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Le sabre et le goût Macron !

Macron en a décidé ainsi, les jeunes devront à nouveau passer par la case militaire. Ce que Chirac avait défait malgré les critiques de son propre camp, notre jupitérien président, 20 ans plus tard, le remet en place. J’en parlais ce soir même à mon cousin qui ne comprenait pas tout à fait ma colère… Il commençait à m’exaspérer et j’ai dû faire alors preuve d’un peu de pédagogie…

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Homosexualité : État des lieux dans le monde

J’ai souhaité me pencher sur l’actualité internationale autour du thème de l’homosexualité, pour me mettre au courant de la situation que vivent les homosexuel.le.s à travers le monde. Même si des changements sont en train d’être opéré, ils restent encore timide et fragile dans certains coins du globe. J’ai fait dans cet article une liste non exhaustive par ordre alphabétique de différents pays.

Algérie

C’est le même rituel depuis neuf ans. Allumer une bougie le 10 octobre à 20 h, à l’occasion du TenTen, pour mettre en lumière la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transexuels) algérienne. Mais cette année, l’initiative lancée par l’association Alouen prend une tout autre dimension. En Tunisie, la société civile a jeté un pavé dans la mare en demandant l’abrogation de l’article 230 du Code pénal selon lequel « la sodomie et le lesbianisme » sont passibles de trois ans de prison. Un sursaut qui pourrait donner des idées à l’Algérie, où l’homosexualité est aussi un crime.

Ce délit est en effet puni par les articles 333 et 338 du Code pénal : « Tout coupable d’un acte d’homosexualité est puni d’un emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une amende de 500 à 2 000 DA [dinars algériens, de 4 à 16 euros]. Si l’un des auteurs est mineur de 18 ans, la peine à l’égard du majeur peut être élevée jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 10 000 DA d’amende [84 euros]. »

Malgré cette chape de plomb, la parole se libère en Algérie. De plus en plus d’homosexuels osent ainsi affronter le regard des autres mais surtout de leur famille en faisant leur coming out. Une petite révolution dans un pays pétri de traditions musulmanes et patriarcales. Portraits croisés. (Les prénoms ont été changés.)

Smaïn, 34 ans : « Ma mère a toujours l’espoir que je me marie »

Son coming out, Smaïn l’a fait lorsqu’il avait 31 ans. « J’étais un peu acculé. Chaque année, depuis mes 20 ans, il y avait toujours un moment où quelque chose tombait entre les mains de la famille, même si je faisais attention. J’avais fait un travail sur moi-même, du coup, lors de l’énième incident, j’ai décidé d’arrêter d’essayer de me camoufler avec des bobards plus gros les uns que les autres », se souvient l’Algérois. Dans le quartier de ses parents, les voisins parlent.

À chaque fois, par une pirouette parfois des plus acrobatiques, Smaïn parvient à faire croire au malentendu. Et puis un jour, la mère de Smaïn tombe son journal intime. « J’étais en couple et j’échangeais beaucoup de lettres avec mon homme. Elle s’est mise à crier et à me dire que même si ça n’était que des histoires, ce n’était pas des choses à écrire. » Le jeune homme décide alors de ne plus se défausser et prononce l’imprononçable. Des cris, des pleurs mais aussi beaucoup de violence verbale.

« Je l’ai vécu très mal parce que pendant très longtemps, j’ai pensé que tout le monde le savait mais faisait semblant. Ce jour-là, les masques sont tombés. Ma mère a vraiment exprimé sa rage. J’ai eu droit à ‘Va t’enfermer dans un appartement avec un autre homme, vous mourrez du sida de toute façon' », raconte Smaïn. Contre toute attente, son père, lui, se montre bien plus modéré. « J’ai toujours eu le sentiment que mon père allait mal réagir et que ma mère me protègerait parce que l’amour d’une mère est inconditionnel. Finalement, c’était l’inverse. Il avait accepté la chose. Elle faisait tout pour se mentir à elle-même », regrette-t-il en insistant sur « les signes qui n’étaient pas trompeurs » dans son « comportement ».

Smaïn raconte alors une anecdote qui peut prêter à sourire : « Une fois, j’ai un voisin qui est tombé sur une photo de moi sur un site de rencontres avec une annonce on ne peut plus explicite. Ça a fait le tour du quartier. Quand ma mère m’a demandé des explications, je lui ai dit que je devais de l’argent à quelqu’un qui s’était vengé de moi en créant un faux profil. Une histoire a dormir debout. Elle y a cru parce qu’elle préférait que je mente. »

Chassé du domicile familial, il s’installe chez un ami puis trouve rapidement une location. Un « mal pour un bien » insiste le jeune homme. L’occasion pour lui de prendre du recul et de revoir ses relations avec la famille. « L’étape suivante, à savoir reconstruire ce qui avait été brisé, a été plus compliqué. Il y a eu un accord tacite : on le sait mais on n’en parle plus. » Si dans la fratrie, l’homosexualité de Smaïn a été acceptée de manière inégale, le regard de la société reste parfois le grain de sable qui vient enrayer la machine. Devant les « potes du quartier », son jeune frère, pourtant « bienveillant à son égard », n’affiche pas sa tolérance. « Il ira dans leur sens en disant : ‘Il faut les brûler, c’est des pédés !' » Les relations sont plus compliquées avec sa jeune sœur. Une sorte de guerre froide. « Quand ma mère a commencé à montrer des signes d’acceptation, elle était toujours là pour relancer la chose. Je ne venais plus à la maison à cause d’elle. Je n’avais plus mon mot à dire. Elle estimait que je ne partageais pas leurs valeurs. »

Aujourd’hui, Smaïn vit seul. Une distance avec ses parents qui permet une « relation sereine ». Parfois, le naturel revient cependant au galop. « Si je viens passer mes congés chez eux, très vite, ma mère remet des sujets sur le tapis comme le mariage. Elle a toujours de l’espoir. Elle tente toujours », s’amuse-t-il. Sa vie amoureuse, elle, semble avoir été mise entre parenthèses. « J’étais en couple lorsque j’ai fait mon coming out. Nous avions des visions totalement différentes sur cette question, notre couple s’est fissuré. Pour lui, il était inadmissible de dire à ma mère que j’étais gay. Il voulait que je revienne dessus, que je lui dise que j’étais sous influence. Ça a pourri notre relation. Elle a fini par exploser quand il a commencé à me dire qu’il allait se marier, qu’il ne pouvait pas faire ça à ses parents. Je ne voyais pas l’intérêt de continuer », regrette le trentenaire.

Trois ans se sont écoulés depuis. Seul. « J’ai un peu perdu la foi. J’ai des petites histoires mais je ne suis pas disposé à revivre une relation à moins que l’autre partage mes positions en assumant son homosexualité. J’aimerais rencontrer quelqu’un qui me dise que se marier avec une femme est inenvisageable. » Entier. Pour Smaïn, impossible de faire semblant d’être hétéro pour se fondre dans le paysage. L’accepter tel qu’il est est « une chose inconditionnelle ». Et ce, même si la société algérienne n’est pas encore prête à accepter la différence.

