23), ainsi que la protection de la vie privée, « l’inviolabilité du domicile et la confidentialité des correspondances, des communications et des données personnelles » (article 24).

Source : http://www.huffpostmaghreb.com/2015/12/17/tunisie-homosexualite-mar_n_8828110.html

Lire aussi le témoignage de Ahmed, jeune tunisien mis à la porte par sa famille parce qu’il est homosexuel.

Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Iran, Mauritanie, Soudan du Nord, Yémen ainsi que certaines régions du Nigeria et de Somalie :

Homosexualité = peine de mort !

Entre 70 et 80 pays condamnent encore l’homosexualité.

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Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

 

Si vous êtes homosexuel.le.s, trans, gouines ou d’une autre nature, ne restez pas seul.e ! Des associations, des collectifs existent pour parler librement, regardez sur le web. Vous pouvez également en parler ici, en laissant un commentaire ou m’envoyer un mail : libertairebisontin@riseup.net


Fascisme : Novembre noir en Pologne

effigie-d'un-juif-bruléL’effigie d’un Juif tenant le drapeau européen brûle au milieu de la ville. Autour du bûcher, un   groupe de manifestants scandent des slogans anti-réfugiés et anti-européens.Ils brandissent des banderoles racistes. Les policiers présents sur les lieux ne bronchent pas et se contentent de regarder. C’est une scène nocturne surréaliste. On se croirait en Allemagne dans les années 30 du 20ème siècle. Mais cette scène se passe en Pologne, à Wroclaw, au milieu du mois de novembre de cette année. Et toute la Pologne a pu la voir sur les différentes chaînes de télévision et sur les réseaux sociaux. Depuis l’arrivée au pouvoir du parti dit conservateur PIS (Droit et Justice) après les élections du 25 octobre 2015, les frustrés de la démocratie polonaise, les aigris, les racistes, les antisémites sortent au grand jour en étalant leur haine. Ils sentent qu’ils ont le feu vert: tout ce que le nouveau gouvernement  a dit ou fait en une semaine à peine au pouvoir va dans leur direction.

DRÔLE DE GRÂCE

Sous le nouveau régime, la première décision du président de la République, M. Andrzej Duda, a été de gracier un ancien ministre condamné en première instance et dont la cause est actuellement en appel. M. Mariusz Kaminski, ex chef du Bureau Central Anti-corruption a  été condamné au mois de mars de cette année à trois ans de prison et dix ans de non-éligibilité pour abus de pouvoir dans l’exercice de ses fonctions. Lui accorder la grâce présidentielle alors que sa peine n’est pas encore exécutoire revient à violer la Constitution et constitue une ingérence évidente dans le domaine de la justice. Cela n’a pas l’air de déranger le président nouveau-regiùepolonais: « C’est une mesure qui décharge le tribunal». Cet acte est ressenti comme un véritable camouflet non seulement par le juge qui s’est occupé de ce dossier mais également par ses collègues. Il augure mal de l’avenir de la séparation des pouvoirs en Pologne.

Dans la même veine, le parlement s’occupe actuellement du Tribunal constitutionnel. Dans la nuit du 25 novembre, il a annulé les nominations des juges choisis par le parlement précédent. Par ailleurs début novembre, le président du PIS, Jaroslaw Kaczynski a annoncé la refonte du système scolaire. Il entend supprimer les gymnases, c’est-à-dire les écoles intermédiaires entre le primaire et le secondaire, un système réintroduit dans l’éducation polonaise en 1999.Après la réforme, estime-t-il dans une interview au quotidien «Rzeczpospolita», « tous les élèves ne seront pas des génies mais ils seront disciplinés. » Entendez par là, obéissants au pouvoir en place. Car, selon la premier-ministre Beata Szydlo, le PIS entend former une nouvelle génération des Polonais dotée «  d’une identité nationale et patriotique forte. »

Premier pas dans cette direction: Mme Szydlo a décidé de supprimer les drapeaux européens lors de toutes les apparitions officielles du gouvernement. Pour elle, rien de plus beau que le blanc et rouge (pour rappel, sous le gouvernement précédent, ces drapeaux alternaient avec les drapeaux polonais).

