Danièle Poissenot & Jean-Louis Fousseret : Les Misérables – Tome 2

De retour du rassemblement devant le tribunal pour soutenir les militant.e.s du « Bol d’R ». Nous étions environ 200 personnes ce matin devant le TGI ! Cela fait longtemps qu’un rassemblement de cette ampleur n’a pas eu lieu pour un procès à Besançon. Le juge a décidé d’un report de l’audience au 9 janvier 2018. Restons mobilisé.e.s !
Les réquisitions de la présidente de la SAIEMB, Danièle Poissenot, contre ces militant.e.s, sont complètement disproportionnées. Elle réclame devant le tribunal pas moins de 3000€ au total ! Qu’ont donc fait ces militant.e.s, si ce n’est venir en aide à des femmes, des hommes, des enfants en grande précarité, et assurer ce que la Préfecture a légalement l’obligation de faire et qu’elle ne fait pourtant pas ???!!
Et la Ville de Besançon, qui hypocritement se range toujours derrière son « c’est à la Préfecture de faire… », ça fait des années que vous nous dites ça, changez de disque un peu ! Surtout que la Mairie est……. actionnaire majoritaire de la SAIEMB ! Je ne vous apprends rien sur le fonctionnement quasiment mafioso de cette cité Saucialiste… Ils disposent néanmoins d’un droit à la Mairie, le droit de réquisition ! Ils ne veulent pas l’appliquer tout simplement. Ça ne les dérange pas que dans la ville de Victor Hugo qu’ils aiment tant mettre à l’honneur mais qu’en réalité ils salissent, des familles doivent dormir dehors, manger froid (quand elles ont à manger), se priver d’hygiène, de loisirs, de soins… !!!
Plusieurs fois, les militant.e.s de SOLMIRÉ ont demandé des locaux pour accueillir ces personnes, elles/ils se sont mobilisé.e.s afin que la Préfecture respecte la Loi, en faisant héberger ces familles de demandeurs d’asiles. Sans succès ! N’ayant d’autres solutions, étant confronté.e.s jour après jour à une misère grandissante, au désœuvrement de ces enfants qui passaient leurs journées dans la rue, elles/ils ont décidé d’ouvrir un local pour les accueillir le temps de midi et du soir. Dans ce lieu baptisé « Le bol d’R« , les enfants ont un espace où ils peuvent jouer, les parents ont une cuisine où ils peuvent préparer leur repas, ils peuvent également prendre une douche, discuter au chaud, trouver de l’aide pour leurs démarches, des ressources, des produits d’hygiène et pour bébés…
L’empathie, les Autorités, qu’elles soient municipales ou préfectorales, n’ont franchement pas l’air de savoir ce que c’est. Il s’agit d’une capacité que tout le monde peut avoir, qui consiste à s’identifier à autrui dans ce qu’il/elle ressent. Par exemple, ayant personnellement été victime de maltraitance dans mon enfance, savoir que des mineur.e.s sont à la rue dans ma ville, donc victimes de maltraitance, me révulse au plus haut point. Cela m’est insupportable. D’autant plus que je me souviens d’un temps où de grands encarts publicitaires à l’entrée de la ville disaient « Quand un enfant est en danger, tout le Doubs est concerné ! »  Quel sinistre mensonge ! Il faut se mettre à la place de ces enfants, de leurs parents, être à la rue est une véritable violence ! Que doivent se dire ces gamin.e.s ? Ils doivent se demander ce qu’ils ont fait pour subir ça ! Et leurs parents, mettez vous à leur place, l’humiliation qu’ils subissent de ne pouvoir subvenir aux besoins de leurs enfants. C’est sûr, il ne faut pas porter la misère du monde sur ses épaules, c’est trop lourd de toute manière, mais avoir un peu de cœur bon sang !!

Non ! L’époque est à la bêtise crasse apparemment… Qu’ils ne viennent pas nous parler de la Loi, ils ne la respectent pas eux-mêmes ! Et quand l’injustice devient la norme, l’illégalité devient la seule voie possible.