Il évoque un monde tiraillé entre deux visions différentes : la jeunesse branchée sur Internet, ouverte sur la culture occidentale ; et les adultes pétris de valeurs de patriarcales, de traditionalisme mais aussi d’un islam hypocrite. « Ils parlent des valeurs à défendre alors qu’ils font les 400 coups. Je ne dis pas que je n’ai pas d’espoir mais je ne dirais pas non plus qu’on va vers une amélioration de la situation. Si je compare avec la Tunisie, on est en décalage total. Il y a des homos qui se sont sentis assez en sécurité pour créer une association. En Algérie, c’est inenvisageable. Si demain je poste une vidéo sur YouTube pour dire que je suis homo, je me ferai tabasser en sortant de chez moi. »

D’autres témoignages et article complet ici.

Egypte

L’homosexualité n’est théoriquement pas illégale en Egypte et pourtant…

Le 15 février, veille de la vente des 24 avions Rafale (entre autres) de la France à l’Egypte, un jeune Egyptien tentait de se suicider en s’immolant par le feu. L’individu faisait partie des 26 personnes arrêtées par la police (et acquittées depuis, le 12 janvier) lors de la rafle, fin 2014, dans un hammam du Caire soupçonné d’être un lieu de rencontre homosexuelles.

L’opération policière avait été orchestrée par Mona Iraqi, une «journaliste» de la chaîne de télévision privée Al Kahera Wal Nas, et entendait démontrer l’action du régime ultra-conservateur à la tête du pays. Si l’homosexualité n’est théoriquement pas illégale en Egypte – la plupart des prévenus de cette affaire étaient ainsi accusés de «débauche et d’attentat à la pudeur» – plusieurs condamnations visant des gays ont été prononcées ces dernières années.

Ce dramatique rebondissement est intervenu quelques heures avant la publication d’une enquête de Buzzfeed sur les étranges méthodes de «détection» de l’homosexualité des médecins égyptiens chargés d’examiner les hommes arrêtés. Pour «distinguer» un homosexuel, le docteur Maged Louis indique par exemple, et le plus sérieusement du monde, que «la forme de l’anus va changer, devenant anormale et similaire à celle d’un vagin». Ce directeur adjoint de l’autorité médico-légale liée au ministère de la Justice livre d’autres observations physiologiques saugrenues, et se justifie en déclarant : «Tout ce que je dis relève de la science et est écrit dans des livres, les médecins du monde entier le savent bien.»

L’un des ouvrages en question, cité par le prédécesseur de Maged Louis dans une interview de 2003 à Human Rights Watch, vient d’ailleurs de France. Publiée pour la première fois en 1857, cette Étude médico-légale sur les attentats aux mœurs est signée Auguste Ambroise Tardieu, homophobe notoire capable d’écrire «scientifiquement» les insanités ci-dessous présentées comme signes tangibles d’homosexualité :

infamie-1Juste après cet hallucinant passage, il poursuit : «Un trait non moins caractéristique, et que j’ai observé cent fois, c’est le contraste de cette fausse élégance et de ce culte extérieur de la personne avec une malpropreté sordide qui suffirait à elle seule pour éloigner de ces misérables.» La troisième édition de son étude parue en 1859 (et dont la Bibliothèque nationale de France propose une archive en ligne) se penche longuement sur les supposées caractéristiques anales des homosexuels, non sans avoir livré au préalable cette puissante remarque :

infamie-2Tardieu n’est bien sûr pas la seule «source» des médecins égyptiens, mais les propos relevés par Buzzfeed au Caire attestent bien d’une vision aussi rétrograde que médicalement incorrecte sur la question, allégrement contredite dans l’article par des experts occidentaux interrogés et assez stupéfaits.

Depuis l’arrivée à la présidence de Abdel Fattah al-Sissi en mai 2014, le climat anti-gay en Egypte s’est accru, et au moins 150 personnes soupçonnées d’être homosexuelles ont été arrêtées dans le pays en 2014. Si le récent acquittement dans l’affaire du hammam a été perçu par beaucoup comme une avancée, personne n’est dupe. Interrogée par l’AFP en janvier dernier, Bouthaina Halim, lesbienne de 34 ans, déclarait que la décision de la justice n’était pas «une victoire pour la liberté de choix de l’orientation sexuelle, que l’Etat et les médias continueront de criminaliser et de persécuter».

Source : http://www.liberation.fr/planete/2015/02/18/egypte-les-archaiques-methodes-de-detection-des-homosexuels_1204931

 

États-Unis

LOUISIANE: LA LOI ANTI-SODOMIE TOUJOURS EN VIGUEUR
Malgré des progrès en matière d’égalité sur l’ensemble des États-Unis, certains États conservateurs continuent de s’accrocher à des lois obsolètes. C’est le cas de la Louisiane qui a raté une occasion d’abroger une loi criminalisant la sodomie vieille de 200 ans. Pour une partie des Représentant.e., elle permet de protéger les enfants contre les prédateurs sexuels. Pourtant cette loi a davantage servi les forces de l’ordre à commettre des abus, en piégeant des hommes sur des lieux de drague jusque récemment en 2013. Une loi devait donc permettre son abrogation, et si un comité l’a approuvée à 9 voix contre 6 la semaine dernière, les membres de la Chambre des Représentant.e.s l’ont finalement rejetée le 15 avril à 67 voix contre 27, avec 11 abstentions.

Même si elle est considérée comme anti-constitutionnelle depuis 2003 avec l’affaire menée devant la Cour suprême Lawrence v. Texas, la loi anti-sodomie de Louisiane continue d’être défendue par des groupes conservateurs comme le Louisiana Family Forum : «Elle est en accord avec les valeurs de la Louisiane qui considèrent ce comportement comme dangereux, malsain et immoral.» Pour les militant.e.s LGBT, le rejet de cette loi est difficile à encaisser :

«Durant l’été, les membres de la Chambre étaient prompts à annoncer leur soutien à l’abrogation, quand toute la nation avait les yeux braqués sur eux et qu’il y avait une pression, a déploré Tim S. West, président d’Equality Louisiana. Une fois qu’ils ont été remercié pour avoir dit ce qu’il fallait dans les médias, la Louisiane a échoué à mettre des actions derrières ses belles paroles.»