TENTATIVE DE CENSURE

police-polognePar ailleurs, le nouveau ministre de la culture, M.Piotr Glinski (également vice-premier ministre du nouveau gouvernement) a réclamé l’interdiction du nouveau spectacle au Théâtre Polonais de Wroclaw car, sans l’avoir vu, il le juge pornographique. Il s’agit de la mise en scène d’une pièce de l’Autrichienne Elfriede Jelinek, prix Nobel de littérature 2004. La première de ce spectacle vient d’avoir lieu car le maire de Wroclaw ne s’est pas laisse intimider. Mais à l’entrée du théâtre, les spectateurs ont dû affronter un groupe de manifestants (parmi lesquels on reconnaissait les «brûleurs» de Juifs) entonnant des chants religieux et bloquant le passage. Cette fois, la police est intervenue pour rendre le lieu accessible.

Au final, 20 personnes ont été arrêtées, 12 passeront devant le tribunal.

LA TV PUBLIQUE EN LIGNE DE MIRE

Invité, deux jours après, à la TV polonaise, le ministre Glinski a refusé de répondre aux questions de la journaliste (portant notamment sur les raisons de sa volonté de censure). L’interview s’est mal passée. Manifestement, M.Glinski souhaitait profiter de son passage à l’antenne pour faire ex cathedra une déclaration «orbi et urbi». Mais la journaliste, Karolina Lewicka ne s’est pas laissée faire:  « Lorsqu’un politicien désire faire des déclarations, il convoque une conférence de presse. Ici, c’est une émission de débats, les politiciens connaissent ses règles et ils répondent aux question. » Hors de lui – et toujours Karolina Lewicka.en direct – le ministre de la culture a promis de faire de l’ordre à la télévision polonaise. « Cela ne se passera pas comme ça ! » A la sortie du studio, une équipe a suivi le ministre au vestiaire. Une journaliste (une autre) l’a bombardé de questions concernant ses compétences dans le domaine de la culture (c’est un technicien). Devant son mutisme, elle a lâché une dernière question : « Vous allez vous taire comme ça pendant les quatre prochaines années ? »

 

Cette non  in-interview a fait le tour des réseaux sociaux.

 C’est également d’abord par les réseaux sociaux que l’on a appris dès la fin de l’émission, que Karolina Lewicka a été suspendue dans ses fonctions de présentatrice par le directeur de la TV polonaise. Selon lui, elle avait rompu avec « les standards journalistiques » . Cette suspension sera cependant examinée le lendemain par la commission éthique.

Source : http://polognexpress.eklablog.fr/novembre-noir-en-pologne-a119397474


Texte d’un assigné à résidence : Bonjour le bilan carbone !

Quand j’ai découvert cette situation, j’ai pensé au livre  » le procès  » de Kafka dans lequel le personnage principal se fait arrêter du jour au lendemain, juger, sans savoir pourquoi, ni même la peine qui lui est infligée. Il se retrouve alors dans une sorte de procédure infernale cauchemardesque.

 TEXTE D’UN POTO ASSIGNE A RESIDENCE. A PARTAGER MASSIVEMENT

bonjour-le-bilan Bonjour le bilan carbone ! – une assignation à résidence en Ariège –

Le 26 novembre, à 17h30, les trois gendarmes de mon patelin sont venus chez moi pour me signifier mon assignation à résidence.
On m’a laissé un papier, signé du ministre de l’intérieur. Le texte « légal » invoqué le plus ancien a dix jours, autant dire que c’est du tout frais.

Donc il faut « assurer la sécurité de la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques dite COP 21 » ; et, étant donnée « la gravité de la menace terroriste », des « mesures particulières » s’imposent. Et voilà (ce sera la seule justification).
Il ne faudrait tout de même pas que des écologistes fous et sanguinaires ne viennent à « détourner » les « forces de sécurité » (forces répressives) qui sont tant et tant occupées à « lutter contre la menace terroriste », c’est à dire, en réalité, à perquisitionner n’importe où et assigner n’importe qui à résidence.

Bon, passons sur les détails. En tous cas je dois pointer, trois fois par jour, à 18 km de mon domicile, jusqu’au 12 décembre inclus : soit 1 728 km.
Bonjour le bilan carbone !
Le reste du temps je ne peux pas quitter mon village. Et mon domicile, de 20 h à 6 h.