Danièle Poissenot et Jean-Louis Fousseret s’en fichent, ils rentrent bien au chaud le soir, dans leurs belles demeures ! Ils ne vont pas coucher sous une tente avec leurs gosses qui pleurent parce qu’ils ont froid/faim… Ils reçoivent NOS sous pour, entre autre, mettre ces gens à l’abri, ce qu’ils ne sont même pas fichu de faire ! Oui, des gougnafiers !

Toute ma solidarité aux membres du collectif SOL-MI-RÉ !! On se retrouve le 9 janvier devant le tribunal !

Retrouvez les infos du collectif sur leur page FB.
Je ferai un billet début janvier pour rappeler le RDV, l’heure exacte…
LA LUTTE CONTINUE ! ENCORE ET TOUJOURS !

Revue de presse :

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Besançon : Rassemblement de soutien à Stanly !

Stanly, un demandeur d’asile qui occupe actuellement un logement qui était laissé vide, passe en procès demain matin à partir de 9h30 en vue de son expulsion du-dit logement. Il n’a aucun autre endroit où aller. J’ai connu un peu Stanly il y a quelques mois, c’est quelqu’un de très chaleureux et sympathique. Il m’a raconté des épisodes de sa vie, c’est quelqu’un de vraiment courageux et débrouillard. Il n’a jamais souhaité être un assisté, ce qui se comprend, franchement qui aimerait ? C’est d’ailleurs pourquoi il a tenu à être autonome sur le plan hébergement. Son collectif qui le soutient appelle à un rassemblement devant le palais de Justice de Besançon.

RDV MARDI 3 OCTOBRE

à 9H30

Devant le TGI – 1 rue Mégevand

 

Des nouvelles de mon procès

Tout d’abord je tiens à remercier les personnes présentes pour me soutenir ainsi que les personnes non-présente qui m’ont communiqué leur soutien sous diverses formes.

Le procès en lui même a été très rapide, le verdict doit tomber le 21 juin mais normalement il devrait y avoir au mieux : prescription des faits, au pire une amende symbolique de 1€. Le but étant d’après ce qu’on m’a fait comprendre de pouvoir me gronder en place publique.

J’en prend note…

LA  LUTTE CONTINUE ! LA LUCHA SIGUE !

Besançon : l’appel du 7 juin… Procès d’un résistant, parmi d’autres

 Je suis convoqué devant le tribunal correctionnel le 7 juin à 13h30 (TGI de Besançon – rue Mégevand) pour avoir, par des écrits, exprimé mon ressenti quant à l’expulsion de la famille Feraj cet automne. Dans mon billet, j’avais employé des termes qui me sont reprochés. Voici la déclaration que je compte faire devant la Cour.

Introduction

 Je voudrais tout d’abord vous assurer de ma sidération d’être convoqué ce jour devant le Tribunal. En effet, les faits qui me sont reprochés ne sont à mon sens, non délictueux. Il est vrai que je suis le rédacteur du journal en ligne  » Le Libertaire Bisontin  » où s’exprime des idées affirmées. Toutefois, pour des raisons que j’expliciterai ci-après, ce média n’est pas porteur de diffamations ni d’invectives, il s’agit d’exprimer des opinions, certes radicales, mais en phase avec une actualité qui paraît pour le moins étonnante. Mon plaidoyer va donc s’appuyer sur des faits, des témoignages et d’autres éléments de réflexion. Je demande à la Cour de porter attention aux arguments qui sont les miens.

 Suite à l’expulsion particulièrement honteuse de la famille Feraj l’automne dernier, je me suis senti le droit sinon le devoir de faire part au grand jour de ma consternation et de ma désapprobation. Alors que j’observais une grève de la faim depuis quatre jours en place publique, fatigué, stressé, sollicité en permanence, notamment par le milieu associatif local et international. J’ai fait alors apparaître une légitime colère.  Dans un billet un peu virulent je dénonçais les méthodes du secrétaire du préfet, mr Setbon, ce qui me vaut le désagrément d’être ici convoqué.

 Je tiens à rappeler que les pratiques sociétales de l’Albanie sont bien différentes du cadre légal de la France. Là-bas il existe une loi tacite  » la loi  du Kanun  » issue du droit coutumier médiéval, pas si éloignée de la vendetta corse ; ces rites permettent à un membre d’une famille qui se dit lésée la suppression physique des individus dotés d’un appareil reproducteur masculin de la famille adverse, enfants comme adultes ! Mettant ainsi en cause la survivance de toute une lignée.