Source: http://yagg.com/2014/04/18/etats-unis-une-legislation-homophobe-maintenue-en-louisiane/

  1. Un collégien américain entend en moyenne des commentaires homophobes (« pédé », « tapette », « gouine », etc.) 26 fois par jour.
  2. Dans 97% des cas, les enseignants n’interviennent pas.
  3. 80% des jeunes gays et lesbiennes souffrent gravement d’isolation sociale.
  4. 53% des élèves entendent des commentaires homophobes de la bouche des enseignants et administrateurs de l’école.
  5. 28% des élèves gays quittent l’école avant d’obtenir leur diplôme, contre seulement 11% des élèves hétérosexuels.
  6. 26% des jeunes gays sont mis à la porte du foyer familial par leur parents.
  7. 19% des jeunes gays et lesbiennes sont victimes d’agressions physiques à cause de leur orientation sexuelle.
  8. Le taux de suicide est 4 fois plus élevé chez les adolescents gays que chez les hétérosexuels.
  9. Dans 40 Etats américains sur 50, un enseignant peut être licencié parce qu’il est gay.
Source: Commission sur la jeunesse gay et lesbienne du Massachusetts

France

Une exposition de photos sur « l’universalité du sentiment amoureux », représentant notamment des couples homosexuels, a été taguée d’inscriptions homophobes, vendredi soir, à Toulouse. Une dégradation que dénonce l’artiste, Olivier Ciappa.

Une exposition de photographies représentant des célébrités dans la peau de couples homosexuels a été vandalisée, dans la soirée du vendredi 4 décembre, à Toulouse. « L’exposition vient d’être détruite par six jeunes violents qui refusent qu’on fasse ‘la promotion de ce mode de vie’ », a déploré l’artiste à l’origine de ce projet, Olivier Ciappa, sur Facebook.

« Ils ont déchiré en plusieurs morceaux les panneaux extérieurs montrant avec douceur des couples gays, des familles homoparentales mais aussi celles avec les hétérosexuels, celles avec des familles monoparentales et même les personnes en fauteuil roulant », ajoute le photographe, qui présentait son travail sur les grilles du Jardin du Grand Rond.

destruction-homophobe-1 destruction-homophobe-2Source : http://www.france24.com/fr/20151205-france-exposition-homosexualite-vandalisee-toulouse-photos-olivier-ciappa

Même si la France a adopté le mariage pour les couples homosexuels, ainsi que la possibilité pour ceux-ci d’adopter des enfants ou de se faire aider par la médecine avec la PMA (procréation médicalement assistée), la société française nous a prouvée lors des marches organisées par «la manif pour tous» qu’elle était en partie bien homophobe, bien réac et profondément arriérée.

Récemment, les homosexuel.le.s ont été autorisé à donner leur sang… s’ils/elles n’ont pas eu de rapport sexuel depuis 1 an !

 

Maroc

Une campagne a été lancée sur Internet fin de semaine dernière sur la plateforme Avaaz demandant au ministre de la justice Mustapha Ramid la dépénalisation de l’homosexualité au Maroc.

La pétition a été initiée par un groupe d’activistes homosexuels marocains affiliés au groupe Akaliyat de lutte contre la criminalisation et la discrimination des minorités sexuelles et religieuses.

Ils dénoncent, écrivent-ils, « la persécution et la répression dont souffrent des dizaines d’homosexuels au Maroc » et demandent au ministre de la Justice, Mustapha Ramid, d’annuler les dispositifs qui criminalisent l’homosexualité car ils vont à « l’encontre de la liberté individuelle ».

La semaine dernière, la jeune Rajaa, jeune lesbienne marocaine avait demandé à visage découvert plus de tolérance au Maroc envers les minorités sexuelles :

“L’amour n’est pas un péché, l’amour n’est pas un crime. Aimez qui vous voulez, où vous voulez et répandez l’amour où que vous soyez”

Au Maroc, l’homosexualité est punie par l’article 489 du code pénal d’une peine de six mois à trois ans de prison et une amende de 1000 dirhams.

Source : http://www.bladi.net/depenalisation-homosexualite-maroc,43904.html

 

Russie

Pour dénoncer l’homophobie, deux jeunes Russes se filment en caméra cachée.

La vidéo, mise en ligne dimanche 12 juillet, sur la chaîne YouTube ChebuRussiaTV spécialisée dans les caméras cachées, a déjà été visionnée plus de trois millions de fois. L’homosexualité a été dépénalisée en 1993 en Russie mais reste encore très largement réprouvée. Une loi votée en 2013 par Vladimir Poutine punit tout acte de « propagande » homosexuelle.

 « On s’est dit que c’était étrange que, d’un côté de la planète, deux garçons qui se donnent la main soit vu comme quelque chose de normal. Alors on voulait voir comment les Russes allaient réagir », explique l’un des deux protagonistes au début de la vidéo, confiant avoir eu l’idée de cette expérience après l’annonce de la légalisation du mariage homosexuel aux Etats-Unis.

 

TUNISIE

Marwen, le jeune homme condamné en première instance à un an de prison ferme pour « pratiques homosexuelles », a été condamné à deux mois de prison ferme et 300 dinars d’amende en appel, selon avocate Fadoua Braham, contactée par HuffPost Tunisie.

Ayant déjà purgé cette peine en passant les deux mois en prison à attendre le procès en appel, il est désormais libre.

« Certes cette peine est plus clémente, mais ça reste une condamnation, c’est pour cela qu’ on compte pourvoir en cassation », a ajouté Fadoua Braham.

« Je suis content pour sa libération , mais on est encore loin. Le mal est déjà fait! », a déclaré au HuffPost Tunisie Hedi Salhy, vice président de l’association « Shams » pour la dépénalisation de l’homosexualité, contraint à quitter le pays après avoir reçu des menaces de mort.

« Aujourd’hui, les médias relatent l’affaire d’un jeune homme de 24 ans assassiné par son frère à la ville de Fahes ( Gouvernorat de Zaghouan) parce qu’il est homosexuel, ceci dénote du degré de la violence à l’égard des homosexuels et ce, dans l’indifférence totale des pouvoirs publics. Pire encore, des politiciens et des médias nourrissent cette haine », a renchéri Hedi Salhi.

Lors de la deuxième audience de son procès en appel, le jeune homme a demandé un non-lieu au tribunal de Sousse , selon son avocate Fadoua Braham.

« Il a dit au juge qu’il allait être diplômé cette année, qu’il allait chercher du travail et que ce serait très difficile avec un casier judiciaire », a-t-elle ajouté.

Interpellé en septembre pour être interrogé dans le cadre d’une affaire d’homicide, le jeune homme avait nié toute implication dans le meurtre mais a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec la victime. La police avait alors, selon son avocate, rédigé un autre procès-verbal et l’avait obligé à se soumettre à un examen anal.

L’étudiant avait ensuite été condamné à un an de prison pour homosexualité lors du procès en première instance par le tribunal de Sousse sur la base de l’article 230 du code pénal qui criminalise l’homosexualité. Il a fait appel et a été remis en liberté provisoire début novembre en échange du paiement d’une caution de 500 dinars.

