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Prison : Briser les barreaux – Pour en finir avec ce modèle archaïque

C’est désormais une tradition locale, pour la 9ème année consécutive, et de manière complètement autonome, avec quelques camarades nous organisons un feu d’artifice pour les détenus de la maison d’arrêt de la Butte et plus généralement en solidarité avec tou.te.s les embastillé.e.s !

Parce que la prison n’a jamais été, et ne sera JAMAIS une solution ! Nul besoin d’être un.e spécialiste, il n’y a qu’à observer les chiffres : 59% de récidives ! [1] (contre 20% dans les pays scandinaves qui ont choisi la voie de la réhabilitation à celle de la prison) La prison en France ne consiste pas seulement en la « privation de liberté », il y a une véritable volonté de brimer les détenu.e.s, de saper leur moral, de leur infliger une double peine quelque part. Les symboles judéo-chrétiens ne sont pas bien loin, le/la détenu.e doit faire « amende », payer par le « châtiment », pour ses « péchés », Amen. Les matons sont les nouveaux garde-chiourmes, payés pour brimer les détenu.e.s, briser la confiance qu’ils/elles ont en eux/elles… ce qui leur ôte presque tout espoir, presque toute dignité, donc presque toute possibilité de reconstruction dans cette (mortifère) société.

Alors certain.e.s de vous vont se demander si je débloque quand je dis, en tant qu’anarchiste, que je suis contre la prison ; certains vont se demander que ferons-nous des pédophiles, des violeurs et des meurtriers, c’est légitime. Sachez que je n’ai pas de solution miracle, que je souhaite tout réinventer avec vous tou.te.s, aucun.e anarchiste sincère ne peut vous proposer un « mode d’emploi » dans aucun domaine ! Néanmoins, rien ne nous empêche individuellement ou collectivement dans des organisations d’avoir des réflexions à ce sujet.

D’abord, il faut savoir que dans les chiffres clés de la Justice 2017, sur 1.029.712 condamnations pénales prononcées, seulement 2432 concernaient des crimes, 608.803 des délits et 418.477 concernaient des contraventions. (source : justice.gouv.fr)

Comme vous pouvez le voir, les meurtriers, violeurs, pédophiles ne représentent qu’une infime minorité des procédures. De plus, plus le crime est grave, moins le taux de récidive est important ; ainsi 4% des violeurs récidivent et 3,6% des meurtriers contre 17% chez les voleurs/receleurs.

Personnellement même si je suis persuadé qu’à long terme il faudra détruire la prison, engager une vraie réflexion sur la réparation des fautes, je suis contre le fait de relâcher dans la nature violeurs, pédocriminels et assassins. Bien sûr dans mon idée nous pourrons assouplir leur peine, le but n’est pas de faire souffrir le/la détenu.e comme c’est le cas actuellement, c’est inefficace, cela empêche le/la détenu.e de se réhabiliter et donc augmente le risque de récidive. L’idée ici est de protéger la société, pas de brimer ; je pense notamment aux pédocriminels qui subissent la triple peine, les autres détenus ainsi que les matons sont souvent plus durs que le procureur envers eux, certains se faisant même un devoir de les violer. Vous percevez la spirale ?

Vous l’aurez compris je n’ai pas de solution extraordinaire pour ce type de détenu.e, nous devrons réfléchir tou.te.s ensemble à quelque chose d’efficace. Je reste persuadé qu’une société qui maltraite, tourmente ces personnes, s’abaisse quelque part à leur niveau et leur renvoie une image extrêmement négative. Pourquoi chercheraient-ils/elles par la suite à s’intégrer, devenir quelqu’un de meilleur, dans une société qui est intrinsèquement mauvaise, où rien n’élève l’esprit ? Où tout n’est que brimade, violence, culture du viol… ??? La prison sert juste à ne surtout pas remettre en question le modèle qui produit la/le détenu.e, à diviser le monde entre « gentils » et « méchants », comme si il n’y avait pas de nuances, comme si il n’y avait pas de causes à ces effets. C’est comme la médecine marchande, qui propose des remèdes aux effets du capitalisme sur nous. Un bon exemple est la dépression : hop ! On te met sous antidépresseurs. Cela ne change absolument rien au fond de ton problème, cela te permet juste d’atténuer tes maux, de les rendre plus supportables, pour pouvoir continuer à être exploitable par le système.

