SOS d’un canin en détresse – Appel à soutien du journal CQFD

On le sait : les appels à soutien, c’est triste comme un jour sans vin. Et par les temps qui courent, c’est un peu trop tous les jours. Si on en est réduit, contraint et forcé, à cette extrémité, ce n’est pas par plaisir de la jouer lacrymal. Mais parce qu’il y a danger mortel pour le Chien rouge. Car oui : CQFD ne va pas bien. Du tout.

Son pourtant très chiche modèle économique périclite dans les grandes largeurs. Pour plusieurs raisons. Il y a d’abord cet oukase jupitérien sur les emplois aidés qui nous affecte directement. On n’en abusait pourtant pas. Deux emplois en CUI-CAE (une maquettiste et un secrétaire de rédaction) pour un mensuel tel que le nôtre, ce n’est pas la mer à boire. Juste une manière de dédommager, pour 826 € par mois (même pas un Smic !), ceux qui se dévouent au quotidien pour le journal. Ces deux postes, synonymes de boulot de malade, sont difficilement conciliables avec un emploi alimentaire, à moins de s’infliger un burn-out mensuel. Mais voilà : Macron, ce Sarkozy ripoliné, a mis fin à notre combinazione de prolos de la presse indépendante en même temps qu’il a jeté des dizaines de milliers de personnes par la trappe à pauvreté. Bref, nous revoilà dans le dur !

Il y a aussi ce constat : nos ventes s’érodent tout doucement. Alors même que l’air du temps rend indispensables la critique et l’expérimentation sociales façon CQFD, on ne parvient pas à élargir notre base de lecteurs. Il faut dire que pointer le bout de son museau dans les (toujours moins nombreux) kiosques, parmi les gros mastodontes de la presse arrosés d’argent public, n’est pas exactement une sinécure.

Si la situation nous est si défavorable, c’est surtout parce que nous tenons mordicus à notre modèle anti-économique. Le plus indépendant possible. Pas de sub ni de pub, pas de patron ni d’affiliation à un quelconque groupe politique. Actuellement, la vente du journal, qu’il s’agisse d’un achat en kiosque, de la main à la main ou d’un abonnement, couvre le prix de l’impression et de la diffusion. Tout ce que vous ajoutez en soutien sert à financer un poste administratif à mi-temps et le loyer de notre local à Marseille. Sans le soutien, nous ne serions rien. Et à la rue.

Pourquoi sauver le Chien rouge ?

Drôle de question. Mais soit, faisons rapidement l’article. CQFD est l’un des seuls mensuels nationaux totalement indépendant. Et l’unique fabriqué à Marseille ! Depuis bientôt quinze ans que le journal a pris d’abordage les kiosques, il multiplie les reportages à travers le monde, la France et nos quartiers en donnant le plus possible la parole à celles et ceux qui ne l’ont jamais.

CQFD, c’est aussi des entretiens, des chroniques enflammées, des envolées photographiées ou dessinées. C’est surtout le suivi de luttes (zapatistes, kurdes, notre-dame-deslandistes, ouvrières, etc.) dont on parle si peu et si mal ailleurs. Et c’est enfin des dossiers thématiques pour creuser en profondeur certaines questions, pas forcément liées à l’actualité. Tout ça grâce à des dizaines de participants et participantes (rédacteurs, photographes, maquettistes, illustrateurs, relecteurs, vendeurs à la criée, plus ceux qui gèrent l’administratif et la compta) qui se dévouent bénévolement chaque mois, juste parce qu’ils y croient. Dur comme fer.

On a d’ailleurs plein de projets en tête : plus de reportages, des dossiers spéciaux (paysans, instrumentalisation de l’histoire, sports populaires, luttes sociales, drogues), un nouveau site, une nouvelle maquette, des nouvelles croquettes, une mutualisation de sur-diffusion avec l’asso Palimpseste, etc.