Cette affaire a entraîné une levée de boucliers. Plusieurs associations de défense des droits humains ont condamné le test anal, une pratique « cruelle », « inhumaine » et « dégradante », contraire aux lois internationales et pouvant être assimilée à un acte de « torture ».

Comme Marwen, six autres étudiants ont été condamnés le 10 décembre par un tribunal à Kairouan à trois ans de prison ferme et cinq ans d’interdiction de séjour dans cette ville.

Ils ont été également sommés de subir un test anal, censé prouver leur culpabilité, selon leur avocate Boutheina Karkani dans une déclaration accordée au HuffPost Tunisie.

L’association « Shams »pour la dépénalisation de l’homosexualité a notamment réclamé la libération « immédiate » de toutes les personnes « détenues pour leur homosexualité » et lancé une campagne sur internet contre les « tests de la honte », jugeant « scandaleux » le recours à un examen anal.

L’association Mawjoudin a lancé une campagne de sensibilisation sur la nécessité d’abroger l’article 230 du code pénal à travers une série de photos où des artistes, des intellectuels, des blogueurs tels que Selma Baccar, Anissa Daoud, Khamaies Khayatia, Raouf Ben Amor, etc. brandissent un pancarte où il est écrit: « L’article 230, jusqu’à quand? ».

Adoptée en janvier 2014, la Constitution consacre la protection de la « dignité de la personne et son intégrité physique », interdisant toute forme de torture physique ou morale (article 23), ainsi que la protection de la vie privée, « l’inviolabilité du domicile et la confidentialité des correspondances, des communications et des données personnelles » (article 24).

Source : http://www.huffpostmaghreb.com/2015/12/17/tunisie-homosexualite-mar_n_8828110.html

Lire aussi le témoignage de Ahmed, jeune tunisien mis à la porte par sa famille parce qu’il est homosexuel.

Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Iran, Mauritanie, Soudan du Nord, Yémen ainsi que certaines régions du Nigeria et de Somalie :

Homosexualité = peine de mort !

Entre 70 et 80 pays condamnent encore l’homosexualité.

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Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

 

Si vous êtes homosexuel.le.s, trans, gouines ou d’une autre nature, ne restez pas seul.e ! Des associations, des collectifs existent pour parler librement, regardez sur le web. Vous pouvez également en parler ici, en laissant un commentaire ou m’envoyer un mail : libertairebisontin@riseup.net


Attentats de Paris : Travaillons ensemble à construire une société plus juste

Pour mener la guerre l’État a toujours de l’argent

Le pacte de « stabilité » scellé avec l’Allemagne, vole en éclat suite aux attentats. François Hollande l’a annoncé et nous pourrions nous en réjouir, sauf que c’est pour mener la guerre qu’il a décidé cela.

Encore une fois, nous sommes aux regrets de constater que l’État :

  • n’agit que pour protéger les puissants
  • mener ses guerres néo-coloniales pou protéger ses intérêts financiers, en notre nom
  • ne se soucie pas des vrais problèmes du peuple (logement, santé, éducation…)

Accepter du jour au lendemain de s’endetter afin de mener des guerres aux quatre coins du monde, en instrumentalisant les graves événements qui ont conduit à la mort 129 personnes, alors même que nos services publics, nos droits sociaux… sont démantelés, détruits, depuis plus d’une décennie ; je trouve ça vraiment dégueulasse !

Bien sûr, je suis conscient que Daesh doit être combattu par la force, même si j’observe que pour l’instant l’armée ne fait que leur lancer des bombes dessus, et ne pense pas que ce soit une solution réellement efficace. Sur le terrain, je constate que se sont les forces révolutionnaires kurdes qui font tout le boulot, avec un courage qui force l’admiration. Pourtant, la communauté internationale les désignent toujours comme des terroristes.

On est tous/toutes le terroriste de quelqu’un…

Pour combattre Daesh il faut combattre l’intégrisme religieux

Comment empêcher le fait que des personnes se fondamentalisent et deviennent des terroristes ?

En combattant la misère sociale, le racisme, l’exclusion ; en donnant à toutes/tous les moyens de vivre dignement, de s’instruire, de s’émanciper. Sans cela, Daesh ne cessera de semer la mort en France.

Pourquoi ? Mettons nous en situation :

[Exemple] Imaginons X qui grandit dans un ghetto, à l’école X est rejeté, cette dernière n’étant à même de lui donner sa chance faute de moyens, X est donc en échec scolaire ; ne se voyant pas d’avenir dans cette société, X plonge dans la délinquance (trafics, vols…), très vite X est vu comme une petite frappe, car la délinquance entraîne un ensemble de nuisances dans la population. X est donc rejeté, ne trouve pas de boulot à cause du racisme ambiant en France, il se retrouve incarcéré, le trafic ayant ses limites. Nourri par le désespoir, la rage, et ayant peu d’instruction, peu d’esprit critique, X découvre sur youtube des charlatans comme Soral et d’autres qui leur explique que si des gars comme lui sont dans la merde, c’est à cause des juifs, du complot illuminati ou de je ne sais quelle autre connerie. X découvre par la suite des vidéos, rencontre des gens qui lui expliquent que la France est un pays de croisés, que nous sommes des mécréants qui doivent être châtiés… etc …etc  X n’ayant rien qui l’attache dans la société française, étant rejeté par elle depuis toujours, se met à tout mélanger dans sa tête ; ses propres échecs et erreurs le décide à partir en Syrie, ou il subit un lavage de cerveau, une formation militaire pour ensuite revenir en France et commettre l’irréparable.

Ce n’est qu’un exemple, car il y a beaucoup de façons et de raisons de devenir un terroriste.

Et l’État en profite

La dictature de l’intolérance de DAECH, est parfaitement relayée par la dictature du contrôle social. Sous la pression de la barbarie, la démocratie est devenue l’ennemi numéro un. Du premier ministre supprimant le droit de manifester, à la châtelaine de Montretout qui veut faire des camps de concentration préventifs pour intégristes, en passant par le roi des Républicains rêvant de mettre des bracelets électroniques sur le simple soupçon d’un classement administratif (fiches S : signifiant à Surveiller), l’unité nationale va se faire sur la mort de la démocratie.

Comment peuvent-ils croire que c’est en interdisant toutes critiques, en réprimant tous mécontentements, toutes différences de penser, qu’ils nous protégeront de l’exaspération de ceux qui seront réprimés, niés d’exister, et dont la seule expression possible restera par l’action terroriste. Alors que le premier ministère norvègien, après le massacre d’Utoya répliquait dignement « Vous ne détruirez pas la démocratie et notre travail pour rendre le monde meilleur » »nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et plus de tolérance », notre gouvernement, qui se dit aussi « socialiste » va nous faire une société de contrôle généralisé.