 Quant à la référence à  » Iznogoud « , elle est tirée d’une bande-dessinée bien connue, non censurée et accessible à toutes/tous, y compris le public mineur qui trouve là sujet à rire et non à avilir.

 Certes, des mots tels que :  » pourriture  »  » portefaix  » peuvent paraître méprisants, ainsi que  » petit être répugnant « , mais l’état de fatigue et d’exaspération lié à mon engagement physique (grève de la faim) et moral ont fait de moi un porte-parole quelque peu turbulent.

 Pour d’autres termes incriminés tels que  » menteur professionnel « , les réseaux associatifs de soutien aux demandeurs d’asiles ont été avisés du retour du père et des enfants Feraj tandis que la mère était à l’hôpital J. Minjoz et que mr Setbon avait assuré qu’ils ne seraient pas expulsés vers le Kosovo avant la fin de cette situation, alors que les billets étaient prêts ! Imaginez donc la colère des militant-e-s et de moi-même lorsqu’ils ont pris conscience de s’être fait aussi perfidement abusés.

 Comment un représentant de L’État de droit pourrait ainsi berner ses propres administrés ?

 Quant au terme  » pervers narcissique  » , il est tout droit issu du vocabulaire de la psychanalyse, il ne semble pas que le Dr Freud, enseigné dans les lycées et les facultés, ait été poursuivi en justice dans ce pays.

 Par ailleurs, la  » convocation en Justice  » (cf: art. 390-1 du code de procédure pénale) qui fait que je me trouve devant vous aujourd’hui fait mention d’une citation totalement étrangère au journal en ligne  » Le Libertaire Bisontin  » ; en effet,  » empêcher les pourris comme lui de dormir  » n’a jamais paru sur ce site, ainsi qu’a pu le constater l’officier de Police Judiciaire, ces propos sont tirés du blog  » Infos Libertaire  » qui les a repris du journal local «  Séditions  » dont je ne suis pas l’auteur.

 Conclusion

 Ce que j’ai prononcé n’est autre que de l’auto-défense. On me convoque en effet pour avoir exprimé des pensées que je ne suis pas le seul à partager, loin de là ! Je rappellerai seulement un illustre Bisontin en son temps :  » celui qui ouvre une porte d’école ferme une prison « . Or voici que ce sont à des enfants qu’on a entravé les chemins de la Liberté. Pour eux je suis engagé, avec eux je suis engagé.

 Voilà, c’est ce que je dirai lors de mon procès, mercredi 7 juin à 13h30. Je vous invite à venir assister à l’audience pour me soutenir. N’hésitez pas à reproduire ce texte, à le diffuser autour de vous.

Solidarités avec les solidaires !

LA LUTTE CONTINUE !

IpEH Antifaxista apporte son soutien à Saïd Bouamama et Saïdou de Zep, mis en examen pour “injures racistes”

A l’occasion du festival Antifasciste à Sare le 20 octobre dernier, les membres du comité ont ouvert cette édition en apportant leur soutien aux deux roubaisiens  Saïd Bouamama et Saïdou du groupe Z.E.P (Zone d’Expression Populaire). Une mise en examen qui fait suite à une plainte pour “racisme anti-blanc” déposée contre eux dans le courant du mois d’octobre  par l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne.
En effet, leur livre, Nique la France – Devoir d’insolence, sorti en 2010, les rattrape. A l’époque, une première plainte émanant d’un identitaire toulousain avait été classée sans suite. Aujourd’hui l’AGRIF a convaincu le parquet d’instruire l’affaire, pour précisément “injures publiques envers un groupe de personnes en raison de l’appartenance à une ethnie, une race ou une religion”. Le sociologue et militant associatif Saïd Bouamama a expliqué qu’il a voulu “poser des questions embêtantes sur le fait que tu as 30 % moins de chances de trouver un job si tu t’appelles Mohamed ou Mamadou”.
Ip-EH Antifaxista s’est donc exprimé en soutien: “Nous apportons tout notre soutien au sociologue Saïd Bouamama et à Saïdou du groupe de rap ZEP, tous deux mis en examen sous la pression de L’AGRIF, pour racisme anti-blanc… Ces 2 fervents militants antiracistes, au travers du livre Nique la France – Devoir d’insolence ont attaqué l’Etat français,  son impérialisme, son histoire colonialiste et sa politique raciste… On est de tout coeur avec eux”.
Pour lors, Saïd Bouamama et Saïdou sont dans l’attente de leur procès. “Ce qui m’embête, c’est que depuis deux ans, j’ai reçu beaucoup de messages d’extrémistes disant “on va te faire la peau” et que maintenant que la plainte est acceptée, la partie adverse peut avoir accès à mon adresse. Pour le reste, attendons le jugement, mais je compte bien invoquer Aragon, Léo Ferré et d’autres pour me défendre”ajoute le sociologue.