Parlons maintenant de la majorité des détenu.e.s, celles/ceux qui ont commis des délits (vol/recel, trafic de stupéfiants…), je suis pour leur libération immédiate. Ils ne représenteront plus une menace dans une société qui aura aboli l’argent, le salariat, qui aura instauré le partage équitable des richesses entre tou.te.s. Pourquoi voler ce que je pourrai avoir en échange d’autre chose ou d’un service ? Tou.te.s au service de tou.te.s !

Idem pour le trafic de stupéfiants, il disparaîtra puisque la misère qui l’engendre ne sera plus également, il n’y aura plus lieu de s’enrichir pour se sortir partiellement de sa condition. Quand aux consommateurs, ils/elles pourront trouver des produits de qualité, qui ne sont pas coupés pour être rentabilisés, faire leur propre culture, échanger entre elles/eux dans des groupes, échanger avec des professionnels de santé… La prévention aidera bien plus que la répression, la parole plus que le silence et la prohibition, qui eux engendrent le trafic, le repli sur soi à cause du stigmate « drogué.e » et donc augmente les attitudes à risque avec les drogues.

Il m’est difficile de parler du trafic de stupéfiants sans parler de ce ceux à qui profite le crime. Bien souvent, on entend parler du dealer qui se ferait plusieurs milliers d’euros par jour. Je ne dis pas que c’est impossible, simplement que ce n’est qu’un petit maillon de la chaîne. Ceux à qui cela profite vraiment ne vivent pas en cité HLM, ils ont de magnifiques propriétés, ceux-là sont rarement inquiétés. Pourtant sans eux le trafic serait fortement limité. En effet, comment la drogue passerait-elle si facilement les frontières ? Il faut bien corrompre à tous les niveaux pour écouler des tonnes de produits stupéfiants sur un territoire. Encore une fois je ne tiens pas à viser le petit maillon de l’immense chaîne, le douanier, mais plutôt le haut du panier, comme par exemple l’ex chef de la brigade des stups, François Thierry, soupçonné d’implication dans un vaste trafic, ayant notamment protégé Sofiane Hambli, l’un des plus gros trafiquants d’Europe, qui vivait luxueusement à Paris dans un appartement de 300 mètres carrés, boulevard Exelmans.

En conclusion j’insiste sur le fait que la prison ne résout absolument rien, elle n’est que la mise en scène d’une pièce de théâtre, dans laquelle se jouent des drames humains bien réels, eux. Elle permet la perpétuation sans fin de ces drames, sans jamais s’attaquer aux racines des maux. Sur environ 1.000.000 de condamnations pénales, l’ensemble des crimes ne représente que 0,24% du total. La surpopulation carcérale est fabriquée de toutes pièces par les dirigeants pour engraisser les investisseurs privés, qui font encore une fois fortune sur la misère.

Par ce feu d’artifice, nous affirmons notre solidarité avec tou.te.s les personnes incarcéré.e.s, sans distinction, dans le monde entier. Nous affirmons notre refus ce ce monde fait de barrières, de clôtures, de frontières et de prisons, qui ne résolvent absolument rien pour nous. Tournons enfin la page avec ce modèle inefficace et contre-productif au possible !

[1] Étude de 2011 d’Annie Kensey, chercheuse et démographe de l’Administration pénitentiaire


Argentan: Mutinerie à la prison

prison-Argentan

Selon France3 Normandie, une émeute aurait éclatée cet après-midi  à la prison d’Argentan (Orne/Basse-Normandie) et serait encore en cours. Lire la suite


Italie: Actions de solidarité avec les émeutiers condamnés du G8 de Gênes 2001

https://i1.wp.com/cettesemaine.free.fr/spip/IMG/jpg/g8francia.jpgLe 17 juillet 2012

Rome : une centaine d’années de prison confirmée en cassation contre 10 émeutiers du contre-sommet de Gênes en juillet 2001

Synthèse effectuée par nos soins à partir de la presse italienne et de sites anarchistes. On pourra trouver là la déclaration d’un des compagnons condamnés devant le tribunal, ainsi qu’un tract des compagnons de Gênes suite au verdict en première instance : “Cette Semaine” n°95, printemps 2008, p.34-35.
http://cettesemaine.free.fr/cs95.pdf