Pourtant ne serait-ce pas plus efficace, pour la paix sociale, de se demander les causes, du rejet, de la haine, de notre société, que montre l’assassinat aveugle de jeunes par d’autres jeunes transformés en kamikazes. Pourquoi ces jeunes n’ont-ils trouvé que cette monstruosité pour exister, pour se réaliser ?
Notre société de consommation leur enjoint d’exister par leur capacité à accumuler des biens matériels. Mais s’ils ne peuvent pas se conformer aux diktats de la publicité, si la société ne leur laisse que le chômage et la frustration matérielle et sociale de ne pas être intégrés, ils risquent de finir comme Mohamed Mėrah et Omar Ismaïl Mostefaï. Ils cherchent d’abord à y prendre leur place par la délinquance matérielle, puis ils trouvent sur leur route des intégristes religieux qui leur promettent considération et admiration s’ils se sacrifient et sacrifient les autres.

La religion n’est là-dedans que le prétexte à exister, à avoir un pouvoir dans la société, et même sur la société, par qui ils se considèrent humiliés. Ça pourrait être n’importe qu’elle autre religion ou cause, comme étiquette valorisante. Pour une revanche sur la société qui les exclus, quoi de plus jouissif que d’avoir le pouvoir de vie et de mort sur les autres humains, même si c’est au prix de leur propre mort. Pour convaincre les plus crédules ou les plus idéalistes, les prêcheurs de la barbarie, leur promettent le paradis (entre autre, de cent vierges à leur service dans l’au-delà). Mais le profil ex-délinquants de droit commun de la plupart des Kamikazes montrent bien que ce n’est pas pour la générosité d’une religion qu’il agissent. C’est bien par pur égoïsme, pour satisfaire leur égo, qu’ils se vengent sur des innocents.

Si nous ne voulons pas que de tels monstres se multiplient, ce n’est pas de la répression qu’il faut, mais de la prévention, prévention à la racine de la société. Seule une société plus égalitaire, plus juste, où chacun à sa place et peut se réaliser, tout en laissant aussi les autres se réaliser.

Au lieu de celle-là, nous vivons dans une société de la concurrence exacerbée de tous contre tous, de pays contre pays, d’économie contre économie, d’entreprise contre entreprises, de travailleur contre travailleurs, de chômeur contre chômeurs, et même de SDF contre réfugiés. Dans notre société, la concurrence nous est inculquée dès le plus jeune âge, le sport est là pour ça, et le dopage n’est que la conséquence de cet état d’esprit de domination du plus fort. De plus les jeux vidéos, où il faut additionner les morts pour gagner, préparent très bien les esprits malléables des jeunes à passer du virtuel au réel.

Si nous ne changeons pas cette société, loin de diminuer, cette concurrence va être poussée jusqu’à la concurrence pour la survie. Avec le changement climatique mondial, les conditions de production, environnementales et alimentaires, vont dramatiquement changer. Soit nous limitons les changements et nous adaptons la société mondialisée à ces contraintes matérielles nouvelles, soit nous sommes condamnés à nous exterminer les uns les autres pour survivre.

Mais les autres ne ce laisseront pas exterminer comme cela (nous sommes tous l’autre de quelqu’un : riches ou pauvres, d’un pays ou d’un autre, d’une religion ou d’une autre…) et les prétextes ne manquent pas pour nous entre-tuer. Il ne restera aux moins équipés pour la bataille, aux moins libres, que l’arme des faibles, sacrifier sa vie pour sa cause, devenir terroriste ou même devenir kamikaze.

Si nous ne changeons pas la société, Les massacres comme celui de Paris ne peuvent que se multiplier, Or nous sommes à un moment décisif pour préparer, pour choisir, notre avenir. Les plus grands décideurs du monde, les chefs d’état de la plupart des nations, vont se réunir pour soit-disant limiter le réchauffement climatique à 2 degrés. Les scientifiques dénoncent, qu’en fait, ils ne vont rien limiter du tout, qu’aucunes mesures contraignantes ne seront prises, et que le réchauffement, déjà commencé, pourrait atteindre les 3 et même 4 degrés. Ces degrés multiplieront les catastrophes climatiques et donc les catastrophes humaines et sociales (inondations, sécheresses, ouragans, exodes massifs de population, guerres civiles ou/et nationales, et peut être jusqu’aux explosions nucléaires finales).

La COP 21 fixe les priorités de la société future. Or le choix des puissants à été d’écouter les sponsors qu’ils se sont choisis, le choix de se soumettre aux lobbies pétroliers et des énergies carbonées. Les émissions de CO2 vont donc continuer à augmenter. Non seulement il n’y aura pas de traité contraignant sur le climat, mais des traités climaticides vont être signés et être, eux, contraignants pour déréguler l’économie. Les traités de libre-échange, CETA, TAFTA, TTP… vont imposer les intérêts privés des multinationales sur l’intérêt général des générations futures. Non contents de ne pas légiférer pour stopper les émissions de CO2, les présidents vont bientôt signer pour l’abandon des droits de l’Humanité.

Stopper le TAFTA et les autres traités anti-souveraineté des peuples, doit être notre revendication comme résultat minimum et concret de la COP 21. Nous devons pouvoir manifester dans les rues de Paris et d’ailleurs, les 28 et 29 novembre et le 12 décembre 2015 pour exiger de choisir notre société et donc de choisir notre avenir. La sécurité qui compte le plus pour nous, c’est notre sécurité climatique, qui est cent fois plus importante que la sécurité contre quelques terroristes assassins qui nous terrorisent moins que l’avenir sanglant du réchauffement climatique.

La société civile doit pouvoir s’exprimer et exiger que ses choix soient respectés. Si le premier ministre interdit notre libre droit de manifester, va-t-il falloir, que des résistants du climat deviennent des terroristes du climat (les résistants de la dernière guerre étaient aussi appelés terroristes par le gouvernement de Vichy). En violant les libertés, les droits Humains (tant matériels que de libre pensée), notre gouvernement sème, non seulement le terrorisme aveugle des barbares de DAECH, mais obligera à un futur terrorisme ciblé des désespérés des conséquences du changement de climat.

Lu sur médiapart : http://blogs.mediapart.fr/edition/pole-emploi-mon-amour/article/161115/les-terroristes-ont-gagne-nos-libertes-vont-trinquer

Nous devons travailler à vivre ensemble

Pour combattre l’intégrisme religieux, il faut combattre le racisme. Nous devons apprendre à nous parler, ne pas faire de communautarisme. Nous devons apprendre à nous respecter les un.e.s les autres. Pourquoi ne pas faire des séances de vérité et de réconciliation ? Les valeurs de la France sont belles : Liberté – Égalité – Fraternité ; sauf que les slogans, vous avez beau les marteler, si dans les faits les gens ne les constatent pas, ils ne servent à rien ; il faut les faire vivre ces valeurs pour qu’elles aient un sens.