Et ça va faire quinze ans ! Quinze ans à bosser comme des ânes (et l’autre endive qui nous traite de « fainéants »…) pour lustrer le Chien rouge dans le sens du poil. Lui aiguiser les crocs. Le balader en ville pour mordre les mollets des cuistres. À force, nous finissons par faire partie du paysage. Comme si ça ne devait jamais changer. Sauf que l’histoire de CQFD n’a jamais été aussi proche de se terminer. Car oui, nous en sommes là ! Au train où vont les choses, le Chien rouge ne passera pas l’hiver. En janvier ou février 2018, il faudra fermer le local de la rue Consolat, mettre fin à l’aventure.

À moins que…

Cette campagne de sauvetage, qui débute tout de suite, là, maintenant et avec vous, doit être grande et victorieuse ! Pour continuer à exister et faire des plans sur les comètes, nous avons, plus que jamais, besoin de votre soutien.

Il nous faut, au minimum, 1 000 abonnés supplémentaires pour nous maintenir sur notre frêle esquif. Alors, hardi, abonnez-vous et abonnez largement autour de vous ! Mais vous pouvez faire encore plus ! Faites connaître CQFD, donnez vos vieux numéros, affichez vos unes ou posters préférés, twittez à qui mieux-mieux, inondez les réseaux sociaux autant que les bistros, les radios, les squats ou les locaux associatifs… Vous pouvez aussi contacter Palimpseste (palimpseste.diffusion@gmail.org) pour diffuser vous-même CQFD et d’autres revues.

Et de notre côté ? On va continuer, tant que vogue la galère, à améliorer ce journal que nous partageons avec vous chaque mois. Nous n’allons quand même pas laisser les clébards fins de race de Valeurs actuelles et les caniches serviles de la presse mainstream occuper tous les trottoirs. Pas moyen.

Avec vous, le Chien rouge est une meute !

 

Pour soutenir le journal CQFD, rendez-vous ici : http://cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser

Source : http://cqfd-journal.org/SOS-d-un-canin-en-detresse

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BELFORT : RASSEMBLEMENT- jeudi 23 novembre à 18h à l’appel de RESF

En cette journée internationale des DROITS DE L’ENFANT, nous souhaitons vous alerter sur la situation de l’hébergement d’urgence à Belfort, mais aussi au niveau national.

Malgré le dispositif hivernal et les places supplémentaires accordées par L’État et les efforts réalisés, le dispositif d’hébergement d’urgence est saturé et ne peut accueillir toutes les personnes qui se présentent, même lorsqu’elles ont des enfants.

Dans quelques jours, des familles déboutées du droit d’asile vont devoir sortir du CADA (centre d’accueil des demandeurs d’asile) sans solution d’hébergement connue à ce jour. Certaines ont de jeunes enfants, voire des bébés.

Plus que jamais, tou.te.s ensemble, pour que Belfort reste une ville amie des enfants !

Nous invitons toutes les associations qui se sentent concernées par les droits des enfants, l’éducation ou qui oeuvrent au quotidien pour aider les plus démunis, à nous rejoindre pour cosigner l’appel !

Nous invitons toutes les associations qui se sentent concernées par les droits des enfants, l’éducation  ou  qui œuvrent au quotidien pour aider les plus démunis, à nous rejoindre pour cosigner l’appel !

Un RASSEMBLEMENT est prévu :

JEUDI 23 NOVEMBRE 2017  à BELFORT devant la préfecture

Merci de relayer largement cet appel ! venez nombreuses et nombreux !

Source : interne

Besançon : Rassemblement de soutien à Stanly !

Stanly, un demandeur d’asile qui occupe actuellement un logement qui était laissé vide, passe en procès demain matin à partir de 9h30 en vue de son expulsion du-dit logement. Il n’a aucun autre endroit où aller. J’ai connu un peu Stanly il y a quelques mois, c’est quelqu’un de très chaleureux et sympathique. Il m’a raconté des épisodes de sa vie, c’est quelqu’un de vraiment courageux et débrouillard. Il n’a jamais souhaité être un assisté, ce qui se comprend, franchement qui aimerait ? C’est d’ailleurs pourquoi il a tenu à être autonome sur le plan hébergement. Son collectif qui le soutient appelle à un rassemblement devant le palais de Justice de Besançon.