Le 13 juillet 2012, la Cour de Cassation de Rome a rendu son arrêt contre dix manifestants arrêtés à Gênes, lors du contre-sommet du G8 des 20 et 21 juillet 2001.
http://lechatnoiremeutier.wordpress.com/2012/07/14/rendu-du-proces-du-contre-sommet-du-g8-de-genes-de-2001/

Elle a confirmé leur condamnation pour « dévastation » et « pillage », avec des peines de six à quinze ans de prison (légèrement réduites par rapport à celles prononcées par la Cour d’Appel de Gênes du 9 octobre 2009).
http://cettesemaine.free.fr/spip/article.php3?id_article=2634

Le 5 juillet dernier, elle avait déjà confirmé la condamnation symbolique de treize hauts responsables de la police italienne, notamment pour le massacre de l’école Diaz (« complicité dans la fabrication de fausses preuves »). Aucun d’entre eux n’ira en détention grâce à une amnistie des “courtes” peines datant de 2006. Ils seront exclus de la fonction publique pendant cinq ans.

Pour les dix camarades condamnés le 13 juillet, la Cour de cassation a en revanche confirmé pas moins d’une centaine d’années de prison en tout.

Pour trois manifestants, elle a changé un détail du verdict d’appel, histoire de justifier son utilité, annulant le délit supplémentaire de possession de molotov, considérant qu’il était déjà inclus dans leur condamnation.

Lire la suite :
https://lechatnoiremeutier.wordpress.com/2012/07/17/italie-actions-de-solidarite-avec-les-emeutiers-condamnes-du-g8-de-genes-2001/


Mutinerie à la prison de Seysses

https://i0.wp.com/s2.lemde.fr/image/2012/04/11/540x270/1683410_3_b043_les-barbeles-du-centre-penitentiaire-pour_3e8d5460cace148cdfd75c86096bc1fd.jpgLe 16 juillet 2012

Une quarantaine de détenus a refusé de réintégrer les cellules, hier à partir de 15 heures, afin de dénoncer les problèmes de cantine, fouille au corps et de parloir.

« Allô ! Bonjour ! On n’est pas rentrés de promenade. On veut des changements à la prison. Il faut le dire ! » Depuis l’intérieur du centre pénitentiaire de Seysses, des détenus ont contacté notre rédaction, hier soir, pour annoncer leur mutinerie. Depuis 15 heures et la promenade, une quarantaine d’entre eux avait refusé de réintégrer leurs cellules. Ils dénonçaient leurs conditions d’incarcération « inadmissibles ».

« On a une mauvaise cantine, même des chiens n’en voudraient pas, ont-ils expliqué depuis la prison tandis que l’équipe régionale d’intervention et de sécurité (Eris) tentait de rétablir l’ordre. Nous avons aussi des problèmes avec les parloirs. Quand les familles viennent de Paris ou Marseille pour nous voir 45 minutes, s’ils ont une minute de retard, ils ne rentrent pas. Et, après les parloirs, les fouilles sont trop poussées, on se sent dégradés. Que font-ils des droits de l’Homme ? On en a ras-le-bol ! Et quand on revendique, on nous menace de partir à Tarbes, loin de chez nous. »

Hier, la mutinerie a fait tache d’huile à l’extérieur de la prison. La compagne d’un détenu a confirmé : « En tant que visiteurs, nous avons des difficultés pour les rencontrer. Je viens de loin et une fois sur trois on m’empêche de le voir. »

À l’image de manifestants classiques, les détenus ont donc librement communiqué leurs revendications et commenté les événements. « Les Eris sont là. Ils ont des flashballs. »

Des portables à la pelle

Après six heures de mutinerie, les services pénitentiaires sont parvenus, sans heurts, à faire rentrer les détenus dans leurs cellules vers 20 h 45. Deux d’entre eux, considérés comme les meneurs, ont été placés en quartier disciplinaire.

Hier, le syndicat pénitentiaire des surveillants non-gradés n’était surpris ni de la mutinerie, ni de la présence de téléphones portables à Seysses. « Chaque année, c’est la même chose, ont décrit Jérôme Massip, secrétaire général national, et Nicolas François, secrétaire local. ça exprime bien le laxisme de l’administration. On a enlevé l’autorité au personnel. On parle des droits des détenus. Mais tout ça se fait au détriment des conditions de travail des personnels ».