Personnellement, je pense qu’il faut démanteler ce qu’on appelle joliment les «quartiers populaires» et qui sont en réalité les bidonvilles du XXI ème siècle, dans lesquels s’entassent une bonne partie des déshérités de la population française, dont je suis moi même issu. Je pense qu’il est urgent de mélanger les origines de la population au lieu de les séparer, les diviser. Que les écoles ne soient pas comme à Besançon : le lycée Pasteur pour les fils de riches au centre-ville et le lycée Victor-Hugo à Planoise pour les fils de pauvres.

Le seul exemple positif que j’aurais à citer pour Besançon, mieux, que j’aimerais qui soit repris comme modèle au niveau national, c’est le quartier Battant. À mes yeux, meilleur exemple de mixité sociale et culturelle en France. Même si la mairie travaille à l’embourgeoiser depuis très longtemps. Le quartier Battant c’est des pauvres, des riches, des maghrébins, des français, des noirs, des juifs, des athées, des musulmans, des chrétiens, des artistes, des musiciens… C’est un quartier à taille humaine. Je ne vous dis pas que tout est rose dans ce quartier, mais dans l’ensemble il y a une très bonne ambiance, c’est une sorte de village en ville. Tout le monde se parle, se connaît au moins de vue et il y a peu de communautarisme. Il y a bien quelques intégristes (chrétiens et musulmans) et un facho aussi qui tient une boutique, mais ils se tiennent à l’écart et ne font pas de vague.

Travaillons donc, toutes et tous, à vivre ensemble, à rompre nos clivages, à construire une société juste pour toutes/tous, ou chacun.e a une place, ou personne n’est exclu. Ensemble, engageons nous pour construire un monde pacifique, c’est notre seul chance si nous ne voulons pas basculer dans l’horreur absolue.


Besançon: Face à «Big Brother»… Cartographie de la vidéo-surveillance !

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Souvenez-vous, au début de l’année 2012 nous apprenions le projet de la mairie PS de Besançon, d’installer 24 caméras de surveillance supplémentaires pour un total de 850.000 euros. Somme à laquelle il faut ajouter: 160.000 € par an, rien que pour les «frais» de personnel! C’est donc sans compter la maintenance, l’entretien, le remplacement des caméras…

Le maire lui même le reconnaissait à mi-mot dans cette phrase qui n’a d’ailleurs ni queue ni tête:

« Je ne dis pas que l’insécurité a réellement augmenté, je dis que le sentiment d’insécurité n’a pas baissé. » (voir Est Républicain 22/02/12)

Sans commentaires…

Le maire PS (Jean Louis Fousseret) aurait pu se contenter de son (stupide) projet et s’en tenir à ça. Mais il ne faut pas oublier que c’est un mégalomane (sans aucune grandeur toutefois) qui n’a pas de limite !

En effet, entre temps, et ce depuis que les travaux du Tramway sont sur la fin, des caméras de vidéo-surveillance en plus, ont fleuri un peu partout.

Pour faire face à cette véritable offensive sécuritaire de la part de la mairie, nous avons lancé avec quelques camarades, l’été dernier, une carte interactive de la vidéo-surveillance à Besançon. Cette carte est collaborative:

Capture d'écran du site Besançon sous-surveillancebesancon-sous-surveillance-quartier-PlanoiseCaptures d'écrans Besancon sous-surveillanceCaptures d’écrans du site «Besancon sous-surveillance»

Chacun-e est libre de se créer un compte et d’y ajouter de nouvelles caméras qu’il/elle a repéré, sur la carte, de s’informer, de passer comme ça, de participer aux projets de «sous-surveillance»

Pour vous rendre sur le site de cartographie de la vidéo-surveillance:

«Besançon sous surveillance»

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La liberté sous-surveillance… n’est pas la liberté !


Besançon: 200 personnes en solidarité avec l’Espagne pour le droit à l’IVG !

DSCN0627Malgré une pluie battante, le rassemblement en solidarité avec l’Espagne pour le droit à l’IVG (interruption volontaire de grossesse) des femmes, a réuni environ 200 personnes, ce qui est une réussite !

 

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Solidarité internationale ! Quand les droits des femmes sont attaqués, bafoués, détruits… TOUT le monde doit se sentir concerné-e-s !!

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Une petite vidéo du rassemblement qui est finalment parti en manifestation (vu le nombre de personnes) :

 

 

 

manifestation-besancon-1er-fevrier-2014-solidarité-ivg-espagne

À 19 H ce soir, nouveau rassemblement à Besançon contre la conférence d’Alain Escada organisée par l’association catholique integristes «Civitas». Pour plus de détails, voir article précèdent.


Peine confirmée pour 2 pussy riot, la troisième libérée

2012-10-01 Pussy Riot, Journée Mondiale Mobilisation, ToulMOSCOU – « Un tribunal d’appel de Moscou a confirmé mercredi la peine de deux ans de prison infligée à deux membres du groupe punk russe Pussy Riot mais ordonné la libération de la troisième jeune femme. Jugées coupables de vandalisme motivé par la haine religieuse, Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, et Maria Aliokhina, 24 ans, devront purger une peine de deux années d’enfermement dans un camp pénitentiaire. Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, qui avait écopé d’une peine identique en première instance et avait récusé ses avocats il y a dix jours, a en revanche vu sa peine suspendue par la cour d’appel. » (source : Reuters)


Appel: Libertaires et sans-concessions contre l’islamophobie

Libertaires et sans-concessions contre l’islamophobie !

Anarchistes, communistes libertaires, anarcho-syndicalistes, autonomes, artistes, organisés ou non-organisés, nous faisons part de notre condamnation totale de l’islamophobie sous toutes ses formes. Nous affirmons que l’islamophobie est une forme de racisme.

Nous avons le désagréable pressentiment, au regard de l’actualité, que l’islamophobie, comme un racisme respectable et vertueux, devient l’un des ressorts privilégiés de la gauche au pouvoir et de la gauche bien-pensante. Nous faisons le constat exaspérant que les thématiques progressistes comme le féminisme, la laïcité ou la liberté d’expression sont régulièrement invoqué pour le justifier. Le fait qu’en février, à peine passé à gauche, le Sénat ait voté une loi d’interdiction de certains emplois aux femmes voilées ne fait que confirmer nos craintes. Il en est de même quant aux comportements et discours néo-coloniaux et racistes du Parti de Gauche et des organisateurs du fameux débat sur « comment faire face au Front national » (sic) à la Fête de l’Humanité (1.)

Les conséquences de l’islamophobie sont grandes pour celles et ceux qui la subissent : des lois liberticides votées ces dernières années jusqu’aux discriminations insidieuses, parfois flagrantes (par ex : les 4 animateurs de Gennevilliers suspendus car faisant le ramadan), sans parler des insultes et agressions diverses. Ces attaques racistes risquent fort de croître, et nous devons nous préparer à les combattre sans aucune ambiguïté.