RDV MARDI 3 OCTOBRE

à 9H30

Devant le TGI – 1 rue Mégevand

 

Appel à don : Une caravane pour l’association « Espoir et Fraternité Tzigane de Franche-Comté »

L’association « Espoir et Fraternité Tzigane de Franche-Comté » a besoin de notre aide pour concrétiser son superbe projet : une caravane de livres pour les populations itinérantes. Je reproduis leur communiqué  :

Nous  avons  besoin  de  votre  aide  pour  réaliser notre  projet  de  caravane  des  livres sur la Franche-Comté !
Destinée à un public d’enfants et d’adolescents, essentiellement en âge d’être scolarisés, la  caravane, substitut des bibliothèques construites en dur, viserait à promouvoir la culture  et la citoyenneté  en direction d’une population  trop souvent discriminée en raison de son mode de vie.

Structure à la fois  familière, nomade et de proximité, la caravane permettrait aussi la conciliation de l’accès à la culture et à la citoyenneté avec une vie familiale itinérante.
Enfin, nous pourrions imaginer un partenariat avec les librairies,  voire les bibliothèques  de proximité, aussi  les auteurs et les éditeurs….

La caravane pourrait être aussi un espace hébergeant l’action d’associations œuvrant dans les domaines de la lecture, et plus largement de la culture (je pense aux actions hors les murs  pratiquées par les musées en direction du champ social), mais aussi à celles qui travaillent  dans le registre de divers apprentissages liés à la lecture (ateliers d’écriture) aussi de la citoyenneté  inclusive…

Vous pouvez leur faire un don ici : https://www.lepotcommun.fr/pot/n2hh96xs

Besançon : Un ragoût préfectoral particulièrement écoeurant

Près de 200 personnes se sont mobilisées ce vendredi 2 septembre, pour dénoncer les actes ignobles commis par la préfecture à l’encontre de la famille Feraj.

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Début du rassemblement.

 

Nous avons eu Genita au téléphone, son témoignage est bouleversant, je laisse à l’appréciation de chacun-e, mais je vous préviens, c’est particulièrement dur, choquant et inhumain !


Propos de Genita Feraj (15 ans) :

C’était le 29 août à sept heures du matin. J’ai entendu la police qui est arrivée dans nos chambre en toquant sur la porte. J’ai mis mon pyjama et je voulais sauter par la fenêtre. Mais j’entendais ma sœur et mon frère crier et j’ai pas pu sauter, j’avais peur de les laisser seuls, et peur de sauter car c’était haut et j’ai vu la police rentrer dans la chambre et ils m’ont pris et ne m’ont plus lâchée. Ils étaient je crois dix dans la chambre, je me sentais pas comme un être humain comme les autres, d’avoir dix policiers autour de nous c’était incroyable. Je me sentais très mal parce que je n’arrivais pas à m’imaginer où je vais partir ? Comment ça va se passer ? Mes frères ? Mon père ? Y aura quoi après tout ça ? Les policiers ont commencé à nous expliquer comment ça va se passer. J’ai déjà vécu un moment pareil en Autriche et je savais comment gérer les choses.

Je suis rentrée dans la chambre où mes parents et mon frère dormaient, je cherchais ma mère mais je ne la voyais pas. J’ai ouvert la porte des toilettes, elle était en train de trembler quant je suis rentrée, elle avait son portable dans les mains et a voulu appeler quelqu’un pour qu’ils nous aident. J’ai pris son portable et j’ai appelé Chantal[1]. Je lui ai dit : « Chantal y a la police qui est venue nous chercher. » Elle m’a dit : « Tiens moi au courant de tout ce qui se passe. »

[1] Chantal est une militante du CDDLE

J’ai commencer à faire les valises , et j’ai entendu mon père crier  » O zot i madh » qui veut dire en français  » oh mon Dieu ». Je suis partie voir ce qu’il se passait et j’ai vu ma mère par terre, j’ai commencé à crier et à pleurer et j’ai demandé aux policiers si quelqu’un pouvait appeler un médecin. Au début ils ont refusé d’appeler l’ambulance car, disaient ils,  nous pourrons le faire au commissariat. J’ai commencé à crier et à dire que non, je veux absolument quelqu’un pour ma mère. Ils ont discuté ensemble et au final ils les ont appelés. J’étais sur ma mère et je lui ai fait un bisous sur la joue et je lui ai dit « garde la confiance en Dieu ! ».