Il faut encore montrer que moi, j’en suis un, d’écologiste fou et sanguinaire. Pas de problème, allons-y : « Considérant que M. X (…) envisage de rejoindre la région parisienne pendant le déroulement de la COP 21 ». Alors ça c’est tout de même quelque chose. Envisage ! Et c’est tout, pas de preuve, pas d’indice, rien.
Puis vient l’énumération de quelques anciens délits mineurs, déjà jugés ; après quoi on évoque mon milieu : « la mouvance contestataire » (sic) ; sans bien sûr oublier que je fais « partie d’un groupe d’individus » (sic).

Il faut bien dire que l’assignation à résidence, et le contrôle judiciaire trois fois par jour, c’est une peine. Ce n’est pas une mesure préventive, c’est une mesure punitive. Ça s’apparente à une peine d’enfermement ; en fait c’est à peu près comme le port d’un bracelet électronique.

Cette peine est prononcée sans instruction, sans jugement, sans preuve, et même sans infraction. On punit un profil (le mien en l’occurrence), c’est-à-dire qu’on ne me sanctionne pas pour quelque chose que j’aurais fait, mais pour ce que je suis (ou ce que je suis supposé être). C’est comme toujours : ces faits mentionnés, ils ont déjà été jugés. On me condamne donc une deuxième fois. Et la prochaine fois, sur le papier, y aura-t-il écrit, en plus : « l’intéressé a fait l’objet d’une mesure d’assignation à résidence du tant au tant » ? En somme, mon cas s’aggrave tout seul…

Un recours au tribunal administratif est possible : la réponse arrive, en moyenne, selon mon avocat, après un an et demi. Donc pour les grossières erreurs de procédure de mon assignation à résidence (par exemple, la contradiction entre l’interdiction de quitter ma commune et l’obligation d’aller pointer dans une autre), je ne peux me « plaindre » à personne : il s’agit d’une sanction sans appel.

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas ici de clamer mon innocence. On le sait, que définir des « innocents » justifie la répression des autres, les « coupables ». Il n’y a pas de coupables, ni d’innocents, et ça n’est pas une parole creuse : quand je pointe à la gendarmerie, il y a d’autres personnes qui sont là aussi, qui ont des barbes, des fichus sur la tête. Je me fous, à ce moment précis, de leur « profil » ; je ne peux voir que la brève condition commune qui nous est faite, à savoir que nous sommes réprimés. La répression ne doit pas nous diviser en coupables et en innocents, mais au contraire être l’occasion de témoigner une solidarité minimale, que ce soit avec les « militants écologistes » ou avec les milliers de musulmans qui subissent un enfer permanent.
Si mon cas semble ubuesque, ou arbitraire, ou fou, que dire des centaines de personnes arrêtées, humiliées, assignées, perquisitionnées, enfermées, licenciées, depuis le début de l’état d’urgence ? Et encore, pour moi, ça ne devrait durer que seize jours, mais pour d’autres, l’assignation est sans limite de temps !

La première décision sous l’état d’urgence a été d’interdire les manifestations « revendicatives » (sic) ; mais on maintient les matchs de football, les centres commerciaux restent ouverts, et « de très nombreux chefs d’État » vont se pointer au Bourget. Il s’agit de montrer au monde que tout va bien, ici (en France), que la conférence sur le climat va tout régler, le sort du monde et le reste d’ailleurs, et qu’il ne va rien se passer.
Il s’agit d’un glissement (pour protéger les « libertés », on les abolit ; le « pays des droits de l’homme » décide de « déroger à la convention européenne des droits de l’homme » ; etc.) qui fait passer du supposé « état de droit » à sa version totalitaire et arbitraire, c’est à dire dépourvue de droit (il n’y a aucune exagération). En tous cas, tout ce qui est possible doit nécessairement être essayé, c’est le propre du fonctionnement administratif. Ceci ne veut pas dire qu’il y a des stratégies très élaborées, ou précises, etc., de la part de l’État, c’est même plutôt le contraire qui est vraisemblable.