En tant que libertaires nous réfutons et combattons tout raisonnement islamophobe porté au nom de l’idéologie libertaire et avons décidé de l’affirmer clairement par cet appel.

Parce que nous pensons qu’au sein du discours médiatique dominant, journalistique et politique, certains « philosophes », « dessinateurs » et « écrivains » surmédiatisés, comme Michel Onfray, Caroline Fourest ou l’équipe de Charlie Hebdo, participent de cette islamophobie ambiante et de sa propagation en se positionnant parfois comme libertaires, ou en agissant au nom de la tradition et de l’idéologie libertaire.

Parce que nous constatons que certains secteurs de « notre famille politique » sont imprégnés par l’idéologie islamophobe, et cela est insupportable. Cela se traduit au mieux par un désintérêt pour cette question (parfois par une condamnation certes claire de l’islamophobie mais couplée de moult rappels du combat primordial contre l’aliénation religieuse), au pire par le refus de reconnaitre l’islamophobie comme un racisme voire par le fait de s’affirmer islamophobe au nom d’un anticléricalisme primaire importé de contextes historiques différents, voire par des connivences et compromissions inacceptables, heureusement marginales mais pas assez vigoureusement condamnées.

Certaines choses doivent donc être rappelées à nos « camarades » :

NON, le terme islamophobie n’a pas été inventé par le régime iranien pour empêcher la critique de l’islam comme le proclame Caroline Fourest, le terme existait d’ailleurs déjà au début du XXème siècle.
NON, combattre l’islamophobie ne nous fait pas reculer devant les formes d’oppression que peuvent prendre les phénomènes religieux. Nous apportons ainsi notre soutien total à nos camarades en lutte au Maghreb, au Machrek et au Moyen-Orient qui s’opposent à un salafisme qui prend là-bas les formes réactionnaires et fascistes, et cela au plus grand bénéfice de l’impérialisme occidental.
NON, tous les musulmans qui luttent contre les lois islamophobes ne sont pas des crypto-islamistes ni des communautaristes venus faire du prosélytisme ou souhaitant interdire le blasphème. Beaucoup d’entre eux et elles sont des acteurs et actrices du mouvement social à part entière. Ils et elles luttent, s’auto-organisent, se battent pour leurs droits, contre le patriarcat, le racisme et pour la justice sociale au quotidien en revendiquant la spécificité de leurs oppressions et en pointant les contradictions qu’il peut y avoir au sein d’un certain discours « militant ». Critiquer leur façon de s’organiser ou de militer est une chose, les disqualifier par un discours marginalisant et raciste en est une autre.

La critique récurrente faite à ceux qui parlent d’islamophobie (2.) est qu’ils sont les porteurs d’un concept qui produirait du communautarisme. Nous disons que l’islamophobie est la politique de l’Etat envers de nombreux fils d’immigrés. Cette politique, il l’avait déjà expérimentée avec certains colonisés. L’islamophobie est bien un instrument de la domination, ce que le Palestinien Edward Saïd décrivait comme « la longue histoire d’intervention impérialiste de l’Occident dans le monde islamique, de l’assaut continu contre sa culture et ses traditions qui constitue un élément normal du discours universitaire et populaire, et (peut-être le plus important) du dédain ouvert avec lequel les aspirations et souhaits des musulmans, et particulièrement des Arabes, sont traités (3.) » Dans la parfaite lignée de la structure de « l’orientalisme », l’Occident disqualifie l’Orient par le prisme de l’islamophobie et régénère par là sa pseudo-supériorité morale. Assumée ou dissimulée, cette structure de pensée gangrène une vaste partie du champ politique progressiste.

L’islamophobie n’est donc pas un concept flottant manié par des militants mal intentionnés, comme certains réactionnaires se plaisent sournoisement à l’inventer, mais une politique de la domination, de l’Etat post-colonial, qui imprime les corps des dominés. Dénoncer l’islamophobie n’est pas non plus l’apanage d’une communauté qui chercherait à se défendre. C’est au contraire un langage raciste de peur permanente qui désigne le paria sous les traits imprécis du musulman. A Salman Rushdie qui affirme lui aussi que l’islamophobie n’existe pas, car les musulmans ne sont pas une race, il faut rappeler, à lui et à tous ceux qui connaissent si mal l’histoire du racisme en Europe, que l’antisémitisme concerne les juifs, qui ne sont pas non plus une race.

Ce langage voudrait aussi imposer une assignation : tout arabe, tout africain, ou parfois tout être, ayant l’islam comme part de sa culture et comme part de son histoire serait un être essentiellement réactionnaire, fondamentalement religieux, et donc incompatible avec les principes fondamentaux républicains – principes par ailleurs complètement désincarnés, qui ne servent que pour justifier cette exclusion. Comme l’a montré Frantz Fanon, le colonisé, « par l’intermédiaire de la religion, ne tient pas compte du colon ». « Par le fatalisme, toute initiative est enlevée à l’oppresseur, la cause des maux, de la misère, du destin revenant à Dieu. L’individu accepte ainsi la dissolution décidée par Dieu, s’aplatit devant le colon et devant le sort et, par une sorte de rééquilibration intérieure, accède à une sérénité de pierre (4.) »

Assigner les colonisés, et aujourd’hui les fils d’immigrés, à une religion, relève d’une dynamique de domination expérimentée dans les anciennes colonies. Les islamophobes n’ont peur que d’une chose : que les dominés s’emparent des armes de la critique sociale et de la philosophie, car c’est sur ce terrain que se prépare leur défaite, sur ce terrain que la lutte sociale se déploie et nous réunit.

Au-delà de l’islamophobie, ce problème soulève le peu d’intérêt et d’engagement contre le racisme visant les enfants d’immigrés issus de la colonisation. Ce sont aussi toutes les questions liées aux quartiers populaires qui font les frais d’un déficit d’engagement de la part du mouvement social. Pour preuve le peu de personnes militant contre les violences policières et les crimes racistes et sécuritaires.

Les populations issues de la colonisation, qu’elles soient noires, arabes, musulmanes, habitantes des quartiers populaires, ont décidé de ne plus rester à la place où l’on veut les assigner et s’affirment comme forces politiques en s’auto-organisant. Nous devons avancer côte à côte et lutter contre le racisme sous toutes ses formes, de toutes nos forces.

L’islamophobie dominante, encouragée par tous les pouvoirs occidentaux, est aussi l’occasion de diviser ceux qui devraient s’unir, et unir ceux qui devraient être divisés. Dans une société régie par le spectacle, elle a en outre pour fonction de jeter de vastes écrans de fumée sur les réalités sociales. Ne tombons donc pas dans le piège !