J’avais toujours un policier qui me suivait, ils ne me laissaient pas toute seule. J’ai préparée nos valises et toutes les chose qu’il y avait. […] J’avais un sac avec des parfums, des déodorants, du maquillage ( tout ce qui concerne les soins du corps) et y avait des rasoirs que mon père utilisait. Ils me les ont pris et mis sur le mur. D’après eux on avait beaucoup de valises, et ils nous ont dit que peut-être on ne va pas tout prendre. J’ai commencé à parler, j’ai dis : « je peux pas laisser tout ça ici y a pleins de vêtements qu’on aura besoin ». Ils ont discuté ensemble et ils ont dit : « on verra ».

J’ai vu l’ambulance arriver dans la chambre, mais ils ne nous ont pas laissés rester avec ma mère. Je ne sais pas à quelle heure elle est partie ? Avec qui ? Si elle avait des habits ? Rien du tout. Je m’inquiétais beaucoup, j’arrivais pas à me contrôler moi-même, j’avais pas la force, pas de courage rien du tout.
On s’est préparés et nous sommes partis vers 7h50 de Saint-Jaques direction le commissariat. Nous sommes arrivés là-bas, j’ai envoyé un message à Chantal, Gwenaëlle, Virginie, Mme breton , Mme Dardelin et Sandra. Vers 9h Laurent, Sylvain, Mme Breton, Mme Dardelin et Chantal sont venus nous voir au commissariat. La police nous a rien donner à manger à part un biscuit et une brique de jus. Mme Dardelin et Mme Breton après nous avoir vu, elles sont parties nous acheter des trucs à manger. On savait rien du tout de notre mère, à chaque fois que je demandais si quelqu’un avait des nouvelles d’elle mais tout le monde me disait non. Vers 12h la chef de la police est arrivée au commissariat et nous a dit que ma mère a fait des examens mais les résultats on ne les aura pas avant 16 heures. Entre 12h et 16h, j’ai reçu plein d’appels de tout le monde. Je n’avais pas dit à mes amis ce qui m’était arrivé, mais tout le monde l’a su après.

Genita 15 ans et sa sœur Lulzime 13 ans.

Genita et sa petite soeur.

Nous sommes restés pendant neufs heures au commissariat entre 8h du matin et 16h48. On n’en pouvait plus de rester dedans, on avait besoin de prendre l’air, mais personne ne nous a laissés sortir, sauf mon père quand il allait fumer. À ce moment, une fois, j’ai pu sortir prendre de l’air, car je suis partie traduire à mon père et je les ai suppliés de rester juste deux minutes. Ils m’ont laissée. Vers 16h45, la chef était dehors en train de parler avec quelqu’un et elle est rentrée dans le commissariat et nous a dit « allez, on y va ». Quand elle a dit ça, mon cœur n’arrêtait pas de battre, je suis devenue toute jaune du visage, ma sœur pareil. Elle m’a arrêtée sur le chemin en allant chercher la voiture et m’a dit : « à ton avis, on aura une chance au moins dans notre vie ? » [Leonita, 6 ans]. Quant elle m’a dit ça, ça m’a touchée et j’ai commencé à pleurer. Mon père nous a regardées et nous a dit : « allez mes cœurs vous êtes avec moi ».