En tout état de cause, cette logique extensive de la répression est connue. Qu’on se souvienne qu’à l’origine, les prélèvements d’A.D.N. étaient prévus pour les seuls pédophiles, et qu’à présent ils s’appliquent à tout délit. La répression ne peut rester spécifique, elle a toujours vocation à être générale. Qu’on se souvienne que le plan Vigipirate était prévu pour durer quelques mois, et qu’il n’a jamais cessé. La répression ne peut rester temporaire, elle toujours vocation a être permanente.

Il ne resterait plus qu’à dire que, depuis que des centaines de musulmans ont été arrêtées, il n’y a pas eu d’attentat : ce qui prouve bien qu’il s’agit d’une mesure efficace !

Ne nous habituons pas à la répression. Manifestons. Soyons solidaires.

À bas l’état d’urgence !

signé : un assigné

Au Mas d’Azil, le 29 novembre 2015

 

Source : confidentielle


COP 21 : Bravons l’état d’urgence, manifestons le 29 novembre

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Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour comprendre que l’état d’urgence décrété pour trois mois n’allait pas se limiter à protéger la population française contre de nouveaux attentats.

Ce week-end, une grande partie de la ville de Sens (Yonne) a été soumise à un couvre-feu, sans rapport clair avec les attentats. C’est la perquisition d’un appartement – dont les locataires n’auraient finalement pas été inquiétés – qui a justifié cette punition collective. Parmi les 1072 perquisitions nocturnes diligentées hors de tout cadre judiciaire par les préfets, moins d’une sur dix a abouti à une garde-à-vue. À Nice, c’est une fillette de six ans qui a été blessée lors d’une opération de police : les policiers intervenus en pleine nuit avaient enfoncé la mauvaise porte. Dimanche en Loire-Atlantique, c’est une caravane de 200 vélos accompagnée de 5 tracteurs qui a été bloquée par les forces de l’ordre : il s’agissait de dissuader les cyclistes de rejoindre Paris pour la COP21.

Pendant ce temps, le gouvernement reprend sans scrupules des mesures promues hier encore par l’extrême droite. Les journaux nous l’assurent : les sondages confirment l’adhésion massive des Français à cet état d’exception sans précèdent depuis cinquante ans.

C’est une victoire pour daesh que d’être parvenu, avec moins d’une dizaine d’hommes, à faire sombrer l’État dans ses pires réflexes réactionnaires. C’est une victoire pour daesh que d’avoir provoqué la mise sous tutelle sécuritaire de la population tout entière.

Le dimanche 29 novembre, une gigantesque manifestation était prévue dans les rues de Paris pour faire pression sur les gouvernants mondiaux, à qui personne ne faisait confiance pour trouver une solution au réchauffement climatique. Des centaines de milliers de personnes étaient attendues de toute l’Europe. Manuel Valls, certainement lucide sur le caractère dérisoire des accords qui sortiront de la COP21, craignait beaucoup cette manifestation; il a donc décidé de l’interdire. Le prétexte : la foule risquerait d’être la cible d’un attentat – M. Valls jouerait-il avec le feu en laissant les Français risquer leur vie en faisant leurs courses de Noël ?

Les moyens : ceux qui voudraient manifester encourent 6 mois de prison.

M. Valls va-t-il nous mettre en prison pour nous protéger des attentats ?

La proposition que nous faisons, nous savons que dans les circonstances actuelles nous aurons du mal à la faire entendre. Depuis dix jours, les écrans ressassent la gloire des “valeurs” françaises. Nous prenons cela au pied de la lettre.

S’il existe quelque chose comme une valeur française, c’est d’avoir refusé depuis au moins deux siècles de laisser la rue à l’armée ou à la police. La mobilisation à l’occasion de la COP21 est un enjeu primordial et nous n’acceptons pas que le gouvernement manipule la peur pour nous interdire de manifester.

Dimanche 29 novembre, nous appelons à braver l’état d’urgence et à nous retrouver à 14h sur la place de la République.