Source : http://sareantifaxista.blogspot.fr/2012/10/ipeh-antifaxista-apporte-son-soutien.html#

Le libertaire bisontin affirme également son soutien à Saïd Bouamama et Saïdou

Turquie: 2200 étudiants et lycéens actuellement emprisonnés

Les manifestations des étudiants québécois occupent une grande place dans les médias occidentaux, ce qui est normal. Par contre, aucun de ces médias ne parle de répression contre les étudiants kurdes et opposants en Turquie. Selon une initiative de soutien aux étudiants emprisonnés, plus de 1500 lycéens et 700 étudiants sont actuellement dans les prisons turques.

La répression anti-étudiante du régime AKP, parti au pouvoir depuis 2002, ne connait aucune limite. Pour les opposants, la Turquie d’aujourd’hui est gouvernée par un régime fasciste. On ne trouve dans aucun pays du monde autant d’arrestations politiques. Chaque jour, le pays se réveille avec des nouvelles arrestations massives.

Près de 200 élus kurdes dont 33 maires et six députés, quelque 100 journalistes, environ 500 femmes activistes du parti kurde BDP, une quarantaine de syndicalistes et autant d’avocats, ainsi que des centaines d’enfants sont en prison.

2200 étudiants et lycéens en prison

À cela il faut ajouter plus de 2.000 étudiants et lycéens pour avoir demandé soit l’enseignement gratuit ou protesté contre la privatisation et le Conseil de l’Enseignement Supérieur (YOK), l’héritage de la junte militaire de 1980. Des objets comme des affiches, pancartes, livres, photos, keffieh, parapluies, citrons, œufs, confisqués lors des raids organisés au domicile des étudiants à la suite d’écoutes téléphoniques et de poursuites techniques sont aussi présentés comme des preuves « d’appartenance à une organisation terroriste. »

102 étudiants arrêtés en dix jours

Au moins 102 étudiants ont été placés en garde à vue au cours des dix premiers jours du juin, contre 127 au cours du mois de mai, 116 en avril et 100 en mars,  selon un  nouveau bilan de l’ActuKurde. Près de la moitié des étudiants arrêtés entre le 1 e et 10 juin,  soit 47 étudiants, ont été envoyés en prison, dont  13 par un tribunal d’Ankara et huit à Afyon le 9 juin, ainsi que six à Istanbul le 5 juin.

Sevil Sevimli, une étudiante lyonnaise de 19 ans, partie en échange Erasmus à l’université Anatolie d’Eskisehir se trouve également parmi les étudiants incarcérés pour des raisons qu’elle ignore. Les médias français ont parlé de cette étudiante un mois après son arrestation, le 10 mai, mais pas un mot sur les autres.

Motifs fictifs, tribunaux fictifs, lois fictives

Le 9 juin à l’appel du Conseil de la Jeunesse au sein du Congres Démocratique des Peuples (HDK) et l’Initiative de soutien aux étudiants emprisonnés, quelque mille personnes se sont rassemblées à Kadikoy, à Istanbul, pour demander la libération des étudiants et des lycéens incarcérés et protester contre la répression fasciste du gouvernement Recep Tayyip Erdogan.