Nous sommes montés dans la voiture, on a attachés nos ceinture, la chef a commencée à parler et nous a dit : « Tout le monde parle français ici ? ». Moi, ma sœur et mon frère on a dit oui, seul mon père a dit non. La chef m’a dit « toi la grande peux-tu faire la traduction pour ton père ? ». J’ai dit : « oui ». Elle a dit : le préfet nous a dit que votre mère est hospitalisée aujourd’hui elle vas bien mais vous, vous allez partir dans un centre de rétention à Oiselle et demain vous prenez l’avion. » Quand elle m’a dit ça, j’étais choquée je me suis dis comment ça ? Seuls ? Sans notre mère ? Au Kosovo ? J’avais plein de questions dans ma tête et j’étais incapable de trouver la réponse à une. On a mis six heures pour partir à Oiselle, pendant tout ce chemin encore tout le monde m’a appelée et m’a dit qu’y a eu une manifestation devant la préfecture et qu’il y avait plus d’une centaine de personnes avec nous. Ça nous a fait grave plaisir d’entendre que y a des gens qui nous soutiennent et que en même temps ça nous fais pleurer. Je me sentais pas toute seule, je me disais peut-être que tout le monde est contre nous mais au moins y a des gens qui sont avec nous.
Dans le bus on n’a pas eu de problèmes ou quoi que ce soit, juste qu’on était tristes et on pleurait. Pour mon petit frère [9 ans] c’était très dur sans ma mère, il a pleuré pendant toute la route, ça me faisait mal au cœur de voir mon frère pleurer car je le comprenais, c’est dur sans une mère.
Vers 00h30 nous sommes arrivés dans le centre de rétention, on est descendus de la voiture et entrés dans un bureau où y avait deux policiers , ils ont pris mon père et l’ont mis dans un autre endroit pour vérifier si il avait quelque chose. Une policière est venue nous chercher pour nous montrer les chambres où nous allions dormir quelques heures. Dedans j’avais pas le droit de rentrer avec un portable qui avait une caméra. [on se demande bien pourquoi… NDLR] Sur le portable que mon père avait ils ont cassé la caméra, moi j’ai refusé, j’ai dis non, je le laisse dans le couloir et il se recharge.

Vers 2h j’arrivais même pas à dormir, j’avais une boule dans mon ventre. Je me suis endormie après. J’ai dormi juste deux heures, vers 4h30 je me suis réveillée, et je ne savais pas quoi faire. Dans le centre de rétention, y avait une association qui s’appelle France Terre D’Asile, je voulais aller les voir mais personne ne travaillait à cette heure. Vers 6h j’ai appelée Chantal, j’ai parlé avec elle, je lui ai tout expliqué. À 7h les policiers sont venus nous chercher et nous ont demandé ça fait combien de temps qu’on était en France et si on sait parler français. On a répondu ça fais 3 ans et quelque mois, et oui on sait parler français. Y a un policier qui nous a dit « Waouh bravo pour 3 ans ! »

On a pris nos draps et les couvertures et on les a mis dans une salle. A 7h14 on a pris un petit bus pour partir à Rouen où y avait l’avion. Tout de suite quand nous sommes montés dans la voiture, tout le monde a commencé à pleurer, moi, mon père, ma sœur et mon petit frère. Le petit comprenait pas ce qui se passait. Mon père a pété un câble dans la voiture, il n’en pouvait plus, il avait très mal à la tête, mais la police s’en fichait. On a beaucoup pleuré et crié et tout fait, mais il s’en fichait. L’avion était arrivé, j’arrêtais pas de crier et de pleurer, la police m’a fait sortir de la voiture et m’a demandé comment je m’appelle et quel âge j’ai ? J’ai répondu [..] J’ai commencé à parler avec eux et ils m’ont dit : si tu arrêtes pas de pleurer on va t’attacher les mains. Et c’est là que ma tête a explosé ! J’ai dit « Mais comment ça ? Vous êtes sérieux là ? je veux pas monter vous pouvez pas me forcer, personne ne montera dans cet avion » et j’ai vu mon père il était en face de moi, ils lui ont accroché les mains sous les genoux avec les pieds. Je ne pouvais plus rien faire, j’avais pas de pouvoir pour protéger ma famille, ce que je pouvais faire c’était juste crier et pleurer… Mais personne comprenait…Ils s’en fichaient. C’est la première fois que la police m’attache comme si j’avais tué quelqu’un ou fait je ne sais pas quoi, j’ai fais tout ça juste pour protéger ma famille et avoir droit de rêver à mon avenir, à celui de mes frères et sœur mais malheureusement je peux rien faire.