Quant au « fléau du portable, il n’y a rien de surprenant. On en retrouve à la pelle. On dénonce mais il ne se passe rien ! »

Hier soir, malgré nos appels, nous ne sommes pas parvenus à joindre la direction de la prison de Seysses mobilisée sur l’événement.

Source: http://clap33.over-blog.com/article-actu-mutinerie-a-la-prison-de-seysses-108330583.html


Prison: Où il n’est pas question du taulier mais de la taule

Ce mois-ci, j’étais peu à l’usine. J’ai bradé mes congés de l’année pour aller présenter mes bouquins à travers la France. Parmi ces déplacements, je me suis retrouvé à intervenir au centre de détention de Val-de-Reuil (Eure). Ce n’est pas la première fois que j’interviens en prison, je sais que ce sont des moments forts et, du coup, j’accepte toujours les invitations à l’intérieur des murs. Je sais que je n’y vais pas pour rien. Je sais aussi que je n’y vendrai pas de livres, mais ce n’est pas le but. Je sais enfin que c’est facile d’intervenir en taule quand on en ressort le soir.

Au centre de Val-de-Reuil, ce ne sont pas des tendres, mais des condamnés à plus de douze ans pour braquages, trafics divers et même meurtres. C’est Pierrot, le premier, qui me prend en sympathie et qui me chaperonne. Âge indéterminé, tombé pour braquage (« Mais je suis innocent »), il attend la conditionnelle, comme la plupart. C’est d’ailleurs l’espoir de tous ceux que je croise. Il s’occupe de la bibliothèque de la prison. Pierrot me raconte sa vie, du moins sa version : le Maroc, son eldorado (et j’imagine bien les trafics qu’il organisait et dont il me parle à mi-mot), la taule, bien sûr. Il a tout du titi parigot, la gouaille et l’air canaille. Puis il me présente à quelques-uns de ses codétenus, laissant de côté les « pointeurs » condamnés pour viol ou pédophilie. Il y a Yvon, le Breton, qui présente bien. La cinquantaine, il sortira théoriquement en conditionnelle dans trois mois. « Et là, j’arrête les conneries. Maintenant, je me range. Je vais m’occuper du resto avec ma femme, point barre. De toute façon, elle ne supporterait pas que je retombe. Parce que quand on est en taule, la famille souffre aussi. »

Il y a cet autre. Cassé. Il s’exprime avec difficulté et tremble sans arrêt. C’est Pierrot qui parle pour lui : « Ça fait quarante ans qu’il est en prison. Quand ils disent, à la télé, qu’on sort au bout de vingt ans, tu parles. Lui, il était de toutes les mutineries en prison. Et ils l’ont cassé. Lors d’une opération chirurgicale, le bistouri a glissé, et regarde comment il est. »

Rachid, lui, s’en sort mieux. Il est jovial et on le croirait tenir un commerce. « Moi, j’m’en sors bien. J’ai pris trente ans, et j’en ai encore cinq ou huit à faire. Mais j’me débrouille. » Il s’occupe d’associations sportives de prisonniers, organise des matches et des tournois inter-prisons. Il a fait venir Trust et Grand Corps malade ici. « J’ai un carnet d’adresses. » Mytho ? Je ne sais pas. À l’écouter, il a fait sa vie ici et semble la gérer, comme la comptabilité du bureau de tabac que tient sa femme.

Il y a cet ancien médecin qui en a pris aussi pour trente ans et qui passe tous les diplômes possibles. Il sert également d’écrivain public et n’arrête pas d’écrire à l’Administration lorsqu’il constate des dysfonctionnements.

Enfin, il y a ce type maghrébin, grand, sportif, plutôt beau mec qui, lui aussi, passe des diplômes. Là, il est sur un doctorat de philosophie, « mais je ne trouve pas de réponse ». Il a le regard perdu. J’apprendrais qu’il a tué sa femme, et qu’il ne s’en remet pas.