Source : https://www.change.org/p/la-rue-bravons-l-etat-d-urgence-retrouvons-nous-le-29-novembre-place-de-la-republique

Une manifestation aura lieu à Besançon le dimanche 29 novembre à l’issue du Resto-Trottoir

RDV place Marulaz à 12h30 pour le repas


COP 21 : Un appel à casser ce monde

J’ai hésité à relayer cet appel, mais ayant bien pesé le pour et le contre, je me dis que nous n’avons plus d’autre choix que de casser ce monde qui nous brise jour après jour. Nous ne pouvons plus supporter de vivre dans un monde pareil, ou la violence, le chaos et le désespoir sont partout, dans les pays pauvres comme dans les pays riches. Partout ce n’est que haine, meurtre, pillage, guerre ! Ils nous affament, nous plongent dans la misère, saccagent notre planète… Pourquoi ? Pour se faire du fric ! Du fric ! Et encore du fric ! qu’ils enferment ensuite dans des coffres forts, avec leurs bijoux, leur or, leurs titres de propriétés ; qu’ils accumulent tel un trésor !!! Ca ne peut plus durer, nous devons vraiment casser ce monde !

danger-cop21

Le texte :

« Dirigeants du monde »,

vous avez bien joué votre partie. Vous avez gagné la guerre de classes, liquidé ce qui restait du monde ouvrier, mis au travail l’ensemble de la population, à peu de choses près, encaissé la crise et ses innombrables répliques, exterminé ce qui n’était pas soluble dans le matin blême de l’Occident … Vous avez tout réussi, sauf à garantir les conditions fondamentales de la vie humaine sur terre. Vous avez tout réussi, et loupé l’essentiel. Et maintenant, vous vous agitez, légèrement transpirants, essayant de vendre sans y croire vraiment, l’idée que la technologie nous sortira de la situation où elle nous a mis ; mais au fond, vous le savez bien : ce monde, votre trophée inerte, s’effondre, et vous-mêmes serez engloutis, comme tout le monde, dans l’égalité des derniers jours. Vous vous en rendez peut-être compte : vous n’êtes pas capables de résoudre ce problème. En matière d’ « environnement », le point de non retour, cela fait quarante ans qu’on l’a franchi. Vous avez déjà échoué. Il n’y a pas de solution qui vienne de vous, et vos simagrées nous lassent. Nous sentons bien qu’elles vous fatiguent aussi, mais ne vous inquiétez pas. Elles ne dureront plus.

Deux questions se posent alors à nous, en ces temps qui s’essoufflent :

1) Qu’est-ce qu’un sommet ?

Une poignée de dirigeants foncièrement incapables, des lobbyistes en tout genre, quelques experts, des chefs de cabinets et des attachés de presse se réunissent dans un aéroport d’affaires pour discuter des mesures à prendre pour éviter une probable fin du monde. Ils n’ont absolument rien à se dire que leurs technocrates ne savent déjà. Ils n’ont absolument rien à décider que leurs armadas de conseillers n’aient déjà négocié. Ils n’ont aucune solution à apporter, puisqu’ils sont eux-mêmes le visage du problème. Tout cela, au moins depuis Copenhague, fait consensus. Jusqu’à l’écologie la plus institutionnelle, personne n’attend de cette COP 21 autre chose qu’un pénible théâtre d’ombres. Pourtant, tout le monde s’affaire, du gouvernement Valls à la Coalition Climat, des ONG aux entreprises, des collectifs citoyens aux cabinets de conseils. Tout le monde s’affaire pour qu’ait lieu cet événement. Cette rédemption. Ce « sommet ». Sans doute qu’on y aura mis les moyens : parait-il que le climat serait cette année « cause nationale ».

Que se passe-t-il donc pendant un sommet, si personne n’a rien à dire ? Que peuvent faire tous ces sinistres hommes publics lorsqu’ils se trouvent réunis ? Prendre de la coke, ou des selfies ? On en serait presque à leur souhaiter, eux qui peuvent encore se payer le luxe de tromper leur impuissance. Frivolités dans les hautes sphères : de quelle couleur sera la cravate de Manuel Valls ? On vous l’accorde : mesurer le ridicule de l’opération n’est pas si facile. On serait désemparé pour moins que ça. Evidemment, le tableau n’est pas encore complet. Il manque l’élément principal.

Inutile en effet de dire qu’entre nous et cette douteuse clique retranchée au Bourget, il y aura 10 000 flics français, une fraction conséquente de l’armée de l’air, des contingents de toutes les polices d’Europe et une solide cohorte de casques bleus. Entre nous et les acteurs de cette scandaleuse farce, l’élite du maintien de l’ordre à la française, le résultat de 1500 ans de construction d’un monopole de la violence légitime. Le fleuron de l’Etat, l’aboutissement armé de notre rationalité politique. Voilà ce qui entend se déployer pendant ces deux semaines d’hiver. Faut-il rire, faut-il trembler ? On ne sait plus très bien.