Le principal parti kurde mais aussi principale cible du gouvernement turc, BDP, a soutenu la manifestation. Son co-président Selahattin Demirtas a affirmé que les étudiants font l’objet d’arrestations pour des motifs « fictifs », par des tribunaux « fictifs », avec des lois « fictives ».  Il a demandé la suppression totale des tribunaux dotés de pouvoirs spéciaux (ÖYM),  ces mécanismes de répression qui ont remplacé les Cours de Sûreté de l’État (DGM), supprimées en 2004.

Les kurdes victimes d’un massacre politique et social

La porte parole de l’initiative Irmak Erdogan, a déclaré que plus de 1500 lycéens et plus de 700 étudiants sont aujourd’hui en prison et que le nombre d’arrestations s’élève continuellement. Près de la totalité de ces étudiants et lycéens sont kurdes.

Affirmant que toutes les activités légitimes du peuple kurde sont considérées comme « illégales », elle a dit : « Le peuple kurde est victime d’un massacre politique et social. Nous ne l’accepterons pas ».   Outre les arrestations, elle rappelle que des milliers d’étudiants ont fait l’objet d’enquêtes et ont été éloignés de l’université.

S’adressant au gouvernement, le co-président du BDP ajoute de son coté : « C’est une attitude sans foi ni loi et immorale. Si vous continuez ainsi, les étudiants détruiront votre pouvoir. »

Source: http://www.actukurde.fr

Procès de nos 6 camarades pour antiterrorisme à Paris : Conclusion du dernier jour de procès mercredi 23 Mai

(Image d'illustration)

Les avocats de la défense ont conclu ces cinq jours d’audience, dans le procès de six membres de la supposée “mouvance anarcho-autonome” poursuivis pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Les réquisitions du procureur, lundi, auraient pu susciter un léger soulagement chez les six prévenus : pour l’essentiel, les peines demandées ne dépassent pas les peines de prison qu’ils ont déjà effectuées en préventive. Mais les avocats de la défense ne se sont pas contentés de plaider le statu quo. Ils ont tous demandé la relaxe de leurs clients respectifs, en utilisant des arguments communs.

Contestation de la qualification terroriste

“Troubler l’ordre public par l’intimidation ou la terreur.” Cette définition assez floue du terrorisme en droit français laisse la porte ouverte à toutes les interprétations. Le procureur avait ainsi parlé des “effets potentiellement dévastateurs” des sabotages reprochés aux prévenus, contre une armoire électrique de la SCNF en 2006 et contre une dépanneuse de police en 2007. Des actes restés à l’état de tentatives, puisqu’aucun des deux engins incendiaires retrouvés n’a fonctionné.

La défense, contestant la qualification terroriste des faits (dont les prévenus ne reconnaissent pas la paternité), a voulu démontrer lundi et mardi l’illusion de ces “effets potentiellement dévastateurs”. “Hallucinante dérive”, pour Me Martinot, pour qui “cet engin ne peut pas terroriser quiconque”. “On ne peut pas se contenter de brandir le terrorisme, or c’est ce qui semble avoir été fait par le ministère public”, avance Me Charlotte Plantin, avocate d’Ines M. Son confrère, Me Michel, théâtral avec ses moustaches blanches arborescentes, renchérit :

“Vous parlez d’action terroriste pour avoir voulu mettre le feu à une voiture. Mais le premier janvier 2009, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, 1147 voitures ont brûlé. Je n’ai pas le souvenir que l’une des personnes arrêtées ait été incriminée pour des actes terroristes. On a quatre ans d’instruction et un an de préventive d’un côté, un fait divers de l’autre. […] Les définitions mondialement acceptées de la notion de terrorisme parlent toujours d’atteinte aux personnes.”

En ce qui concerne la tentative d’incendie sur l’armoire électrique de la SCNF, Me Di Mayo, avocate de Javier M., en tire les mêmes conclusions :

“L’incendie aurait déclenché une alarme et si l’armoire avait brûlé, un arrêt du trafic. Monsieur le procureur a parlé du blocage de 200’000 personnes dans des trains. Mais quand bien même, je ne vois pas l’effet dévastateur et l’intimidation. Il y a un certain opportunisme politique dans l’utilisation de cette qualification hors de proportion.”