Et puis, sans doute à cause des titres de mes bouquins (Tue ton patron, ça fait causer), ils

par Efix

me parlent de l’usine, du travail. La plupart de ceux que je croise ont préféré éviter l’usine. « Mais j’ai du respect pour les ouvriers, me dit Pierrot, moi ce sont les banques et l’État que j’ai attaqués. » Un autre dit n’avoir travaillé que quelques mois sur un chantier et y avoir connu une vraie solidarité, « pas comme en taule ». Pourtant, ils sont quasiment tous obligés de bosser, pour rembourser la partie civile, pour cantiner, pour avoir un petit pécule en sortant ou pour avoir un aménagement de peine, mais ils dénoncent tous les cadences infernales, des jours où il faut travailler beaucoup et des jours où il n’y a rien à faire, suivant les « concessionnaires » qui ont des contrats avec la prison.

De grosses entreprises, souvent. Ce qu’ils dénoncent tous et qu’ils vivent comme une injustice, surtout, c’est la présence des cotisations vieillesse sur leurs fiches de paie. Ils doivent les payer mais, à cause du taux horaire trop bas et du nombre d’heures effectuées, ces trimestres de travail ne seront pas comptabilisés au moment de leur possible départ en retraite. Oui, même en prison, on pense à la retraite !

Paru dans CQFD en juin 2012 (n°101) rubrique : je vous écris de l’usine, par Jean-Pierre Levaray


La maltraitance et l’incarcération des enfants Palestiniens dénoncée mais pas sanctionée

Ce n’est plus un secret pour personne, l’occupation Israélienne est un génocide a long terme. Les conditions carcérales sont similaire a un apartheid et cela dure depuis près de 70 ans.

De violations en violation, Israël ne respecte aucun traité, aucun accord, aucune résolution, aucune loi a partir du moment ou le peuple Palestinien et son territoire sont concernés. Israël ne suscite que la condamnation verbale et l’inquiétude auprès des organisations et des gouvernements.

Tout le monde reste spectateur, les Palestiniens en premier, de l’absence de sanction a l’égard d’Israël et au soutien paradoxale de l’élite sioniste Internationale.

Que nous reste t’il a nous, payeur d’impôt et simple citoyen, face a cette impuissance? Continuer la dénonciation, éveiller ceux qui persistent a avoir un feu d’artifice dans les yeux au regard d’Israël, le boycott, et l’union commune afin d’apporter soutien contre l’oppression du peuple Palestinien.

L’isolement cellulaire d’enfants palestiniens dénoncé par un expert de l’ONU

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, Richard Falk, a condamné vendredi le recours, par Israël, à l’isolement cellulaire des enfants palestiniens. Cette pratique contraire au droit international a été documentée par le Comité spécial de l’ONU sur les pratiques israéliennes dans les Territoires occupés.

« Le recours par Israël à l’isolement cellulaire des enfants constitue une violation flagrante des droits de l’homme »,

a déclaré M. Falk dans un communiqué de presse, en se disant « scandalisé » qu’Israël puisse envisager d’y recourir contre des enfants.

« L’isolement cellulaire des enfants palestiniens qui protestent de façon pacifique contre leurs conditions de détention, notamment par des grèves de la faim, est une violation épouvantable des droits de ces enfants », a dénoncé M. Falk.

En juin, un garçon de 15 ans été placé en isolement pendant cinq jours pour avoir entamé une grève de la faim, un autre, âgé de 16 ans, a subi le même sort pendant sept jours pour avoir accroché un drapeau palestinien dans la cellule qu’il partageait avec ses codétenus. Un troisième adolescent a passé 12 jours en isolement pendant son incarcération dans la prison d’Al Jalame.

« Ces violations systématiques sont préoccupantes et constituent un traitement inhumain, cruel, dégradant et illégal. Plus grave encore, elles mettent en danger la santé physique et mentale des prisonniers mineurs »,

a affirmé le Rapporteur spécial.

« Je condamne les opérations et procédures d’arrestation d’Israël, pendant lesquelles des enfants palestiniens sont menottés et ont les yeux bandés. En outre, les conditions de détention sont déplorables, les enfants étant souvent obligés de dormir par terre ou sur des banc en béton dans des cellules sans fenêtres », a-t-il ajouté.

Le Rapporteur spécial a également critiqué le fait que les enfants concernés, et en particulier ceux de Gaza, sont privés de la visite de leurs familles et de leurs avocats, les isolant et les intimidant encore davantage.

M. Falk a donc exhorté le gouvernement israélien à prendre des mesures urgentes pour veiller à ce que le traitement des mineurs palestiniens soit conforme au droit humanitaire international, en particulier à la Convention sur les droits des enfants.