2) Qu’est-ce qu’un contre-sommet ?

Une fois n’est pas coutume, la réponse sera d’une extrême simplicité. Etant donné l’inanité du débat public et l’arrogance absolue d’un gouvernement qui téléguide sa propre contestation citoyenne, il n’y a rien d’autre à attendre de telles circonstances qu’une honnête flambée de violence. Qu’on ne se méprenne pas : il ne s’agit pas de se défouler in-puissamment, ou de compenser un manque d’idées par des actions bien attestées. Il s’agit de se venger. Ainsi, ce n’est pas seulement le bon sens qui se trouvera, cette fois, du côté des casseurs, des Black Blocks, des radicaux, qu’importe le nom qu’on veuille « leur » donner. C’est aussi le sens de l’honneur, et un certain amour-propre.

Car à l’heure où l’on vous parle sans cesse de ce à quoi ressemblera le monde en 2030, ou en 2050, il n’est pas inutile de s’attarder sur ce à quoi il ressemble déjà. De ce à quoi il ressemble depuis 200 ans, 200 ans d’industrialisation et de développement, de civilisation inquestionnable, de colonisation intérieure, d’impérialisme béat. Deux siècles durant lesquels nous avons tant bouleversé les grands équilibres écologiques qu’aujourd’hui, l’environnement change plus vite que la société. Nous vivons à un âge où la vie disparaît déjà mille fois plus vite qu’elle ne se renouvelle. Alors, si nous ne savons pas précisément dans quel état sera le monde en 2050, nous savons en revanche que l’état dans lequel on l’a déjà placé mérite amplement qu’on le venge.

La jeunesse, notamment a un droit illimité à une telle vengeance : amenée de force dans un monde qui s’écroule, elle n’a rien demandé, commis aucune faute, participé à aucun mensonge collectif. On attend d’elle qu’elle paye bien gentiment les fautes de ses aînés, qu’elle prenne sur ses épaules tant d’années d’arrogance et d’incurie ; on comprendra donc qu’elle souhaite faire payer aux représentants de l’ordre ancien cette situation proprement désespérée.

En coulisse, certains s’agitent, et parlent de « justice climatique ». Il s’agirait de partager équitablement les conséquences de la catastrophe. Mais si nous faisons l’effort, un instant, de donner un sens à ces mots tant galvaudés, la « justice climatique » n’est que la réparation impossible d’une injustice, injustice incalculable faite non seulement à notre espèce, mais à des milliers, des millions d’autres, faite à la Terre elle-même, aux innombrables formes de vie qui la parsèment. Attendue l’énormité de la faute, la peine sera capitale : la destitution immédiate de cette mafia du climat et le renvoi de ses porte-paroles aux oubliettes – aux côtés de l’armada de flics qui s’interpose entre eux et la réalité. Sentence qu’il s’agira de rendre, le 29 novembre, dans les rues de Paris.

La vengeance ne constitue pas une politique, diront certains. Et encore moins une « solution » aux grands déséquilibres écologiques. Mais cela vaut mille fois le cocon gestionnaire dans lequel la COP 21 entend nous emmailloter. Gardez vos illusions de maîtrise et vos « petits gestes qui sauvent ». Quitte à être les derniers hommes, nous garderons les yeux ouverts.

Source : https://lundi.am/Vengeance-ou-nihilsime-Contre-la-COP21

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Pour détruire Daech, soutien total aux armées révolutionnaires kurdes

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Le 13 novembre, au moment même ou les assassins sanguinaires de Daech assassinaient froidement au moins 129 innocents en plein Paris, les armées révolutionnaires kurdes leurs faisaient subir une terrible défaite militaire en reprenant la ville de Shingal après 15 mois de combats.

Pourtant l’État français et l’Union Européenne ne cessent de réprimer les organisations de la résistance kurde. L’Europe interdit le soutien militaire, financier et politique à nos organisations sœurs et emprisonne ses soutiens. 36 militants proches du PKK ont encore été arrêtés récemment en Belgique tandis que Salah Abdeslam pouvait préparer en toute tranquillité les attentats de Paris.