 

On est montés dans l’avion à 8h et à 12h on est descendus en Corse, pour pouvoir partir au toilettes et parler au téléphone. On est restés environ 20 min. et on est remontés dans l’avion. Dans l’avion on était très mal, j’avais mal à la tête et j’ai demandé à la police un Doliprane mais elle m’en a pas donné ! On est arrivé à Prishtina à 15h. J’avais l’impression que la police se moque de nous, ils disait « ouais y a 450€ et des valises ici. Je ne sais pas pourquoi il disait ça ? On était dans un grand bus avec la police et ils nous ont laissés avec la police du Kosovo, ont pris nos valises et on est sortis dehors. Dehors, y avait mes deux oncles et ma grand-mère (le frère qu’a ma mère et le cousin de ma mère) et 14202714_10206990676020619_4099069897573262068_nun ami de mon père qui vit au Kosovo. Moi, ma sœur et mon petit frère, on est partis chez les parents à ma mère, mon père et mon petit frère sont restés à Prishtina chez l’ami à mon père…

Genita Feraj


Le courage de cette adolescente force le respect ! Ce n’est pas normal qu’une si jeune personne ait à porter un tel fardeau. À son âge, elle devrait penser à ses sorties avec ses copines/copains, se prendre la tête sur ses leçons en révisant le soir, rêver… Son petit frère de 9 ans et sa petite sœur de 6 ans devraient être en train de faire plein de bêtises avec leurs potes comme des fous… Eh bien non ! Le triste sir Setbon alias Iznogoud, le menteur professionnel, portefaix du préfet, a décidé d’une manière particulièrement fourbe d’anéantir l’espoir de cette famille d’avoir une vie meilleure.

En effet, il a même été jusqu’à nourrir de faux espoirs chez le père en lui disant que s’il trouvait une promesse d’embauche, il le régulariserait. Tout ça pour ensuite pouvoir mieux le casser ! C’est un « Être » profondément méchant et tordu d’esprit. Il n’y a pas de mots suffisamment forts pour qualifier la traîtrise et la fourberie de ce petit être répugnant qu’est Iznogoud ! Il a tout du pervers narcissique pour moi. Iznogoud a besoin de nuire, il est connu par des camarades à nous de Poitiers où il a exercé avant. Ils nous ont confirmé que c’était une belle pourriture là-bas aussi et qu’il n’y est pas plus apprécié qu’ici.

Certain-e-s trouveront mes mots durs, mais je m’en moque, je prends le risque ! Ça ne peut pas être plus dur ou plus violent que de déporter une famille entière vers un destin funeste ! Il ne les aura pas sur la conscience, il n’en a même  pas de conscience ce vil personnage !

On ne parlera même pas de l’attitude des policiers durant leur « transfert », j’ai envie de dire, ça va de soi. Beaucoup savent ce qu’ils valent, inutile d’ouvrir (à nouveau) ici le procès de la Police Nationale… De plus en plus de monde déteste la police, qu’elle ne s’étonne pas !

C’est hallucinant comme ils (la préf.) n’assument pas leur position, allant même jusqu’à trouver des arguments très faibles comme quoi il y aurait eu des insultes envers le préfet et un tag près de la préfecture et que du coup, ils n’acceptent pas de négocier avec nous. Ah la belle excuses. Quelle bande de faux-culs là-dedans ! On leur parle de vies entières qui sont brisées, de familles déchirées, d’enfants meurtris ! Et eux ils nous emmerdent pour quelque mots plus hauts que les autres et de la peinture sur un mur ??!!! Ça aurait été de parfaits vichystes !

Personnellement je l’assume, même si ce n’est pas forcément la position des organisations qui défendent les personnes sans papiers à Besançon, pour moi : Le préfet et son acolyte sont de fieffés coquins !