Selon le Rapporteur spécial, 53 cas d’isolement cellulaire d’enfants palestiniens par Israël ont été répertoriés depuis 2008 par l’ONG internationale Défense des enfants.

Déclaration de Issa Qaraqe, ministre Palestinien des affaires car­cé­rales

 

Mer­credi 18 juillet, le ministre des affaires car­cé­rales, Issa Qaraqe, a affirmé qu’ Israël arrête chaque année 700 mineurs pales­ti­niens dont cer­tains âgés de seulement 12 ou 13 ans. 90% de ces mineurs subissent des pres­sions ou de mauvais traitements.

Mon­sieur Qaraqe a également indiqué qu’Israël traite les enfants comme des menaces constantes, des “bombes a retar­dement » selon les termes de la loi Israé­lienne. Qua­lifier ainsi les enfants de « bombes a retar­dement » permet au système car­cérale israélien d’exercer des trai­te­ments dégra­dants et de contourner le droit inter­na­tional, dépos­sédant ainsi ces enfants de leur immunité.

Il indique aussi qu’en réponse à la mécon­nais­sance par Israël du droit inter­na­tional relatif à la détention des enfants, des acteurs de la com­mu­nauté inter­na­tionale ont com­mencé une cam­pagne pour pro­téger les enfants palestiniens.

Ces décla­ra­tions de Mon­sieur Qaraqe sont inter­venues lors de la céré­monie d’ouverture des camps d’été pour enfants de pri­son­niers et de martyrs orga­nisés par le Centre de Soins et de Réha­bi­li­tation des Vic­times de Torture.

Plus de 200 enfants, ainsi que des familles de pri­son­niers et de martyrs et le directeur du centre, le Dr. Mahmoud Sahwil, ont par­ticipé à l’évènement.

Après avoir accueillie les par­ti­cipant, le Dr. Sahwil a pré­senté cette célé­bration, inti­tulée « A step toward the future », comme une résis­tance a l’occupation. Une occu­pation qui s’exerce notamment a travers des arres­ta­tions et des mesures répres­sives contre le peuple pales­tinien et en dépos­sédant les enfants de leur droit naturel à vivre dignement.

Des cadeaux ont été dis­tribues aux enfants après la pré­sen­tation de leurs diverses per­for­mances artis­tiques ; chant de musique popu­laire et danse de la Dabke (danse tra­di­tionnel palestinienne).

280 enfants sont actuel­lement détenus dans des prisons israé­liennes, et cer­tains d’entre eux, notamment dans la région de Jéru­salem, sont condamnés à de peines d ’assi­gnation à domicile ou d’expulsion.

Le ministère des Affaires étrangères Britannique sort un rapport sur la maltraitance des enfants Palestiniens

C’est le ministère des Affaires étrangères britannique qui vient de sortir un rapport explosif sur la manière dont Israël maltraite les enfants palestiniens, après enquête menée par une délégation de 9 avocats britanniques respectés.

A partir de l’âge de 12 ans, chaînes en fer aux pieds, yeux bandés, mains ligotés dans le dos tirés de leurs lits en pleine nuit et jetés dans des véhicules militaires où ils ont maintenus à plat ventre, les enfants palestiniens de Cisjordanie subissent de véritables tortures, affirme le premier rapport de ce genre.

Intitulé “Enfants en détention militaire”, ce rapport raconte comment ces enfants subissent également l’isolement dans des cellules de prison, sans quasiment aucun accès à leurs parents.

“En détention, ils sont privés de sommeil, et maltraités verbalement et physiquement, contraints de signer des aveux qu’ils ne peuvent même pas lire”,

rapportent les 9 avocats britanniques.

Leur équipe, dirigée par Sir Stephen Sedley, ancien juge à la Cour d’Appel, rapporte que “tous les enfants palestiniens sont traités comme des terroristes potentiels” et qu’Israël viole sans cesse la Convention des Nations Unies sur les Droits de l’Enfant” qui interdit les traitement cruels, inhumains et dégradants.

“Quelle ne fut pas notre choc d’assister à une audition préliminaire dans un tribunal militaire israélien, où un très jeune enfant fut amené revêtu d’un uniforme marron et enchaîné aux pieds”, raconte Me Greg Davies.