De même, la France collabore activement avec le gouvernement turc de l’assassin islamiste Erdogan sans que cela ne semble poser problème. Erdogan ne cache même pas le soutien sans faille qu’il assure à Daech : il finance l’Etat Islamique, lui apporte un soutien logistique et militaire (allant jusqu’à bombarder les positions kurdes), ouvre ses frontières aux djihadistes du monde entier pour qu’ils puissent rejoindre les rangs de l’EI et massacre toutes les organisations turques s’opposant à sa politique intérieure despotique tel que le HDP sans que la France et l’UE n’émettent de protestations.

Les YPG, les YPJ et le PKK mènent de front une guerre totale contre les fascistes de l’État Islamique en mettant en place une société socialiste autogestionnaire, féministe et écologiste dans les territoires qu’ils libèrent comme à Kobané. Le modèle de société des territoires kurdes est en opposition totale à celui – génocidaire, obscurantiste et ultra-réactionnaire – promu par Daech.

Les combattantes et combattants révolutionnaires kurdes sont l’unique rempart progressiste et démocratique face à Daech en Syrie et en Irak. Les communistes et libertaires européens soutiennent activement le Kurdistan libre depuis le début du de la guerre contre Daech. Les peuples d’Europe se doivent de soutenir activement les kurdes dans la destruction de notre ennemi commun. Pour empêcher que l’horreur ne devienne la norme à Paris, au Moyen-Orient et ailleurs, nous réclamons la prise de mesures immédiates en faveur des armées du peuple kurde :

  1. retrait du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de la liste des organisations terroristes dressée par l’Union Européenne
  2. suppression de toutes les sanctions visant cette organisation
  3. accroissement massif du soutien financier, logistique et militaire aux YPG, YPJ et au PKK
  4. arrêt immédiat des poursuites engagés par des pays de l’UE (Belgique, Allemagne) contre les militants et soutiens du PKK
  5. rupture immédiate des relations diplomatiques et prise de sanctions économiques à l’encontre la Turquie et des autres pays tel que l’Arabie Saoudite soutenant Daech
  6. reconnaissance par la communauté internationale des zones autonomes kurdes et du droit du peuple kurde à disposer de sa terre

Seule la résistance démocratique kurde est en mesure d’annihiler Daech sur le terrain. Soutenons les par tous les moyens nécessaires.

Vive la résistance armée des révolutionnaires kurdes ! Vive le Kurdistan libre !

#fuckIsisSupportPkk #supportOurTroups

Signez la pétition


COMMUNIQUÉ – Saint-Quentin-Fallavier : Le vrai terroriste c’est l’État !

Résumé des faits :

  • Une explosion a eu lieu vendredi matin dans l’usine de produits chimiques Air Products, à Saint-Quentin-Fallavier, en Isère. Deux individus ont foncé avec une camionnette contre le bâtiment, percutant des bouteilles de gaz.
  • Un corps décapité a été retrouvé près de l’usine dans une « mise en scène macabre« . La victime serait un chef d’entreprise de la région. Deux personnes sont blessées.
  • Un suspect a été arrêté et identifié. Il s’agit de Yassin Salhi, né en 1980 dans la région lyonnaise. Un deuxième individu a été placé en garde à vue, « soupçonné d’avoir fait des repérages sur le site ».

Tout d’abord, nos pensées vont à la victime de cet acte ignoble. Bien que nous détestons les patrons, rien ne justifie une telle barbarie ! Une pensée aussi pour les deux blessés à qui nous souhaitons un prompt rétablissement. Mais ne nous trompons pas,  derrière ce terrorisme aveugle, nous pouvons nous poser, entre autres, les questions suivantes :

  • Pourquoi de tels actes ?
  • À qui profite le crime ?

Nous tenterons dans ce billet de donner des éléments de réponse, à défaut de ne pouvoir y répondre réellement. En effet, nous considérons  qu’il est prétentieux et démagogique de prétendre détenir la vérité absolue, fusse telle anarchiste ! Seuls les actes et les écrits comptent, les paroles, elles, s’envolent. Lire la suite