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Fascisme : Novembre noir en Pologne

effigie-d'un-juif-bruléL’effigie d’un Juif tenant le drapeau européen brûle au milieu de la ville. Autour du bûcher, un   groupe de manifestants scandent des slogans anti-réfugiés et anti-européens.Ils brandissent des banderoles racistes. Les policiers présents sur les lieux ne bronchent pas et se contentent de regarder. C’est une scène nocturne surréaliste. On se croirait en Allemagne dans les années 30 du 20ème siècle. Mais cette scène se passe en Pologne, à Wroclaw, au milieu du mois de novembre de cette année. Et toute la Pologne a pu la voir sur les différentes chaînes de télévision et sur les réseaux sociaux. Depuis l’arrivée au pouvoir du parti dit conservateur PIS (Droit et Justice) après les élections du 25 octobre 2015, les frustrés de la démocratie polonaise, les aigris, les racistes, les antisémites sortent au grand jour en étalant leur haine. Ils sentent qu’ils ont le feu vert: tout ce que le nouveau gouvernement  a dit ou fait en une semaine à peine au pouvoir va dans leur direction.

DRÔLE DE GRÂCE

Sous le nouveau régime, la première décision du président de la République, M. Andrzej Duda, a été de gracier un ancien ministre condamné en première instance et dont la cause est actuellement en appel. M. Mariusz Kaminski, ex chef du Bureau Central Anti-corruption a  été condamné au mois de mars de cette année à trois ans de prison et dix ans de non-éligibilité pour abus de pouvoir dans l’exercice de ses fonctions. Lui accorder la grâce présidentielle alors que sa peine n’est pas encore exécutoire revient à violer la Constitution et constitue une ingérence évidente dans le domaine de la justice. Cela n’a pas l’air de déranger le président nouveau-regiùepolonais: « C’est une mesure qui décharge le tribunal». Cet acte est ressenti comme un véritable camouflet non seulement par le juge qui s’est occupé de ce dossier mais également par ses collègues. Il augure mal de l’avenir de la séparation des pouvoirs en Pologne.

Dans la même veine, le parlement s’occupe actuellement du Tribunal constitutionnel. Dans la nuit du 25 novembre, il a annulé les nominations des juges choisis par le parlement précédent. Par ailleurs début novembre, le président du PIS, Jaroslaw Kaczynski a annoncé la refonte du système scolaire. Il entend supprimer les gymnases, c’est-à-dire les écoles intermédiaires entre le primaire et le secondaire, un système réintroduit dans l’éducation polonaise en 1999.Après la réforme, estime-t-il dans une interview au quotidien «Rzeczpospolita», « tous les élèves ne seront pas des génies mais ils seront disciplinés. » Entendez par là, obéissants au pouvoir en place. Car, selon la premier-ministre Beata Szydlo, le PIS entend former une nouvelle génération des Polonais dotée «  d’une identité nationale et patriotique forte. »

Premier pas dans cette direction: Mme Szydlo a décidé de supprimer les drapeaux européens lors de toutes les apparitions officielles du gouvernement. Pour elle, rien de plus beau que le blanc et rouge (pour rappel, sous le gouvernement précédent, ces drapeaux alternaient avec les drapeaux polonais).

TENTATIVE DE CENSURE

police-polognePar ailleurs, le nouveau ministre de la culture, M.Piotr Glinski (également vice-premier ministre du nouveau gouvernement) a réclamé l’interdiction du nouveau spectacle au Théâtre Polonais de Wroclaw car, sans l’avoir vu, il le juge pornographique. Il s’agit de la mise en scène d’une pièce de l’Autrichienne Elfriede Jelinek, prix Nobel de littérature 2004. La première de ce spectacle vient d’avoir lieu car le maire de Wroclaw ne s’est pas laisse intimider. Mais à l’entrée du théâtre, les spectateurs ont dû affronter un groupe de manifestants (parmi lesquels on reconnaissait les «brûleurs» de Juifs) entonnant des chants religieux et bloquant le passage. Cette fois, la police est intervenue pour rendre le lieu accessible.

Au final, 20 personnes ont été arrêtées, 12 passeront devant le tribunal.