Enfin ce problème pose aussi la question d’une sorte d’injonction à l’athéisme, condition sine qua non pour prendre part à la guerre sociale et militer dans une organisation libertaire. Il serait donc impossible ou infondé d’exprimer sa foi si l’on est croyant, tout en partageant certaines convictions progressistes. Nous nous opposons à l’essentialisation des croyants et du phénomène religieux, qui se fait sans donner la parole aux premiers concernés, et qui nous conduit aujourd’hui aux pires amalgames.

Notre opposition sans concession à l’islamophobie, en tant que libertaires, doit se faire entendre sur cette question. Nous sommes aussi le reflet d’un certain nombre de contradictions: de même que nous sommes traversés par les rapports de domination sexistes ou homophobes, ce qui est aujourd’hui (plus ou moins!) reconnu par le mouvement libertaire, nous devons reconnaitre l’être aussi par les rapports de domination racistes, postcoloniaux et faire le travail qui s’impose, dans le contexte social où l’on se trouve.

Contre cette arme coloniale de division massive et de « régénération du racisme » qu’est l’islamophobie, contre la construction d’un nouvel ennemi intérieur, nous affirmons en tant que libertaires notre solidarité avec celles et ceux qui luttent et s’auto-organisent contre cette oppression, et appelons au sursaut antiraciste partout pour les mois et les années à venir.

1. Article de Pierre Tevanian et Saïd Bouamama : Caroline Fourest, l’incendiaire qui crie « au feu! »
http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/180912/caroline-fourest-lincendiaire-qui-crie-au-feu
2. Voir les propos du très libéral Nasser Suleyman Gabryel qui récuse carrément l’usage du mot: http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/04/critique-du-concept-d-islamophobie_1728053_3232.html
3. Edward W. Saïd, L’Islam dans les médias.
4. Frantz Fanon, Les damnés de la terre.

Premiers signataires :

Nicolas Pasadena (Alternative Libertaire), Skalpel, E.one et Akye (BBoyKonsian-Première Ligne), Fred Alpi, Samuel Idir (Journal L’Autrement), Docteur Louarn (CNT-BZH), K-listo (Soledad), Aodren Le Duff (CNT), Subversive ways, Yly, Sophie B (CNT), George Franco, Marouane Taharouri (Alternative Libertaire), JM Smoothie (CNT-BBoyKonsian), Samia (BBoyKonsian), Elie Octave (Sud-Etudiant), Haythem Msabhi – Mouvement Désobéissance (Tunisie), Rabaa Skik (Artiste plasticienne), Zack O’Malek (Journal L’Autrement), Rola Ezzedine (Professeur d’histoire), Isabelle Vallade (Collectif Bordonor), Christophe Ceresero (NPA – CLA), Simo Shmaa, Michaël Courrouyan (Quidam bordelais), Mariam Seri-Sidibe (Travailleuse sociale – NPA), Adeline Dehel (Alternative Libertaire), Devi Neserelic, Guilhem Theron (Alternative Libertaire – Sud-Etudiant ), Chris (OVBT), Edouard Gloanec, Thibaut Hoerner, Marc Boué (Alternative Libertaire), Serge Quadruppani (Ecrivain, traducteur), Olivier René Faye, Hugues Pineau (Alternative Libertaire), Mathias Caldato (CNT-BZH), Faiçal Marzaq (Communiste libertaire marocain), Michaël Jacques (FA), Ronny Guinguette (Alternative Libertaire), Soraya El Kahlaoui, François Brun (NPA), Fahima Laidoudi (Militante Anticapitaliste des Quartiers Populaires), Nino (CNT-Lille), Charles Lemoine, Samia Ammour (Féministe internationaliste), Timothée Chopin, Monsieur Saï, Duval Mc, Dany (Alternative Libertaire), Absone Samsa (Chômeur), Samuel Morville (Alternative Libertaire), Bilal/Robin Meerbergen (Educateur – Bruxelles), Jean-Marc Capellero (Alternative Libertaire), Donà Denis, Gwenola Ricordeau, Lola Gonzalez-Quijano, Mathieu Rougier (Comités Syndicalistes Révolutionnaires – Redskins Limoges), Pierre (Sud-Etudiant), Geosmin Petrichor, Valérie de Saint-Do, Charlette Ternaux, Bruno Bourgarel, Samuel Hayat (Enseignant-Chercheur en science politique), Zoé, Sébastien Marchal (Alternative Libertaire), Gisèle Felhendler (Militante internationaliste, antiraciste et anticolonialiste), Antoine Lacoste, Geko, Bastos (OVBT), Aubry (OVBT), Alexandru Stefan (Communiste libertaire et immigré roumain), Rotabé (Union antifasciste toulousaine), Hervé Fuyet, Céline-Mèméd (Rêves…olutionnaire), Sreyo (La Casa DIY, Antifa Grenoble), Jam Cavarec (Travailleur indépendant), Martine Masquerel, Jean-Guy Greilsamer (UJFP), Michèle Sibony, François de Reilhan (Altermondialiste), Zaidi Nasséra (Enseignante, citoyenne et fille d’immigrés), Dominique Bourdel, Thibaut Michoux (NPA), Sélim Nadi, Pierre Stambul (Communiste libertaire et militant antisioniste pour la Palestine), Amale Samie (Anarchiste – Casablanca), Stéphane Lavignotte (Militant écolo-libertaire, pasteur, membre de la coordination du Christianisme social), Noëlle Guilbon (Militante féministe), Reda Kellil, Daniel Lévyne (UJFP), Irène Steinert (UJFP), Dominique Ventre (UJFP), Georges Gumpel (Retraité, juif, UJFP), Suzanne D’Hermies (Enseignante, Collectif des Féministes Pour l’Egalité et Mamans toutes Egales), Christine Delphy, Jean-Jacques Rue (Cinémas Utopia / Siné Mensuel), Abdelaziz Chaambi (Président de la Coordination contre le Racisme et l’islamophobie), Rodrigo Avellaneda, Stéphanie Fernàndez Recatalà, Indicible, Munia Ewanjé Epée Boggio (NPA), Sébastien Prieur (Comédien), Tarik Bouriachi, Messaouda Benraad (Mille babords-Marseille), Freez (Stamina), Florian.T.Pier.R (Alternative Libertaire), Keyes (CNT-Lille), Alexandra Josse (Association d’éducation Populaire Gudule et Galipette), Samuel Burette (CNT), Clémence (Alternative libertaire), Philippe de Reilhan, Aurélien Botteaux (OCL Strasbourg), Caroline Kappes, Jacques Livchine (Metteur en songes), Claudine Duss (Libertaire anarchiste), Édith Rappoport (Malakoff), Félicien (Union Antifasciste Toulousaine)…

Pour figurer parmi les signataires, envoyez un mail à cette adresse: akye@bboykonsian.com

Source: http://lautrement93.over-blog.com/article-appel-libertaires-et-sans-concessions-contre-l-islamophobie-110827688.html