Cette famille doit pouvoir vivre ICI, dans SON pays, la France. Dans la dignité ! Nous exigeons son retour et sa régularisation, ils ont bien assez souffert ! Aujourd’hui, nous entamons notre 4ème jour de grève de la faim. Je tiens à rassurer les gens qui se faisaient du souci pour moi, je n’avais pas mesuré la portée de mes mots sur Twitter et certain-e-s ont cru que je voulais mourir. Rassurez vous, je n’en suis pas là, je me suis mal exprimé, j’étais vraiment révolté. Même si je trouve qu’on est dans un monde de merde, qui me rend malade, vous toutes et tous, camarades, ami-e-s… vous êtes mon réconfort ! Donc ne vous inquiétez pas et je ne suis pas tout seul la dedans.

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Nous ne serons pas devant la mairie ni devant la préfecture ce weekend mon ami-e et moi. Nous avons besoin de repos psychique. Vous pourrez nous rencontrer du lundi au vendredi de 14h à 17h sur l’Esplanade des droits de l’homme (devant la mairie) et de 17h à 19h devant la préfecture (rue Nodier).

Vous voulez nous aider mais vous n’avez pas le temps de venir en rassemblement ? Vous pouvez le faire en partageant au maximum cette affaire autour de vous, en parler à vos ami-e-s, collègues, voisin-e-s… Tout le monde peut agir !

Merci à Maxime Lamboley, pour les superbes photos du rassemblement.

 

PS : J’allais oublier, nous avons laissé des peluches devant la porte de la préfecture pour qu’Iznogoud puisse les offrir aux petits kosovars, vu qu’il a bien pris les Feraj pour des cons du début à la fin. Par ce geste nous lui renvoyons la balle.

Pour toi Iznogoud.

Un pot commun a été crée sur Leetchi par Sandra afin de venir en aide financière à la famille Feraj. Si vous voulez donner quelque chose, c’est ici. Merci d’avance !

Solidarité internationale : Buenos Aires (Argentine) – Non à l’expulsion de la bibliothèque «Los Libros de la Esquina»

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La bibliothèque anarchiste “Los Libros de la Esquina”, squattée depuis plus de dix ans à Buenos Aires, est menacée d’expulsion imminente. La bibliothèque, ainsi que le squat La Grieta qui se trouve au second étage du même bâtiment, appellent à la solidarité.

En dessous de l’image, la traduction de l’espagnol d’une affiche diffusée là-bas…

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L’EXPULSION, C’EST LA RÉPRESSION
L’INSÉCURITÉ, C’EST LA POLICE

En avril 2012, nous a été présenté un avis d’expulsion prononcé par le tribunal de première instance civile.

Après des mois de bureaucratie juridique, d’allées et venues de documents et d’audiences, nous attendons le jugement; ce qui ne nous immobilise en aucune façon.

Plus de 10 ans d’occupation ne s’effacent pas par la décision de quelques bourreaux invoquant la justice (la même qui jette à la rue des familles entières des immeubles de La Boca, pour ne citer qu’un exemple parmi tant d’autres), fidèle protectrice de la propriété privée sacrée et incontestable, essayant d’annuler les initiatives qui se sont forgées au cours des années.

À une époque où l’argent semble être la seule forme de communication, où le fantôme de l’insécurité entretenu par les médias à pénétré profondément dans l’inconscient collectif, où des caméras et la police se trouvent à chaque coin de rue, des ateliers, des activités diverses, des journées de solidarité, des projections de films, se sont développés dans cet espace, en plus de la bibliothèque ouverte quotidiennement et disponible pour celles et ceux qui le souhaitent.

Un lieu qui (avec toutes ses erreurs) se propose de partager ses préoccupations et ses expériences, afin de construire de façon autonome (et sans autorité) d’autres relations au-delà du pouvoir économique, se réaffirmant à l’individu vers le collectif et au collectif vers l’individu, renforçant la solidarité et la liberté.

LA LUTTE NOUS DONNE CE QUE LA LOI NOUS ENLÈVE
DÉFENDONS LES ESPACES SOCIAUX ET AUTONOMES !

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Sources: Bibliothèque Los Libros de la Esquina et http://fr.squat.net