Le gouvernement britannique, interrogé par la presse à l’occasion de la sortie de ce rapport, a fait savoir qu’il compte bien ne pas s’en tenir là et qu’Israël va devoir changer ces méthodes.

“Nous sommes préoccupés depuis un moment par ce problème et c’est pourquoi nous avons commandé et financé un rapport indépendant”,

a fait savoir le porte-parole du gouvernement. (articles du Guardian et The lndependent)

Le rapport pointe en outre la différence de traitement et de règles concernant les enfants selon qu’ils sont israéliens ou palestiniens.

Les enfants israéliens doivent avoir accès à un avocat dans les 48 H et ne peuvent pas être emprisonnés avant l’âge de 14 ans, tandis que les enfants palestiniens peuvent être incarcérés dès l’âge de 12 ans et détenus 3 mois sans aucune représentation légale.

Quant aux améliorations prétendument apportées récemment par Israël à cette situation, “elles sont plus rhétoriques que réelles”, ont estimé les rapporteurs.

Le porte-parole de l’ambassade d’Israel à Londres, Amir Ofek, n’a rien trouvé de mieux à répondre sur ce sujet que “C’est la faute de l’Autorité palestinienne qui n’est pas capable d’empêcher ces enfants de commettre des délits, ce qui nous oblige à agir de la sorte”.

Source: http://missionfalestine.wordpress.com


Suicide en prison: 43eme connu depuis janvier 2012

Le nombre de suicides ou de morts suspectes en prison ne diminue pas.
Un suicide ou mort suspecte tous les trois jours en prison, 10 fois plus qu’en milieu libre

Manquement grave de l’administration pénitentiaire. L’omerta [1] continue sur la réalité des chiffres quant aux conditions et lieu réel du décès.

Maison d’arrêt d’Orléans
Suicide par pendaison d’une femme de 45 ans
Le 9 juillet 2012

Nous exigeons, les familles et proches exigent la vérité de la part de l’administration pénitentiaire et des autorités judiciaires afin que toute la lumière soit faite sur ces nouveaux décès.

Les familles et proches souhaitent une vraie prise en compte de leurs souffrances et une aide directe de la part de l’administration pénitentiaire.

Les autorités judiciaires doivent assumer toutes leurs responsabilités sur ces nouveaux décès.

43 suicides et morts suspectes connus depuis le 1er janvier 2012

Nous savons que ces chiffres ne reflètent pas la réalité. La création de l’Observatoire des suicides et des morts suspectes sur le site prison.eu.org a permis d’interpeller l’opinion publique. www.prison.eu.org/spip.php ?page=rubrique&id_rubrique=68

« L’ensemble des études pointent comme des périodes de particulière vulnérabilité, outre l’entrée en détention, certains moments particuliers : la période correspondant au jugement ; le placement au quartier disciplinaire ; la période postérieure à une tentative de suicide ou à une automutilation. ». Circulaire du 26 avril 2002 NOR JUSE0240075C sur la Prévention des suicides dans les établissements pénitentiaires.

« Le droit à la vie : il est nécessaire de montrer que l’administration pénitentiaire doit tenir compte de cette obligation dans la mise en place de certaines procédures (quartier disciplinaire, isolement…). ». Conclusion du 20 octobre 2003 du Rapport de la CNCDH sur les droits de l’homme en prison.

Contact Presse : Milko Paris, tél. 06 60 17 33 42
mail. redaction@banpublic.org

[Omerta : Par extens. Loi du silence imposée par un groupe. (Le nouveau Littré, 2006) Le véritable problème posé par ces statistiques est qu’elles sont globales : l’administration pénitentiaire se garde bien de communiquer le détail de son décompte macabre. Elle « omet » de publier la date, l’âge, le lieu dans la détention (quartier disciplinaire, quartier d’isolement cellule d’arrivant etc…), et cultive l’opacité la plus absolue lorsqu’il s’agit d’obtenir des explications précises quant aux conditions dans lesquelles ces femmes, ces enfants, ces hommes sont décédés. Ces statistiques, transmises par l’Administration Pénitentiaire, ne disent rien sur les souffrances des proches, leur prise en charge psychologique, leur prise en charge financière, et sur la manière dont l’information leur est transmise ou pas.]

Source: http://prison.eu.org/spip.php?article14169