LA TV PUBLIQUE EN LIGNE DE MIRE

Invité, deux jours après, à la TV polonaise, le ministre Glinski a refusé de répondre aux questions de la journaliste (portant notamment sur les raisons de sa volonté de censure). L’interview s’est mal passée. Manifestement, M.Glinski souhaitait profiter de son passage à l’antenne pour faire ex cathedra une déclaration «orbi et urbi». Mais la journaliste, Karolina Lewicka ne s’est pas laissée faire:  « Lorsqu’un politicien désire faire des déclarations, il convoque une conférence de presse. Ici, c’est une émission de débats, les politiciens connaissent ses règles et ils répondent aux question. » Hors de lui – et toujours Karolina Lewicka.en direct – le ministre de la culture a promis de faire de l’ordre à la télévision polonaise. « Cela ne se passera pas comme ça ! » A la sortie du studio, une équipe a suivi le ministre au vestiaire. Une journaliste (une autre) l’a bombardé de questions concernant ses compétences dans le domaine de la culture (c’est un technicien). Devant son mutisme, elle a lâché une dernière question : « Vous allez vous taire comme ça pendant les quatre prochaines années ? »

 

Cette non  in-interview a fait le tour des réseaux sociaux.

 C’est également d’abord par les réseaux sociaux que l’on a appris dès la fin de l’émission, que Karolina Lewicka a été suspendue dans ses fonctions de présentatrice par le directeur de la TV polonaise. Selon lui, elle avait rompu avec « les standards journalistiques » . Cette suspension sera cependant examinée le lendemain par la commission éthique.

Source : http://polognexpress.eklablog.fr/novembre-noir-en-pologne-a119397474


Le criminel nazi Laszlo Csatary retrouvé à Budapest

Le criminel nazi le plus recherché au monde, Laszlo Csatary, âgé de 97 ans et accusé de complicité dans la mort de 15 700 juifs pendant la seconde guerre mondiale, a été retrouvé à Budapest, a indiqué dimanche 15 juillet le directeur du bureau du Centre Simon-Wiesenthal en Israël.

 

 

 

L'article du tabloïd britannique "The Sun", dimanche 15 juillet.

 

 « Je confirme que Laszlo Csatary a été identifié et retrouvé à Budapest« , a déclaré Efraim Zuroff. Le tabloïd britannique The Sun « a pu le photographier et le filmer grâce à des informations que nous avions fournies en septembre 2011 », a-t-il ajouté.

 

 

 Le quotidien britannique a annoncé dimanche sur son site en ligne que le criminel de guerre nazi hongrois avait « été identifié et retrouvé » dans la capitale. « Il y a dix mois, un informateur nous a donné des renseignements qui nous ont permis de localiser Laszlo Csatary à Budapest. Cette informateur a reçu la prime de 25 000 dollars que nous accordons contre des informations permettant de retrouver des criminels nazis », a expliqué M. Zuroff dans un entretien téléphonique.

Il a ajouté que les informations sur la localisation avaient été transmises en septembre 2011 au parquet de Budapest. Le procureur adjoint de la République dans la capitale, Jenö Varga, n’a pas été en mesure de confirmer l’information, se bornant à déclarer dimanche : « Une enquête est en cours. Le parquet étudie les informations reçues. »

« UN COMPARSE »

Serge Klarsfeld, président de l’Association des fils et filles de déportés juifs de France, s’est montré sceptique sur les suites judiciaires que le gouvernement de Hongrie allait réserver au criminel : « Je ne suis pas sûr qu’il y aura des suites judiciaires avec ce gouvernement conservateur » du premier ministre Viktor Orban, a-t-il déclaré.

M. Klarsfeld a par ailleur souligné n’avoir jamais entendu parler de Laszlo Csatary. « A mon avis, il n’avait pas de grandes responsabilités, ce devait être un comparse », a-t-il estimé. Si Laszlo Csatary est considéré aujourd’hui comme le criminel « le plus recherché » c’est parce que, selon lui, « il n’en reste aujourd’hui que peu en fuite », et qu’ils sont « tous âgés de plus de 90 ans ».

M. Efraim Zuroff a transmis la semaine dernière de nouvelles pièces à conviction au parquet de Budapest concernant l’implication de Laszlo Csatary dans la déportation de juifs, a indiqué dimanche dans un communiqué le Centre Simon-Wiesenthal. « Ces nouvelles preuves renforcent les accusations déjà très graves contre Csatary et notre insistance pour qu’il rende compte de ses crimes. Le temps qui passe ne diminue en rien sa culpabilité et la vieillesse ne doit pas constituer une protection pour les auteurs de l’Holocauste », a déclaré M. Zuroff.

CHEF DE LA POLICE DU GHETTO DE KOSICE

Les enquêtes du Centre Wiesenthal, qui porte le nom d’un célèbre chasseur de nazis juif autrichien décédé en 2005, ont permis de retrouver des dizaines de criminels nazis à travers le monde. En avril, il avait placé Laszlo Csatary en tête de la liste des criminels de guerre qu’il recherche.

Lire : « Simon Wiesenthal, l’homme qui refusait d’oublier’, de Tom Segev »

L’homme avait dirigé la police dans le ghetto de Kosice (Kassa en hongrois, Kaschau en allemand), situé aujourd’hui en Slovaquie, où 15 700 juifs avaient été assassinés – pour l’immense majorité déportés vers le camp d’extermination d’Auschwitz, en Pologne, pendant l’occupation par l’Allemagne nazie de ce qui était alors la République de Tchécoslovaquie.