Contexte politique

Chaque avocat de la défense, tout en martelant que “ce n’est pas un procès politique”, a fait allusion au contexte politique des arrestations, début 2008. On s’en souvient, la “mouvance anarcho-autonome” faisait son apparition dans la bouche de la ministre de l’Intérieur de l’époque, Michèle Alliot-Marie. Pour Me Michel :

“Anarcho, ça a toujours fait frémir le bourgeois. Autonome aussi. Tout ça est dans la mémoire collective. Le fait d’adjoindre les deux, c’est magnifique.”

Longuement commenté lors d’une précédente audience, le terme serait, pour Me Bedossa, symptomatique de “la création d’un ennemi de l’intérieur” doté d’une sorte de responsabilité collective dans la contestation. Plusieurs parlent de “construction” motivée par le fichage préalable de la plupart des prévenus par les Renseignements généraux.

“Leurs positions politiques communes viennent asseoir l’idée d’entente”, déplore Me Tort, avocate de Bruno L. :

“Vous avez à juger des individus et pas seulement un groupe, un sac. Bruno L. porte l’idée que nous ne traitons peut-être pas les étrangers de la bonne manière. Dans d’autres dossiers, ce sont des questions qui ne sont pas posées.”

Enquête à charge

Partant du contexte politique, les avocats dénoncent “une enquête à charge”. “Dès le début, les policiers sous le contrôle du parquet, ont voulu que ce soit un engin explosif”, dénonce Me Boesel, avocate d’Ivan H.. Me Michel, ironique :

“Ce type de services de police est là pour ça. D’une certaine manière, heureusement que ce type d’affaires existe pour justifier leur boulot.”

Le “procès de la solidarité”

“Votre décision aura une portée importante”, lance Me Bedossa à la présidente.

“C’est un enjeu pour une éventuelle jurisprudence. On reproche à mon client des amis, mais on ne cite pas ceux qui n’ont pas de conscience politique particulière. On lui reproche sa littérature. S’ils étaient condamnés, la liberté de penser ou d’agir n’existerait plus en dehors d’un parti, d’un syndicat ou d’une organisation reconnue.”

Me Boesel y voit “le procès de la solidarité” : “Vous avez la charge d’une politique de criminalisation des mouvements sociaux et de la contestation.” “Ce glissement m’inquiète”, affirme Me Martinot :

“On a voulu la stigmatisation des opinions dissidentes, intimider et réprimer les mouvements sociaux. La mouvance anarcho-autonome est une espèce de fourre-tout utilisé pour se débarrasser de cette contestation.”

Une photographe amatrice ?

Pendant que la défense revient sur les faits, reprenant point par point les arguments de l’accusation pendant toute l’après-midi sur les substances incendiaires, la fiabilité de l’ADN et le “fichage politique”, un incident (notamment signalé par Owni et par Mediapart) agrémente l’audience de la chambre correctionnelle voisine, la XVIIe. On signale à la présidente Sauteraud une intruse dans la salle des témoins.

Ceux-ci, s’apprêtant à se réunir dans leur salle, attenante à la XVIIe chambre, tombent sur une photographe un peu particulière. Munie d’appareils, elle shoote le “plateau correctionnel” à travers la vitre sans tain. Bizarre… la salle des témoins est pourtant gardée par un gendarme. Celui-ci aurait d’ailleurs demandé aux témoins de ne pas allumer la lumière évoquant la présence de “groupes de soutien“.

Justement, depuis le début du procès des “anarcho-autonomes”, les soutiens surnuméraires des prévenus se réunissent sur ce plateau correctionnel. Si les policiers du renseignement sont bien présents en nombre depuis le début du procès, la photographe discrète n’a pas décliné sa profession. Photographe de plateau correctionnel sans doute, il n’y a pas de sot métier. Le jugement sera rendu le 25 juin.

Mise à jour le 23/05 à 9h55 : La mystérieuse photographe appartient à la Direction du renseignement de la préfecture de police, comme celle-ci l’a confirmé à Europe 1.

Presse terroriste (Camille Polloni, LesInrocks.com, 23 mai 2012)

Merci au Juralib

 

Image de Pour la Liberté