Des reporters du Sun ont retrouvé la trace de Laszlo Csatary à son domicile à Budapest, un appartement de deux pièces, à la sonnette indiquant le nom de « Smith ». « Je n’ai rien fait, partez d’ici », a-t-il déclaré en leur claquant la porte au nez. « C’est la quatrième fois que le Sun collabore avec nous pour faire pression sur des autorités qui traînent les pieds pour retrouver des nazis », a expliqué Efraim Zuroff.

MARCHAND D’ART

Lazlo Csatary traitait les juifs du ghetto avec cruauté, fouettant les femmes et les forçant à creuser des tranchées à mains nues, a-t-il ajouté. Condamné à mort par contumace en 1948 en Tchécoslovaquie, il s’était réfugié au Canada, à Montréal et Toronto, où, sous une fausse identité, il s’était établi comme marchand d’art. En 1995, les autorités canadiennes avaient découvert sa véritable identité. Il s’était alors enfui en Hongrie, a indiqué Efraim Zuroff. Il avait auparavant reconnu devant des enquêteurs canadiens sa participation à la déportation de juifs, tout en affirmant que son rôle avait été « limité ».

Le 3 septembre 2011, un autre Hongrois, Sandor Kepiro, suspecté de crimes de guerre en Serbie en 1942, mais finalement acquitté pour « manque de preuves », était décédé à Budapest à l’âge de 97 ans. Au moins 1 246 civils, juifs et serbes, avaient péri lors d’un massacre commis entre les 21 et 23 janvier 1942 à Novi Sad, ville qui se trouve actuellement en Serbie, alors annexée par la Hongrie, alliée de l’Allemagne nazie. Sandor Kepiro répondait personnellement de la mort de 36 personnes dont il aurait ordonné l’exécution, selon l’accusation. Il s’était toujours déclaré innocent et figurait, avant Laszlo Csatary, en tête de la liste des criminels de guerre les plus recherchés du Centre Simon-Wiesenthal.

Sur cette liste figure un autre criminel de guerre nazi hongrois, Karoly Zentai, accusé de déportations de juifs à Budapest en 1944 et réfugié depuis une soixantaine d’années en Australie, pays dont il a acquis la nationalité. En 2005, la Hongrie avait demandé son extradition, jusqu’à présent sans succès.

Source: http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/07/15/le-criminel-nazi-laszlo-csatary-photographie-a-budapest_1733918_3214.html

Liste des criminels nazis toujous recherchés :

1) LASZLO CSATARY, Hongrie

Ancien chef de la police hongroise dans le ghetto de Kosice, situé aujourd’hui en Slovaquie, où 15.700 juifs ont été pour certains assassinés et pour l’immense majorité déportés vers le camp d’extermination d’Auschwitz (Pologne), pendant l’occupation par l’Allemagne nazie de ce qui était alors la République de Tchécoslovaquie.

2) GERHARD SOMMER, Allemagne

Ancien sous-lieutenant de la 16e division SS Reichsfuhrer, il a été condamné par défaut en juin 2005 à la prison à perpétuité pour le massacre de 560 civils italiens en 1944 en Toscane. Il fait l’objet d’une enquête depuis 2002 en Allemagne mais aucune charge criminelle n’a été lancée contre lui, selon le Centre.

3) VLADIMIR KATRIUK, Canada

Membre d’un bataillon ukrainien, il est accusé d’avoir participé à des atrocités commises contre des civils en Biélorussie entre 1942 et 1944. Après la guerre, il a séjourné en France puis a émigré au Canada. En 1999, la Cour fédérale l’a déchu de la nationalité canadienne, jugeant qu’il avait menti dans le but de l’obtenir. Par la suite, les autorités ont renversé la décision de révoquer sa citoyenneté et lui ont permis de demeurer au pays.

4) KAROLY ZENTAI, Australie

Ex-soldat hongrois, il est accusé de persécutions et de meurtres de juifs à Budapest en 1944. Réfugié après la guerre en Australie, il a acquis la nationalité australienne. En 2005, la Hongrie a demandé son extradition, jusqu’à présent sans succès.

5) SOEREN KAM, Allemagne
Ex-membre de la division blindée SS Viking, il est accusé d’avoir enlevé en 1943 un journaliste danois, Carl Henrik Clemmensen, tué de huit balles et retrouvé à Lundtofte, au nord de Copenhague. D’origine danoise, Soeren Kam s’est réfugié en Allemagne où il a obtenu la nationalité allemande en 1956. Le Danemark a demandé à deux reprises son extradition qui a été refusée.